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La lutte contre le blanchiment d'argent dans le système économique et financier en Afrique: analyse critique des procédures existantes et propositions d'axes d'améliorations

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par Jean- Yves ANGRA
Institut national polytechnique de Yamoussoukro  - BAC+5 en finances- comptabilité  2009
  

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Chapitre 3: L'impact économique et financier du blanchiment d'argent

Le blanchiment d'argent est un fléau de par ses répercussions sur les économies et la société. Dans ce chapitre, nous allons donc en présenter l'ampleur.

III-1: L'importance des flux générés par l'argent blanchi

Par sa nature même, le blanchiment de capitaux est en dehors du champ normal couvert par les statistiques économiques. Néanmoins, comme pour d'autres aspects de l'activité économique souterraine, on a pu avancer des estimations afin de donner une idée de l'ampleur du problème. D'après le Fonds monétaire international (FMI), le volume annuel des opérations de blanchiment dans le monde représente en moyenne entre 2% et 5% du PIB mondial9 ce qui correspond à une somme comprise entre 1 000 et 3 000 milliards de dollars US (les estimations du PIB mondial de 2008 se chiffrent à 71 000 milliards de dollars US). Le trafic de stupéfiants représenterait 34% de l'argent blanchi, la fraude douanière 19% et les autres activités criminelles telles que la corruption, le vol, le trafic d'êtres humains, le trafic d'organes, etc... 46%. Quant au terrorisme il ne représenterait que 1%. Le Programme des Nations Unies pour le contrOle international des drogues (PNUCID) estime que le trafic illicite des drogues produit chaque année environ 400 milliards de dollars de vente au détail, soit près du double du revenu de l'industrie pharmaceutique mondiale ou 10 fois environ le montant total de l'aide publique au développement.

Si on considère le cas particulier du Mexique, on se rend compte que les fonds blanchis, toujours selon les estimations, sont évalués entre 10 et 30 milliards de dollars US (soit 60 à 180 milliards de francs CFA) chaque année. Retenons dans cet intervalle, le chiffre de 15 milliards, ce montant représente déjà l'équivalent de 10% des actifs des banques. Ces actifs étant constitués pour moitié de prêts et pour moitié d'investissements en obligations, l'argent "sale" représenterait en réalité 20% des prêts du système bancaire mexicain. Le cas thaIlandais est également édifiant. Tout d'abord, le pays est situé au ccur du trafic d'héroIne en provenance du " triangle d'or " d'oü sortiraient chaque année plus de 290 tonnes d'héroIne, soit près de deux tiers de la production mondiale. Par ailleurs, Bangkok est un centre financier régional majeur, mais la mise en place d'un dispositif juridique pour lutter contre l'argent "sale" est encore au stade d'étude par le Parlement. Si l'on en croit une étude réalisée dès 1995 par un groupe de chercheurs de l'université de Bangkok, la masse de capitaux générés par les activités illicites dépasserait, en volume, le budget de l'Etat. En effet, l'estimation des revenus générés par le narcotrafic, la prostitution, le trafic d'armes et la contrebande de travailleurs clandestins a été établie entre 600 et 800 milliards de bahts (24 à 32 milliards de dollars US), tandis que le budget national pour la même période de référence s'élevait, lui, à 625

9 Source : Site officiel du FMI, taper : http://www.imf.org/external/pubs/ft/fandd/fre/2006/03/pdf/books.pdf

milliards de bahts (25 milliards de dollars US). Tout cet argent serait blanchi sur les marchés boursiers, dans l'immobilier et a travers les banques de la place.

Au vu de cet aperçu de l'importance des flux financiers blanchis en moyenne dans le monde, il serait donc intéressant de s'intéresser aux impacts que de telles sommes d'argent "sale" peuvent avoir sur un système financier, voire une économie tout entière.

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