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La méditation de la pleine conscience : outil pédagogique et soutien aux apprentissage ?


par Ronan LE JONCOUR
Université De Provence UFR de Psychologie - Master Recherche 2 2011
  

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· CONCLUSIONS

De toute évidence le sujet de la méditation est loin d'être un sujet ésotérique ou alors nous aurions à faire à une crise mystique planétaire.

Nous pouvons constater l'évident intérêt pour le sujet, un intérêt partagé par des institutions dont le principe laïc évident se semblent pas être ébranlé par l'ouverture sur un sujet de société qui est la réduction de la souffrance des individus et sa lutte avec un outil ou une technique : la méditation de Pleine Conscience.

Cette technique semble être approprié pour apporter les solutions tant à l'individu lui-même mais aussi à la demande des institutions politiques qui cherches à développer le savoir être.

3. LES RACINES DE LA MÉDITATION : LE YOGA

Avant d'étudier plus profondément la Méditation et ce qu'elle représente nous avons choisi de nous intéresser à ses origines. Originaire de l'Inde, elle trouve naissance dans le Yoga dont elle n'est qu'une des nombreuses pratiques. Le yoga serait lui-même issu d'une tradition dont il est difficile d'identifier l'origine précise. Des hypothèses et spéculations feraient remonter le yoga à la migration du peuple Aryen en Inde, d'autres disent que l'on trouve des traces d'évocation du yoga dans des citations de texte pré-Aryen.

De toute évidence on retrouve des traces de cette pratique dans des textes ou mythes géographiquement localisés dans les civilisations indo-iraniennes.

Au-delà de la technique elle-même il nous a semblé bon de nous pencher sur la philosophie qui entoure cette pratique. En effet, dans la phase de recherche dans laquelle nous nous trouvons nous restons ouvert à toute forme de source. Puisque les Sciences de l'Éducation sont elles même issues de la philosophie, rendre un hommage à la philosophie de la technique que nous souhaitons étudier semblait un passage obliger pour mieux comprendre cette technique.

· INTRODUCTION PHILOSOPHIQUE : LA RAISON ENTRE INDE ET OCCIDENT

En Inde, la raison n'a jamais été la faculté suprême de la connaissance. Les philosophes indiens ont toujours su que la raison ne pouvait pas embrasser l'absolu et le définir. Voici un très beau texte de Herman von KEYSERLING1(*)qui le montre :

« Les Hindous sont précisément célèbres comme dialecticiens, comme logiciens et comme subtils créateurs de systèmes. Pour autant, jamais dans l'Inde la logique n'a eu la prétention d'établir les rapports ultimes parmi les choses ; dans une juste appréciation d'elle-même, elle a laissé ce rôle à l'intuition mystique. Elle s'est contentée ou bien de systématiser les données de l'expérience, ou bien de développer d'abondantes spéculations sur ces données, ou bien de diviser minutieusement la matière trouvée par elle (les Hindous ont la manie de la systématisation) [...]

Mais on a tort de reprocher à l'Inde de n'avoir jamais essayé d'aller jusqu'à l'essence même des choses et de reprocher aux Hindous de n'avoir pas de Parménide ni de Hegel. Les Hindous ne le cèdent en rien aux Européens pour la pénétration de la logique ; à coup sûr, il ne leur aurait pas été difficile de construire des systèmes cosmiques semblables. Ils ne l'ont pas fait parce qu'ils étaient pour cela de trop profonds métaphysiciens; ils ont su que la raison logique ne va pas jusqu'à la racine des choses; ils n'ont jamais été rationalistes. C'est donc là sans doute l'un des grands exemples que le peuple hindou a donné à l'humanité, à savoir qu'une intelligence éminente n'aboutit pas nécessairement au rationalisme et qu'un haut degré de pénétration logique n'abolit pas nécessairement la naïveté. Dans l'Inde trois interprétations principales des Vedanta-sutras sont considérées comme également orthodoxes : une interprétation moniste, une autre dualiste et une théiste; en plus, partant des précédentes, plusieurs centaines de systèmes qui se contredisent plus ou moins.

Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que les Hindous sont profondément conscients de la contingence de toutes les constructions dues à la raison, qu'ils savent qu'aucune de ces dernières ne peut réussir à donner une image absolument exacte de la réalité métaphysique, que toutes ne signifient qu'un à peu près. Lorsque les Européens reconnaissent une chose semblable, aussitôt ils déclarent la guerre à la raison. Les Hindous, eux, qui en cela aussi sont les plus sages, n'en laissent à la raison que plus de liberté. Aucune forme ne peut être prise métaphysiquement au sérieux. En revanche, sur le plan empirique, elles ont toutes droit à l'existence. »

3.1. Définition et Étymologie

Il existe plusieurs interprétations non pas qu'elles soient contradictoires mais plutôt emprunte et surtout colorées par le courant philosophique qui la porte. En fait, que l'on s'adresse à un religieux un athée ou encore un philosophe chacun aura retenu ce qui lui convient le mieux. Compte tenu de l'existence millénaire de cette discipline il nous a été difficile de trouver l'origine exacte. Cependant, dans un souci d'être le plus exact nous livrons au lecteur le fruit de nos recherches puisque du point de vue de la recherche nous avons souhaité être le plus exhaustif possible.

Point de vue Philosophique

La Bhagavad Gita, oeuvre philosophique qui retrace l'histoire de la culture indienne, définit le yoga comme Samatva (littéralement égalité, stabilité, équilibre).La plupart des traducteurs font dériver yoga des racines yü et yug (qui signifient joindre, adapter, atteler). Pour Patanjali2(*) le yoga n'est autre que « la suppression des états de conscience » par un ensemble de pratiques et au moyen d'une ascèse, la technique physiologique est essentielle alors que les techniques psychologiques sont subsidiaires.

Il existe pour lui trois catégories d'états de conscience, correspondant respectivement à trois possibilités d'expérience :

1. - Les erreurs et les illusions (rêves, hallucinations, illusions perceptives, etc.)

2. - La totalité des expériences psychologiques normales (tout ce qui est senti, perçu, pensé chez l'homme normal).

3. - Les expériences de niveau "supérieur", " illumination ", " contemplation ", expériences parapsychologiques, etc.

* 1Hermann de Keyserling, Le Journal de Voyage d'un Philosophe, Paris, Stock, 1928,p. 115-117). Cité par François Chenet, Philosophie Indienne, Bulletin de la société française de philosophie indienne, janvier-mars 2007.

* 2Patanjali : sage indien, philosophe qui a redécouvert et diffusé le yoga au deuxième siècle avant notre ère.

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