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Argumentation et soliloque: une étude sémiotique dans les tragédies de Shakespeare


par Marine Garel
Université Lumière Lyon 2 - Sciences du langage 2016
  

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Chapitre 3 : Hamlet et l'idée d'existence

a. Contexte et présentation de l'extrait

Considérée comme étant la plus longue pièce du dramaturge, Hamlet fût publié en 1603. Que ce soit en littérature ou en peinture, nombreux sont les auteurs qui se sont inspirés de cette tragédie dans leurs oeuvres. On pense néanmoins à Ophélie de Rimbaud, centré et inspiré du personnage d'Ophélia ou encore à l'opéra d'Ambroise Thomas en 1868.

Ce soliloque situé à la scène I de l'Acte III est le plus célèbre de l'histoire du théâtre anglais notamment. Après la mort de son père, le Roi Hamlet, Claudius (son oncle) devient Roi. Seulement, Hamlet apprend qu'il est coupable de la mort de son père et décide alors de simuler la folie. Cet extrait s'ouvre sur un débat autour de la vie et de la mort et principalement sur la légitimité du suicide. Nous avons accès à l'esprit d'Hamlet : un esprit à la fois passionné et à la fois intellectuel du fait de chercher constamment des solutions à ses problèmes. Le personnage se lance dans une réflexion philosophique qui ne sera pas résolue à la fin de son discours. Il est dans la nature d'Hamlet de se poser des questionsaussi difficiles et qui mènent à une sorte de confusion. Nous en arrivons à dire qu'à force de simuler la folie, Hamlet a su la contrôler et en prendre vraiment possession. L'irrationnel demeure entièrement dans le soliloque puisqu'il y a cette constante référence de la vie et de la mort, et surtout la question de la vie après la mort.

b. Mise en contexte sémiotique

Hamlet est un acteur individuel et statique puisqu'il n'est pas en déplacement lors de son discours. Contrairement aux deux autres soliloques, aucune marque d'acteur ne permet de comprendre qu'il s'agit d'Hamlet : ce dernier n'emploie pas la première personne du singulier. En fait, Hamlet utilise des tournures impersonnelles ainsi que des pronoms relevant de la généralité dans son discours : « Nous ».Aucun autre acteur n'est évoqué mis à part à la fin lorsque Ophélia arrive, ce qui d'autant plus interrompt le soliloque (présence de points de suspension).

Sur le plan temporel, le mode infinitif et le présent d'énonciation dominent. Employer des tournures infinitives empêche toute temporalité puisqu'il n'y a pas de conjugaison et empêche par conséquent, toute caractérisation du sujet car c'est un mode impersonnel. Dans la première phrase, il peut avoir une fonction délibérative bien que la question soit indirectement posée. Le présent d'énonciation prend le dessus sur l'infinitif et est utilisé pour faire état des choses. Par ailleurs, nous avons peu de chrononymes qui régissent le texte. « Ainsi » apparaît trois fois de suite vers la fin du discours, ce qui permet un enchaînement des arguments et un rendu homogène malgré la répétition. Le tempo du discours est ralenti du fait de la présence de longues phrases et des quelques points de suspension que nous pouvons trouver. Il y a un enchaînement de phrases ce qui créait comme dans Macbeth, un foisonnement. La présence des questions n'arrangent en rien quant à l'effet de ralentissement.

Sur le plan spatial, nous remarquons une redondance de marques qui viennent appuyer l'argumentation d'Hamlet : « Là ». Dans ce soliloque, l'espace de l'énoncé concerne une pièce dans un château. La pièce se passe au Danemark ; nous n'avons donc pas de relation entre l'espace dans lequel se situait Shakespeare lors de la production et l'espace de la pièce. Il n'y a pas d'espace particulièrement évoqué. Il faut enfin mentionner l'espace de mise en scène qui permet aux différents personnages d'accomplir leurs fonctions.

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