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Le rôle et l'impact des BRICS en Afrique


par Pacifique ISSA AMURI
Université de Lubumbashi - Licence en droit public 2025
  

Disponible en mode multipage

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UNIVERSITE DE LUBUMBASHI

FACULTE DE DROIT

Département de Droit Public

Le rôle et l'impact de BRICS en Afrique

Mémoire présenté et défendu en vue de l'obtention du titre de Licencié en Droit.

Par ISSA AMURI

Directeur : MUMBAKAKUDJI Martial

Professeur associé

Année Académique 2024-2025

I

EPIGRAPHIE

La pacification est une richesse

ISSA AMURI Pacifique

ISSA AMURI PACIFIQUE

II

IN MEMORIAM

A toi notre cher Révérend pasteur IBICU EYAKI Eddy , que la terre de nos ancêtres a arraché sitôt, tes innombrables souvenirs marquants ne nous ont pas laissé indifférent, de là où vous êtes, sachez que votre semence a porté des fruits. A jamais dans nos coeurs papa .

Que la terre de nos ancêtres te soit douce et légère, maman ABEA M'MINDJE, tes conseils ont contribué à notre épanouissement. Les circonstances de la vie ont précipitamment expiré vos séjours sur terre

Que vos âmes reposent en paix et vous soyez tous glorieux au paradis

III

DEDICACE

Je dédie ce modeste travail qui est le fruit de plusieurs Années d'étude à :

Mes chers et respectueux parents en récompense de leurs sacrifices et leur clairvoyance qui

m'ont servi et me serviront tout au long de ma vie

Mon frère MFAUM IBRAHIM et toute sa famille

Mon pasteur ADONIS MACHINDAKO

Toute la communauté EMO 'YA M'MBONDO ETUDIANT LUBUMBASHI

ISSA AMURI pacifique

IV

REMERCIEMENTS

La rédaction de ce travail, n'a pas été sans appui extérieur, il nous serait donc ingrat de ne pas adresser nos remerciements à toute personne qui, de près ou de loin y a apporté sa contribution.

A tout seigneur, tout honneur. Nos remerciements s'adressent tout premièrement au Père céleste lui qui nous a dotés de l'intelligence, la force, le courage et les moyens pour l'élaboration de ce travail.

Nos profondes gratitudes s'adressent à tous les professeurs, chefs de travaux et assistants de l'Université de LUBUMBASHI en général ainsi que ceux du département du droit public en particulier qui ont contribué à notre formation tout au long de notre parcours académique.

Les mots nous manquent pour exprimer clairement et exactement notre gratitude à Monsieur le professeur MUMBA KAKUDJI martial qui, en dépit de ses multiples occupations s'est donné corps et âme pour la direction de ce travail en mettant à notre disposition tout son talent, son expérience, son savoir-faire et pour sa rigueur scientifique qui nous a stimuler de bien évoluer avec notre travail

Nos chers parents biologiques, AMURI MWENEALANGA yote kwa bwana et MWALIHASHA BI'ANGWA, pour nous avoir montré le chemin de l'école, entretenu constamment et ravivé en nous le goût scientifique et le désir d'apprendre. Quoi que nous fassions, nous ne saurons jamais vous remercier comme il se doit. Votre affection nous couvre, votre bienveillance nous guide, et votre présence à nos côtés a toujours été ma source énergétique pour affronter les différents obstacles de ma vie, nous vous somme reconnaissant

Nous remercions infiniment notre grand frère MFAUM IBRAHIM et sa femme REBEKA MFAUM des nous avoir financé tout au long de notre parcours universitaire.

Nous vous remercions chaleureusement pour votre soutien financier. Votre bourse nous a permis de poursuivre nos études en toute sérénité. Votre confiance en nous nous encourage à persévérer dans nos études et à atteindre nos objectifs, malgré toutes les charges familiales, vous vous êtes donné corps et âme pour ma vie, Je vous suis très reconnaissant pour votre générosité.

Nous adressons nos remerciements à nos chers frères et soeurs, cousins et cousines : ABEDI AMURI, ADELARD AMURI, IMANI ABEDI, MUSA AMURI, UNGWA AMURI, ILONDELO ESUBE, MAKENE WACHIBA, MMASA EBWATELO, BILOMBELE ASUMANI BILAS pour votre encouragement et soutien.

V

Nos sincères remerciements les plus sévères à tous les frères et soeurs en christ de l'église CECAM pour votre amour et l'assistance manifester auprès de nous durant notre parcours académique que le bon Dieu vous patafiole.

Tous nos sentiments de gratitudes s'adressent également à toute la communauté EMO 'VA M'MBONDO ETUDIANTS LUBUMBASHI et tous les membres du groupe TUSUNGULANE : pour tout votre soutien moral, matériel et spirituel.

Sans oublier notre bien aimée AWA BLANDINE pour ton encouragement et ton soutien durant la rédaction de ce travail

Il ne suffit pas de disposer des moyens pour réussir dans la vie, le milieu et le climat de travail sont aussi des éléments favorisant la réussite. Ainsi, il serait ingrat de terminer sans remercier tous les amis, camarades et compagnons de lutte qui nous ont entouré d'un grand amour, d'un esprit de collaboration, nous rendant ainsi aisé, la compréhension et l'appréhension des cours.

Mes chers collègues, chers amis voisins, voisines, par ces quelques lignes, trouvez en nous toute notre gratitudes pour tous ce que vous avez fait et vous avez été pour nous.

Nous sommes limités par l'espace et par le temps. Que tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, de loin ou de près, nous ont aidé durant notre cursus académique et dont le nom ne figure pas ici, à tous nous disons infiniment merci et que le très haut vous rende le centuple.

ISSA AMURI pacifique

VI

SIGLE ET ABRÉVIATIONS

BRICS: Brésil, Russie, Inde, chine et Afrique du Sud

BRI: Belt and Road Initiative

BNDES: Banque nationale brésilienne de développement économique et social

CSS: Coopération Sud-Sud

FOCAC: Forum sur la coopération sino-africaine

FMI : Fonds monétaire international

IBSA: Inde-Brésil-Afrique du Sud.

IBAS: Inde, Brésil et Afrique du Sud

IDE: environnement de développement intégré

MBB: Nouvelle Banque de Développement

ODD: Objectifs de développement durable

RD: Recherche et le développement

RDO: Règles d'origine

RDC: République Démocratique du Congo

ONU: organisation de nations unies

OCDE: Organisation de Coopération et de Développement Économiques,

PPTE: Pays Pauvres Très Endettés»

ZES: zones économiques spéciales

1

INTRODUCTION

Dans le rapprochement de quatre pays aux vastes territoires, est né les BRIC : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine, auxquels s'est intégré l'Afrique du Sud en 2011. En effet, c'est au sommet de Iekaterinbourg en 2009, le groupe des BRICS a pris la forme d'une conférence diplomatique à part entière, donnant lieu à un sommet par an, se déroulant à tour de rôle dans chacun des cinq États. Le but de ces sommets est d'affirmer la place majeure de ces pays sur la scène internationale, et de mettre en scène leur poids économique et politique, en particulier au regard d'autres États ou groupes d'États comme les États-Unis ou l'Union européenne. Devant le succès de la formule instantanément adoptée par le monde de la finance, entérinée par le monde académique, puis adoptée par celui politique et la toile institutionnelle mondiale, cet extension de périmètre du BRICS a été critiquée par de nombreux économistes et analystes de marché, dont Jim O'Neill, le créateur dudit concept.1

Les BRICS sont devenus des acteurs majeurs sur la scène économique mondiale. Leur influence s'est progressivement étendue au continent africain, où ils jouent un rôle de plus en plus important dans les dynamiques de développement. Ce partenariat Sud-Sud a profondément transformé les relations économiques et politiques entre les pays du Sud, offrant de nouvelles perspectives mais suscitant de nombreuses interrogations sur les points tels que la durabilité des relations, l'impact sur les inégalités, les rivalités régionales, la souveraineté régionale...

Les pays du BRICS affichent aujourd'hui une présence accrue sur le continent africain, multipliant leurs relations diplomatiques, économiques et commerciales avec un nombre croissant de pays d'Afrique2. Depuis le début des années 2000, les ressources dont regorge ce continent sont de plus en plus convoitées par la Chine et ses partenaires des BRICS qui en ont besoin pour assurer leur propre développement national.

L'étude du rôle et de l'impact des BRICS en Afrique est une thématique particulièrement pertinente dans le contexte de la mondialisation et des nouvelles dynamiques géopolitiques. L'objectif principal de cette étude est de comprendre les transformations profondes que connaissent les relations économiques et politiques entre l'Afrique et les pays

1LOÏZZO CLARA, « Les BRICS passent de 5 à 10 membres et deviennent les BRICS+ », brève de Géoconfluences, novembre 2023. Mise à jour en janvier 2024.

2 O'NEILL JIM, Building Better Global Economic BRICs, Global Economics, Paper 66, Goldman Sachs, 30 Novembre 2001

3 Marcel YABILI «Chronique d'une colonisation chinoise»

4V. KALUNGA TSHIKALA ; Rédaction des mémoires en Droit, Guide pratique, Ed. COL, Lubumbashi, pp0-21.

2

émergents que sont le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud. En d'autres termes, il s'agit de décrypter les enjeux, les opportunités et les défis liés à ces partenariats.

Certains craignent que l'élargissement des BRICS ne signe l'acte de naissance d'un nouveau néo-colonialisme, cette fois asiatique. Ce sont les occidentaux qui disent cela car ils perdent leur influence en Afrique, mais ce n'est pas toujours le cas3. La phrase met l'accent sur les acteurs extérieurs, mais les pays africains ne sont pas des victimes passives. Ils ont leurs propres intérêts, leurs propres stratégies et peuvent tirer parti de la multipolarisation, Les relations entre les BRICS, l'Afrique et les puissances occidentales sont complexes et multidimensionnelles. Elles ne se réduisent pas à une simple opposition entre anciens et nouveaux colonisateurs. Cette pensée peut laisser entendre que les acteurs agissent de manière uniforme et intéressée, sans considération pour les réalités locales.

C'est une vision caricaturale qui ne rend pas compte de la diversité des situations et des motivations. La domination de la Chine et l'influence de l'Inde au sein des BRICS+ pourraient accélérer cette mutation. La concurrence entre les membres pour l'accès aux ressources naturelles africaines pourrait exacerber les conflits locaux et régionaux, comme observé dans des pays riches en ressources où les intérêts étrangers divergent. De plus, les accords de coopération et les investissements des BRICS+ risquent d'accroître la dépendance économique et politique des pays africains envers ces puissances émergentes.

Étant donné leur pouvoir de négociation limité, les pays africains devront renforcer leur capacité à prendre des décisions indépendantes et à défendre les intérêts de leur population, notamment en matière de politique économique et de développement. La (re)négociation des conditions des prêts et investissements est un exemple où les puissances dominantes imposent certaines politiques économiques et sociales, réduisant ainsi la marge de manoeuvre des gouvernements africains. La pertinence et les perspectives de l'Afrique dans le Sud global pourraient ainsi s'y jouer !

II. ETAT DE LA QUESTION

Faire un état de la question signifie pour le professeur Victor KALUNGA TSHIKALA, un relevé des publications antérieures qui, de manière directe ou indirecte, ont porté sur un même thème et non sur un même sujet que celui abordé par le chercheur4 »

Pour BALLEY GULLER soutient que la lecture d'ouvrages des chercheurs permet de présenter leurs pensées, d'apprécier les difficultés qu'ils sont rencontrées et les

3

moyens qu'ils ont utilisé pour les surmonter et de saisir l'originalité de leur contribution et des lacunes qu'un autre chercheur devra combler. Elle permet en outre d'utiliser les résultats déjà acquis afin que la recherche à entreprendre soit mieux faite et plus utiles.5

Vu que nous ne sommes pas le premier à pouvoir aborder ce sujet et La probité, l'honnêteté scientifique exige à ce que nous puissions inventorier tous les travaux de nos prédécesseurs qui ont eu à mener leurs recherches dans le même domaine que nous, afin d'éviter de faire un travail de routine, de contre dire ou d'aboutir sur le même résultat.

Ce pourquoi nous avons retenu ces quelques travaux ci-après :

LAURENT DELCOURT, dans son ouvrage, intitulé « Un BRICS+ : une perspective critique » affirme que: depuis une quinzaine d'années, les BRICS s'affirment sur la scène mondiale, bousculent les équilibres géopolitiques et questionnent les inégalités inhérentes au système économique postcolonial dominé par l'Occident. OEuvrant à la construction d'un monde multipolaire, plus en phase avec leur poids économique et démographique, ils cristallisent les aspirations du Sud global à s'affranchir d'un ordre international perçu comme injuste, incapable de répondre à ses besoins de développement et aux grands défis de l'humanité6.

Conformément à notre recherche, cet auteur met en lumière le rôle des BRICS en tant qu'acteurs émergents sur la scène mondiale, qui cherchent à réformer un ordre international perçu comme injuste, tout en représentant les aspirations des pays du Sud global. Voici comment cela se compare et se distingue du rôle et de l'impact des BRICS en Afrique. Il a reconnu que le système économique mondial actuel présent des inégalités, notamment pour les pays en développement. Les BRICS, en tant qu'alliance, visent à remédier à ces déséquilibres, ce qui résonne avec les besoins et les aspirations des pays africains.

L'accent mis sur les besoins de développement dans le Sud global est également pertinent pour l'Afrique. Les pays africains espèrent tirer parti de leur relation avec les BRICS pour promouvoir un développement qui soit plus inclusif et durable. Le rôle des BRICS en Afrique est souvent plus axé sur des enjeux régionaux spécifiques, tels que la sécurité alimentaire, l'accès à la technologie et l'amélioration des infrastructures. Les défis uniques auxquels fait face l'Afrique peuvent ne pas être pleinement pris en compte dans une analyse plus large.

5 G. BALLEY, La recherche en sciences humaines, éd. Universitaire, Paris, 1970, p. 33.

6 D. LAURENT, BRICS+ : une perspective critique, p 7

4

Dans le cadre des BRICS, les pays membres ont des intérêts variés et parfois divergents. En Afrique, il existe également des dynamiques internes complexes entre les pays africains eux-mêmes, ce qui peut influencer leur capacité à agir collectivement au sein de l'alliance des BRICS. Bien que les aspirations et les critiques des BRICS sur la scène mondiale et en Afrique partagent des points communs, le contexte régional, les dynamiques internes et les niveaux d'engagement diffèrent considérablement, ce qui influence la manière dont ces pays interagissent avec les BRICS et exploitent cette alliance pour leurs propres intérêts.

Par James-WILLIAM GBAGUIDI ; dans son article intitulé « Les BRICS en Afrique, une histoire de perception. Entre espoirs et risques de désenchantement »7 Il a signalé qu'il sera nécessaire pour les pays africains de ne pas se laisser enfermer dans le rôle exclusif de fournisseurs de matières premières pour les BRICS, mais surtout d'élaborer des politiques communes mutuellement bénéfiques afin d'accélérer le développement du continent.

Car, c'est dans les stratégies individualistes du « chacun pour soi » que se cachent les causes des échecs de nombre de partenariats antérieurs entre l'Afrique et le reste du monde conformément à notre recherche nous pouvons ainsi dire que les pays africains doivent chercher à établir des partenariats qui ne se basent pas uniquement sur l'extraction de ressources, mais qui incluent des investissements dans des secteurs tels que l'éducation, la technologie et l'infrastructure. Cela permettrait d'assurer un développement durable et diversifié. Cette idée appelle à une transformation du rôle traditionnel des pays africains dans le cadre de leurs relations avec les BRICS, en les incitants à devenir des acteurs proactifs dans la définition de leur avenir économique et social.

AGNÈS ADÉLAÏDE METOUGO dans un entretien avec Laurent Delcourt8, souligne que la relation commerciale entre les BRICS et l'Afrique présente des défis importants, mais aussi des opportunités pour amorcer un développement autocentré. Mais cela passe par une stratégie proactive de diversification économique, de valorisation de ses ressources, de renforcement de ses capacités industrielles et de ses capacités de négociation et, bien sûr, par l'achèvement du processus d'intégration régionale. À ces conditions, l'Afrique pourra se libérer de cette Dépendance du passé et s'engager sur la voie d'un développement durable et inclusif.

7James-WILLIAM GBAGUIDI, « Les BRICS en Afrique, une histoire de perception. Entre espoirs et risques de désenchantement » mis en ligne le 25/06/2014, pp112 à 113. https://doi.org/10.3917/afco.248.0112.

8Une opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux » www.cetri.be/Les-BRICS-et-l-Afrique-Entretien du 18/06/2024

9 Coopération de l'Afrique avec les pays« brics » une troisième voie pour le développement de l'Afrique (2013)

5

Il est crucial de transformer la dépendance actuelle en une relation de partenariat mutuel (d'égal à égal) qui soit bénéfique pour l'Afrique.

Cette idée souligne la nécessité d'une relation commerciale entre les BRICS et l'Afrique qui soit mutuellement bénéfique et axée sur le développement autocentré. Voici comment cette idée se compare et se distingue du rôle et de l'impact des BRICS en Afrique, Les pays africains cherchent à transformer leurs relations avec les BRICS pour qu'elles ne soient pas unilatérales, mais plutôt basées sur des intérêts communs. Elle propose une stratégie proactive venant des pays africains pour transformer leur relation avec les BRICS, le rôle actuel des BRICS peut parfois être perçu comme réactif, où les pays africains doivent s'adapter aux dynamiques imposées par les puissances émergentes du groupe.

Cet auteur partage plusieurs points communs avec notre recherche, notamment l'accent mis sur l'égalité, la diversification économique et le renforcement des capacités. Cependant, elle se distingue par son appel à une initiative proactive de la part des pays africains pour transformer leur dépendance historique en partenariats véritablement mutuels, adaptés aux besoins spécifiques du continent.

FODÉ SALIOU TOURÉ, dans son article, intitulé « la coopération de l'Afrique avec les pays« brics », une troisième voie pour le développement de l'Afrique9 » souligne que pour améliorer la contribution de ces nouvelles relations au développement du continent, celui-ci doit, entre autres, éviter le piège des matières premières Dans sa trajectoire économique en mettant l'accent sur l'impératif de la diversification de ses Structures économiques afin d'améliorer la compétitivité des économies africaines et de Renforcer l'intégration régionale. Les liens de coopération avec les pays BRICS pourraient Être renforcés grâce à une diversification des économies africaines dans des secteurs comme L'agriculture, les services et l'industrie manufacturière, ce qui permettrait d'élargir la base D'exportation très limitée du continent et améliorer 1' insertion des économies africaines dans L'économie mondiale. Les partenariats conclus avec les pays BRICS s'élargissant rapidement, L'intégration économique régionale dans le processus de coopération devient nécessaire de créer des économies d'échelle susceptibles de donner une nouvelle impulsion aux échanges commerciaux et aux flux d'investissement et de permettre à 1 `Afrique d'assurer sa Compétitivité dans l'économie globale.

6

Les propos de cet auteur sur le développement de l'Afrique en relation avec les BRICS mettent en avant des thèmes centraux qui résonnent avec le rôle et l'impact de ce groupe sur le continent. Voici une analyse des similarités et des différences :

Tant cette idée que le rôle des BRICS soulignent l'importance de diversifier les économies africaines pour éviter la dépendance aux matières premières. Cela reflète une compréhension commune que la diversification peut accroître la résilience économique et améliorer la compétitivité. Renforcer les liens de coopération avec les pays BRICS est également en phase avec la manière dont ces pays cherchent à établir des partenariats stratégiques avec l'Afrique, notamment dans des secteurs clés comme l'agriculture, les services et l'industrie manufacturière.

L'auteur propose une approche proactive où les pays africains prennent des initiatives pour diversifier leurs économies et renforcer leur intégration régionale. En revanche, le rôle des BRICS peut parfois être perçu comme réactif, où les pays africains doivent s'adapter aux dynamiques imposées par les puissances émergentes.

Son idée partage plusieurs points communs avec le rôle et l'impact des BRICS en Afrique, notamment la nécessité de diversification économique et d'intégration régionale. Cependant, elle se distingue par son appel à une initiative proactive de la part des pays africains, son accent sur la création d'économies d'échelle, et sa focalisation sur des secteurs spécifiques pour améliorer l'insertion du continent dans l'économie mondiale.

III. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHESE 1) PROBLÉMATIQUE

La problématique est encore définie par le professeur, Docteur ISANGO IDI WANZILA10 est entendue comme un procès ré flexionnel, et l'art d'élaborer et de poser clairement son problème aussi le résoudre en suivant leur transformation dans la réflexion scientifique comme une théorie philosophique.

MULUMBATI NGASHA Adrien11 définit la problématique comme une série des questions faisant l'objet d'étude qu'un chercheur se pose au sujet d'un phénomène qu'il étudie.

Partant de notre travail, vu que les brics Les BRICS sont devenus des acteurs majeurs sur la scène économique mondiale. Leur influence s'est progressivement étendue au

10 I. ISANGO, Cours de Méthode de travail scientifique, G1 SPA, 2003, Pp 13-14.

11 MULUMBATI NGASHA, Sociologie Générale, Lubumbashi, éd. Africain, 1971, p.236

7

continent africain, où ils jouent un rôle de plus en plus important dans les dynamiques de développement. Portant dans les dynamiques de développement, nous avons eu a formulé quelques questions pour nous permettre a bien mené nos recherches

? Quel est le rôle des brics dans le développement économique et social des pays

africains et quels impacts cela t'il sur les relations internationales en Afrique ? ? Comment les investissements des BRICS influencent-ils le développement

économique et social des pays africains, et quels en sont les impacts à long terme ? ? Dans quelle mesure la coopération entre les BRICS et les pays africains renforce-t-

elle la souveraineté économique de ces derniers face aux influences occidentales ?

Ainsi, nous tâcherons de répondre, dans la mesure possible, aux questions ci-haut posées.

2) HYPOTHESES

Il est évident que l'on ne peut pas parler de l'hypothèse sans qu'on ne sache préalablement ce que cela veut dire. Il importe de ce fait qu'il nous soit permis de définir le concept hypothèse.

C'est ainsi que SHOMBA KINYAMBA, dans son ouvrage intitulé : « méthodologie de la recherche scientifique » conçoit l'hypothèse comme une série des réponses qui permettent de prédire la vérité scientifique au regard des questions posées dans la problématique.12

MULUMBATI NGASHA Adrien, dans son ouvrage de la sociologie générale, définit l'hypothèse comme étant la proposition des réponses provisoires aux questions que l'on se pose à propos de l'objet de recherche formulé en des termes tels que l'observation et l'analyse qui puissent trouver des réponses. Étant donné que tout travail scientifique repose sur des bases précises lui permettant ainsi de dégager des théories fiables, le but d'une hypothèse scientifique est aussi de parvenir à fournir une explication générale ou restreinte aux phénomènes étudiés.13

Pour Raymond QUIVY et Luc VAN CAMPENHOUDT l'hypothèse comme une proposition qui anticipe une relation entre deux termes qui, selon les cas, peuvent être des concepts ou des phénomènes14.

Ce qui veut dire plus clairement que dans le cadre d'une recherche scientifique l'hypothèse est une affirmation ou une réponse provisoire, présomptueuse et vraisemblable à la

12 SHOMBA KINYAMBA, Méthode de la recherche scientifique, UNIKIN, 2002, p.87, inédit.

13 MULUMBATI NGASHA, Sociologie Générale, Lubumbashi, éd. Africain, 1971, p.236.

14Raymond QUIVY et Luc VAN CAMPENHOUDT, Manuel de recherche en sciences sociales, 2eme ed, Dunod, Paris, 1995, p.117.

15Russia les particularly interested in gaining control over the supply of oil and natural gas from Africa to European countries. » (Volman, 2009, p. 12).

8

problématique et qui résulte des faits connus même empiriquement et qu'il faudra vérifier par des données pour l'infirmer ou l'affirmer.

C'est pourquoi pour notre travail, nous allons avancer les hypothèses aux questions de notre problématique en disant que ; Les BRICS en tant que puissances émergentes, jouent un rôle de plus en plus important dans le développement de l'Afrique. Leurs investissements massifs, leur soutien politique et leur influence sur les institutions financières internationales ont des implications profondes pour le continent. Ils contribuent dans le développement économique des pays africains en apportant des investissements directs étrangers, en soutenant des projets d'infrastructure et en favorisant les échanges commerciaux, ce qui conduit à une croissance économique accrue. L'engagement des BRICS en Afrique modifie le paysage des relations internationales sur le continent, en diversifiant les partenariats économiques et en réduisant la dépendance vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et des pays occidentaux.

Toutefois, sur le plan des échanges, de l'investissement et de L'aide au développement, les tendances récentes sont prometteuses. Il est évident que les pays BRICS jouent un grand rôle dans l'amélioration des opportunités de développement de l'Afrique15. Et, il est d'ores et déjà possible de dire, sur la base des éléments disponibles à ce jour, que cette coopération aura probablement des répercussions importantes sur l'avenir du développement de l'Afrique et ses relations postcoloniales. En outre, l'Afrique n'est pas un pays, mais un continent marqué par la diversité et l'hétérogénéité de 54 pays offrant un tableau contrasté en termes de développement économique et de richesse en ressources naturelles. Autant dire que toute généralisation apparaît artificielle.

De même, la présence croissante des BRICS est loin d'être une vaste entité porteuse d'une même réalité sur le continent. Les pays BRICS ont plutôt une présence qui est à géométrie variable et se différencient par leur approche et leur engagement sur le continent. À cet égard, la Russie qui dispose de ressources naturelles immenses, comme le sont beaucoup d'économies africaines, n'éprouve pas le même intérêt pour l'Afrique et ses matières premières que la Chine et l'Inde.

9

I.V METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE

Pour bien avancer dans une recherche scientifique et pour bien être compris par des différents lecteurs, tout chercheur doit, avant d'entreprendre toute recherche, définir aussi clairement les méthodes et techniques qu'il a choisi d'utiliser car toute recherche qui se veut scientifique et sérieuse doit reposer sur une base aussi bien méthodologique que technique. Et dans le cadre de ce travail, nous avons utilisé quelques méthodes et techniques afin d'atteindre l'objectif scientifique visé

A. METHODES DE RECHERCHE

Le mot méthode revêt plusieurs sens ou forme, le Dictionnaire Petit Robert définitif la méthode comme « l'ensemble des démarches que suit l'esprit pour découvrir et démontrer la vérité »16

De même le mot méthode est définit par RONGÈRE PINTO17 dans le sens procédural comme « procédure particulière appliquée à l'une ou l'autre des stades de la recherche ». La méthode détermine la voie par laquelle le chercheur entend mener sa recherche. Tandis que la technique est le moyen que le chercheur évalue dans ladite voie18.

Pour LOHATA.T.O19 la méthode est un « courant explicatif qui donne le sens aux informations collectées ou traitées par les techniques »

Pour y répondre de manière rigoureuse, nous aurons besoin d'une combinaison des méthodes donc collective et analytique

A.a Méthode juridique

La méthode juridique est utilisée dans la compréhension des textes de loi par la recherche de l'intention du législateur20. L'interprétation juridique consiste à expliciter la volonté du législateur qui a été à l'origine de la norme. Elle est fondée sur le dogme de l'omnipotence du législateur.

La méthode juridique sera d'une importance non négligeable au travers différents textes que nous allons étudier dans le cadre du présent travail en misant plus sur le code de

16 Dictionnaire Petit Robert, Paris, p. 1396

17 P. RONGÈRE, Méthode des sciences sociales, Paris, Ed. Dalloz, 1971, p.18.

18 GRAWITZ, M, Méthodologie de recherches en science sociale, Paris, Dalloz, P.388

19 LOHATA.T.O., La méthodologie et l'épistémologie des sciences sociales via science sociale politique et administrative, PUF, 2010.

20 Aimé BANZA ILUNGA, Cours de la méthode et technique de recherche juridique, 2023.p.16

10

procédure pénale. L'utilisation de cette méthode dans cette étude du rôle et de l'impact des BRICS en Afrique peut enrichir la recherche scientifique en apportant une analyse approfondie des textes juridiques, des politiques publiques, des discours et des pratiques. Cette approche permet de mieux comprendre les enjeux normatifs et juridiques des relations entre les BRICS et l'Afrique, et de formuler des recommandations pour une coopération plus équitable et durable.

A.b Méthode analytique

Cette méthode nous permettra d'analyser les discours politiques, médiatiques et académiques pour identifier les représentations et les discours dominants sur les BRICS et l'Afrique

B. TECHNIQUE DE RECHERCHE

B.a. Technique documentaire

La technique documentaire est celle qui est orientée vers une fouille systématique de tout ce qui est en rapport avec le domaine de la recherche c'est-à-dire tout ce qui constitue la source écrite d'un thème de recherche. Elle consiste en l'utilisation des documents écrits ayant une liaison avec le sujet choisi. Certains auteurs appellent la technique documentaire la revue de la littérature d'un domaine,21

Pendant la recherche, nous avons consulté les ouvrages, les rapports, les mémoires, les sites internet et autres documents relatifs à notre sujet. Celle-ci nous permettra d'entrer en contact avec tous les documents écrits en rapport avec notre sujet. Par là nous citerons les ouvrages sur le brics et le développement économique de l'Afrique, certains travaux scientifiques qui parlent aussi du même domaine, ainsi que quelques notes de cours de notre discipline.

B.b. Technique analytique

Ici nous allons analyser le rôle de Brics, examiner comment les pays Brics interagissent avec les pays africains, analyser les discours politiques pour comprendre les enjeux idéologiques et les représentations.

21 GRAWITZ, M., op.cit., p.358

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V. DELIMITATION DE SUJET

V.a. Délimitation dans le temps

Sur le plan chronologique, notre étude va s'étendre de l'années 2000, l'année par laquelle la banque d'investissement Goldman Sachs a introduit la Notion de « BRIC » pour le développement économique jusqu' à nos jours

V.b. Délimitation dans l'espace

Vu que notre sujet est un sujet d'actualité qui se base sur le plan international, nos recherches sont basées surtout sur les pays Brics au niveau mondial

VI. DIVISION DU TRAVAIL

Pour mieux atteindre les objectifs poursuivis au cours de notre étude, nous avons structuré ce travail en trois chapitres outre l'introduction, et la conclusion et chaque chapitre comprend trois sections aussi chaque session avec trois paragraphes. Le premier, de nature théorique, porte sur le cadre théorique du concept. Le second est réservé à l'impact économique des Brics sur les pays africains, enfin, le troisième porte sur les brics, une opportunité pour rejeter les ordres imposés par les occidentaux.

12

CHAPITRE 1 : LE CADRE THEORIQUE HISTORIQUE

Les BRICS, jouent un rôle clé dans l'économie mondiale depuis sa formation. Avec l'ajout récent de cinq nouveaux pays, à savoir l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis en 2024, le groupe a vu son influence s'étendre encore plus largement. Cet article retrace l'histoire des BRICS, depuis leur création jusqu'à leur récente expansion, et examine leurs objectifs, défis, réalisations et perspectives futures.

SECTION 1 : ORIGINE ET FORMATION DES BRICS Paragraphe 1. Les origines des BRICS

L'acronyme est apparu pour la première fois en 2001 sous la plume de l'économiste britannique Jim O'Neill, dans un rapport de la banque d'investissement Goldman Sachs intitulé Building Better Global Economic BRIC (le "S" final étant celui du pluriel et ne désignant pas l'Afrique du Sud). L'article établissait une projection de croissance montrant que ces pays, déjà importants dans l'économie mondiale en raison de leurs vastes marchés intérieurs, étaient appelés à peser de plus en plus, étant donné leur croissance économique annuelle rapide. On peut y voir un exemple de performativité du discours, dans la mesure où l'annonce, par une grande banque d'investissement, du fort potentiel économique de ces pays, a pu encourager les investisseurs et contribuer à leur croissance et à leur émergence rapide.

L'acronyme inventé par un économiste est finalement devenu une réalité économique et politique. C'est surtout à partir de 2011, avec la tenue régulière de sommets et l'entrée de l'Afrique du Sud, que les BRICS sont devenus un groupe officiel. Sur le plan économique, ils se sont également dotés en 2014 d'une banque de développement, la Nouvelle banque de développement, basée à Shanghai. Parmi les thèmes qui ont pu être au centre de leurs préoccupations, on trouve la lutte contre le protectionnisme de certains de leurs partenaires du G20 (G8 élargi) ou la réforme de la gouvernance du Fonds monétaire international (FMI) et du Système monétaire international. Ils ont pu également faire front commun contre certaines contraintes environnementales internationales jugées pénalisantes pour leurs économies. D'une manière générale, les BRICS sont l'une des instances promouvant une reconnaissance de la

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multipolarité des équilibres économiques et politiques mondiaux, en rupture avec les organisations héritées de l'après Seconde guerre mondiale.22

À cette époque, les économies de ces pays affichaient des taux de croissance élevés et présentaient un potentiel significatif pour remodeler l'économie mondiale. Le terme est né d'une analyse qui prévoyait que ces quatre nations deviendraient des acteurs économiques majeurs dans les décennies à venir. Cette prédiction s'est avérée correcte, car ces pays ont vu leur influence croître de manière exponentielle, les plaçant parmi les plus grandes économies du monde.23

En effet, le contexte économique et géopolitique du début des années 2000 était marqué par une domination quasi-totale des États-Unis et de l'Europe occidentale sur les institutions internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale. Les BRIC, en tant que puissances émergentes, cherchaient à équilibrer cette domination en proposant une alternative qui reflétait mieux la réalité économique mondiale.

Paragraphe 2. Objectif des brics

Dès le début, les BRIC se sont fixé des objectifs clairs : promouvoir la coopération économique entre les grandes puissances émergentes et offrir une alternative au système économique dominé par l'Occident. En se réunissant, ces nations espéraient créer un contrepoids capable de rééquilibrer l'influence économique mondiale et de promouvoir une plus grande justice économique internationale.

Ce groupe, connu sous le nom de BRIC, aspire à jouer un rôle déterminant dans le remodelage de l'ordre mondial en promouvant des réformes dans les institutions internationales et en renforçant la coopération économique et politique entre ses membres. L'objectif est de créer un monde multipolaire, où les économies émergentes ont une voix plus forte et plus influente.24

22 Vincent CAPDEPUY, « La ligne Nord-Sud, permanence d'un clivage ancien et durable », Géo confluences, janvier 2024

23 Clara LOÏZZO, « Les BRICS passent de 5 à 10 membres et deviennent les BRICS+ », brève de Géo confluences, novembre 2023. Mise à jour en avril 2025.

24 https://brics2023.gov.za/

25 Recueil des déclarations : Université de Toronto (BRICS Information Centre) - https://www.brics.utoronto.ca/.

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? Réformer la gouvernance mondiale

L'un des objectifs fondamentaux des BRICS est de réformer la gouvernance mondiale pour la rendre plus équitable et représentative. Le groupe critique la structure actuelle des institutions internationales telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, qui sont dominées par les pays occidentaux, principalement les États-Unis et l'Union européenne. Les BRICS plaident pour une redistribution des droits de vote et une réforme de la gestion de ces institutions pour refléter le poids économique croissant des économies émergentes.

Les BRICS demandent également une réforme du Conseil de sécurité des Nations Unies pour inclure des membres permanents issus des économies émergentes. Actuellement, seuls cinq pays ont des sièges permanents au Conseil de sécurité : les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Les BRICS considèrent que cette configuration ne représente pas les réalités économiques et politiques du XXIe siècle. En augmentant le nombre de sièges permanents pour inclure des pays comme l'Inde et le Brésil, le groupe espère donner plus de poids aux économies émergentes dans la prise de décisions internationales.

Pour soutenir leur demande, les BRICS ont proposé la création d'une nouvelle architecture financière mondiale. Cette initiative comprend la mise en place de mécanismes de financement alternatifs, tels que la Nouvelle Banque de Développement (NDB), créée en 2014, qui vise à financer des projets d'infrastructure dans les pays en développement. Cette banque est conçue pour offrir des financements à des conditions plus flexibles que celles imposées par les institutions traditionnelles comme le FMI et la Banque mondiale.

? Renforcer la coopération économique et commerciale

La coopération économique est au coeur des objectifs des BRICS. Le groupe cherche à accroître le commerce intra-BRICS et à réduire sa dépendance vis-à-vis des marchés occidentaux. En 2023, le commerce intra-BRICS représentait environ 15 % du total des échanges commerciaux des membres, mais le groupe vise à augmenter cette part pour stimuler la croissance économique et créer des emplois25.

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Pour renforcer la coopération économique, les BRICS ont signé des accords bilatéraux et multilatéraux visant à réduire les barrières commerciales et à promouvoir les investissements directs étrangers. Ces accords facilitent le commerce et l'investissement entre les membres, tout en offrant des incitations fiscales et des protections juridiques aux investisseurs. Le mécanisme de coopération des banques centrales des BRICS, qui facilite les échanges de devises, est un autre exemple de ces efforts pour renforcer l'intégration économique.

En plus de la réduction des barrières commerciales, les BRICS investissent dans des secteurs stratégiques à forte croissance, tels que la technologie, les services financiers, l'énergie et l'agriculture. En diversifiant leurs économies, les membres du groupe cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des matières premières et à se positionner comme des leaders dans les industries de haute technologie. L'Inde, par exemple, a émergé comme un centre technologique mondial, tandis que la Chine investit massivement dans l'intelligence artificielle et les technologies de l'information.

? Encourager le développement durable et la coopération énergétique

Les BRICS sont engagés dans la promotion du développement durable et de la coopération énergétique. Ces objectifs sont alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, que les BRICS s'efforcent d'atteindre par des politiques nationales et des initiatives conjointes. Les membres du groupe reconnaissent que le développement durable est vital pour la croissance économique à long terme et la stabilité sociale.

Pour atteindre cet objectif, les BRICS investissent dans des technologies propres et des énergies renouvelables. La Chine, par exemple, est le plus grand producteur mondial de panneaux solaires et investit massivement dans l'énergie éolienne. L'Inde a lancé l'Alliance solaire internationale pour promouvoir l'énergie solaire, tandis que le Brésil est un leader mondial dans la production de biocarburants. Ces initiatives montrent l'engagement des BRICS à réduire les émissions de carbone et à promouvoir une utilisation durable des ressources.

Les BRICS cherchent également à renforcer la sécurité énergétique par le biais de la coopération régionale. Les membres du groupe partagent des technologies énergétiques avancées et investissent dans des infrastructures pour le transport de l'énergie, telles que les pipelines et les réseaux électriques transfrontaliers. Cette coopération permet aux pays de

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diversifier leurs sources d'approvisionnement énergétique et de réduire leur dépendance vis-à-vis des importations de combustibles fossiles, renforçant ainsi leur résilience énergétique.

? Stimuler l'innovation technologique

L'innovation technologique est un autre objectif clé des BRICS. Les membres du groupe reconnaissent que l'innovation est essentielle pour stimuler la croissance économique et maintenir la compétitivité mondiale. En conséquence, les BRICS ont mis en place plusieurs initiatives pour promouvoir la recherche et le développement (R&D) dans des domaines stratégiques tels que l'intelligence artificielle, le block Chain, les biotechnologies et les nanotechnologies.26

Le réseau de recherche et d'innovation des BRICS est un exemple de ces efforts. Ce réseau vise à faciliter la collaboration scientifique et technologique entre les institutions de recherche des pays membres. Il soutient le développement de projets de recherche conjoints, l'échange de chercheurs et le transfert de technologies, permettant aux membres de bénéficier des innovations technologiques les plus récentes. En outre, les BRICS cherchent à harmoniser leurs politiques de propriété intellectuelle pour encourager l'innovation et protéger les inventions.

Les BRICS investissent également dans le développement d'infrastructures numériques pour soutenir l'innovation technologique. Ces investissements incluent le déploiement de réseaux 5G, la construction de centres de données et la promotion de l'éducation numérique. En améliorant la connectivité numérique entre les pays membres, les BRICS visent à stimuler l'innovation et à soutenir la croissance des industries numériques.

? Assurer la stabilité financière et monétaire

Les BRICS cherchent à assurer la stabilité financière et monétaire de leurs économies pour les protéger contre les chocs externes. Les crises financières passées ont montré la vulnérabilité des économies émergentes aux turbulences financières mondiales, soulignant la nécessité de mécanismes de coopération financière.

26 Andrew F. Cooper, BRICS: A Very Short Introduction" (2016)

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Pour répondre à ce défi, les BRICS ont créé le Fonds de réserve des BRICS en 2014, avec un capital initial de 100 milliards de dollars. Ce fonds agit comme un filet de sécurité financière pour les membres, fournissant une assistance en cas de crise de liquidité ou de pression sur la balance des paiements. Il renforce la résilience des économies des BRICS en offrant une alternative aux mécanismes de financement d'urgence du FMI.

Les BRICS plaident également pour une réforme du système financier international pour le rendre plus équitable et inclusif. Ils appellent à une meilleure régulation des flux de capitaux et à une surveillance accrue des institutions financières internationales pour éviter les crises financières et promouvoir une croissance économique stable. En diversifiant leurs réserves de change, les BRICS cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar américain et à promouvoir l'utilisation de leurs monnaies nationales dans les transactions internationales.

? Favoriser la coopération Sud-Sud et les partenariats stratégiques

Les BRICS cherchent à favoriser la coopération Sud-Sud et à renforcer leurs partenariats stratégiques pour consolider leur position sur la scène internationale. Le groupe partage une vision commune d'un ordre mondial multipolaire, où aucune puissance unique ne domine les affaires mondiales. Cette vision est reflétée dans leurs politiques et initiatives communes visant à promouvoir une coopération étroite sur des questions stratégiques.

Les BRICS organisent régulièrement des sommets et des réunions diplomatiques pour discuter des questions stratégiques et coordonner leurs positions sur les défis mondiaux. Ces sommets offrent une plateforme pour renforcer les alliances, échanger des idées et promouvoir la coopération sur des questions de sécurité, de défense, et de développement économique. Les BRICS utilisent ces rencontres pour développer des partenariats avec d'autres groupes régionaux et internationaux, étendant ainsi leur influence globale.

En outre, les BRICS cherchent à promouvoir une diplomatie proactive en utilisant la coopération Sud-Sud comme un moyen pour défendre les intérêts des pays en développement. Ils soutiennent les efforts des pays en développement pour surmonter les obstacles économiques et politiques, et s'engagent à offrir une aide technique et financière à ces pays par le biais de programmes de coopération bilatéraux et multilatéraux. À l'avenir, les BRICS pourraient jouer un rôle encore plus important dans l'économie mondiale, en particulier si le groupe réussit à élargir ses rangs et à inclure davantage de membres. L'intégration de

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nouvelles économies émergentes pourrait renforcer la capacité des BRICS à peser sur les décisions mondiales et à promouvoir un ordre international plus équilibré et équitable27.

Les BRICS représentent aujourd'hui une force incontournable dans le paysage géopolitique et économique mondial. Leurs objectifs ambitieux de réforme de la gouvernance mondiale, de promotion de la coopération économique, de soutien au développement durable, de stimulation de l'innovation technologique, et de renforcement de la coopération Sud-Sud témoignent de leur désir de remodeler l'ordre mondial. Malgré les défis internes et externes, le groupe reste déterminé à poursuivre ses objectifs et à jouer un rôle de premier plan dans la construction d'un monde multipolaire où les économies émergentes ont une voix plus forte et plus influente. Leur succès ou leur échec dans la réalisation de ces objectifs pourrait avoir des implications profondes pour l'avenir de l'économie mondiale et des relations internationales.

L'idée était de créer un espace de dialogue et de collaboration où ces pays pourraient discuter de leurs défis communs et explorer des solutions collectives. Les BRIC voulaient également renforcer leur pouvoir de négociation dans les forums internationaux, en plaidant pour une réforme des institutions financières mondiales afin de mieux refléter l'importance croissante des économies émergentes.28

Paragraphe 3. Perspectives d'avenir pour les BRICS

Les BRICS représentent un bloc de pays émergents avec un potentiel significatif sur la scène mondiale. À l'avenir, plusieurs perspectives peuvent être envisagées pour ce groupe, expansion et inclusion de nouveaux membres. L'une des tendances notables est la possibilité d'élargir le groupe pour inclure d'autres économies émergentes. Des pays comme l'Argentine, l'Indonésie ou le Mexique ont exprimé leur intérêt à rejoindre les BRICS. Cette expansion pourrait renforcer le poids économique et politique du groupe sur la scène internationale. Les BRICS pourraient approfondir leur coopération économique en développant des initiatives communes dans des domaines tels que le commerce, les investissements et les infrastructures. Le développement de la Nouvelle Banque de Développement (NDB) est un exemple de cette volonté de créer des mécanismes financiers alternatifs pour soutenir les projets d'infrastructure dans les pays membres. Avec la montée des préoccupations concernant la gouvernance mondiale, les BRICS pourraient jouer un rôle plus actif dans les discussions sur des enjeux

27 CETRI, BRICS+ Une alternative pour le Sud global ?, Collection Alternatives Sud, Syllepse, Paris, 2024.

28 O'NEILL JIM, op.cit., p.55

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globaux tels que le changement climatique, la sécurité alimentaire et la santé mondiale. Leur voix collective pourrait influencer les décisions prises au sein des organisations internationales. Malgré leur potentiel, les BRICS font face à des défis internes liés à leurs divergences économiques, politiques et culturelles. L'avenir du groupe dépendra de sa capacité à maintenir une cohésion malgré ces différences. La gestion des relations bilatérales entre les membres sera cruciale pour éviter les tensions.

Les BRICS devront naviguer dans un paysage géopolitique en constante évolution, marqué par des rivalités entre grandes puissances comme les États-Unis et la Chine. Leur capacité à s'adapter à ces dynamiques et à trouver un terrain d'entente sera déterminante pour leur influence future. Les BRICS pourraient également promouvoir des modèles alternatifs de développement qui s'opposent aux paradigmes dominants souvent associés aux pays occidentaux. Cela inclut des approches axées sur le développement durable et l'inclusion sociale, ce qui pourrait attirer d'autres pays en quête de solutions innovantes.

L'intégration de technologies émergentes, telles que l'intelligence artificielle et la blockchain, pourrait transformer la coopération entre les BRICS. Ces technologies peuvent faciliter le commerce, améliorer les systèmes financiers et renforcer les capacités de gouvernance. Les perspectives d'avenir pour les BRICS sont prometteuses, mais elles s'accompagnent de défis considérables. La capacité du groupe à évoluer et à s'adapter aux réalités changeantes du monde déterminera son rôle futur en tant qu'acteur clé sur la scène internationale. Une coopération renforcée, une gestion efficace des divergences internes et une réponse proactive aux dynamiques mondiales seront essentielles pour réaliser le potentiel des BRICS dans les années à venir.29

SECTION 2. EVOLUTION HOSTORIQUE DES BRICS

Les BRICS, jouent un rôle clé dans l'économie mondiale depuis sa formation. Avec l'ajout récent de cinq nouveaux pays, à savoir l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis en 2024, le groupe a vu son influence s'étendre encore plus largement. Cet article retrace l'histoire des BRICS, depuis leur création jusqu'à leur récente expansion, et examine leurs objectifs, défis, réalisations et perspectives futures.

29 O'NEILL JIM, op.cit., p.56

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Paragraphe 1. L'inclusion de l'Afrique du Sud : le passage de BRIC à BRICS

La création et la formation des BRICS ont marqué un tournant décisif dans l'histoire des relations internationales. En 2010, l'Afrique du Sud a été invitée à rejoindre le groupe BRIC, transformant ainsi le groupe en BRICS. Cette décision a été motivée par plusieurs facteurs, notamment la volonté d'inclure une nation africaine dans le groupe pour renforcer sa représentativité géographique et offrir une perspective africaine dans les discussions économiques mondiales. L'Afrique du Sud, en tant que plus grande économie du continent africain, apportait ainsi une valeur ajoutée au groupe en termes de diversité économique et culturelle. L'intégration de l'Afrique du Sud a non seulement élargi la portée géographique du groupe, mais elle a également renforcé sa légitimité en tant que représentant des intérêts des pays en développement. Cet élargissement a permis aux BRICS de mieux refléter les dynamiques économiques mondiales et d'accroître leur influence sur la scène internationale.30

Paragraphe 2. Les premiers sommets des BRICS

Le premier sommet des BRICS s'est tenu en 2009 à Ekaterinbourg, en Russie. Ce sommet marquait une étape importante dans l'institutionnalisation du groupe, a permis de consolider les liens entre les membres et de définir une feuille de route pour la coopération future. Les discussions ont porté sur des sujets cruciaux tels que :

l La réforme des institutions financières internationales ;

l Le renforcement des échanges commerciaux entre les membres ;

l La promotion d'une croissance économique soutenue et inclusive.

Les résultats de ce premier sommet ont été encourageants, avec des engagements clairs de la part des membres pour intensifier leur coopération. Ce sommet a également jeté les bases de la création de mécanismes institutionnels tels que la Nouvelle Banque de Développement, destinée à financer des projets d'infrastructure dans les pays membres.

Paragraphe 3. Les autres sommets des BRICS

Le deuxième sommet des BRIC s'est tenu le 16 avril 2010 à Brasilia, au Brésil, marquant le début d'une institutionnalisation de ces réunions qui ont contribué à l'émergence

30 O'NEILL JIM, op.cit., p.58

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d'une nouvelle réalité géopolitique. Le 14 avril 2011, lors du troisième sommet à Sanya, en Chine, l'Afrique du Sud rejoint officiellement le groupe, transformant ainsi le BRIC en BRICS et faisant disparaître de facto le « Triangle Brésil - Inde - Afrique du Sud ».Le quatrième sommet des BRICS a eu lieu le 29 mars 2012 à New Delhi, en Inde, suivi par le cinquième sommet le 28 mars 2013 à Durban, en Afrique du Sud, période durant laquelle la Chine a lancé l'initiative BRI (Belt and Road Initiative) en septembre 2013, un ambitieux projet de Nouvelle route de la soie. Le sixième sommet s'est tenu le 17 juillet 2014 à Fortaleza, au Brésil, et en 2015, Oufa en Russie a accueilli le septième sommet des BRICS. Cette même année a vu l'inauguration officielle de la Nouvelle Banque de Développement (NBD), conçue comme une alternative à la Banque mondiale, souvent perçue comme dominée par les intérêts occidentaux.

En 2016, les dirigeants des BRICS, incluant Michel Temer, Vladimir Poutine, Narendra Modi, Xi Jinping et Jacob Zuma, se sont retrouvés à Hangzhou, en Chine, où leur nouvelle banque de développement avait désormais son siège à Shanghai. Le 4 septembre 2017, le sommet annuel s'est tenu à Xiamen, en Chine, avec la participation de pays observateurs comme la Thaïlande, le Mexique, l'Égypte, la Guinée et le Tadjikistan, pour discuter d'un éventuel élargissement du groupe à travers le plan « BRICS Plus ».

Entre le 25 et le 27 juillet 2018, après le fiasco du G7, les BRICS se sont réunis pour leur dixième sommet à Johannesburg, en Afrique du Sud, afin de renforcer leur coopération économique dans un environnement international en mutation. La Turquie, en tant que présidente de l'Organisation de coopération islamique, y était également invitée. Les dirigeants ont réaffirmé leur engagement envers le multilatéralisme et la coopération entre États souverains pour maintenir la paix et la sécurité31. Le président brésilien Jair Bolsonaro a souligné l'importance croissante de la Chine dans l'avenir économique de son pays. Le 17 novembre 2020, le 12e sommet des BRICS s'est tenu en visioconférence. Le 9 septembre 2021, le 13e sommet des BRICS s'est également déroulé en visioconférence, dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19. La « Déclaration de New Delhi » publiée à l'issue du sommet a exprimé les regrets du groupe face à l'inégalité flagrante dans l'accès aux vaccins, diagnostics et traitements, en particulier pour les populations les plus pauvres et vulnérables.

Le 14e sommet s'est déroulé le 23 juin 2022, suivi du 15e sommet, du 22 au 24 août 2023, à Johannesburg, où les membres ont convenu d'une expansion du groupe avec

31 Lors du 11e sommet BRICS, le 14 novembre 2019 à Brasilia

32 O'Neill J., op.cit.

33 Ibidem

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l'intégration de six nouveaux pays à partir du 1er janvier 2024 : l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, les Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite et l'Argentine.32

Depuis 2024, le groupe élargi est souvent désigné sous le nom de BRICS+, avec un sommet prévu en octobre 2024 à Kazan, en Russie.

SECTION 3 EVOLUTION ECONOMIQUE DES RELATIONS ENTRE BRICS ET LAFRIQUE

Les BRICS+ constituent une alternative salutaire à la domination occidentale, en proposant de nouveaux partenariats plus équitables, plus respectueux des souverainetés nationales et davantage centrés sur les priorités de développement national. Reste qu'entre l'Afrique et ce club hétérogène de puissances émergentes, la relation demeure très inégale, tendant même à reproduire l'ancienne dichotomie Nord-Sud. L'essor de l'Afrique ne reposera pas sur les BRICS. Il dépendra de sa capacité à s'engager dans un projet de développement. Explication33.

Dans un contexte d'aggravation des tensions géopolitiques, de recomposition des alliances internationales et de croissante perte d'influence des pays occidentaux sur leurs traditionnelles arrière-cours et plus généralement sur la marche du monde, les BRICS+ rejoints, depuis le 1er janvier 2024, par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Iran, l'Égypte et l'Éthiopie-exercent aujourd'hui un indéniable pouvoir d'attraction sur les pays du Sud. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à vouloir intégrer ce club hétérogène de puissances émergentes ou, à tout le moins, à s'en rapprocher.

Les BRICS soulèvent aussi l'enthousiasme d'une bonne partie du monde politique et de larges secteurs de la société civile au Sud. En particulier en Afrique, où la montée en puissance de cette coalition qui conteste l'hégémonie occidentale et entend oeuvrer à la construction d'un monde multipolaire est largement célébrée : pour beaucoup en effet, les BRICS constituent une réelle opportunité pour le continent de se débarrasser des vieux restes de dépendance néocoloniale, empreinte de domination, d'assistanat et de paternalisme, de nouer

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des rapports de coopération plus équitables et d'amorcer un développement réellement souverain, plus en phase avec les priorités du continent.34

Avant la montée en puissance de ces émergents, le monde était extrêmement asymétrique. Les pays d'Europe de l'Ouest, les États-Unis et le Japon, représentaient à peine 20% de la population, mais contrôlaient les trois quarts de la richesse du monde. Les BRICS sont venus relativiser cette hégémonie en créant de nouveaux pôles qui assure[nt] une représentation plus équilibrée de tous les segments de l'humanité. [Leur] cosmopolitisme permet de sortir du monde unipolaire dans lequel une seule civilisation imposait son refrain culturel et idéologique sans la moindre possibilité de négocier ou de choisir. Aujourd'hui les BRICS contestent précisément [cette] hégémonie. Et peuvent proposer un contre-modèle aux structures économiques et politiques libérales dominantes promues par les puissances occidentales. Sur le plan économique, cette situation autorise une diversification des partenariats et un élargissement des marchés, etc. Mais sur le plan politique, les Africains peuvent se saisir de cette opportunité pour rejeter, au moins en partie, les diktats imposés par les Occidentaux.35

Il s'agit là d'un formidable atout pour tous ceux qui recherchent les voies d'un véritable développement du continent africain, abonde dans le même sens l'homme politique et diplomate ivoirien, nous avons là des partenaires très importants puisqu'ils rassemblent près de la moitié de la population mondiale. Ils peuvent nous appuyer sur des projets de développement alternatifs qui nous sortent de la soumission et des pillages orchestrés sur le continent par le néocolonialisme et les multinationales occidentales. L'ambition est de sortir des terribles rapports de dépendance qui empêchent un développement souverain des Africains »36

Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes

Ayant axé leur dernier sommet sur le renforcement de leur coopération avec l'Afrique « dans le cadre d'un partenariat [avec le continent] pour une croissance mutuellement accélérée, un développement durable et un multilatéralisme inclusif », les BRICS ne manquent en effet pas d'arguments pour convaincre. Ils mettent à disposition de l'Afrique d'énormes

34 : https://www.cetri.be/BRICS-et-Afrique-nouveau

35 CETRI, « Les BRICS et l'Afrique : Une opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux », entretien avec Agnès Adélaïde Metougou, par Laurent Delcourt, 6 juin 2024, www.cetri.be.

36 « Portrait : Ahoua Don Mello, le visage de l'autre Afrique », L'Humanité, 20 mars 2024.

37 « Côte d'Ivoire : Pour Ahoua Don Mello, vice-président des BRICS : La Russie ne recherche ni les matières premières de l'Afrique, ni à la dominer », Koaci, 21 mai 2024.

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ressources, sous forme de prêts, d'investissements, d'aides et d'offres de services. En outre, leur rhétorique, axée sur le respect de la souveraineté des États, la dénonciation des doubles standards et leur commune volonté de mettre fin à l'hégémonie occidentale et à la domination du dollar séduit, bien au-delà des cercles gouvernementaux, des populations échaudées par des décennies d'ingérence, d'ajustements économiques et d'endettement aux conséquences sociales désastreuses.

Le discours séduit d'autant plus que les BRICS sont immunisés contre le ressentiment qui alimente en Afrique le rejet des anciennes métropoles. Les BRICS -c'est là un point essentiel- ne trainent pas de lourd passé colonial. Anciennes colonies ou protectorats eux-mêmes-du moins pour la plupart d'entre eux-, ils ont au contraire largement soutenu (financièrement, militairement ou diplomatiquement) les luttes africaines d'indépendance et contre l'apartheid, ce qui leur confère un énorme capital symbolique de sympathie sur le continent. En tant qu'ex-pays en développement, qui partagent donc avec l'Afrique une histoire commune d'assujettissement (vis-à-vis des anciennes métropoles, puis vis-à-vis des institutions financières internationales), ou en tant qu'alliés historiques (telle la Russie), leur trajectoire, leur réussite et leur modèle inspirent autant qu'ils fascinent. Ils contribuent aussi à les « dédouaner » de toute intention malsaine, ce qui fait notamment dire à Ahoua Don Mello que la Russie « ne cherche ni les matières premières de l'Afrique, ni à la dominer »37 .

Une relation inégale, reste que la densification des relations observées ces dernières années entre les BRICS et l'Afrique donne à voir une tout autre réalité. Si le rapprochement entre les deux blocs contribue à réintégrer le continent dans les circuits commerciaux internationaux, amplifie la marge de manoeuvre des États africains et offre de nouvelles possibilités de financements et d'investissements, force est également de constater que ces relations s'inscrivent dans un rapport tout aussi inégal. En témoigne la structure de leurs échanges, l'Afrique exportant quasi exclusivement vers les BRICS des biens primaires, tandis qu'elle importe de ces pays pour l'essentiel des produits transformés, et accuse par ailleurs vis-à-vis d'eux un déficit commercial de plus en plus grand. Ceci, sans parler des nouvelles dettes qu'elle contracte auprès de ces puissances.

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En dépit des bonnes dispositions apparentes des BRICS à l'égard de l'Afrique, cette « coopération » tend ainsi à reproduire la traditionnelle dichotomie Nord-Sud, entre centres et périphéries. Cela risque à terme de consolider la position subalterne du continent dans la division internationale du travail et partant, d'interdire tout processus d'industrialisation autocentré ou souverain que les Africaines appellent de leurs voeux.

Loin de l'image idéalisée qui en est donnée, les BRICS+ sont des rouages essentiels d'un système qui a marginalisé de nombreux pays pauvres, mais qui a aussi assuré - et assure toujours - leur propre essor économique. Il ne faut pas s'y tromper. Dans le contexte global d'accumulation capitaliste, ce qui motive la présence des BRICS+ en Afrique et guide l'évolution de leurs rapports avec le continent, c'est bien la conquête de nouveaux marchés et, plus encore, l'accès aux matières premières indispensables à leur propre développement. Derrière leur rhétorique de solidarité Sud-Sud, leur modus operandi n'est guère différent de celui des anciennes puissances coloniales. Malgré leur sacro-saint principe du respect des souverainetés nationales, leur présence en Afrique indique une logique d'exploitation assez similaire. Alors qu'ils se présentent dans les forums internationaux comme un bloc cohérent, en lutte contre un Occident dominateur, chacun de leurs membres y déploie, en effet, à son niveau, des stratégies visant à faire main basse sur les ressources locales, à favoriser l'expansion de leurs géants économiques nationaux, à s'assurer de nouveaux débouchés pour leurs propres exportations, à doper leur propre croissance ou enfin à gagner en influence diplomatique38 .

Des logiques de domination et d'exploitation similaires sur le terrain, les projets financés par les BRICS, dans les domaines de l'agro-industrie, de l'industrie minière et énergétique ou des infrastructures, ont des impacts tout aussi destructeurs sur le plan social ou environnemental : accaparement des ressources, spoliation des communautés locales, expansion et renforcement du modèle extractiviste, courses au moins-disant social, destructions des milieux naturels, multiplication des conflits socio-environnementaux, extraction de la plus-value et même militarisation de régions entières, à l'instar de la région frontalière entre le Soudan et la République centrafricaine, sous la coupe des mercenaires du groupe Wagner, rebaptisé récemment Africa Corps. Les actions qu'ils y mènent pour le compte de la Russie ne sont pas spécialement philanthropiques. Dans cette logique d'accumulation par dépossession, les nouveaux membres des BRICS, depuis janvier 2024, ne sont pas en reste.

38 CETRI, BRICS, op.cit., p.30

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Ainsi, entre 2012 et 2022, 2.596 tonnes d'or en provenance des mines artisanales africaines ont été exportées illégalement vers les Émirats arabes unis (soit près de 50% de tout l'or non déclaré produit en Afrique) pour y être raffinées, ce qui correspond à un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars pour le continent. Très actif dans le marché du carbone, la monarchie, via son entreprise Blue Charbon, est également devenue l'un des principaux accapareurs de terres forestières en Afrique. Au Libéria notamment, la société a fait main basse sur près de 10% du territoire national, privant nombre de communautés des ressources nécessaires à leur survie, une forme de colonialisme vert largement dénoncée par des activistes locaux.39

Rappelons en outre que s'ils prétendent réformer l'architecture économique internationale, les BRICS+, Chine et Brésil en tête, sont d'ardents défenseurs du libre-échange et de la mondialisation face aux tentations protectionnistes. Ils comptent aussi parmi les principaux utilisateurs des paradis fiscaux, lesquels constituent l'un des instruments les plus efficaces de captation de la richesse en provenance du Sud. Près de 7,8 trillions de dollars, soit 8% de la richesse produite mondialement et 40% des profits des multinationales sont aujourd'hui dissimulés dans ces banques offshores.40

Un modèle économique « néolibéral avec des caractéristiques du Sud » De fait, loin de l'image idéalisée qui en est donnée, les BRICS+ sont des rouages essentiels d'un système qui a marginalisé de nombreux pays pauvres, mais qui a aussi assuré-et assure toujours-leur propre essor économique. C'est ce qui explique que même s'ils contestent bruyamment la hiérarchie de l'ordre international, ils ne montrent pas d'empressement à le réformer en profondeur dans le sens d'une meilleure répartition des richesses et des bénéfices du développement au profit des pays les plus pauvres, africains en particulier. Les BRICS+ ne voient, en réalité, ces pays que comme de vastes réservoirs de matières premières et de main-d'oeuvre bon marché ou comme des marchés captifs pour l'écoulement de leur production industrielle. Loin de remettre en cause les injustices structurelles héritées de la colonisation puis de la mondialisation, le modèle économique qu'ils promeuvent-qualifié notamment par un économiste indien de « néolibéral avec des caractéristiques du Sud »-, risque au contraire de les amplifier41.

39 The Blood Gold Report, How the Kremlin is using Wagner to launder billions in African gold, décembre 2023.

40 SwissAid , On the Trail of African Gold. Quantifying Production and Trade to Combat Illicit Flows, mai 2024.

41 CETRI, BRICS+ Une alternative pour le Sud global ?,op.cit

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Certes, certaines objecteront que les BRICS participent d'un redéploiement économique de l'Afrique en investissant prioritairement dans des projets d'infrastructure qui y font cruellement défaut. Et que les financements non conditionnés accordés par les BRICS+ aux gouvernements africains leur donnent davantage de latitude dans le choix des projets à financer. Or, l'on constate que la majorité des investissements réalisés par les BRICS, y compris dans les infrastructures (routes, chemins de fer, terminaux portuaires, etc.) sont étroitement connectés à leur entreprise d'extraction des ressources. Quant à l'absence de conditionnalités, que beaucoup voient comme un moyen d'échapper aux diktats occidentaux, elle est à double tranchant42. Si elle donne une marge de manoeuvre bien plus large aux gouvernements, elle permet aussi à ces derniers de se soustraire à leur obligation en matière de respect des droits humains, de protection de l'environnement ou de transparence dans la gestion des fonds publics. De même qu'elle permet aux investisseurs des BRICS+ de se soustraire de toute responsabilité en la matière. Au fond, le « schéma reste le même à peu de chose près, prévient l'écrivain et sociologue sénégalais, Souleymane Gassama, le continent [africain] continue d'être perçu comme une opportunité, avec un mélange de prédation capitaliste brutale associé à un soft power, où il s'agit pour les nouveaux arrivants de jouer sur les affects et leur absence de passif colonial »43

En tout état de cause, la prospérité de l'Afrique ne dépendra pas des BRICS+. Elle dépendra de la capacité de ses gouvernements à formuler un projet de développement autonome et autocentré, répondant d'abord aux priorités, aspirations et besoins de sa population. Et non pas aux intérêts d'une petite élite. Et de son habilité à tirer parti de partenariats multiples, sans se laisser enfermer dans une logique « campiste », sous peine de voir les vieilles dominations impérialistes remplacées par d'autres. Elle dépendra enfin de la capacité des sociétés civiles africaines à se mobiliser, à faire pression sur les autorités et à faire entendre la voix des sans-voix.

42 Grand entretien avec El Hadj Souleymane Gassama (Elgas), RIS -Revue internationale et stratégique, n° 130, été 2023.

43 « The new scramble for Africa : how a UAE sheikh quietly made carbon deals for forest bigger than UK », The Guardian, 30 novembre 2023.

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Paragraphe 2. L'évolution des BRICS de 2010 à 2024

Au fil des années, les BRICS ont réalisé des avancées significatives dans plusieurs domaines, notamment le commerce, l'infrastructure et la coopération politique. Les échanges commerciaux entre les membres ont connu une croissance exponentielle, soutenue par des accords bilatéraux et multilatéraux visant à faciliter le commerce et à réduire les barrières douanières. De grands projets d'infrastructure, tels que le corridor économique sino-pakistanais et les investissements massifs de la Russie dans l'Arctique, ont été financés et soutenus par la coopération entre les membres.

Cependant, ces réalisations n'ont pas été sans défis. Les disparités économiques entre les membres ont souvent créé des tensions, notamment en ce qui concerne la répartition des investissements et la coordination des politiques économiques. De plus, les tensions géopolitiques, telles que les sanctions contre la Russie ou les différends commerciaux entre la Chine et les États-Unis, ont parfois compliqué la coopération au sein des BRICS44.

? La création de la nouvelle Banque de Développement (NBD)

En 2014, les BRICS ont franchi une nouvelle étape en lançant la Nouvelle Banque de Développement (NBD), une institution financière conçue pour financer des projets d'infrastructure et de développement durable dans les pays membres et au-delà. La NBD représente une alternative aux institutions financières traditionnelles telles que le FMI et la Banque mondiale et offre des conditions de financement plus favorables aux pays en développement.

La NBD a rapidement joué un rôle déterminant dans le financement de projets d'infrastructure majeurs, tels que des routes, des ponts, des barrages et des installations énergétiques dans les pays BRICS. Elle a également soutenu des initiatives visant à promouvoir la durabilité environnementale, en finançant des projets d'énergie renouvelable et de conservation des ressources naturelles.

Paragraphe 3. L'élargissement des BRICS en 2024

L'année 2024 a marqué un tournant pour les BRICS avec l'élargissement du groupe à cinq nouveaux membres :

44 Vincent CAPDEPUY, op.cit.

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l L'Iran ;

l L'Égypte ;

l L'Éthiopie ;

l L'Arabie Saoudite ;

l Les Émirats Arabes Unis.

Cet élargissement a considérablement renforcé le poids géopolitique du groupe, qui représente désormais une part encore plus importante de la population mondiale et du PIB global. L'adhésion de ces nouveaux membres a également apporté une nouvelle dynamique au sein des BRICS, avec des perspectives différentes sur les questions économiques, politiques et environnementales. Cet élargissement a permis au groupe de diversifier ses priorités et d'étendre son influence dans des régions clés comme le Moyen-Orient et l'Afrique, tout en renforçant sa position de contre-pouvoir face aux États-Unis et à l'Union européenne45.

1. Les BRICS et leur influence sur l'économie mondiale

Depuis leur formation, les BRICS ont cherché à redéfinir les règles de la gouvernance mondiale en plaidant pour une plus grande inclusion des économies émergentes dans les institutions internationales. Le groupe a exercé une pression constante pour réformer des institutions comme l'ONU, le FMI et la Banque mondiale, afin de mieux refléter l'évolution de l'économie mondiale et de donner plus de voix aux pays en développement.

Les BRICS ont également travaillé à la création de nouvelles institutions, telles que la Nouvelle Banque de Développement, pour offrir des alternatives aux mécanismes de financement dominés par l'Occident. Cette stratégie a permis aux BRICS de renforcer leur influence dans la gouvernance mondiale et de promouvoir un modèle de développement plus inclusif et équitable46.

Les BRICS ont initié plusieurs projets ambitieux dans les domaines de l'infrastructure, de l'énergie, et de la technologie. La Chine, par exemple, a investi massivement dans des projets d'infrastructure à travers l'initiative, qui vise à renforcer les connexions commerciales entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique. De son côté, l'Inde a lancé des initiatives

45 Clara LOÏZZO, op.cit

46 O'Neill JIM, op.cit.

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technologiques majeures, telles que la promotion des énergies renouvelables et le développement de la connectivité numérique.

Cependant, la coordination des politiques entre les membres reste un défi majeur. Les différences de priorités nationales, les tensions géopolitiques, et les disparités économiques compliquent souvent la coopération au sein des BRICS. Malgré ces défis, le groupe continue de jouer un rôle déterminant dans l'économie mondiale, en tant que moteur de croissance et en tant que contrepoids à l'influence des puissances occidentales.

47 CETRI, «Les BRICS et l'Afrique: Une opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux», entretien avec Agnès Adélaïde Metougou, par Laurent Delcourt, 6 juin 2024, www.cetri.be.

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CHAPITRE 2 : IMPACT ECONOMIQUE DES BRICS SUR LES PAYS AFRICAINS

SECTION 1. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE BRICS SUR LES PAYS AFRICAINS

Pour de larges segments du monde politique et de la société civile en Afrique, les BRICS+ constituent une alternative salutaire à la domination occidentale, en proposant de nouveaux partenariats plus équitables, plus respectueux des souverainetés nationales et davantage centrés sur les priorités de développement national. Reste qu'entre l'Afrique et ce club hétérogène de puissances émergentes, la relation demeure très inégale, tendant même à reproduire l'ancienne dichotomie Nord-Sud. L'essor de l'Afrique ne reposera pas sur les BRICS. Il dépendra de sa capacité à s'engager dans un projet de développement. Explication47.

Dans un contexte d'aggravation des tensions géopolitiques, de recomposition des alliances internationales et de croissante perte d'influence des pays occidentaux sur leurs traditionnelles arrière-cours et plus généralement sur la marche du monde, les BRICS+ - coalition formée par le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, rejoints, depuis le 1er janvier 2024, par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Iran, l'Égypte et l'Éthiopie- exercent aujourd'hui un indéniable pouvoir d'attraction sur les pays du Sud. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à vouloir intégrer ce club hétérogène de puissances émergentes ou, à tout le moins, à s'en rapprocher. Les BRICS soulèvent aussi l'enthousiasme d'une bonne partie du monde politique et de larges secteurs de la société civile au Sud.

En particulier en Afrique, où la montée en puissance de cette coalition qui conteste l'hégémonie occidentale et entend oeuvrer à la construction d'un monde multipolaire est largement célébrée : pour beaucoup en effet, les BRICS constituent une réelle opportunité pour le continent de se débarrasser des vieux restes de dépendance néocoloniale, empreinte de domination, d'assistanat et de paternalisme, de nouer des rapports de coopération plus équitables et d'amorcer un développement réellement souverain, plus en phase avec les priorités du continent.

Avant la montée en puissance de ces émergents, le monde était extrêmement asymétrique. Les pays d'Europe de l'Ouest, les États-Unis et le Japon, représentaient à peine

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20% de la population, mais contrôlaient les trois quarts de la richesse du monde. Les BRICS sont venus relativiser cette hégémonie en créant de nouveaux pôles qui assurent une représentation plus équilibrée de tous les segments de l'humanité. Leur cosmopolitisme permet de sortir du monde unipolaire dans lequel une seule civilisation imposait son refrain culturel et idéologique sans la moindre possibilité de négocier ou de choisir. Aujourd'hui les BRICS contestent précisément [cette] hégémonie. Et peuvent proposer un contre-modèle aux structures économiques et politiques libérales dominantes promues par les puissances occidentales. Sur le plan économique, cette situation autorise une diversification des partenariats et un élargissement des marchés, etc. Mais sur le plan politique, les Africains peuvent se saisir de cette opportunité pour rejeter, au moins en partie, les diktats imposés par les Occidentaux

« Il s'agit là d'un formidable atout pour tous ceux qui recherchent les voies d'un véritable développement du continent africain, abonde dans le même sens l'homme politique et diplomate ivoirien, nous avons là des partenaires très importants puisqu'ils rassemblent [...] près de la moitié de la population mondiale. Ils peuvent nous appuyer sur des projets de développement alternatifs qui nous sortent de la soumission et des pillages orchestrés sur le continent par le néocolonialisme et les multinationales occidentales [...]. L'ambition est de sortir des terribles rapports de dépendance qui empêchent un développement souverain des Africains ».48

Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes

Ayant axé leur dernier sommet sur le renforcement de leur coopération avec l'Afrique «dans le cadre d'un partenariat [avec le continent] pour une croissance mutuellement accélérée, un développement durable et un multilatéralisme inclusif», les BRICS ne manquent en effet pas d'arguments pour convaincre. Ils mettent à disposition de l'Afrique d'énormes ressources, sous forme de prêts, d'investissements, d'aides et d'offres de services. En outre, leur rhétorique, axée sur le respect de la souveraineté des États, la dénonciation des doubles standards et leur commune volonté de mettre fin à l'hégémonie occidentale et à la domination du dollar séduit, bien au-delà des cercles gouvernementaux, des populations échaudées par des décennies d'ingérence, d'ajustements économiques et d'endettement aux conséquences sociales désastreuses.

48Agnès ADÉLAÏDE METOUGOU, «Le visage de l'autre Afrique», L'Humanité, 20 mars 2024.

49 «Côte d'Ivoire: Pour Ahoua Don Mello, vice-président des BRICS: la Russie ne recherche ni les matières premières de l'Afrique, ni à la dominer», Koaci, 21 mai 2024.

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Le discours séduit d'autant plus que les BRICS sont immunisés contre le ressentiment qui alimente en Afrique le rejet des anciennes métropoles. Les BRICS -c'est là un point essentiel- ne trainent pas de lourd passé colonial. Anciennes colonies ou protectorats eux-mêmes-du moins pour la plupart d'entre eux-, ils ont au contraire largement soutenu (financièrement, militairement ou diplomatiquement) les luttes africaines d'indépendance et contre l'apartheid, ce qui leur confère un énorme capital symbolique de sympathie sur le continent. En tant qu'ex-pays en développement, qui partagent donc avec l'Afrique une histoire commune d'assujettissement (vis-à-vis des anciennes métropoles, puis vis-à-vis des institutions financières internationales), ou en tant qu'alliés historiques (telle la Russie), leur trajectoire, leur réussite et leur modèle inspirent autant qu'ils fascinent. Ils contribuent aussi à les «dédouaner» de toute intention malsaine, ce qui fait notamment dire que la Russie «ne cherche ni les matières premières de l'Afrique, ni à la dominer»49

Paragraphe 2. Une relation inégale entre les brics et l'Afrique

Reste que la densification des relations observées ces dernières années entre les BRICS et l'Afrique donne à voir une tout autre réalité. Si le rapprochement entre les deux blocs contribue à réintégrer le continent dans les circuits commerciaux internationaux, amplifie la marge de manoeuvre des États africains et offre de nouvelles possibilités de financements et d'investissements, force est également de constater que ces relations s'inscrivent dans un rapport tout aussi inégal. En témoigne la structure de leurs échanges, l'Afrique exportant quasi exclusivement vers les BRICS des biens primaires, tandis qu'elle importe de ces pays pour l'essentiel des produits transformés, et accuse par ailleurs vis-à-vis d'eux un déficit commercial de plus en plus grand. Ceci, sans parler des nouvelles dettes qu'elle contracte auprès de ces puissances.

En dépit des bonnes dispositions apparentes des BRICS à l'égard de l'Afrique, cette «coopération» tend ainsi à reproduire la traditionnelle dichotomie Nord-Sud, entre centres et périphéries. Cela risque à terme de consolider la position subalterne du continent dans la division internationale du travail et partant, d'interdire tout processus d'industrialisation autocentré ou souverain que les Africaines appellent de leurs voeux.

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Il ne faut pas s'y tromper. Dans le contexte global d'accumulation capitaliste, ce qui motive la présence des BRICS+ en Afrique et guide l'évolution de leurs rapports avec le continent, c'est bien la conquête de nouveaux marchés et, plus encore, l'accès aux matières premières indispensables à leur propre développement. Derrière leur rhétorique de solidarité Sud-Sud, leur modus opérande n'est guère différent de celui des anciennes puissances coloniales. Malgré leur sacro-saint principe du respect des souverainetés nationales, leur présence en Afrique indique une logique d'exploitation assez similaire. Alors qu'ils se présentent dans les forums internationaux comme un bloc cohérent, en lutte contre un Occident dominateur, chacun de leurs membres y déploie, en effet, à son niveau, des stratégies visant à faire main basse sur les ressources locales, à favoriser l'expansion de leurs géants économiques nationaux, à s'assurer de nouveaux débouchés pour leurs propres exportations, à doper leur propre croissance ou enfin à gagner en influence diplomatique.50

Des logiques de domination et d'exploitation similaires Sur le terrain, les projets financés par les BRICS, dans les domaines de l'agro-industrie, de l'industrie minière et énergétique ou des infrastructures, ont des impacts tout aussi destructeurs sur le plan social ou environnemental: accaparement des ressources, spoliation des communautés locales, expansion et renforcement du modèle extractiviste, courses au moins-disant social, destructions des milieux naturels, multiplication des conflits socio-environnementaux, extraction de la plus-value et même militarisation de régions entières, les actions qu'ils y mènent pour le compte de la Russie ne sont pas spécialement philanthropiques.51

Dans cette logique d'accumulation par dépossession, les nouveaux membres des BRICS, depuis janvier 2024, ne sont pas en reste. Ainsi, un révèle qu'entre 2012 et 2022, 2.596 tonnes d'or en provenance des mines artisanales africaines ont été exportées illégalement vers les Émirats arabes unis (soit près de 50% de tout l'or non déclaré produit en Afrique) pour y être raffinées, ce qui correspond à un manque à gagner de plusieurs milliards de dollars pour le continent. Très actif dans le marché du carbone, la monarchie, via son entreprise Blue Carbon, est également devenue l'un des principaux accapareurs de terres forestières en Afrique52. Au Libéria notamment, la société a fait main basse sur près de 10% du territoire national, privant

50 CETRI, BRICS, op.cit.

51 Le groupe Wagner The Blood Gold Report, How the Kremlin is using Wagner to launder billions in African gold, December 2023

52 Récent rapport de Suiss Aid 6

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nombre de communautés des ressources nécessaires à leur survie, une forme de colonialisme vert largement dénoncée par des activistes locaux.53

Rappelons en outre que s'ils prétendent réformer l'architecture économique internationale, les BRICS+, Chine et Brésil en tête, sont d'ardents défenseurs du libre-échange et de la mondialisation face aux tentations protectionnistes. Ils comptent aussi parmi les principaux utilisateurs des paradis fiscaux, lesquels constituent l'un des instruments les plus efficaces de captation de la richesse en provenance du Sud. Près de 7,8 trillions de dollars, soit 8% de la richesse produite mondialement et 40% des profits des multinationales sont aujourd'hui dissimulés dans ces banques offshores54.

Paragraphe 3. Un modèle économique « néolibéral avec des caractéristiques du Sud

De fait, loin de l'image idéalisée qui en est donnée, les BRICS+ sont des rouages essentiels d'un système qui a marginalisé de nombreux pays pauvres, mais qui a aussi assuré- et assure toujours-leur propre essor économique. C'est ce qui explique que même s'ils contestent bruyamment la hiérarchie de l'ordre international, ils ne montrent pas d'empressement à le réformer en profondeur dans le sens d'une meilleure répartition des richesses et des bénéfices du développement au profit des pays les plus pauvres, africains en particulier. Les BRICS+ ne voient, en réalité, ces pays que comme de vastes réservoirs de matières premières et de main-d'oeuvre bon marché ou comme des marchés captifs pour l'écoulement de leur production industrielle. Loin de remettre en cause les injustices structurelles héritées de la colonisation puis de la mondialisation, le modèle économique qu'ils promeuvent-qualifié notamment par un économiste indien de «néolibéral avec des caractéristiques du Sud »-, risque au contraire de les amplifier.

Certes, certaines objecteront que les BRICS participent d'un redéploiement économique de l'Afrique en investissant prioritairement dans des projets d'infrastructure qui y font cruellement défaut. Et que les financements non conditionnés accordés par les BRICS+ aux gouvernements africains leur donnent davantage de latitude dans le choix des projets à financer. Or, l'on constate que la majorité des investissements réalisés par les BRICS, y compris

53 Swiss Aid, On the Trail of African Gold. Quantifying Production and Trade to Combat Illicit Flows, mai 2024.

54 «The new scramble for Africa: how a UAE sheikh quietly made carbon deals for forest bigger than UK », The Guardian, 30 November 2023.

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dans les infrastructures (routes, chemins de fer, terminaux portuaires, etc.) sont étroitement connectés à leur entreprise d'extraction des ressources.

Quant à l'absence de conditionnalités, que beaucoup voient comme un moyen d'échapper aux diktats occidentaux, elle est à double tranchant. Si elle donne une marge de manoeuvre bien plus large aux gouvernements, elle permet aussi à ces derniers de se soustraire à leur obligation en matière de respect des droits humains, de protection de l'environnement ou de transparence dans la gestion des fonds publics.

De même qu'elle permet aux investisseurs des BRICS+ de se soustraire de toute responsabilité en la matière. Au fond, le «schéma reste le même à peu de chose près, prévient l'écrivain et sociologue sénégalais, le continent [africain] continue d'être perçu comme une opportunité, avec un mélange de prédation capitaliste brutale associé à un soft power, où il s'agit pour les nouveaux arrivants de jouer sur les affects et leur absence de passif colonial»55.

En tout état de cause, la prospérité de l'Afrique ne dépendra pas des BRICS+. Elle dépendra de la capacité de ses gouvernements à formuler un projet de développement autonome et autocentré, répondant d'abord aux priorités, aspirations et besoins de sa population. Et non pas aux intérêts d'une petite élite. Et de son habilité à tirer parti de partenariats multiples, sans se laisser enfermer dans une logique « cambiste », sous peine de voir les vieilles dominations impérialistes remplacées par d'autres. Elle dépendra enfin de la capacité des sociétés civiles africaines à se mobiliser, à faire pression sur les autorités et à faire entendre la voix des sans-voix.56

SECTION 2. EFFET SUR LE COMMERCE ET LES ÉCHANGES BILATÉRAUX DE BRICS EN AFRIQUE

Paragraphe 1. Les échanges commerciaux entre les Brics et l'Afrique

En analysant les effets des échanges commerciaux avec les BRICS sur la croissance économique des pays de l'Afrique Sub-saharienne. Pour y parvenir, nous utilisons un modèle estimé en données de panel par les méthodes de moments généralisés en système sur

55 CETRI, BRICS+ Une alternative pour le Sud global?, op.cit.

56 «Il est essentiel de désaliéner l'Afrique d'elle-même et de ce qu'elle est censée être, mais plus encore l'Occident de lui-même», grand entretien avec El Hadj

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la période 1995 à 2017. Les résultats montrent que le commerce avec le groupe BRICS contribue positivement mais pas de manière substantielle sur la croissance économique en Afrique Sub-saharienne.

La forte demande des ressources naturelles par les BRICS favorise cette croissance surtout dans les pays fortement dotés en ces ressources. Mais la forte demande des produits manufacturés par les pays africains inhibe considérablement le niveau de production locale. Nous suggérons aux dirigeants africains d'oeuvrer pour une transformation plus ou moins poussée de ces ressources naturelles avant leurs exportations car cette transformation entraine plus de valeur ajoutée et par la même occasion limite les importations des produits manufacturés. De même, la limitation des importations des produits finis au profit des produits intermédiaires et machines boosterait davantage la production domestique.57

Dans le contexte des pays africains, les circuits informels jouent un rôle essentiel tant dans la mobilisation de l'épargne que dans le financement des activités de la base en milieu urbain et rural. Les atouts majeurs sur lesquels reposent ces divers modes de financement informel sont notamment: la solidarité du groupe, l'entraide et l'accès facile à des ressources financières dans le cas d'urgence ou de nécessité. Ces atouts qui sont absents de la logique de fonctionnement des structures formelles de financement contribuent à leur succès dans un environnement caractérisé pour l'essentiel par des petites activités informelles à cycles de renouvellement court.58

Paragraphe 2. Augmentation des Échanges Commerciaux Intra-BRICS

L'augmentation des échanges commerciaux intra-BRICS représente une dynamique significative dans le paysage économique mondial. Depuis la création du groupe en 2009, les pays membres - Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud - ont connu une intensification de leurs relations commerciales. Plusieurs facteurs contribuent à cette tendance.59

57 Souleymane GASSAMA (Elgas), RIS -Revue internationale et stratégique, n°130, été 2023.

58 BENDIABDELLAH ABDESSLAM , « Revue d'économie et de management », Volume 1, Numéro 1, le 0103-2002, p81

59 OMRANE MUSTAPHA, La combinaison des méthodes quantitative et qualitative ; un exemple d'une analyse en Afrique subsaharienne , Volume 32, Numéro 116, p.31

2016-09-15

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Tout d'abord, les efforts concertés pour réduire les barrières commerciales ont favorisé une fluidité accrue des échanges. Des accords bilatéraux et multilatéraux ont été mis en place pour faciliter le commerce, réduire les droits de douane et simplifier les procédures douanières. Par exemple, la mise en oeuvre d'accords de libre-échange entre certains membres a permis d'augmenter le volume des échanges dans divers secteurs, allant des produits agricoles aux technologies avancées. La complémentarité économique entre les membres joue un rôle crucial. Chaque pays apporte des ressources et des produits spécifiques qui répondent aux besoins des autres. Par exemple, la Chine est un important fournisseur de biens manufacturés, tandis que le Brésil exporte des produits agricoles. Cette complémentarité stimule non seulement le commerce, mais renforce également les chaînes d'approvisionnement régionales. De plus, l'essor des investissements directs étrangers (IDE) au sein du bloc BRICS a également contribué à l'augmentation des échanges. Les entreprises des pays membres investissent dans des projets d'infrastructure et de production dans d'autres pays BRICS, ce qui crée des synergies et favorise le commerce bilatéral. 60

Les initiatives visant à promouvoir le commerce numérique et l'e-commerce entre les pays BRICS ont ouvert de nouvelles avenues pour les échanges. La digitalisation permet aux entreprises de toutes tailles d'accéder à de nouveaux marchés et d'élargir leur portée au-delà des frontières nationales. L'augmentation des échanges commerciaux intra-BRICS est le résultat d'une combinaison de politiques favorables, de complémentarités économiques et d'initiatives innovantes. Ce phénomène non seulement renforce les liens économiques entre les membres, mais contribue également à l'émergence d'un bloc économique plus influent sur la scène mondiale.61

Paragraphe 3. Stratégies pour la réduction des barrières

Pour réduire efficacement ces barrières, plusieurs stratégies peuvent être mises

en oeuvre :

? Coopération régionale : les pays peuvent travailler ensemble au sein de blocs régionaux pour harmoniser leurs réglementations et réduire les obstacles au commerce.

60 Fewzi BORSALI Culture Du Dialogue: Algérie -afrique Sub-saharienne 1962-1988 Pages 226

61 Abid KAMEL, « Revue d'économie et de statistique appliquée », volume 13, Numéro 1, Pages 4-25 2016-1231

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? Dialogue sectoriel : encourager le dialogue entre les secteurs publics et privés pour identifier et résoudre les problèmes liés aux barrières non tarifaires. Renforcement des Capacités : Aider les pays en développement à renforcer leurs capacités institutionnelles afin qu'ils puissent mieux gérer leurs réglementations commerciales. Utilisation de Technologies : L'adoption de technologies numériques peut simplifier les procédures douanières et améliorer l'efficacité du commerce.

La réduction des barrières tarifaires et non tarifaires est essentielle pour favoriser un environnement commercial propice à la croissance économique. Une approche intégrée qui combine accords commerciaux, harmonisation des normes et simplification des procédures peut contribuer à améliorer les échanges internationaux et à renforcer les relations économiques entre les pays.

SECTION 3. ANALYSE SUR LA RETOMBÉE ÉCONOMIQUE POUR LES PAYS HÔTE

Paragraphe 1. BRICS+ : une montée en puissance sur la scène mondiale

Aujourd'hui, les BRICS+ dépassent le G7 en termes de PIB global et regroupent près de la moitié de la population mondiale. Avec un accès aux ressources naturelles inégalé, ils détiennent la majorité des réserves mondiales de matières premières. Toutefois, leur influence économique contraste avec leurs capacités financières : bien que les BRICS aient créé la New Development Bank (NDB), ses moyens restent limités. Ce club se réunit principalement lors d'une conférence annuelle, la dernière ayant eu lieu en octobre à Kazan, Russie62.

Paragraphe 2. Une expansion continue malgré l'hétérogénéité

L'extension des BRICS se poursuit, avec quatre nouveaux membres en 2024 : l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats arabes unis. Cette ouverture illustre l'intérêt grandissant pour ce groupe, comme en témoigne la présence d'une trentaine de pays invités à la dernière conférence. Cependant, cet élargissement risque d'augmenter encore l'hétérogénéité des BRICS+, ce qui pourrait compliquer la prise de décisions et limiter les ambitions du groupe à moyen terme.

62 BRICS+ : ambitions mondiales et défis de gouvernance par Redaction Green Finance -8 novembre 2024

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? Une volonté d'indépendance financière, mais un défi de taille

Le groupe BRICS+ partage une ambition commune : réduire la dépendance au dollar américain, notamment via le développement d'un système de paiement indépendant de SWIFT. Le projet de BRICS PAY vise à contourner les sanctions internationales pesant sur certains membres, dont la Russie et l'Iran. Toutefois, cette transition vers une alternative au dollar se heurte à des obstacles majeurs. Christine Lagarde, présidente de la Banque Centrale Européenne, a exprimé son scepticisme, estimant que le dollar conservera sa prédominance mondiale encore longtemps.

Paragraphe 3. Croissance économique et performances boursières : un contraste marqué

Les BRICS+ ont indéniablement contribué à la croissance mondiale de ces 25 dernières années. Cependant, la performance de leurs marchés financiers reste modeste en comparaison des économies du G7. Depuis 2009, l'indice MSCI des BRICS n'a enregistré qu'une performance de 3,6 % en moyenne annuelle, loin derrière les 12,4 % de l'indice G7. La capitalisation boursière des BRICS ne représente aujourd'hui que 5 % de la capitalisation mondiale, tandis que les pays du G7 en couvrent 81 %.

? Gouvernance, innovation et stabilité : des facteurs clés manquants

Le développement économique ne se traduit pas toujours par un succès boursier, et les BRICS+ en sont un exemple. Une bonne gouvernance, la présence de contre-pouvoirs, la stabilité législative et une capacité d'innovation forte sont des atouts essentiels pour des performances durables sur les marchés financiers. Sur ces aspects, les BRICS+ montrent des faiblesses, illustrant les défis auxquels ce groupe doit faire face pour s'imposer en tant qu'alternative solide aux modèles occidentaux.

Alors que les BRICS+ continuent de s'étendre et de renforcer leur présence sur la scène mondiale, des défis internes persistent, notamment en matière de gouvernance et d'unité stratégique. La dynamique actuelle montre une volonté de réformer l'ordre mondial, mais les enjeux de diversité et de gouvernance resteront des défis de taille pour assurer leur influence durable.

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CHAPITRE 3 : OPPORTUNITES ET DEFIS POUR L'AFRIQUE DANS SES
RELATIONS ECONOMIQUES AVEC LES PAYS BRICS

Section 1. Relations publiques avec les brics

Les relations économiques établies avec les pays BRICS offrent de nouvelles perspectives de développement pour 1'Afrique, mais elles entraînent aussi de nombreux risques. L'Afrique bénéficie désormais d'importants investissements dans les industries d'extraction, les infrastructures et d'autres secteurs critiques de l'économie africaine. Parmi les risques, on peut s'inquiéter de la nature des échanges qui renforce la dépendance des pays africains et crée une situation de rente des matières premières qui pourrait avoir un impact négatif sur leur croissance à long terme. Les défis majeurs pour l'Afrique dans cette perspective sont l'accélération du processus de diversification des économies et de leur transformation structurelle afin de rompre leur dépendance envers les produits de rente, et le renforcement de l'intégration économique régionale qui offre des perspectives de croissance importantes et entraîne une diversification accrue des partenariats économiques et de développement pour les pays de la région.

Paragraphe 1. Brics, une opportunité pour l'Afrique

Avec le vigoureux renouveau de la coopération Sud-Sud sur la scène internationale, après sa mise en veilleuse par l'ajustement structurel pendant les années 1980, et la montée en puissance des BRICS, des possibilités évidentes semblent se dégager pour les pays africains. La forte croissance des BRICS a dopé les recettes d'exportation de ces derniers en procurant de nouvelles possibilités de transformation structurelle et de diversification économique. L'intensification des échanges avec ces nouveaux partenaires a contribué non seulement à l'expansion commerciale des pays africains, mais aussi à la diversification géographique de leurs flux commerciaux. De plus, les pays BRICS fournissent souvent des alternatives attrayantes aux donateurs traditionnels. Les apports publics des BRICS se distinguent, dans l'ensemble, par le fait qu'ils sont étroitement liés à des activités de commerce et d'investissement, aux partenaires traditionnels qui acheminent leurs capitaux par l'intermédiaire d'organismes de développement et qui séparent l'investissement de l'aide publique (en général non liée à des contrats avec les pays donneurs) et du développement des capacités institutionnelles. L'absence de conditionnalités en matière de politique économique

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associée aux déboursements d'aide qui caractérise leur partenariat permet d'assouplir les contraintes financières qui limitent la marge d'action des pays africains63.

Les BRICS ont déclenché une révolution silencieuse qui offre peu à peu des alternatives aux pays bénéficiaires et qui introduit ainsi des pressions concurrentielles dans le système en place. Ce défi survient à une période où le système établi de coopération pour le développement international connaît une crise de légitimité. De sources de financement pour le développement et de modalités pour la coopération pour le développement n'a servi uniquement qu'à intensifier cette crise de légitimité64. Les pays africains ont désormais la possibilité d'évaluer la forme et le fond de leur engagement tant avec les partenaires traditionnels qu'avec les partenaires émergents, d'identifier les bonnes pratiques de chacun d'entre eux et de chercher à optimiser celles-ci dans le cadre de nouvelles relations. En outre, un choix élargi de partenaires, au-delà des partenaires traditionnels, permet de tirer parti simultanément de différents modèles de développement et de bénéficier des avantages comparatifs présentés par chaque partenaire.65

Paragraphe 2. La diversification des ressources pour le développement

Au cours de la décennie écoulée, la participation croissante des BRICS dans les pays africains a favorisé la diversification des ressources pour le développement. L'apport des donateurs traditionnels aux besoins de financement de l'Afrique a été complété par une augmentation des échanges, de l'aide et des investissements des BRICS66. Du fait que ces derniers sont fortement intéressés par les ressources naturelles et capables d'accorder des financements à des conditions de faveur, comme les crédits à 1'exportation ou les lignes de crédit garanties par les ressources naturelles, les ressources disponibles pour le développement s'en trouvent accrues, et les choix de financement qui s'offrent aux pays africains sont diversifiés.

63 Alden, CHRIS, China in A/rica, Partner, Competitor or Hegemon? Londres/New York: Zed Books, 2007, p. 154

64 ZIMMERMANN et SMITH, L'émergence de modèles alternatifs de développement, 2011, p. 733

65 Amin, SAMIR. 1970. L'accumulation à l'échelle mondiale - Critique de la théorie du sous-développement. Paris: éditions Atropos, p. 592

66 Amin, SAMIR., L'impérialisme et le développement inégal, éditions de Minuit, Paris, p.193

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Étant donné la conjoncture, la volonté manifeste et la capa cité croissantes des BRICS à apporter des ressources financières peuvent aider les pays africains à amortir la baisse éventuelle de l'aide reçue des donateurs traditionnels, en proie actuellement à une reprise fragile et à des problèmes d'endettement dont nombre d'entre eux ont du mal à résoudre. Les relations BRICS-Afrique s'inscrivent dans le phénomène plus large de la coopération économique Sud-Sud. La coopération Sud-Sud (CSS) a acquis en quelques années une importance considérable.

A ce titre, elle est de plus en plus considérée comme un des tenants de la coopération internationale .au développement. La CSS est fondée sur les principes d'égalité, de solidarité, d'intérêt mutuel et de non-ingérence dans les affaires internes. Outre qu'elle peut être mise en place plus rapidement que la classique coopération pour le développement Nord-Sud, la CSS est plus réceptive aux priorités du pays bénéficiaire et est pratiquement dénuée de toute conditionnalité politique.67 Une autre caractéristique de La critique principale et récurrente à l'encontre de l'aide des partenaires traditionnels concerne l'utilisation de conditionnalités politiques.

L'utilisation persistante de conditionnalités politiques dans l'aide au développement constitue une violation du droit souverain des peuples à décider de leurs priorités nationales et de leurs stratégies de développement. Les prêts et les dons alloués au titre de l' AP D par les Institutions financières internationales, essentiellement la Banque mondiale et le FMI, et par les bailleurs de fonds traditionnels sont utilisés pour rémunérer les biens et services liés à l'exécution de projets et de programmes qui répondent davantage aux impératifs d'exportation des pays développés qu'aux besoins réels des pays emprunteurs. Les sommes accordées peuvent aussi servir à rembourser des arriérés de paiement. L'ADP sert également à financer des opérations humanitaires, des projets d'assistance technique et des annulations de dettes publiques. Les budgets de l'APD incluent aussi une enveloppe sécurité qui sert à financer des achats d'armes et des opérations militaires.

Les prêts de 1'APD sont également assujettis aux conditions du consensus de Washington : libéralisation du commerce, dérégulation des circuits financiers, privatisation des actifs publics et austérité budgétaire.68 CSS qui la distingue de l'aide traditionnelle est qu'elle

67 Briiutigam, DEBORAH., The Dragon 's Gift: the Real Story of China in Africa. Oxford: Oxford University Press, 2009, p. 300

68 Broadman, HARRY, Africa's Silk Road: China and India's New Economie Frontier. Washington, D.C.: Banque mondiale, 2007, p.391

69 Carmody, PADRAIG, The New Scramblefor A/rica. Malden, MA and Cambridge : Polity Press, 2011, p.240

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se concentre fortement sur les infrastructures. Cela ne signifie pas que les partenaires traditionnels ou les organismes multilatéraux comme la Banque mondiale ne soutiennent pas les infrastructures - ils le font -; mais l'importance de cette dimension est frappante dans la coopération Sud-Sud, et c'est notamment ce qui la rend attirante pour beaucoup de pays africains.

Cependant, la CSS souffre d'un manque de ressources et elle ne représente qu'une part mineure de l'assistance au développement. Bien qu'elle paraisse être fréquente, croissante et toujours plus diversifiée, la CSS se heurte à un certain nombre de limitations et les données sont ici rarement disponibles. Les projets tendent à être de petite taille et il n'existe aucun mécanisme pour faire correspondre la demande en coopération sud-sud avec l'offre dont elle est l'objet. De plus, la CSS est rarement évaluée au-delà de la vérification du respect des délais et de l'achèvement des projets. Bien que ceci puisse limiter le nombre de missions et d'études et réduire les coûts opérationnels pour les gouvernements des pays qui gèrent les programmes, il pourrait limiter les horizons à long terme en ce qui concerne la durabilité et l'impact des projets sur le développement.

L'importance pour les pays BRICS de la coopération Sud-Sud est illustrée par le fait qu'ils ont presque tous créé des instances ayant vocation à renforcer cette coopération, que ce soit entre eux ou avec les pays africains. C'est les cas, par exemple, du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) créé en 2000, du Forum Inde-Afrique (2008), ou encore du Forum de dialogue Inde-Brésil-Afrique du Sud (IBSA).

Ce dernier a été institué en 2003 afin d'améliorer les capacités de négociation de ses membres dans les instances internationales et de développer leur coopération, en particulier dans les domaines de l'agriculture, du commerce, de la culture et de la défense. La coopération entre les trois États passe par des échanges trilatéraux et l'appui de projets Sud-Sud viables dans les pays en développement via le fonds IBAS pour la lutte contre la faim et la pauvreté. Le Forum sur la coopération sino-africaine et le Forum Inde-Afrique sont ceux qui acheminent beaucoup d'aide sud-sud au développement. Ils contribuent au développement économique par des prêts concessionnels et des dons, 1'appui à 1'infrastructure, 1'allégement de la dette, l'accès69

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Aux marchés, 1'appui au développement des ressources humaines et 1'assistance technique. À cet égard, la China Exim Bank, l'Exim Bank of India et la Banque nationale brésilienne de développement économique et social (BNDES) constituent le relais principal du financement vers l'Afrique70. Ces dernières offrent des prêts concessionnels pour différents projets d'infrastructure et de construction, et le financement du crédit et des projets à des compagnies nationales qui investissent dans les pays africains. L'augmentation des échanges avec les pays BRICS a permis à l'Afrique de diversifier la géographie de ses marchés et de ses sources de financement du développement.

Elle a permis aussi aux pays africains de tirer avantage des importations d'intrants et de biens de consommation bien moins chers par rapport à ceux en provenance des partenaires traditionnels. Les biens d'équipement peu onéreux et appropriés dopent la productivité des producteurs de la région, tandis que les importations manufacturières à bas prix profitent aux consommateurs et aux producteurs et contribuent ainsi à réduire la pauvreté. L'infrastructure et l'agriculture sont deux domaines prioritaires des BRICS, ce qui rend leur aide idéalement complémentaire de l'aide des donateurs traditionnels qui privilégient les secteurs sociaux.

En étoffant leur financement destiné aux secteurs de l'infrastructure et de la production, les pays BRICS comblent un déficit financier dans des secteurs prioritaires qui ont des conséquences sérieuses pour la croissance et la lutte contre la pauvreté71. La Chine, par exemple, est devenue l'une des principales sources de financement des projets d'infrastructures en Afrique. Un tel montant fait de la Chine le premier partenaire bilatéral pour le financement des infrastructures sur le continent. Compte tenu des besoins, évalués à hauteur de 93 milliards de dollars EU par an pour combler le retard du continent en matière d'infrastructure, les apports chinois dans ce domaine ne peuvent qu'améliorer les perspectives de développement des pays africains.

De plus, par la création de plusieurs zones économiques spéciales (ZES) en Afrique dans le cadre du FOCAC en 2006, la Chine apporte son soutien à l'industrialisation et à la diversification économique de nombreux pays africains. La diversification des exportations

70 Dijk, MEINE PIETER VAN, "The New Presence of China in A/rica. Oxford: Fahamu Books et Pambazuka Press, 2009, p.222

71 Dembélé, MOUSSA, Samir Amin : intellectuel organique au service de 1'émancipation du Sud. Dakar : CODESRlA, 2011, p.216

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et l'augmentation de l'intensité technologique des exportations africaines attendues de ces ZES pourraient aider les pays africains à instaurer des pôles économiques au sein de leur économie et, ainsi, à ne plus se contenter de l'extraction de ressources. Il est tout aussi possible d'espérer une création d'emplois locaux dans les pays d'accueil africains grâce à l'implantation de petites unités de production opérant dans ces ZES. Pour le secteur industriel africain, ces zones représentent une opportunité considérable d'accéder à des capitaux et à des services d'infrastructure, de bénéficier de transferts de compétences et de technologies.

Paragraphe 3. L'accès aux technologies moins coûteuses et adaptées

L'intensification des relations de commerce et d'investissement avec les pays BRICS s'accompagne de transfert de technologies et de renforcement des compétences. En raison de la faible différence de niveau technologique entre les pays africains et certains pays BRICS par rapport aux partenaires traditionnels, les pays africains pourraient tirer de grands bénéfices de l'importation des technologies en provenance des BRICS. Ceci pourrait s'avérer rentable sur de multiples plans parce que ces technologies pourraient être relativement moins coûteuses, moins sophistiquées et plus adaptées aux besoins et aux exigences des pays africains.

En outre, les compétences humaines nécessaires à l'utilisation et à l'adoption des nouvelles technologies qui proviennent de la Chine, de 1'Inde, du Brésil et de 1'Afrique du Sud sont, semble-t-il, plus facilement assimilables. D'après l'OCDE, les partenariats «entre des entreprises chinoises et africaines peuvent faciliter le transfert de technologie, conférer une valeur ajoutée aux exportations africaines et aider les entreprises africaines à se positionner avantageusement sur les marchés mondiaux. » .

La Chine soutient également la recherche et l'innovation en Afrique en construisant des centres technologiques et en envoyant sur le continent des scientifiques qui procèdent à des transferts de technologies comme l'a mis en évidence le FOCAC de 2009. L'Inde, aussi, procède à des transferts de technologies à travers les projets portant sur le Pan-African E Network entre les universités et les centres de santé indiens et africains. Le Brésil, à travers sa coopération technique, contribue au progrès social et économique des partenaires africains en partageant ses enseignements, ses connaissances provenant d'expériences réussies et ses bonnes pratiques. L'agriculture tropicale est un domaine majeur de la coopération brésilienne avec des partenaires africains.

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Par l'intermédiaire de sa société de recherche en agronomie (Embrapa) et dans le but de renforcer la productivité et la production de coton des pays bénéficiaires par le transfert de technologies brésiliennes, il a fourni de l'assistance technique aux pays du groupe Coton-4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad). Le Brésil a aussi rendu son savoir-faire accessible à plusieurs autres pays africains désireux de développer leur secteur agro énergétique.72 De même, la Chine a signé en décembre 2011, un accord avec ces quatre pays producteurs africains de coton, pour renforcer la coopération en matière de production cotonnière. Cette coopération comprendra des transferts de technologies, une assistance technique dans la recherche, l'approvisionnement en semences, machines agricoles, engrais et pesticides et le financement de projet de formation, ainsi que des échanges d'expériences, dans le but d'améliorer la connaissance des entrepreneurs chinois du textile à l'égard de l'Afrique, et pour encourager le secteur textile chinois à investir des capitaux en Afrique. Les investissements des pays BRICS en Afrique ont des effets globalement positifs et seront essentiels pour répondre aux besoins croissants de cette région et pour y promouvoir le développement économique.

SECTION 2. RISQUES A TERME POUR L'AFRIQUE

Le choix élargi de partenaires, au-delà des partenaires traditionnels, permet de tirer parti simultanément de différents modèles de développement et de bénéficier des avantages comparatifs présentés par chaque partenaire.

Cependant, des craintes liées à cette multiplicité de partenaires demeurent. Dans le contexte actuel caractérisé par la nouvelle « ruée vers l'Afrique », nombre de décideurs politiques craignent que la présence des BRICS en Afrique ne perpétue la spécialisation de cette dernière dans la fourniture de matières premières dans l'économie mondiale ou ne replonge les pays africains emprunteurs dans la spirale du surendettement. Un autre aspect discutable parfois avancé est que les lents et inégaux progrès dans la gouvernance des pays africains ne soient retardés par les pratiques de ces nouveaux partenaires.73

À cet égard, la Chine est demeurée la principale cible des accusations, notamment de la part des bailleurs de fonds traditionnels. En effet, deux aspects alimentent les

72 Emmanuel, ARGHIRI, L'échange inégal, -Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques internationaux, Maspéro, Paris, 1972, p422

73 Frank, ANDRÉ-GUNDER, Le développement du sous-développement : L 'Amérique latine. Paris : Maspéro, 1972, p.399

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inquiétudes. Premièrement, le financement chinois risque d'alimenter la corruption directement via le transfert massif de fonds vers des régimes mal gérés (malédiction des ressources), et, deuxièmement, il risque d'apporter une aide financière à des régimes répressifs et autoritaires qu'il aurait sinon été possible de contraindre par des sanctions ou des exigences en matière de gouvernance. De plus, fidèle à sa politique de non-ingérence qui s'oppose aux choix des puissances occidentales, la Chine n'impose pas de conditions en termes de gouvernance ou de droits de l'homme au financement de projets à l'étranger, car elle considère que ce serait de l'ingérence dans les affaires internes d'autrui.

La Chine considère également que les politiques destinées à encourager le développement à long terme sont de la responsabilité du pays destinataire de l'aide. Précisons que l'approche chinoise de l'aide au développement diffère de celle des autres donateurs, car son unique objectif est de contribuer au développement social et économique des pays récipiendaires, sans conditionnalités. La Chine considère que l'aide étrangère est une interaction « gagnant-gagnant » entre pays en développement. Cette mentalité « gagnant-gagnant » explique le fait qu'une grande partie de l'aide étrangère est liée à la promotion d'exportations et d'investissements entre la Chine et les pays destinataires.

Pour saisir le cadre fondamental régissant l'aide financière et technique de la Chine aux pays africains, il est important de faire référence aux « huit principes »68 en matière d'aides de la Chine à l'étranger qui ont été formalisés pour la première fois par le premier ministre Zhou Enlai pendant sa visite au Ghana en janvier 1964. Ces principes d'autodisciplines - au lieu d'imposer des conditions aux pays bénéficiaires, Les huit principes de l'aide chinoise sont :

« 1°) Le gouvernement chinois se fonde toujours sur le principe de l'égalité et de l'avantage mutuel lorsqu'il accorde de l'aide à des pays étrangers. Il ne considère jamais l'aide comme une offrande unilatérale, mais comme quelque chose de mutuel ;

2°) Lorsqu' il accorde de l'aide à des pays étrangers, le gouvernement chinois respecte strictement la souveraineté des pays bénéficiaires. Il ne l'assortit jamais de conditions et ne demande aucun privilège;

3°) Le gouvernement chinois accorde des aides financières sous la forme de prêts sans intérêt ou à intérêt faible, et prolonge si nécessaire les délais de remboursement afin d'alléger autant que possible la charge des pays bénéficiaires.

74 Discours du Premier ministre chinois Zhou Enlai, Accra, Ghana, 15 janvier 1964, cité par Brautigam, 20Il, p. 129.

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4°) Lorsqu'il accorde de l'aide à des pays étrangers, le gouvernement chinois ne cherche pas à rendre ces pays tributaires la Chine, mais, au contraire, à les engager petit à petit sur la voie de l'autonomie et du développement économique;

5°) Le gouvernement chinois s'efforce d'aider les pays bénéficiaires à bâtir des projets qui nécessitent moins d'investissements et qui apportent des résultats plus rapidement, de manière à ce que les pouvoirs publics des pays bénéficiaires puissent engranger davantage de recettes et accumuler des capitaux ;

6°) Le gouvernement chinois apporte des équipements et des matériaux de la meilleure qualité aux prix du marché international. Si ces équipements et matériaux ne correspondent pas aux spécifications et à la qualité requises, le gouvernement chinois se charge de les remplacer; 7°) Lorsqu' il apporte de l'assistance technique, le gouvernement chinois veille à ce que la main-d'oeuvre du pays bénéficiaire maîtrise complètement ces techniques ;

8°) Les experts envoyés par la Chine pour participer à des travaux de construction dans les pays bénéficiaires auront le même niveau de vie que les experts du pays bénéficiaire. Les experts chinois ne sont pas autorisés à faire des demandes particulières ou à bénéficier de traitements de faveur.74

Principes en question visent la Chine elle-même - constituent depuis les pierres angulaires du système des valeurs orientant l'aide chinoise à l'Afrique. Ces principes font donc contrepoids à ces accusations. Il en est de même pour les indicateurs de la gouvernance. Selon 1'Indice Ibrahim (2012), qui mesure la fourniture de biens et de services publics, 1'Angola et la République démocratique du Congo, par exemple, font partie des sept pays africains dont le score s'est le plus amélioré dans les années 2000.69

Or, ces deux pays ont conclu avec la Chine des accords« ressources contre infrastructures» de premier plan, comme nous l'avons déjà mentionné. En outre, contrairement aux idées reçues, rien ne prouve que la corruption en Afrique se soit aggravée sous l'effet des partenariats émergents.

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Paragraphe 1. La dépendance accrue à l'égard des matières premières

Si les pays BRICS ont permis à l'Afrique de diversifier la géographie de ses marchés, ils ne lui ont pas permis de diversifier la structure de ses exportations ; les matières premières, particulièrement le pétrole et les minerais, continuent à dominer. La concentration des échanges avec ces nouveaux partenaires semble toujours s'inscrire - comme avec les partenaires traditionnels - dans le cadre d'un schéma « centre-périphérie ». Comme nous l'avons souligné précédemment, les activités des BRICS se portent en priorité sur les pays africains richement dotés en ressources.

Leurs prêts consentis à des conditions de faveur financent souvent des investissements dans le secteur des ressources naturelles, ce qui renforce la spécialisation dans les matières premières et nuit à la diversification des exportations. De nombreux pays pauvres d'Afrique ont vu leur dépendance à l'égard des matières premières s'accroître ces dernières années avec la demande accrue des BRICS, en particulier de la Chine et de l'Inde. Une tendance inquiétante puisqu'elle risque de provoquer une sorte de « maladie hollandaise » qui bloquerait ainsi la spécialisation des pays du continent. La dotation en ressources naturelles peut ainsi devenir une « malédiction » en favorisant le risque de spécialisation.

L'Afrique par les pays BRICS est bien plus qu'une simple ruée vers les ressources naturelles. Ces nouveaux partenaires commencent à diversifier leurs investissements et s'intéressent désormais à toute une gamme de secteurs. La Chine, en particulier, a tendance à financer un développement des infrastructures qui contribue à réduire les coûts de transaction et qui se répercute sur l'aptitude de la région à diversifier son économie dans le sens de la production et de l'exportation d'articles manufacturés.

Paragraphe 2. Le risque de nouvelle accumulation de dette

Les stratégies de prêts des BRICS font l'objet de récurrentes critiques dans la mesure où leurs pratiques de financement s'écartent des règles consensuelles appliquées par les bailleurs de fonds traditionnels. Ces pays offrent des financements pour des montants élevés et sans conditionnalités, parfois largement supérieurs à ceux susceptibles d'être mobilisés par les institutions internationales. Mais ces financements sont souvent proposés, comme nous l'avons déjà noté, sous une forme peu ou non concessionnelle et peuvent être gagés sur des ressources naturelles ou assortis d'engagements de la part des pays récipiendaires. Ainsi, la croissance du financement de 1'Afrique par ces pays a fait craindre un ré-endettement pouvant aboutir à une

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situation de surendettement identique à celle prévalant avant la mise en oeuvre des initiatives d'annulation de dettes. Parmi le groupe BRICS, la Chine est le pays qui suscite le plus d'inquiétudes.

La Chine a été accusée par les partenaires traditionnels de jouer le rôle de passager clandestin (« Free rider»), car tout laisse penser qu'elle profite de la reconstitution de la capacité d'emprunt des pays ayant bénéficié de l'Initiative PPTE améliorée et de celle d'allègement de la dette multilatérale. Un comportement qui semble avoir pour effet de réduire l'efficacité de l'aide et de remettre en cause la viabilité future de la dette des pays bénéficiaires. De plus, 1'aide apportée par la Chine à 1'Afrique qui revêt désormais la forme de prêts commerciaux à des taux compétitifs, pourrait saper les efforts visant à restaurer la solvabilité des pays pauvres très endettés.75

Cependant, ces inquiétudes n'apparaissent pas pleinement justifiées à la lumière des données disponibles. Ainsi, des données révèlent que, grâce à l'intensification de ses liens commerciaux avec la Chine, 1'Afrique a connu une hausse de ses taux de croissance, une amélioration des termes de ses échanges et une augmentation de son volume d'exportations et de ses recettes publiques. Aucune donnée claire ne permet d'affirmer que la Chine réendette les PPTE. Reisen et Ndoye en 2008 ont montré que les accusations faites à la Chine de se comporter en passager clandestin sont déplacées, et ce pour la simple raison que la majorité des projets d'infrastructure en Afrique financés par les Chinois sont entrepris dans des pays riches en ressources qui ne font pas partie du club des pays pauvres très endettés. Ils soutiennent que la Chine avait peu prêté aux pays IPPTE et que ses financements, y compris ses prêts, n'ont pas produit d'effet délétère sur la réduction du surendettement africain. Selon les mêmes auteurs, les investissements chinois et la hausse des cours causée par la demande chinoise de matières premières semblent avoir contribué à 1'amélioration non négligeable des indicateurs de surendettement de 1'Angola et du Soudan. En Angola, la dette totale est passée de 100 % du PIE en 2000 à 30 % en 2006. Au Soudan, elle est passée de 162 à 75 %, malgré l'augmentation de la dette réelle.76

Il importe de noter que même si les prêts accordés par la Chine ne nuisent pas à la viabilité de la dette dans les pays pauvres d'Afrique, ils risquent de devenir problématiques à

75 Schiere et RUGAMBA, op.cit., 2011, p. 107

76 Ibidem, p. 38

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mesure que la Chine s'impliquera davantage sur le continent. Ses opérations « ressources contre infrastructures » apparaissent de plus en plus problématiques. Récemment, un certain nombre de ces accords ont rencontré des obstacles. On citera à titre d'exemple le prêt de 9 milliards de dollars de la China Exim Bank à la République démocratique du Congo (RDC) en 2008, pour des infrastructures, adossés au cuivre et au cobalt.77

Après négociation, les conditions initiales de ce prêt ont été restructurées en août 2009 et ramené à 6 milliards de dollars EU, à la demande du FMI qui a tenté de bloquer cet investissement, faisant valoir que la RDC ne pouvait pas conclure de nouvel arrangement avec un créancier préférentiel privilégié alors qu'elle doit encore à d'autres créanciers tout en affirmant qu'il risque d'alourdir la dette déjà intolérable du pays (Marysse et Geenen, 2009 ; Brautigam, 20lla).70 Ainsi, la RDC pour pouvoir bénéficier d'un allègement de sa dette au titre de l'Initiative PPTE, elle a dû revoir les modalités de l'accord de financement qu'elle a passé avec la Chine. La RDC n'est pas un cas unique. Il y a le Ghana, l'un des pays d'Afrique les plus endettés, où le Parlement a ratifié, en août 2011 , un emprunt de 3 milliards de dollars EU..

Auprès de la China Développement Bank. Cette ligne de crédit, la plus élevée jamais garantie par l'État ghanéen et dont le remboursement se fera en pétrole, servira à financer le développement des infrastructures. La Chine considère ces arrangements comme faisant partie de son aide au développement, car ils visent à promouvoir et à stimuler le développement économique.

Cependant, même si ces arrangements se démarquent par leur montant exceptionnel, ils sont particuliers à bien d'autres égards. L'aide, le commerce et les investissements sont si étroitement liés qu'on ne peut dire quelles composantes de l'interaction chinoise avec la RDC ou le Ghana peuvent être classées comme de l'aide et lesquelles peuvent être considérées comme de l'IDE.

77 Corkin (20 Il a) note que «The World Bank has locked homs with China Exim Bank arguing that giventhe Exim Bank requirement for a guaranteed revenue stream, the loan should be commercial, and thus not require a sovereign guarantee. Such matters came to a head during the negotiations over a proposed $9 billion resourcesfor-infrastructure deal by a consortium ofChinese companies led by China Exim Bank in the DRC. The IMF and World Bank managed to persuade Exim Bank to drop the requ irement of a sovereign guarantee (Reuters 2009).» (Corkin, 20 Il a, p. 173).

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Toutefois, en raison de leur caractère commercial, il ne s'agit ni de subventions, ni d'aide. Il y a de fait très peu de différences entre les lignes de crédit chinoises en Afrique et celles des partenaires traditionnels. Autant dire que la générosité des montants annoncés ne doit pas non plus dissimuler le fait que l'aide chinoise demeure bilatérale et fortement liée71 - une aide est dite « liée » lorsque le pays bénéficiaire est obligé d'avoir recours aux biens ou services des entreprises du pays donateur pour mettre en oeuvre les projets financés. La Chine se montre très exigeante lors de la mise en place des lignes de crédit. Selon les critères de l'Exim Bank72, un prêt préférentiel ne peut être accordé que si des entreprises chinoises sont chargées des opérations financées par le prêt. En outre au moins 50% des fournitures pour l'exécution du contrat (équipements, machines, technologies et services) doivent provenir de la Chine.78 Ce type de contrat doit nécessairement financer des projets industriels, la construction d'infrastructures ou encore des projets sociaux, ces derniers ayant été largement ignorés par les partenaires traditionnels malgré des besoins pressants des pays africains dans ces domaines.79

En revanche, et contrairement à ce qu'exigent les institutions de Bretton Woods et les donateurs occidentaux, l'aide de la Chine n'impose pas de conditions pouvant affecter la politique économique nationale des pays récipiendaires. En fait, elle repose généralement sur les demandes des destinataires et s'aligne sur leurs besoins urgents en matière d'infrastructures publiques et d'investissements. Le discours véhiculé par la Chine est celui de la non-ingérence. Par exemple, la Chine ne remettra jamais en cause la nature du régime politique du pays avec lequel des relations de coopération sont nouées. Seule lui importe la stabilité politique du pays, profitable aux échanges économiques.

Ces pratiques de la Chine dans sa politique de coopération ont fait l'objet de nombreuses critiques : il lui a été souvent reproché de lier son aide. En fait, l'aide chinoise est doublement liée. D'une part, les projets financés par la Chine font essentiellement appel à des entreprises et à des mains-d'oeuvre chinoises, au détriment de la main-d'oeuvre locale ; et d'autre part, les financements de projets d'infrastructure sont systématiquement. « Liés » à l'octroi de concessions pétrolières ou minières (exemples récents de la RDC et du Ghana). Cependant, la liaison de l'aide n'est pas une spécialité chinoise ni non plus une pratique nouvelle. Bien que les

78 L'accord global de prêt signé entre la China Developmemt Bank et l' État ghanéen, stipule qu ' un minimum de 60 % du travail contractuel, et peut-être davantage reviendra aux entreprises chinoises (Odoi-Larbi. 20Il).

79 http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398 _ l .html> (consulté le 19 juillet 2012).

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donateurs occidentaux se soient donnés pour objectif de rompre cette liaison, une bonne partie de leur aide demeure liée.80

L'aide liée n'est pas toujours la forme la plus efficace d'aide publique au développement. Cependant, cette problématique n'a que peu d' impact sur les règles de transparence dans l'attribution des marchés publics, les entreprises chinoises, brésiliennes, indiennes et sud-africaines étant régulièrement les moins chères. De plus, soulignons-le fait qu'existe une proximité plus grande entre les manières de faire des BRJCS et d'Afrique. Les .opérateurs chinois, brésiliens, indiens et sud-africains, en particulier, évoluent avec davantage d'aisance dans les environnements les plus difficiles où prédominent les arrangements informels en termes de procédures, de normes, etc. et là où les partenaires traditionnels sont généralement absents. L'ADP et les autres flux publics qui émanent des BRJCS sont bien plus efficaces, pragmatiques et impliquent des transferts de technologies et de compétences

SECTION 3. LES BRICS, DEFIS POUR L'AFRIQUE

Un plus grand choix de partenaires présente de grandes opportunités pour les pays africains (dont l'accès à des ressources rarement disponibles) de poursuivre leurs priorités de développement national, présence, mais la présence de ces différents acteurs pose aussi des défis importants pour des trajectoires de croissance et de développement viables pour le continent. Parmi lesquels, figurent en bonne place l'accélération du processus de diversification des économies africaines et le renforcement de la coopération régionale.

Paragraphe 1. La diversification des économies africaines

L'Afrique est devenue l'une des régions les plus dynamiques au monde. Elle a enregistré des taux de croissance appréciables au cours de la décennie écoulée, mais ce sont essentiellement la production et les exportations du secteur primaire qui sont restées les moteurs de cette croissance. En dépit de ces progrès, la diversification économique semble s'enclencher difficilement dans la région. La plupart des pays africains n'ont guère diversifié leurs exportations, et un grand nombre d'entre eux restent encore tributaires des exportations de produits primaires.

80used to buy goods and services from US finns and NGOs. Sorne 90 percent of Italy's aid benefits Italian companies and experts; 60- 65 per cent of Canada's aid and much of that of Germany, lapan and France is tied to purchases from those states. » (Sautman et Hairong, 2008, p. 104).

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Cette dépendance excessive vis-à-vis de quelques matières premières démontre la nécessité d'une plus grande diversification des économies du continent. Il importe de développer les capacités productives pour assurer la croissance économique et réduire la pauvreté. Les liens de coopération entre l'Afrique et les pays BRICS pourraient être renforcés grâce à une diversification des économies africaines dans des secteurs comme l'agriculture, les services et l'industrie manufacturière, ce qui permettrait d'élargir la base d'exportation très limitée du continent. La Chine en particulier pourrait aider certains pays africains à diversifier leur économie à l'avenir par ses apports dans la création de zones économiques spéciales (ZES) ainsi que par ses préférences tarifaires.

De nombreux projets de ZES lancés ces dernières années dans différents pays d'Afrique, s'ils réussissent, pourraient contribuer au développement industriel d'un continent ayant un fort besoin d'industrialisation, et dans lequel de précédentes tentatives de création de zones franches d'exportations ont déjà échoué, souvent avec des conséquences dramatiques. L'Afrique doit donc mettre en oeuvre une stratégie intégrée de diversification à long terme avec le soutien des BRICS et de la communauté internationale sous forme d'activités de renforcement des capacités commerciales qui devront être bien ciblées et bénéficier de financements à long terme. Ceci est d'autant plus important qu'au niveau de leur structure, les relations économiques BRICS-Afrique s'apparentent au commerce Nord-Sud, comme le Nord, la plupart des pays BRICS entendent sécuriser leur accès aux matières premières du continent, et par conséquent constitue aussi un lourd handicap.81

Concrètement, 1'Afrique reste cantonnée presque exclusivement dans un rôle de fournisseur de matières premières, ce qui a pour effet de renforcer sa place défavorable dans la division internationale du travail. Pensons notamment aux investissements de certains pays BRICS dans l'agriculture, en particulier dans la production d'agro carburants, qui ont tendance à favoriser le développement des monocultures d'exportation.

Il est à noter aussi que l'importation massive de produits de certains des BRICS, la Chine notamment, provoque le déclin du secteur industriel local, notamment textile, dans les rares pays où il a pu se développer. Enfin, si les recettes publiques des pays africains peuvent se trouver augmentées grâce aux exportations vers les pays BRICS, se pose la question de la

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répartition de ces recettes et de la durée, c'est-à-dire combien de temps cela va durer étant donné que les ressources exportées ne sont pas inépuisables ou pas renouvelables.

Paragraphe 2. Le renforcement de l'intégration économique régionale

Les partenariats conclus par l'Afrique s'élargissant rapidement, une intégration régionale plus poussée à travers le continent devient primordiale pour une croissance accélérée et continue, et pour pouvoir réaliser les économies d'échelle. Étant donnés la diversité des pays africains et l'énorme déficit d'infrastructure, l'intégration des marchés morcelés du continent permettrait d'intégrer ses économies et étoffer sensiblement son commerce intérieur.

Elle permettrait également au continent d'obtenir un avantage stratégique de l'entrée de nouvelles économies sur la scène africaine et d'assurer sa compétitivité dans l'économie mondiale. À cet égard, les initiatives engagées dans le cadre de l'Union africaine, dont le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs qui représente un dispositif sophistiqué pour identifier et analyser les succès et les échecs de développement et le NEPAD (initialement partenariat avec le Nord), doivent être remodelées et renforcées, car elles pourront fournir un cadre de référence et de mise en oeuvre d'un partenariat entre l'Afrique et ces nouveaux partenaires.82

C'est dans ce contexte que la question des infrastructures revêt une importance stratégique. Le degré de développement des infrastructures joue un rôle important au niveau des échanges commerciaux, des coûts et de la compétitivité. L'insuffisance et la médiocrité de l'infrastructure en Afrique restent un obstacle majeur à sa croissance et son développement. Soulignent qu'en raison du déficit d'infrastructure de l'Afrique, le taux de croissance économique par habitant diminue de 2 points de pourcentage chaque année. Le phénomène est évident dans des domaines comme l'énergie, l'approvisionnement en eau, les transports et communications, qui sont déterminants pour la réussite des entreprises manufacturières. Celui-ci limite les échanges, l'accès aux marchés et aux services de base, et la compétitivité.

Dans chacun de ces domaines, l'intégration régionale peut contribuer beaucoup à lever ces obstacles. L'amélioration des infrastructures pourrait avoir des retombées considérables. Par exemple, la coopération régionale pour le développement de 1'infrastructure abaisserait le coût des transactions, stimulerait les marchés régionaux et rendrait la production

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et les exportations d'articles manufacturés plus compétitives. Il faut donc un accroissement des investissements dans les infrastructures matérielles et immatérielles nécessaires à l'extension des marchés régionaux. Les avantages comparatifs que détiennent les pays BRICS, en particulier la Chine et l'Inde, dans le domaine du développement des infrastructures aideraient sans doute l'Afrique à se doter d'un marché régional, en mettant en place des infrastructures régionales telles que les routes, les chemins de fer, les aéroports et les réseaux de télécommunication. La montée en puissance des BRICS en Afrique a ouvert des possibilités nouvelles, aussi des risques et des défis. Si la coopération avec les pays BRICS bénéficie à 1'Afrique par lac diversification des sources de financement, de transferts de technologies adaptées et des expériences de développement supplémentaires, elle fait craindre sa spécialisation excessive en matières premières non transformées et le poids de sa dette. Une diversification des économies africaines ainsi qu'une coopération régionale plus poussée demeurent d'importants défis à relever. L'Afrique doit progresser davantage en matière de coopération régionale et de développement de ses marchés afin de stimuler la croissance économique et de bénéficier d'une intégration plus avantageuse dans l'économie mondiale.83

Paragraphe 3. Perspectives d'avenir : vers une intégration stratégique

L'intégration stratégique entre les BRICS et l'Afrique représente une opportunité unique pour les pays africains de renforcer leur position sur la scène mondiale. Alors que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) cherchent à diversifier leurs partenariats économiques et politiques, l'Afrique peut tirer parti de cette dynamique pour promouvoir son développement durable et sa croissance économique. Les pays africains peuvent bénéficier de l'augmentation des échanges commerciaux avec les membres des BRICS. En développant des accords de libre-échange et en facilitant l'accès aux marchés, l'Afrique peut stimuler ses exportations et attirer davantage d'investissements étrangers.

La coopération technologique avec les pays des BRICS peut permettre à l'Afrique de surmonter certains de ses défis en matière d'infrastructure et d'innovation. Les initiatives de transfert de technologie et de formation peuvent aider à développer les compétences locales et à encourager la création d'entreprises innovantes. Une intégration stratégique peut également se concentrer sur des projets de développement durable. Les pays africains peuvent collaborer avec les BRICS pour mettre en oeuvre des initiatives axées sur les

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énergies renouvelables, la gestion des ressources naturelles et la lutte contre le changement climatique, contribuant ainsi à un avenir plus durable.

L'engagement des BRICS en Afrique pourrait également se traduire par une coopération accrue en matière de sécurité et de stabilité politique. En travaillant ensemble pour résoudre les conflits régionaux et renforcer la gouvernance, les pays africains peuvent bénéficier d'un environnement plus stable propice au développement.

En s'unissant au sein des BRICS, l'Afrique peut renforcer sa voix collective sur les questions mondiales. Cela permettrait aux pays africains de défendre leurs intérêts communs face aux défis globaux tels que le changement climatique, le commerce international et les droits humains.

Vers une intégration stratégique avec les BRICS, l'Afrique a l'opportunité de transformer les défis en atouts. En adoptant une approche proactive et collaborative, les pays africains peuvent non seulement bénéficier des ressources et des compétences des BRICS, mais aussi jouer un rôle clé dans la redéfinition de l'ordre mondial. L'avenir dépendra de la capacité des nations africaines à naviguer habilement dans cette dynamique complexe tout en préservant leurs intérêts et leurs aspirations.84

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CONCLUSION

Nous avons, dans ce mémoire, abordé les relations économiques qu'entretiennent les Pays BRICS et l'Afrique. Le but était d'évaluer l'impact potentiel de ces relations sur le Les nouvelles opportunités de diversification qui naissent du rééquilibrage des influences, financières supplémentaires et à une intensification de la concurrence entre les donateurs. Dynamique de la nouvelle économie mondiale et sont les canaux de transmission les plus sous ses formes commerciales, économiques et de coopération, peuvent faire la différence de faisant diminuer le poids relatif des partenaires traditionnels, pourraient bien signer la fin de la transmission directes de 1' interaction entre les pays BRICS et 1'Afrique à savoir le développement africain. Les pays BRICS étant devenus des moteurs qui alimentent, voire visibles et les plus commentés dans ces relations. Bien que séparés, ils sont souvent reliés entre les pays BRICS et 1 'Afrique s'effectuera-t-elle à 1 'avantage réciproque de chacun des développements et de renforcement des coopérations et des échanges Sud-Sud, la coopération partenaires ou bien les pays BRICS adopteront-ils un comportement finalement proche de une place importante et suscitent un intérêt croissant.

En l'espace d'une décennie, ils sont post colonialisme. La présence des BRICS qui s'est affirmée à un rythme rapide et qui ne tirent, la croissance mondiale, leur incidence et leur rôle sur le continent africain occupent international et d'étendre la marge dont disposent les pays africains grâce à des ressources manière fondamentale dans le développement des pays africains. Cette problématique nous a amenés à formuler la question suivante: dans un contexte d'émergence de nouveaux pôles de Pour tenter d'approcher la question, le choix a été fait de s'intéresser aux voies de échanges, les investissements directs étrangers et l'aide. Ils constituent à l'évidence une force s'est pas démentie depuis a aidé 1 Afrique à se repositionner sur l'échiquier économique

Dans ce contexte, nous avons cherché à savoir si les relations avec les pays BRICS passés d'une relative marginalité au premier rang des partenaires commerciaux de 1' Afrique. Celui du Nord industrialisé ? Entre eux et interagissent. Ils peuvent avoir aussi des effets différents, voire contradictoires.

L'objectif principal du présent mémoire était d'évaluer l'ampleur de la présence des rares sont les données disponibles sur 1 échelle de la coopération entre les pays BRICS et de chiffrer exactement l'ampleur des activités d'aide des BRICS. Les données sont, dans une

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actuellement disponibles sur les IDE de la plupart des BRICS ne permettent pas une analyse conservant un regard critique sur ces données.

En fait, le constat que l'on peut tirer, c'est que BRICS en Afrique en mesurant les impacts de ces canaux de transmission d'un point de vue d'enquêtes auprès des pays africains, ce qui aurait certainement été un plus et une expérience large mesure, faibles, peu fiables, contradictoires, anecdotiques ou tout simplement absentes.

Évaluerait leurs données en fonction de critères précis. En outre, les limites des données détaillées des flux et des stocks par origine et par destination. Une difficulté supplémentaire enrichissante pour la réalisation de ce mémoire.

Toutefois, la documentation disponible était quantitative et qualitatif. Pour cela, le mémoire s'est appuyé sur des études et des ensembles de données déjà existantes. Nous avons analysé et ensuite fait une synthèse de ce corpus tout en Les volumes d'aide que ces nouveaux donateurs versent aux bénéficiaires africains sont l'Afrique, mais elle paraît être fréquente, croissante et toujours plus diversifiée. Il est difficile dans les négociations avec les questions liées aux échanges. À ces limites, s'ajoute le manque réside dans leur approche du financement et de 1 'investissement, points souvent regroupés difficilement comptabilisables, car ils ne sont rattachés à aucune instance qui regrouperait et importante et l'utilisation de celle-ci s'est avérée beaucoup plus pratique et économique.

L'engagement africain des BRICS ne se limite pas au développement du commerce, il apparaît également à travers les IDE. Depuis le début de la décennie 2000, les BRICS sont devenus des investisseurs importants pour l'Afrique, en particulier dans le secteur des matières premières et des infrastructures. Comme nous l'avons souligné, l'IDE des BRICS en Afrique est étroitement lié au commerce et à l'aide. La spirale haussière des prix des matières réserves, ainsi que pour les investissements qu'ils induisent dans les infrastructures, le majeur à la croissance et au développement du continent.

Le renforcement des infrastructures BRJCS en Afrique a, cependant, contribué à cantonner cette dernière à la spécialisation et aux partenaires traditionnels. En tant qu'investisseurs, les pays BRICS contribuent à la création sont engagés, a élargi le champ des ressources exploitables au-delà des possibilités des seuls sources, l'expansion des IDE des BRJCS semble se poursuivre rapidement. L'IDE des place qui était traditionnellement la leur dans la division internationale du travail, avec une particulièrement efficace d'améliorer la

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compétitivité en Afrique où les infrastructures manquent. L'insuffisance et la médiocrité de l'infrastructure en Afrique sont un obstacle pays a aidé le gouvernement dans sa priorité de reconstruction et de prise en compte d'une politiques d'IDE continuent d'attirer plus d'investisseurs de ces pays.

Toutefois, on observe fortement lié. Les pays dotés en ressources, ayant procédé à des privatisations et libéralisé les particulier de la Chine et du Brésil, dans le développement des projets d'infrastructure du permettrait donc à l'Afrique de développer davantage son potentiel et d'accélérer ainsi son premières a déclenché une envolée des investissements des BRJCS en Afrique dans les d'infrastructures, souvent associé à des IDE à grande échelle par des BRJCS, est un moyen concentration sur les produits de base et les produits manufacturés à faible valeur ajoutée.

Ainsi, il a un effet sur le développement comparable à celui du commerce auquel il est l'Afrique du Sud, l'accès à l'énergie et aux matières premières peut constituer une motivation développement. L'analyse du cas de l'Angola a montré que l'implication des BRJCS, en augmentation des niveaux d'exportation en direction des pays africains. Le financement industries manufacturières ou des industries de services. Pour la Chine, l'Inde et le Brésil ou importante. Les pays BRICS ont beaucoup à offrir pour l'exploration et 1 exploitation des une tendance à la diversification vers des secteurs comme l'infrastructure, l'agriculture, les services collectifs et les transports. La nouvelle «ruée vers l'Afrique », dans laquelle ils se de capacités locales, facilitent le transfert de technologie adaptée et entraînent une infrastructure quasiment anéantie par la guerre et par un sous-investissement chronique.

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TEXTES JURIDIQUES ET REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

I. TEXTES JURIDIQUES

- L'accord global de prêt signé entre la China Developmemt Bank et l' État ghanéen, stipule qu ' un minimum de 60 % du travail contractuel, et peut-être davantage reviendra aux entreprises chinoises (Odoi-Larbi. 20Il).

II. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQURS

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- ZIMMERMANN et SMITH, L'émergence de modèles alternatifs de développement, 2011

III. ARTICLES DE REVUES

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bigger than UK », The Guardian, 30 novembre 2023.

- « Portrait : Ahoua Don Mello, le visage de l'autre Afrique », L'Humanité, 20 mars 2024.

- Abid Kamel, Revue d'économie et de statistique appliquée Volume 13, Numéro 1

- Agnès ADÉLAÏDE METOUGOU, «Le visage de l'autre Afrique», L'Humanité, 20 mars 2024.

- BENDIABDELLAH ABDESSLAM , « Revue d'économie et de management », Volume 1, Numéro 1, le 01-03-2002

- CETRI, « Les BRICS et l'Afrique : Une opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux », entretien avec Agnès Adélaïde Metougou, par Laurent Delcourt, 6 juin 2024, www.cetri.be.

- CETRI, «Les BRICS et l'Afrique: Une opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux», entretien avec Agnès Adélaïde Metougou, par Laurent Delcourt, 6 juin 2024, www.cetri.be.

64

- Fewzi Borsali Culture Du Dialogue: Algérie -afrique Sub-saharienne 1962-1988

- Grand entretien avec El Hadj Souleymane Gassama (Elgas), RIS -Revue internationale et stratégique, n° 130, été 2023.

- James-WILLIAM GBAGUIDI, « Les BRICS en Afrique, une histoire de perception. Entre espoirs et risques de désenchantement » mis en ligne le 25/06/2014,. https://doi.org/10.3917/afco.248.0112.

- LOÏZZO CLARA, « Les BRICS passent de 5 à 10 membres et deviennent les BRICS+ », brève de Géoconfluences, novembre 2023. Mise à jour en janvier 2024.

- Souleymane GASSAMA (Elgas), RIS -Revue internationale et stratégique, n°130, été 2023.

- SwissAid , On the Trail of African Gold. Quantifying Production and Trade to Combat Illicit Flows, mai 2024.

- The Blood Gold Report, How the Kremlin is using Wagner to launder billions in African gold, décembre 2023.

- Vincent CAPDEPUY, « La ligne Nord-Sud, permanence d'un clivage ancien et durable», Géo confluences, janvier 2024

IV. COURS

- Aimé BANZA ILUNGA, Cours de la méthode et technique de recherche juridique, 2023 - ISANGO I., Cours de Méthode de travail scientifique, G1 SPA, 2003

- SHOMBA KINYAMBA, Méthode de la recherche scientifique, UNIKIN, 2002, inédit.

V. DICTIONNAIRE

- Dictionnaire Petit Robert, Paris, p. 1396

VI. AUTRES DOCUMENTS

- Coopération de l'Afrique avec les pays« brics » une troisième voie pour le développement de l'Afrique (2013)

- Recueil des déclarations : Université de Toronto (BRICS Information Centre) - https://www.brics.utoronto.ca/

- «Côte d'Ivoire: Pour Ahoua Don Mello, vice-président des BRICS: la Russie ne recherche ni les matières premières de l'Afrique, ni à la dominer», Koaci, 21 mai 2024.

VII. WEBOGRAPHIE

- Une opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux » www.cetri.be /Les-BRICS-et-l-Afrique-Entretien du 18/06/2024

- https://brics2023.gov.za/

65

- https://www.cetri.be/BRICS-et-Afrique-nouveau

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(consulté le 19 juillet 2012).

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- http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398

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TABLE DES MATIERES

EPIGRAPHIE I

IN MEMORIAM II

DEDICACE III

REMERCIEMENTS IV

SIGLE ET ABRÉVIATIONS VI

INTRODUCTION 1

II. ETAT DE LA QUESTION 2

III. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHESE 6

I.V METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE 9

V. DELIMITATION DE SUJET 11

VI. DIVISION DU TRAVAIL 11

CHAPITRE 1 : LE CADRE THEORIQUE HISTORIQUE 12

SECTION 1 : ORIGINE ET FORMATION DES BRICS 12

Paragraphe 1. Les origines des BRICS 12

Paragraphe 2. Objectif des brics 13

Paragraphe 3. Perspectives d'avenir pour les BRICS 18

SECTION 2. EVOLUTION HOSTORIQUE DES BRICS 19

Paragraphe 1. L'inclusion de l'Afrique du Sud : le passage de BRIC à BRICS 20

Paragraphe 2. Les premiers sommets des BRICS 20

Paragraphe 3. Les autres sommets des BRICS 20

SECTION 3 EVOLUTION ECONOMIQUE DES RELATIONS ENTRE BRICS ET

LAFRIQUE 22

Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes 23

Paragraphe 2. L'évolution des BRICS de 2010 à 2024 28

Paragraphe 3. L'élargissement des BRICS en 2024 28

CHAPITRE 2 : IMPACT ECONOMIQUE DES BRICS SUR LES PAYS AFRICAINS

31
SECTION 1. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE DE BRICS

SUR LES PAYS AFRICAINS 31

Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes 32

Paragraphe 2. Une relation inégale entre les brics et l'Afrique 33

Paragraphe 3. Un modèle économique « néolibéral avec des caractéristiques du Sud

35

67

SECTION 2. EFFET SUR LE COMMERCE ET LES ÉCHANGES BILATÉRAUX

DE BRICS EN AFRIQUE 36

Paragraphe 1. Les échanges commerciaux entre les Brics et l'Afrique 36

Paragraphe 2. Augmentation des Échanges Commerciaux Intra-BRICS 37

Paragraphe 3. Stratégies pour la réduction des barrières 38

SECTION 3. ANALYSE SUR LA RETOMBÉE ÉCONOMIQUE POUR LES PAYS

HÔTE 39

Paragraphe 1. BRICS+ : une montée en puissance sur la scène mondiale 39

Paragraphe 2. Une expansion continue malgré l'hétérogénéité 39

Paragraphe 3. Croissance économique et performances boursières : un contraste

marqué 40
CHAPITRE 3 : OPPORTUNITES ET DEFIS POUR L'AFRIQUE DANS SES

RELATIONS ECONOMIQUES AVEC LES PAYS BRICS 41

Section 1. Relations publiques avec les brics 41

Paragraphe 1. Brics, une opportunité pour l'Afrique 41

Paragraphe 2. La diversification des ressources pour le développement 42

Paragraphe 3. L'accès aux technologies moins coûteuses et adaptées 46

SECTION 2. RISQUES A TERME POUR L'AFRIQUE 47

Paragraphe 1. La dépendance accrue à l'égard des matières premières 50

Paragraphe 2. Le risque de nouvelle accumulation de dette 50

SECTION 3. LES BRICS, DEFIS POUR L'AFRIQUE 54

Paragraphe 1. La diversification des économies africaines 54

Paragraphe 2. Le renforcement de l'intégration économique régionale 56

Paragraphe 3. Perspectives d'avenir : vers une intégration stratégique 57

CONCLUSION 59

TEXTES JURIDIQUES ET REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 62






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme