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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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b) De l'industrie culturelle...

Actuellement l'économie et la culture sont deux disciplines qui se croisent et se complètent de plus en plus (SCOTT, 2000). Les secteurs des industries culturelles font désormais entièrement partie de l'économie post-industrielle ou plutôt néo-libérale (PRATT, 2009). Ces industries ont élu domicile dans des lieux abandonnés puisqu'elles avaient besoin d'un espace où elles pourraient travailler en synergie ou en réseau. Ces différents espaces font partie intégrante de ce que l'on appelle aujourd'hui la ville « créative ». La promotion de cette ville fait aujourd'hui partie intégrante des politiques et stratégies des grandes métropoles urbaines.

Les grandes métropoles mondiales se sont beaucoup intéressées,depuis les premiers projets de réhabilitation des Friches industrielles par la culture, aux dynamiques et impacts que pourraient avoir ces projets sur leur territoire environnant. Les Friches culturelles, au-delà du simple lieu de production artistique, sont devenues de réels support aux politiques de régénérations urbaines et de développement de l'économie créative (LIEFOOGHE C., 2010).

Le lien entre économie et créativité passe donc par l'étude de l'industrie culturelle. Cette industrie culturelle englobe les secteurs du cinéma, de la télévision, de la presse, des jeux vidéo, de l'édition de livres ou de disques. Ce sont donc des secteurs qui touchent à la production, la création et la commercialisation de contenus créatifs de nature culturelle et immatérielle9(*).

c) ...à l'industrie créative

Bien que très souvent confondue avec l'économe culturelle, l'économie créative doit faire l'objet d'une autre approche puisqu'elle s'en distingue légèrement. Les industries créatives englobent en effet les secteurs des industries culturelles, ainsi queceux des industries créatives. On obtient donc neuf secteurs, selon la définition de la DCMS (Department for Culture, Media and Sport) : publicité et marketing, architecture, logiciels, musique et spectacle vivant, édition, musées et bibliothèques, audiovisuel, artisanat et enfin design (UNESCO, 2006).

C'est au Royaume-Uni que le terme d'industrie créative apparaît en premier, dans les années 1990 (OCDE, 2014). Sa définition tend alors à se substituer à celle d'industries culturelles. Ce sont également les pionniers pour ce qui est de l'étude de l'industrie culturelle. Ils réalisent notamment un mapping culturel entre 1998 et 2001, et définissent à ce moment l'industrie créative en treize domaines distincts : (1) publicité, (2) architecture, (3) art et antiquités, (4) artisanat, (5) design, (6) mode, (7) cinéma et vidéo, (8) logiciels interactifs de loisir, (9) musique, (10) arts du spectacle, (11) édition, (12) services informatiques et de logiciels, (13) télévision et radio. Ce système de classement a permis de nombreuses études à travers le monde.

Il sera ensuite modifié pour obtenir neuf secteurs distincts, que nous avons définit dans le paragrapheprécédent.

Graphique 1 : cercle concentrique représentant les industries créatives par rapport à l'ensemble de l'économie

Source : WorkFoundation, 2007. In Nordic Innovation Centre. Creativeeconomy green paper for the Nordicregion, 2007, p.19.

Les industries créatives sont donc des« [...] industries qui ont leur origine dans la créativité individuelle, la compétence et le talent et qui ont un potentiel de richesse et de création d'emplois par la création et l'exploitation de la propriété intellectuelle» (SOULARD, CAMORS, 2010, p.18).

Finalement, les industries créatives sont des secteurs importants au développement de l'économie et du rayonnement de la ville. Elles participent à son attractivité, dans une économie industrielle plus centrée sur l'innovation et les actifs immatériels et moins sur la production et les actifs matériels. Les industries créatives se développent rapidement au sein de l'économie globale. L'économie créative revient finalement à créer de la valeur et de l'emploi à travers la créativité individuelle ou celle d'un petit groupe, ou encore la compétence et les talents des entreprises. Il faut donc prendre en compte les richesses et la propriété intellectuelle que sont capables de mettre en place les entreprises.

Certains secteurs d'activités créatives qui se diffusent par les nouvelles technologies de communication, comme la publicité ou les jeux vidéo, influencent directement les industries culturelles que sont l'édition, le cinéma et la musique. Finalement, l'innovation et les nouvelles technologies qui constituent les industries créatives ont un impact direct sur les industries culturelles. Elles ne sont pas seulement liées par le fait que les industries créatives, par définition, regroupent les industries du secteur culturel et du secteur créatif. Elles le sont également car elles s'inspirent les unes des autres (PARIS T., 2010). Les nouvelles technologies constituentaussi des facteurs de croissance et influent sur les nouveaux modes de consommation.

Concernant les politiques liées à ces industries créatives, c'est quelques 654 milliards d'euros distribués dans l'Europe avec une croissance de 10% par an. En Allemagne c'est 40 milliards d'euros, en France 33,5 milliards avec une augmentation de 2,5% par an pour 5,8 millions de salariés dans le créatif. Les investissements qui sont faits pour soutenir cette filière ne sont donc pas négligeables. De plus en plus, les pays se rendent compte que l'industrie créative participe au développement économique et qu'il est important de la soutenir(BOUQILLION P., LE CORF J-B., 2010).

* 9 Selon la définition de l'OCDE.

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