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Agrégats de mots sémantiquement cohérents issus d'un grand graphe de terrain


par Christian Belbèze
Université Toulouse 1 Capitole - Doctorat en informatique 2012
  

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III. Pourquoi briser la solitude du chercheur

d'informations ?

L'échange entre pairs est, dans le processus d'acquisition de l'information, étudié sous le nom de conflit-cognitif ou conflit sociocognitif. Un conflit sociocognitif est défini par Tania Zittoun comme « conflit de points de vue socialement expérimenté et cognitivement résolu » [Zittoum-1997].

En partant des travaux de Piaget dans le domaine de la psychologie cognitive, Vygotsky a mené des études sur les interactions sociales (dans « Psychologie et pédagogie », Piaget analyse comment les groupes d'enfants sont capables de résoudre collectivement des problèmes et, ce faisant, de progresser cognitivement [Piaget-1969]). Vygotsky a fortement contribué à l'élaboration du courant socioconstructiviste. En conférant une dimension sociale essentielle aux processus cognitifs régissant l'apprentissage, Vygotsky a ouvert une nouvelle voie. Pour lui, « la vraie direction du développement ne va pas de l'individuel au social, mais du social à l'individuel » [Vygotsky-1932].

Aujourd'hui les modes d'apprentissage recourant aux échanges entre pairs sont fréquents. Ces échanges dans un but pédagogique sont vus par Christophe Gaignon comme de la réciprocité transformatrice ou transformation réciproque: « Les identités aidant/aidé dialoguent entre elles et l'aide est reçue tantôt par l'un, tantôt par l'autre : la transformation sera réciproque grâce au mouvement circulaire de donner-recevoir. En effet, il n'y a pas d'aidant qui donne et un aidé qui reçoit, parfois nous recevons et parfois nous donnons. » [Gaignon-2006].

Philipe Meirieu est, quant à lui, très sceptique sur le fait que le travail de groupe puisse permettre une avancée individuelle. Il considère par exemple que « les pratiques (pédagogiques) de groupe n'apparaissent pas vraiment comme une méthode capable de promouvoir des apprentissages repérables dans le domaine cognitif. ». Ce que Meirieu veut signifier, c'est que dans un travail de groupe où l'objectif est commun, chacun va travailler dans son champ d'expertise. Il n'y a pas, dans ce cas, de nouveaux apprentissages individuels. Il y a même le risque que celui qui ne sait rien faire, ne fasse rien. Son jugement est différent s'il s'agit de groupes d'apprentissage tels que lui-même les définit. Pour lui, le groupe d'apprentissage a « sa raison d'être qu'en tant qu'il est l'occasion pour chaque participant, d'atteindre un objectif nommé. ». Il déclare que dans les groupes d'apprentissage «... le sujet [y] acquiert la capacité de mettre en correspondance son point de vue ou son apport avec les effets qu'ils entraînent et de conserver, de modifier ou d'abandonner ses propositions à l'issue de l'échange. La confrontation extérieure joue le rôle de régulateur et permet les ajustements que la réflexion solitaire du sujet n'aurait pas toujours autorisés. » [Meirieu-1996].

Effectivement, si chacun possède un but qui lui est propre, l'échange sera bénéfique pour tous. Les communautés d'internautes que nous nous proposons de créer, communautés « d'identités aidant/aidé », correspondraient alors à la définition du groupe de travail donnée

IV. Comment briser la solitude du chercheur d'informations ? 18

Avant-propos

par Meirieu. En effet, dans une rencontre où chaque participant a déjà entamé une recherche préalable de manière indépendante sur un sujet proche voire commun, chaque participant, aurait bien pour but individuel « d'atteindre un objectif nommé ».

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