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La méditation de la pleine conscience : outil pédagogique et soutien aux apprentissage ?


par Ronan LE JONCOUR
Université De Provence UFR de Psychologie - Master Recherche 2 2011
  

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4.3. Méditation et Cultures

Notons que toutes les philosophies, sotériologies et religions indiennes ont adopté le yoga ou la méditation en l'adaptant. On connaît un yoga tibétain, un yoga bouddhiste, un yoga jaïn, un yoga juif, des yogas Zen de toute obédience.

Le Taoïsme ancien utilisait des techniques corporelles destinées à acquérir l'immortalité (« rétention du souffle le temps de mille respirations ») Pour FILLIOZAT (1943), il est évident que la technique de « respiration embryonnaire » des chinois si elle s'associe à la vieille médecine chinoise de l'acupuncture n'en est pas un produit mais prend sa source dans le yoga indien, de même que les techniques de rétention séminale qui viendrait du tantrisme.

L'influence du yoga en terme de technique de travail sur le souffle et la méditation, dans les arts et les sports de combat japonais n'est plus à démontrer.

Le soufisme islamique a également été fortement influencé par les méthodes spirituelles de l 'Inde et les aurait même transmises par sa zone d'influence ibérique aux carmes espagnols et par là, à l'ordre des carmes déchaux tout entier.

Les techniques hésychastes d'oraison et de contemplation basées sur la respiration, l'omphaloscopie (se regarder le nombril) et l'adoption de postures spécifiques sont phénoménologiquement très proches des techniques du yoga, alors même que le but avoué n'est pas, et de loin, exactement le même (ELIADE 1954). Il est probable que ces méthodes trouvent leur origine historique en Inde de même que le courant mystique partant de PLOTINpour aller, à travers St Augustin, jusqu'à Maître Eckhart avec des similitudes étonnantes de formulation chez Denys l'Aréopagite, Ste Thérèse d'Avila et St Jean de la Croix, etc.

Un courant de mysticisme néo-orientaliste s'est affirmé, dans les années soixante, dans le catholicisme occidental avec, entre autre, LASALLE (1965),DECHANET (1963).

Le regard de l'Occident religieux sur la méditation

Le Père LASALLE,missionnaire au japon, est l'auteur d'un ouvrage sur le Zen, dont il caractérise ainsi les retombées psychophysiologiques bienfaisantes :

« Facilité d 'obtenir un recueillement profond, une concentration d 'esprit intense sur l 'activité réalisée à l 'instant présent, paix intérieure et domination de soi malgré tous les tracas et les responsabilités, disparition de l'anxiété, des modalités dépressives de l'humeur, de la crainte et des sentiments troublants, contentement ininterrompu qui habitue a jouir de tout son être de tout ce qui est beau et bon, disparition des troubles corporels mineurs (psychosomatiques). Ces effets existent toujours : au début de manière intermittente et peu solide, par la suite sans aucune altération ".

De même le Père DECHANET (de l'ordre des Bénédictin) déclare :

« l'euphorie réelle qui suivait les exercices s 'installait vraiment à demeure et transfigurait ma journée (sans aucune exagération). Je dus faire face durant les premiers mois, à des difficultés qui mettent les nerfs a l'épreuve, et qui n'eussent pas manqué, auparavant, de me jeter sur le flanc. Or, tout se passa si bien, je pris les choses de si bonne part, que j'entraînai dans ma propension « à accueillir plutôt qu'à subir » tous ceux dont j'avais la charge. Sur le plan physique, ce fut la disparition des problèmes de santé générale : concrètement, de ces fatigues périodiques, qui trahissaient, fièvre a l'appui, un surmenage évident. Je me découvris un corps très souple et tout disposé à servir. Les problèmes de ma nature compliquée, nécessairement, n'ont pas disparu; sans doute. Mais ils n'ont plus ce caractère obsédant, aigu, dramatique qu'ils revêtaient parfois naguère. Je me sens libre, beaucoup plus libre, vis-à-vis de certains attraits, débarrassé de je ne sais quoi, qui tendait a compliquer ma vie intime, ma vie d 'homme. On a bien voulu m'écrire que ma « méthode » était d'un secours presque inouï dans certains cas de difficultés d'ordre sexuel. Je n'en suis pas étonné ; car le yoga, tout de suite, m'est apparu comme un facteur d'équilibre en ce domaine.

Un jour il faudra dire ses résultats merveilleux a l'égard d'autres « complexes » : celui des timides, des inhibés, celui des durs, des violents, ou celui des orgueilleux. Qu'il me suffise de signaler le plus grand besoin de douceur, de compassion, de bonté, qu'il a suscité en moi. J'aimais à piquer autrui, sans méchanceté, mais enfin...j 'étais enclin à la polémique, Je me sens plus pacifique, parce que pacifié ».

Il conclut :

« Je ne pense pas trahir la cause du yoga en affirmant que LE PROBLEME QU 'IL POSE A TOUS DOIT ETRE SITUE D 'ABORD ET CONCRETEMENT SUR LE PLAN DE LA VIE HUMAINE ET DE L 'EQUILIBRE MENTAL. C'est sans doute plus qu'une question d'hygiène et d'équanimité, mais ce que peut surtout nous apprendre cette pratique c'est à devenir, à redevenir un homme. Ni ange, ni bête, l'homme n'accepte que rarement d'être ce qu'il est »...« Autrefois on établissait un combat en l'homme entre tendances instinctives et aspirations spirituelles, le yoga nous entraîne à tendre plutôt vers une hiérarchisation des énergies, vers leur intégration harmonieuse au niveau d'une synthèse à la fois psychique et somatique ».

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