WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Argumentation et soliloque: une étude sémiotique dans les tragédies de Shakespeare


par Marine Garel
Université Lumière Lyon 2 - Sciences du langage 2016
  

précédent sommaire suivant

Résumédu mémoire

Lorsque nous entendons parler de « soliloque », la même question apparaît souvent, à savoir : Qu'est-ce qu'un soliloque ? Le terme est d'ailleurs confondu avec le monologue qui, à première vue, en présente les mêmes caractéristiques surtout si l'on se place du côté de la forme, de la structure. La distinction première se trouve dans l'étymologie des deux mots mais il en va que le fond reste un argument majeur pour discuter de cette différence. En effet, le soliloque est bien plus poussé que le monologue au niveau du contenu ; le soliloque ayant une portée psychologique, philosophique, voire spirituelle plus accentuée où le locuteur est en plein débat avec sa propre conscience. La question de l'unité, de la solitude sera également prise en compte et mise en relation avec la question de l'interlocuteur (A qui parle-t-on réellement ?).

Dans ce mémoire, il ne s'agira pas de donner une simple définition du soliloque, mais d'entrer dans la forme en y découvrant les spécificités et en la liant à l'argumentation. Il ne nous vient directement pas à l'idée d'associer le soliloque à l'argumentation puisque la forme n'est que partiellement comparable au dialogue et la question de l'interlocuteur reste assez complexe et problématique. Il est ainsi contradictoire d'affirmer que le soliloque contient une dimension argumentative à cause de cette « absence potentielle » d'un interlocuteur ou d'un auditoire. Pourtant, le soliloque est bel et bien une forme de discours, qui fait sens et rend possible ce sens. L'argumentation y est alors indirecte puisqu'elle se manifeste au sein d'un genre littéraire principalement dialogal et se trouve dans une forme de discours où il est assez difficile de définir un auditoire quelconque.

C'est notamment au travers des tragédies de Shakespeare, là où nous trouvons bon nombre de soliloques, que sera étudiée l'argumentation au sens général du terme et ce, grâce à l'étude du signe. Nous entendons par là avoir recours à la sémiotique, principalement à la sémiotique discursive. C'est en mobilisant un raisonnement figuratif et figural que nous montrerons en quoi l'argumentation s'inscrit dans le soliloque et comment elle met en valeur les motifs des extraits du corpus comme la question de la clôture dans Macbeth.

Par ailleurs, les différentes figures d'acteurs que nous allons rencontrer font toutes appels au scepticisme concernant leur existence et leur choix. Plus généralement, le scepticisme apparaît lorsque la vérité est remise en question, lorsque nous doutons. C'est ainsi qu'agissent la plupart des personnages chez Shakespeare et c'est particulièrement dans le soliloque que le scepticisme est vu à son apogée. Le scepticisme convoque une certaine manière de penser d'où cette tendance à vouloir débattre avec soi-même, de faire appel à l'argumentation et de voir qu'en général, le soliloque est placé à un moment opportun de la pièce.

précédent sommaire suivant