WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Argumentation et soliloque: une étude sémiotique dans les tragédies de Shakespeare


par Marine Garel
Université Lumière Lyon 2 - Sciences du langage 2016
  

précédent sommaire suivant

c. Argumentation et concept de clôture

L'argumentation tourne autour d'un même concept dans ce soliloque : celui de la clôture. Ce concept est mis en valeur grâce à des isotopies spatiales, temporelles et actancielles. Selon Greimas et Courtès, l'isotopie constitue « un ensemble redondant de catégories sémantiques ». Autrement dit, elle participe à l'homogénéisation du texte.

La clôture se manifeste sur le plan actanciel avec l'image du coup de couteau : Macbeth doit donner un coup, d'un geste clinique. Il y a telle une esthétique du meurtre, qui ne doit pas faire parler de lui. Macbeth est freiné par la bonté du Roi alors une fois débarrassé, il y aura tel un refoulement. D'un point de vue thématique, l'homicide présente une figurativisation restreinte : Macbeth en effet veut profiter des conséquences, c'est-à-dire de devenir Roi. Mais d'un autre côté, il a peur des représailles, des « leçons sanglantes ». Macbeth est pris au piège entre connaissance personnelle et état d'âme(prophétie à la source de son ambition). Cette restriction fait ressortirdu doute chez le personnage. L'homicide passe par un modèle figuratif restreint. En effet, Macbeth possède vraiment cette ambitionde devenir Roi et l'acte serait l'occasion « d'assurer le succès ». Le problème, c'est qu'il y aura systématiquement des représailles, « des leçons sanglantes ». Macbeth est conscient de l'impartialité de la justice ; il est donc freiné par ces malédictions. Deux discours s'opposent donc dès le début : un discours porteur d'espoir qui s'atténue rapidement avec de la réticence et de la peur « Mais ces actes-là [...] ».Sur le plan spatial, la chambre évoque aussi une restriction : un endroitclos par des murs et où une porte peut être fermée.

Nous avons une seconde partie de discours à partir de « Il est ici sous une double sauvegarde [...] » où la première personne du singulier est utilisée pour la première fois et où par conséquent, nous rentrons vraiment dans la réflexion. Dans cette partie, l'argumentation est renversée : le Roi d'Ecosse est valorisé de par sa bonté et sa pureté et l'homicide est donc vu comme négative. Le protagoniste en utilisant deux discours, mêle ainsi de la confusion. Il ne sait pas quelle solution est la bonne et par extension, ne sait pas comment accéder à la vérité absolue, même s'il tente tant bien que mal de la rechercher.

La dernière phrase est une conclusion solipsiste, c'est-à-dire une réflexion purement centrée sur soi-même. Macbeth est bien conscient de lui et de ses émotions en tant que réalité. Même s'il ressort des arguments sceptiques, la seule chose dont il peut être certain, c'est de sa propre personne. Au final, Macbeth prendra vraiment sa décision dans la suite de la scène, influencé par Lady Macbeth. La fin du soliloque constitue une ouverture pouvant faire appel à l'imagination du lecteur.

précédent sommaire suivant