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Impacts des échanges universitaires internationaux sur les étudiants de l'Université Lumière Lyon 2: cap sur le Brésil

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par Thibault Pourhadi
Université Lumière Lyon 2 - Master 2 recherche sciences de l'éducation et de la formation 2012
  

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2.2.2.1. Byram et le modèle multidimensionnel de compétence interculturelle Byram (1997) propose un modèle de CIC articulé autour de cinq axes majeurs :

· Les savoir-être (attitudes, relativising self and valuing others) :

Ils recouvrent la capacité à relativiser la primauté de ses valeurs, à adopter une posture intellectuelle ouverte à l'altérité, c'est-à-dire savoir faire abstraction tant de sa défiance envers les autres cultures que de ses certitudes et croyances envers sa culture d'origine.

· Les savoirs sociaux (knowledge, of self and others, and of interaction between individuals and society) :

Ils incluent des connaissances théoriques sur la société d'accueil. Cela comprend notamment les processus sociaux, ou les règles de fonctionnement et les pratiques. Ces savoirs visent à connaître ce qui est l'usage dans la société d'accueil et, de par cette connaissance des éléments significatifs entrant en jeu dans la relation interculturelle, aident le sujet à adopter un comportement approprié lors des interactions sociales.

· Les savoir-comprendre (skills, of interpreting and relating) :

Ces savoirs fonctionnels distinguent la capacité à traduire, analyser et mettre en relation les éléments de la culture d'accueil avec ceux de la culture d'origine. D'une part, cela implique d'être à même d'aborder l'Autre sous un angle adéquat afin le comprendre. Ensuite, il s'agit de faire le pont entre les cultures, de chercher des universaux.

· Les savoir-apprendre-et-faire (skills, of discovery and interactions) :

Il s'agit là de développer et manier de nouveaux savoirs fonctionnels qui s'appuient sur les savoirs préexistants et permettant d'interagir dans les deux cultures, de compléter sa « boîte à outils » communicationnelle. Cela comprend par exemple ce qui relève des modes communication verbaux et non-verbaux ou du champ des compétences linguistiques.

· Savoir s'engager (critical cultural awareness) :

Ce dernier savoir correspond à l'aptitude du sujet à se positionner en retrait vis-à-vis des

cultures et à porter un regard critique sur ces dernières, à les interroger. Il s'agit d'abord d'expliciter les valeurs et autres attributs des cultures, d'en prendre conscience, puis de les mettre en perspective. Cela doit permettre l'engagement, c'est-à-dire la négociation d'un compromis entre les cultures. In fine, il s'agit de déplacer l'accord de référence à l'une des deux normes culturelles afin construire une nouvelle norme acceptable entre les cultures, soit interculturelle.

5. Savoir s'engager Déplacer l'accord d'une référence à l'une des

deux normes culturelles pour construire un

nouvel objet interculturel

 

4. Savoir-apprendre-et-faire

Enrichir sa boîte à outils
communicationnelle

2. Savoirs sociaux

Appréhender les normes de comportements lors des rapports sociaux

3. Savoir-comprendre

Faire le pont entre les cultures, chercher les universaux

FIGURE 1 : modèle multidimensionnel de CIC (adapté de Byram,1997)

Pour Byram, la CIC a moins pour objectif de s'approprier l'intégralité des attributs de la culture cible pour jongler ensuite entre deux référentiels culturels que d'accéder à un espace au-delà de chacune des cultures pour favoriser l'émergence d'une identité qui les transcende. Pour cet auteur, c'est là que s'opère la distinction entre le bi-culturel et l'inter-culturel. Être biculturel (ou triculturel, etc...) c'est se condamner à n'occuper qu'un espace à la fois, ou, de façon imagée, à être semblable à une pièce de monnaie ou un dé, ne pouvant dévoiler qu'une seule face à chaque lancer. En revanche, être interculturel, c'est avoir don d'ubiquité et évoluer dans des sphères aux multiples configurations. Un pied dans la culture source, un autre dans la culture cible, mais à distance des deux, dans un espace interstitiel qui s'appuie sur elles tout en les dépassant (Byram, 2003). Dans cette optique, l'individu devient ce que Byram appelle le « locuteur interculturel », celui qui a une latitude d'action dans plusieurs espaces de communication (Audras et Chanier, 2007), celui qui communique avec les représentants de la société d'accueil dans leur propre langue et négocie l'équilibre entre les référentiels culturels, s'incarnant ainsi en « médiateur interculturel ».

L'ethnocentrisme engendre l'asymétrie entre les référentiels culturels. Ainsi, si chacun interprète les stimuli qu'il reçoit en fonction de ses propres codes, les situations interculturelles sont susceptibles d'introduire de l'incertitude dans les schémas standards de communication. En revanche, le médiateur interculturel, lui, est capable de dissiper toute confusion car il sait décoder correctement les messages émanant des représentants des différentes cultures. Il peut porter un regard lucide sur son référentiel culturel originel, sur ses préconceptions, tout comme il peut comprendre l'Autre dans son altérité essentielle, c'est-à-dire envisager le point de vue de l'Autre à la lumière même de l'ethnocentrisme propre à ce dernier ; autrement dit voir à travers les yeux de l'étranger.

Le modèle de Byram présente l'avantage précieux d'expliciter un ensemble de variables qui interagissent et entrent en jeu dans la construction de la CIC. Cette décomposition donne corps à un concept fugace, le rend plus tangible. En revanche, il a l'inconvénient de se présenter comme un modèle statique en ne distinguant aucun niveau d'habileté, comme si l'on était soit compétent, soit incompétent, sans autre alternative. Par ailleurs, il érige les cultures en blocs homogènes et immobiles avec lesquels l'individu pourrait interagir directement, révélant par là une approche quelque peu normative du concept de culture (Dervin, 2009).

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