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Interactions et ancrage territorial des industries créatives: le cas de la Belle-de-Mai à  Marseille


par hélène sEVERIN
Université Aix-Marseille - Master 2 géographie du développement 2015
  

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b) Comment les aspects négatifs de la proximité géographique favorisent la proximité organisée

Bien que la mobilité soit très présente dans l'économie actuelle, tous les acteurs de l'économie ne sont pas mobiles. Par exemple, les biens et infrastructures ne peuvent être déplacés. Les infrastructures sont bien souvent construites pour développer un territoire et pour permettre aux firmes d'obtenir une proximité géographique ou organisée. Cette proximité géographique peut alors être soit permanente, soit temporaire. Mais dans d'autres cas, c'est la proximité géographique (morphologique notamment) qui permet le développement économique. Les activités liées à l'exploitation du sol ou du sous-sol (et donc une partie des activités agricoles, agroalimentaires) par exemple, ont besoin d'un certain type de territoire. Cela contraint alors fortement la localisation à avoir recours à la proximité géographique. La mobilité n'est donc pas toujours un facteur aux économies contemporaines pour des raisons liées aux contraintes naturelles, sociales et économiques.

Dans certains cas, la co-localisation est obligatoire (TORRE, 2004). Une occupation du sol qui va obliger des acteurs à être proches localement alors qu'ils ne partagent pas les mêmes logiques peut alors être néfaste. On entre alors dans un processus ou la proximité géographique est une contrainte, elle est subie19(*). La proximité géographique a alors un rôle dans la création d'externalités négatives, souvent sous la forme de tensions et de conflits d'usages entre voisins ou usagers. C'est par exemple le cas des activités source de pollution ou de nuisance sonore, mais aussi dans la colocation d'immeuble ou de la nuisance paysagère due à la construction de bâtiments. La seule échappatoire semble donc être le déménagement pour les personnes et la délocalisation pour les structures économiques. Mais dans les deux cas, le processus est complexe, du fait de la disponibilité de la ressource et les moyens financiers.

Comme nous l'avons exprimé, la proximité géographique peut-être de deux formes différentes : recherchée ou subie (et dans certains cas elle peut-être à la fois l'une et l'autre dans la mesure où on peut vouloir se rapprocher de quelqu'un et que d'autres entreprises soient déjà proches de cette même personne/structure). Si elle est recherchée, elle va permettre la mise en place d'une organisation érigée par des institutions. Si elle est subie, elle va devenir une source certaine de conflits d'intérêts entre les acteurs et les usagers d'un même territoire. Nous devons alors nous poser la question de la résolution de ces conflits et des modalités de coordination d'acteurs. Toutefois, il semble important de préciser que la proximité organisée n'est pas seulement un moyen de diminuer ces tensions ; ce peut-être dans certains cas un révélateur de tensions. Localement, la proximité organisée apparaît comme un remède aux conflits d'intérêts qu'ils soient politiques, culturels, ou sociaux. Elle permet de trouver des compromis aux tensions et même de les anticiper. Elle s'illustre sous différentes formes : les tribunaux - la forme la plus radicale, ou encore la négociation, qui est sans doute la forme la plus recherchée et la plus propice à la réduction de conflits.

Finalement, lorsque la proximité géographique est subie, qu'elle génère des conflits, elle va permettre à la proximité organisée de se révéler et de relever tout son intérêt sur le territoire. Elle doit tout de même être liée à d'autres logiques pour que le processus fonctionne, et notamment la logique de similitude qui conditionne l'acceptation et le respect de règles communes.

* 19 Voir chapitre 3.2.b

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