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UNIVERSITE DE LUBUMBASHI
FACULTE DE DROIT
Département de Droit Public
Le rôle et l'impact de BRICS en
Afrique
Mémoire présenté et
défendu en vue de l'obtention du titre de Licencié en
Droit.
Par ISSA AMURI
Directeur : MUMBAKAKUDJI Martial
Professeur associé
Année Académique 2024-2025
I
EPIGRAPHIE

La pacification est une richesse
ISSA AMURI Pacifique
ISSA AMURI PACIFIQUE
II
IN MEMORIAM
A toi notre cher Révérend pasteur IBICU EYAKI Eddy
, que la terre de nos ancêtres a arraché sitôt, tes
innombrables souvenirs marquants ne nous ont pas laissé
indifférent, de là où vous êtes, sachez que votre
semence a porté des fruits. A jamais dans nos coeurs papa .
Que la terre de nos ancêtres te soit douce et
légère, maman ABEA M'MINDJE, tes conseils ont contribué
à notre épanouissement. Les circonstances de la vie ont
précipitamment expiré vos séjours sur terre
Que vos âmes reposent en paix et vous soyez tous glorieux
au paradis
III
DEDICACE
Je dédie ce modeste travail qui est le fruit de
plusieurs Années d'étude à :
Mes chers et respectueux parents en récompense de leurs
sacrifices et leur clairvoyance qui
m'ont servi et me serviront tout au long de ma vie
Mon frère MFAUM IBRAHIM et toute sa famille
Mon pasteur ADONIS MACHINDAKO
Toute la communauté EMO 'YA M'MBONDO ETUDIANT
LUBUMBASHI
ISSA AMURI pacifique
IV
REMERCIEMENTS
La rédaction de ce travail, n'a pas
été sans appui extérieur, il nous serait donc ingrat de ne
pas adresser nos remerciements à toute personne qui, de près ou
de loin y a apporté sa contribution.
A tout seigneur, tout honneur. Nos remerciements
s'adressent tout premièrement au Père céleste lui qui nous
a dotés de l'intelligence, la force, le courage et les moyens pour
l'élaboration de ce travail.
Nos profondes gratitudes s'adressent à tous les
professeurs, chefs de travaux et assistants de l'Université de
LUBUMBASHI en général ainsi que ceux du département du
droit public en particulier qui ont contribué à notre formation
tout au long de notre parcours académique.
Les mots nous manquent pour exprimer clairement et
exactement notre gratitude à Monsieur le professeur MUMBA KAKUDJI
martial qui, en dépit de ses multiples occupations s'est donné
corps et âme pour la direction de ce travail en mettant à notre
disposition tout son talent, son expérience, son savoir-faire et pour sa
rigueur scientifique qui nous a stimuler de bien évoluer avec notre
travail
Nos chers parents biologiques, AMURI MWENEALANGA yote kwa
bwana et MWALIHASHA BI'ANGWA, pour nous avoir montré le chemin de
l'école, entretenu constamment et ravivé en nous le goût
scientifique et le désir d'apprendre. Quoi que nous fassions, nous ne
saurons jamais vous remercier comme il se doit. Votre affection nous couvre,
votre bienveillance nous guide, et votre présence à nos
côtés a toujours été ma source
énergétique pour affronter les différents obstacles de ma
vie, nous vous somme reconnaissant
Nous remercions infiniment notre grand frère MFAUM
IBRAHIM et sa femme REBEKA MFAUM des nous avoir financé tout au long de
notre parcours universitaire.
Nous vous remercions chaleureusement pour votre soutien
financier. Votre bourse nous a permis de poursuivre nos études en toute
sérénité. Votre confiance en nous nous encourage à
persévérer dans nos études et à atteindre nos
objectifs, malgré toutes les charges familiales, vous vous êtes
donné corps et âme pour ma vie, Je vous suis très
reconnaissant pour votre générosité.
Nous adressons nos remerciements à nos chers
frères et soeurs, cousins et cousines : ABEDI AMURI, ADELARD AMURI,
IMANI ABEDI, MUSA AMURI, UNGWA AMURI, ILONDELO ESUBE, MAKENE WACHIBA, MMASA
EBWATELO, BILOMBELE ASUMANI BILAS pour votre encouragement et soutien.
V
Nos sincères remerciements les plus
sévères à tous les frères et soeurs en christ de
l'église CECAM pour votre amour et l'assistance manifester auprès
de nous durant notre parcours académique que le bon Dieu vous
patafiole.
Tous nos sentiments de gratitudes s'adressent
également à toute la communauté EMO 'VA M'MBONDO ETUDIANTS
LUBUMBASHI et tous les membres du groupe TUSUNGULANE : pour tout votre soutien
moral, matériel et spirituel.
Sans oublier notre bien aimée AWA BLANDINE pour ton
encouragement et ton soutien durant la rédaction de ce travail
Il ne suffit pas de disposer des moyens pour
réussir dans la vie, le milieu et le climat de travail sont aussi des
éléments favorisant la réussite. Ainsi, il serait ingrat
de terminer sans remercier tous les amis, camarades et compagnons de lutte qui
nous ont entouré d'un grand amour, d'un esprit de collaboration, nous
rendant ainsi aisé, la compréhension et l'appréhension des
cours.
Mes chers collègues, chers amis voisins, voisines,
par ces quelques lignes, trouvez en nous toute notre gratitudes pour tous ce
que vous avez fait et vous avez été pour nous.
Nous sommes limités par l'espace et par le temps.
Que tous ceux qui d'une manière ou d'une autre, de loin ou de
près, nous ont aidé durant notre cursus académique et dont
le nom ne figure pas ici, à tous nous disons infiniment merci et que le
très haut vous rende le centuple.
ISSA AMURI pacifique
VI
SIGLE ET ABRÉVIATIONS
BRICS: Brésil, Russie, Inde, chine et Afrique du Sud
BRI: Belt and Road Initiative
BNDES: Banque nationale brésilienne de
développement économique et social
CSS: Coopération Sud-Sud
FOCAC: Forum sur la coopération sino-africaine
FMI : Fonds monétaire international
IBSA: Inde-Brésil-Afrique du Sud.
IBAS: Inde, Brésil et Afrique du Sud
IDE: environnement de développement
intégré
MBB: Nouvelle Banque de Développement
ODD: Objectifs de développement durable
RD: Recherche et le développement
RDO: Règles d'origine
RDC: République Démocratique du Congo
ONU: organisation de nations unies
OCDE: Organisation de Coopération et de
Développement Économiques,
PPTE: Pays Pauvres Très Endettés»
ZES: zones économiques spéciales
1
INTRODUCTION
Dans le rapprochement de quatre pays aux vastes territoires,
est né les BRIC : le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine,
auxquels s'est intégré l'Afrique du Sud en 2011. En effet, c'est
au sommet de Iekaterinbourg en 2009, le groupe des BRICS a pris la forme d'une
conférence diplomatique à part entière, donnant lieu
à un sommet par an, se déroulant à tour de rôle dans
chacun des cinq États. Le but de ces sommets est d'affirmer la place
majeure de ces pays sur la scène internationale, et de mettre en
scène leur poids économique et politique, en particulier au
regard d'autres États ou groupes d'États comme les
États-Unis ou l'Union européenne. Devant le succès de la
formule instantanément adoptée par le monde de la finance,
entérinée par le monde académique, puis adoptée par
celui politique et la toile institutionnelle mondiale, cet extension de
périmètre du BRICS a été critiquée par de
nombreux économistes et analystes de marché, dont Jim O'Neill, le
créateur dudit concept.1
Les BRICS sont devenus des acteurs majeurs sur la scène
économique mondiale. Leur influence s'est progressivement étendue
au continent africain, où ils jouent un rôle de plus en plus
important dans les dynamiques de développement. Ce partenariat Sud-Sud a
profondément transformé les relations économiques et
politiques entre les pays du Sud, offrant de nouvelles perspectives mais
suscitant de nombreuses interrogations sur les points tels que la
durabilité des relations, l'impact sur les inégalités, les
rivalités régionales, la souveraineté
régionale...
Les pays du BRICS affichent aujourd'hui une présence
accrue sur le continent africain, multipliant leurs relations diplomatiques,
économiques et commerciales avec un nombre croissant de pays
d'Afrique2. Depuis le début des années 2000, les
ressources dont regorge ce continent sont de plus en plus convoitées par
la Chine et ses partenaires des BRICS qui en ont besoin pour assurer leur
propre développement national.
L'étude du rôle et de l'impact des BRICS en
Afrique est une thématique particulièrement pertinente dans le
contexte de la mondialisation et des nouvelles dynamiques géopolitiques.
L'objectif principal de cette étude est de comprendre les
transformations profondes que connaissent les relations économiques et
politiques entre l'Afrique et les pays
1LOÏZZO CLARA, « Les BRICS passent de 5
à 10 membres et deviennent les BRICS+ », brève de
Géoconfluences, novembre 2023. Mise à jour en janvier
2024.
2 O'NEILL JIM, Building Better Global Economic
BRICs, Global Economics, Paper 66, Goldman Sachs, 30 Novembre 2001
3 Marcel YABILI «Chronique d'une colonisation
chinoise»
4V. KALUNGA TSHIKALA ; Rédaction des
mémoires en Droit, Guide pratique, Ed. COL, Lubumbashi, pp0-21.
2
émergents que sont le Brésil, la Russie, l'Inde,
la Chine et l'Afrique du Sud. En d'autres termes, il s'agit de décrypter
les enjeux, les opportunités et les défis liés à
ces partenariats.
Certains craignent que l'élargissement des BRICS ne
signe l'acte de naissance d'un nouveau néo-colonialisme, cette fois
asiatique. Ce sont les occidentaux qui disent cela car ils perdent leur
influence en Afrique, mais ce n'est pas toujours le cas3. La phrase
met l'accent sur les acteurs extérieurs, mais les pays africains ne sont
pas des victimes passives. Ils ont leurs propres intérêts, leurs
propres stratégies et peuvent tirer parti de la multipolarisation, Les
relations entre les BRICS, l'Afrique et les puissances occidentales sont
complexes et multidimensionnelles. Elles ne se réduisent pas à
une simple opposition entre anciens et nouveaux colonisateurs. Cette
pensée peut laisser entendre que les acteurs agissent de manière
uniforme et intéressée, sans considération pour les
réalités locales.
C'est une vision caricaturale qui ne rend pas compte de la
diversité des situations et des motivations. La domination de la Chine
et l'influence de l'Inde au sein des BRICS+ pourraient accélérer
cette mutation. La concurrence entre les membres pour l'accès aux
ressources naturelles africaines pourrait exacerber les conflits locaux et
régionaux, comme observé dans des pays riches en ressources
où les intérêts étrangers divergent. De plus, les
accords de coopération et les investissements des BRICS+ risquent
d'accroître la dépendance économique et politique des pays
africains envers ces puissances émergentes.
Étant donné leur pouvoir de négociation
limité, les pays africains devront renforcer leur capacité
à prendre des décisions indépendantes et à
défendre les intérêts de leur population, notamment en
matière de politique économique et de développement. La
(re)négociation des conditions des prêts et investissements est un
exemple où les puissances dominantes imposent certaines politiques
économiques et sociales, réduisant ainsi la marge de manoeuvre
des gouvernements africains. La pertinence et les perspectives de l'Afrique
dans le Sud global pourraient ainsi s'y jouer !
II. ETAT DE LA QUESTION
Faire un état de la question signifie pour le
professeur Victor KALUNGA TSHIKALA, un relevé des publications
antérieures qui, de manière directe ou indirecte, ont
porté sur un même thème et non sur un même sujet que
celui abordé par le chercheur4 »
Pour BALLEY GULLER soutient que la lecture d'ouvrages des
chercheurs permet de présenter leurs pensées, d'apprécier
les difficultés qu'ils sont rencontrées et les
3
moyens qu'ils ont utilisé pour les surmonter et de
saisir l'originalité de leur contribution et des lacunes qu'un autre
chercheur devra combler. Elle permet en outre d'utiliser les résultats
déjà acquis afin que la recherche à entreprendre soit
mieux faite et plus utiles.5
Vu que nous ne sommes pas le premier à pouvoir aborder
ce sujet et La probité, l'honnêteté scientifique exige
à ce que nous puissions inventorier tous les travaux de nos
prédécesseurs qui ont eu à mener leurs recherches dans le
même domaine que nous, afin d'éviter de faire un travail de
routine, de contre dire ou d'aboutir sur le même résultat.
Ce pourquoi nous avons retenu ces quelques travaux
ci-après :
LAURENT DELCOURT, dans son ouvrage, intitulé « Un
BRICS+ : une perspective critique » affirme que: depuis une quinzaine
d'années, les BRICS s'affirment sur la scène mondiale, bousculent
les équilibres géopolitiques et questionnent les
inégalités inhérentes au système économique
postcolonial dominé par l'Occident. OEuvrant à la construction
d'un monde multipolaire, plus en phase avec leur poids économique et
démographique, ils cristallisent les aspirations du Sud global à
s'affranchir d'un ordre international perçu comme injuste, incapable de
répondre à ses besoins de développement et aux grands
défis de l'humanité6.
Conformément à notre recherche, cet auteur met
en lumière le rôle des BRICS en tant qu'acteurs émergents
sur la scène mondiale, qui cherchent à réformer un ordre
international perçu comme injuste, tout en représentant les
aspirations des pays du Sud global. Voici comment cela se compare et se
distingue du rôle et de l'impact des BRICS en Afrique. Il a reconnu que
le système économique mondial actuel présent des
inégalités, notamment pour les pays en développement. Les
BRICS, en tant qu'alliance, visent à remédier à ces
déséquilibres, ce qui résonne avec les besoins et les
aspirations des pays africains.
L'accent mis sur les besoins de développement dans le
Sud global est également pertinent pour l'Afrique. Les pays africains
espèrent tirer parti de leur relation avec les BRICS pour promouvoir un
développement qui soit plus inclusif et durable. Le rôle des BRICS
en Afrique est souvent plus axé sur des enjeux régionaux
spécifiques, tels que la sécurité alimentaire,
l'accès à la technologie et l'amélioration des
infrastructures. Les défis uniques auxquels fait face l'Afrique peuvent
ne pas être pleinement pris en compte dans une analyse plus large.
5 G. BALLEY, La recherche en sciences
humaines, éd. Universitaire, Paris, 1970, p. 33.
6 D. LAURENT, BRICS+ : une perspective critique, p
7
4
Dans le cadre des BRICS, les pays membres ont des
intérêts variés et parfois divergents. En Afrique, il
existe également des dynamiques internes complexes entre les pays
africains eux-mêmes, ce qui peut influencer leur capacité à
agir collectivement au sein de l'alliance des BRICS. Bien que les aspirations
et les critiques des BRICS sur la scène mondiale et en Afrique partagent
des points communs, le contexte régional, les dynamiques internes et les
niveaux d'engagement diffèrent considérablement, ce qui influence
la manière dont ces pays interagissent avec les BRICS et exploitent
cette alliance pour leurs propres intérêts.
Par James-WILLIAM GBAGUIDI ; dans son article intitulé
« Les BRICS en Afrique, une histoire de perception. Entre espoirs et
risques de désenchantement »7 Il a signalé qu'il
sera nécessaire pour les pays africains de ne pas se laisser enfermer
dans le rôle exclusif de fournisseurs de matières premières
pour les BRICS, mais surtout d'élaborer des politiques communes
mutuellement bénéfiques afin d'accélérer le
développement du continent.
Car, c'est dans les stratégies individualistes du
« chacun pour soi » que se cachent les causes des échecs de
nombre de partenariats antérieurs entre l'Afrique et le reste du monde
conformément à notre recherche nous pouvons ainsi dire que les
pays africains doivent chercher à établir des partenariats qui ne
se basent pas uniquement sur l'extraction de ressources, mais qui incluent des
investissements dans des secteurs tels que l'éducation, la technologie
et l'infrastructure. Cela permettrait d'assurer un développement durable
et diversifié. Cette idée appelle à une transformation du
rôle traditionnel des pays africains dans le cadre de leurs relations
avec les BRICS, en les incitants à devenir des acteurs proactifs dans la
définition de leur avenir économique et social.
AGNÈS ADÉLAÏDE METOUGO dans un entretien
avec Laurent Delcourt8, souligne que la relation commerciale entre
les BRICS et l'Afrique présente des défis importants, mais aussi
des opportunités pour amorcer un développement autocentré.
Mais cela passe par une stratégie proactive de diversification
économique, de valorisation de ses ressources, de renforcement de ses
capacités industrielles et de ses capacités de négociation
et, bien sûr, par l'achèvement du processus d'intégration
régionale. À ces conditions, l'Afrique pourra se libérer
de cette Dépendance du passé et s'engager sur la voie d'un
développement durable et inclusif.
7James-WILLIAM GBAGUIDI, « Les BRICS en
Afrique, une histoire de perception. Entre espoirs et risques de
désenchantement » mis en ligne le 25/06/2014, pp112 à
113.
https://doi.org/10.3917/afco.248.0112.
8Une opportunité pour rejeter les
diktats imposés par les Occidentaux »
www.cetri.be/Les-BRICS-et-l-Afrique-Entretien
du 18/06/2024
9 Coopération de l'Afrique avec les pays«
brics » une troisième voie pour le développement de
l'Afrique (2013)
5
Il est crucial de transformer la dépendance actuelle en
une relation de partenariat mutuel (d'égal à égal) qui
soit bénéfique pour l'Afrique.
Cette idée souligne la nécessité d'une
relation commerciale entre les BRICS et l'Afrique qui soit mutuellement
bénéfique et axée sur le développement
autocentré. Voici comment cette idée se compare et se distingue
du rôle et de l'impact des BRICS en Afrique, Les pays africains cherchent
à transformer leurs relations avec les BRICS pour qu'elles ne soient pas
unilatérales, mais plutôt basées sur des
intérêts communs. Elle propose une stratégie proactive
venant des pays africains pour transformer leur relation avec les BRICS, le
rôle actuel des BRICS peut parfois être perçu comme
réactif, où les pays africains doivent s'adapter aux dynamiques
imposées par les puissances émergentes du groupe.
Cet auteur partage plusieurs points communs avec notre
recherche, notamment l'accent mis sur l'égalité, la
diversification économique et le renforcement des capacités.
Cependant, elle se distingue par son appel à une initiative proactive de
la part des pays africains pour transformer leur dépendance historique
en partenariats véritablement mutuels, adaptés aux besoins
spécifiques du continent.
FODÉ SALIOU TOURÉ, dans son article,
intitulé « la coopération de l'Afrique avec les pays«
brics », une troisième voie pour le développement de
l'Afrique9 » souligne que pour améliorer la contribution
de ces nouvelles relations au développement du continent, celui-ci doit,
entre autres, éviter le piège des matières
premières Dans sa trajectoire économique en mettant l'accent sur
l'impératif de la diversification de ses Structures économiques
afin d'améliorer la compétitivité des économies
africaines et de Renforcer l'intégration régionale. Les liens de
coopération avec les pays BRICS pourraient Être renforcés
grâce à une diversification des économies africaines dans
des secteurs comme L'agriculture, les services et l'industrie
manufacturière, ce qui permettrait d'élargir la base
D'exportation très limitée du continent et améliorer 1'
insertion des économies africaines dans L'économie mondiale. Les
partenariats conclus avec les pays BRICS s'élargissant rapidement,
L'intégration économique régionale dans le processus de
coopération devient nécessaire de créer des
économies d'échelle susceptibles de donner une nouvelle impulsion
aux échanges commerciaux et aux flux d'investissement et de permettre
à 1 `Afrique d'assurer sa Compétitivité dans
l'économie globale.
6
Les propos de cet auteur sur le développement de
l'Afrique en relation avec les BRICS mettent en avant des thèmes
centraux qui résonnent avec le rôle et l'impact de ce groupe sur
le continent. Voici une analyse des similarités et des
différences :
Tant cette idée que le rôle des BRICS soulignent
l'importance de diversifier les économies africaines pour éviter
la dépendance aux matières premières. Cela reflète
une compréhension commune que la diversification peut accroître la
résilience économique et améliorer la
compétitivité. Renforcer les liens de coopération avec les
pays BRICS est également en phase avec la manière dont ces pays
cherchent à établir des partenariats stratégiques avec
l'Afrique, notamment dans des secteurs clés comme l'agriculture, les
services et l'industrie manufacturière.
L'auteur propose une approche proactive où les pays
africains prennent des initiatives pour diversifier leurs économies et
renforcer leur intégration régionale. En revanche, le rôle
des BRICS peut parfois être perçu comme réactif, où
les pays africains doivent s'adapter aux dynamiques imposées par les
puissances émergentes.
Son idée partage plusieurs points communs avec le
rôle et l'impact des BRICS en Afrique, notamment la
nécessité de diversification économique et
d'intégration régionale. Cependant, elle se distingue par son
appel à une initiative proactive de la part des pays africains, son
accent sur la création d'économies d'échelle, et sa
focalisation sur des secteurs spécifiques pour améliorer
l'insertion du continent dans l'économie mondiale.
III. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHESE 1)
PROBLÉMATIQUE
La problématique est encore définie par le
professeur, Docteur ISANGO IDI WANZILA10 est entendue comme un
procès ré flexionnel, et l'art d'élaborer et de poser
clairement son problème aussi le résoudre en suivant leur
transformation dans la réflexion scientifique comme une théorie
philosophique.
MULUMBATI NGASHA Adrien11 définit la
problématique comme une série des questions faisant l'objet
d'étude qu'un chercheur se pose au sujet d'un phénomène
qu'il étudie.
Partant de notre travail, vu que les brics Les BRICS sont
devenus des acteurs majeurs sur la scène économique mondiale.
Leur influence s'est progressivement étendue au
10 I. ISANGO, Cours de Méthode de travail
scientifique, G1 SPA, 2003, Pp 13-14.
11 MULUMBATI NGASHA, Sociologie
Générale, Lubumbashi, éd. Africain, 1971, p.236
7
continent africain, où ils jouent un rôle de plus
en plus important dans les dynamiques de développement. Portant dans les
dynamiques de développement, nous avons eu a formulé quelques
questions pour nous permettre a bien mené nos recherches
? Quel est le rôle des brics dans le
développement économique et social des pays
africains et quels impacts cela t'il sur les relations
internationales en Afrique ? ? Comment les investissements des BRICS
influencent-ils le développement
économique et social des pays africains, et quels en
sont les impacts à long terme ? ? Dans quelle mesure la
coopération entre les BRICS et les pays africains renforce-t-
elle la souveraineté économique de ces derniers
face aux influences occidentales ?
Ainsi, nous tâcherons de répondre, dans la mesure
possible, aux questions ci-haut posées.
2) HYPOTHESES
Il est évident que l'on ne peut pas parler de
l'hypothèse sans qu'on ne sache préalablement ce que cela veut
dire. Il importe de ce fait qu'il nous soit permis de définir le concept
hypothèse.
C'est ainsi que SHOMBA KINYAMBA, dans son ouvrage
intitulé : « méthodologie de la recherche scientifique
» conçoit l'hypothèse comme une série des
réponses qui permettent de prédire la vérité
scientifique au regard des questions posées dans la
problématique.12
MULUMBATI NGASHA Adrien, dans son ouvrage de la sociologie
générale, définit l'hypothèse comme étant la
proposition des réponses provisoires aux questions que l'on se pose
à propos de l'objet de recherche formulé en des termes tels que
l'observation et l'analyse qui puissent trouver des réponses.
Étant donné que tout travail scientifique repose sur des bases
précises lui permettant ainsi de dégager des théories
fiables, le but d'une hypothèse scientifique est aussi de parvenir
à fournir une explication générale ou restreinte aux
phénomènes étudiés.13
Pour Raymond QUIVY et Luc VAN CAMPENHOUDT l'hypothèse
comme une proposition qui anticipe une relation entre deux termes qui, selon
les cas, peuvent être des concepts ou des
phénomènes14.
Ce qui veut dire plus clairement que dans le cadre d'une
recherche scientifique l'hypothèse est une affirmation ou une
réponse provisoire, présomptueuse et vraisemblable à la
12 SHOMBA KINYAMBA, Méthode de la recherche
scientifique, UNIKIN, 2002, p.87, inédit.
13 MULUMBATI NGASHA, Sociologie
Générale, Lubumbashi, éd. Africain, 1971, p.236.
14Raymond QUIVY et Luc VAN CAMPENHOUDT, Manuel de
recherche en sciences sociales, 2eme ed, Dunod, Paris, 1995, p.117.
15Russia les particularly interested in gaining
control over the supply of oil and natural gas from Africa to European
countries. » (Volman, 2009, p. 12).
8
problématique et qui résulte des faits connus
même empiriquement et qu'il faudra vérifier par des données
pour l'infirmer ou l'affirmer.
C'est pourquoi pour notre travail, nous allons avancer les
hypothèses aux questions de notre problématique en disant que ;
Les BRICS en tant que puissances émergentes, jouent un rôle de
plus en plus important dans le développement de l'Afrique. Leurs
investissements massifs, leur soutien politique et leur influence sur les
institutions financières internationales ont des implications profondes
pour le continent. Ils contribuent dans le développement
économique des pays africains en apportant des investissements directs
étrangers, en soutenant des projets d'infrastructure et en favorisant
les échanges commerciaux, ce qui conduit à une croissance
économique accrue. L'engagement des BRICS en Afrique modifie le paysage
des relations internationales sur le continent, en diversifiant les
partenariats économiques et en réduisant la dépendance
vis-à-vis des anciennes puissances coloniales et des pays
occidentaux.
Toutefois, sur le plan des échanges, de
l'investissement et de L'aide au développement, les tendances
récentes sont prometteuses. Il est évident que les pays BRICS
jouent un grand rôle dans l'amélioration des opportunités
de développement de l'Afrique15. Et, il est d'ores et
déjà possible de dire, sur la base des éléments
disponibles à ce jour, que cette coopération aura probablement
des répercussions importantes sur l'avenir du développement de
l'Afrique et ses relations postcoloniales. En outre, l'Afrique n'est pas un
pays, mais un continent marqué par la diversité et
l'hétérogénéité de 54 pays offrant un
tableau contrasté en termes de développement économique et
de richesse en ressources naturelles. Autant dire que toute
généralisation apparaît artificielle.
De même, la présence croissante des BRICS est
loin d'être une vaste entité porteuse d'une même
réalité sur le continent. Les pays BRICS ont plutôt une
présence qui est à géométrie variable et se
différencient par leur approche et leur engagement sur le continent.
À cet égard, la Russie qui dispose de ressources naturelles
immenses, comme le sont beaucoup d'économies africaines,
n'éprouve pas le même intérêt pour l'Afrique et ses
matières premières que la Chine et l'Inde.
9
I.V METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE
Pour bien avancer dans une recherche scientifique et pour bien
être compris par des différents lecteurs, tout chercheur doit,
avant d'entreprendre toute recherche, définir aussi clairement les
méthodes et techniques qu'il a choisi d'utiliser car toute recherche qui
se veut scientifique et sérieuse doit reposer sur une base aussi bien
méthodologique que technique. Et dans le cadre de ce travail, nous avons
utilisé quelques méthodes et techniques afin d'atteindre
l'objectif scientifique visé
A. METHODES DE RECHERCHE
Le mot méthode revêt plusieurs sens ou forme, le
Dictionnaire Petit Robert définitif la méthode comme «
l'ensemble des démarches que suit l'esprit pour découvrir et
démontrer la vérité »16
De même le mot méthode est définit par
RONGÈRE PINTO17 dans le sens procédural comme «
procédure particulière appliquée à l'une ou l'autre
des stades de la recherche ». La méthode détermine la voie
par laquelle le chercheur entend mener sa recherche. Tandis que la technique
est le moyen que le chercheur évalue dans ladite voie18.
Pour LOHATA.T.O19 la méthode est un «
courant explicatif qui donne le sens aux informations collectées ou
traitées par les techniques »
Pour y répondre de manière rigoureuse, nous
aurons besoin d'une combinaison des méthodes donc collective et
analytique
A.a Méthode juridique
La méthode juridique est utilisée dans la
compréhension des textes de loi par la recherche de l'intention du
législateur20. L'interprétation juridique consiste
à expliciter la volonté du législateur qui a
été à l'origine de la norme. Elle est fondée sur le
dogme de l'omnipotence du législateur.
La méthode juridique sera d'une importance non
négligeable au travers différents textes que nous allons
étudier dans le cadre du présent travail en misant plus sur le
code de
16 Dictionnaire Petit Robert, Paris, p. 1396
17 P. RONGÈRE, Méthode des sciences
sociales, Paris, Ed. Dalloz, 1971, p.18.
18 GRAWITZ, M, Méthodologie de recherches
en science sociale, Paris, Dalloz, P.388
19 LOHATA.T.O., La méthodologie et
l'épistémologie des sciences sociales via science sociale
politique et administrative, PUF, 2010.
20 Aimé BANZA ILUNGA, Cours de la
méthode et technique de recherche juridique, 2023.p.16
10
procédure pénale. L'utilisation de cette
méthode dans cette étude du rôle et de l'impact des BRICS
en Afrique peut enrichir la recherche scientifique en apportant une analyse
approfondie des textes juridiques, des politiques publiques, des discours et
des pratiques. Cette approche permet de mieux comprendre les enjeux normatifs
et juridiques des relations entre les BRICS et l'Afrique, et de formuler des
recommandations pour une coopération plus équitable et
durable.
A.b Méthode analytique
Cette méthode nous permettra d'analyser les discours
politiques, médiatiques et académiques pour identifier les
représentations et les discours dominants sur les BRICS et l'Afrique
B. TECHNIQUE DE RECHERCHE
B.a. Technique documentaire
La technique documentaire est celle qui est orientée
vers une fouille systématique de tout ce qui est en rapport avec le
domaine de la recherche c'est-à-dire tout ce qui constitue la source
écrite d'un thème de recherche. Elle consiste en l'utilisation
des documents écrits ayant une liaison avec le sujet choisi. Certains
auteurs appellent la technique documentaire la revue de la littérature
d'un domaine,21
Pendant la recherche, nous avons consulté les ouvrages,
les rapports, les mémoires, les sites internet et autres documents
relatifs à notre sujet. Celle-ci nous permettra d'entrer en contact avec
tous les documents écrits en rapport avec notre sujet. Par là
nous citerons les ouvrages sur le brics et le développement
économique de l'Afrique, certains travaux scientifiques qui parlent
aussi du même domaine, ainsi que quelques notes de cours de notre
discipline.
B.b. Technique analytique
Ici nous allons analyser le rôle de Brics, examiner
comment les pays Brics interagissent avec les pays africains, analyser les
discours politiques pour comprendre les enjeux idéologiques et les
représentations.
21 GRAWITZ, M., op.cit., p.358
11
V. DELIMITATION DE SUJET
V.a. Délimitation dans le temps
Sur le plan chronologique, notre étude va
s'étendre de l'années 2000, l'année par laquelle la banque
d'investissement Goldman Sachs a introduit la Notion de « BRIC » pour
le développement économique jusqu' à nos jours
V.b. Délimitation dans l'espace
Vu que notre sujet est un sujet d'actualité qui se base
sur le plan international, nos recherches sont basées surtout sur les
pays Brics au niveau mondial
VI. DIVISION DU TRAVAIL
Pour mieux atteindre les objectifs poursuivis au cours de
notre étude, nous avons structuré ce travail en trois chapitres
outre l'introduction, et la conclusion et chaque chapitre comprend trois
sections aussi chaque session avec trois paragraphes. Le premier, de nature
théorique, porte sur le cadre théorique du concept. Le second est
réservé à l'impact économique des Brics sur les
pays africains, enfin, le troisième porte sur les brics, une
opportunité pour rejeter les ordres imposés par les
occidentaux.
12
CHAPITRE 1 : LE CADRE THEORIQUE HISTORIQUE
Les BRICS, jouent un rôle clé dans
l'économie mondiale depuis sa formation. Avec l'ajout récent de
cinq nouveaux pays, à savoir l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie,
l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis en 2024, le groupe a vu son
influence s'étendre encore plus largement. Cet article retrace
l'histoire des BRICS, depuis leur création jusqu'à leur
récente expansion, et examine leurs objectifs, défis,
réalisations et perspectives futures.
SECTION 1 : ORIGINE ET FORMATION DES BRICS Paragraphe 1.
Les origines des BRICS
L'acronyme est apparu pour la première fois en 2001
sous la plume de l'économiste britannique Jim O'Neill, dans un rapport
de la banque d'investissement Goldman Sachs intitulé Building Better
Global Economic BRIC (le "S" final étant celui du pluriel et ne
désignant pas l'Afrique du Sud). L'article établissait une
projection de croissance montrant que ces pays, déjà importants
dans l'économie mondiale en raison de leurs vastes marchés
intérieurs, étaient appelés à peser de plus en
plus, étant donné leur croissance économique annuelle
rapide. On peut y voir un exemple de performativité du discours, dans la
mesure où l'annonce, par une grande banque d'investissement, du fort
potentiel économique de ces pays, a pu encourager les investisseurs et
contribuer à leur croissance et à leur émergence
rapide.
L'acronyme inventé par un économiste est
finalement devenu une réalité économique et politique.
C'est surtout à partir de 2011, avec la tenue régulière de
sommets et l'entrée de l'Afrique du Sud, que les BRICS sont devenus un
groupe officiel. Sur le plan économique, ils se sont également
dotés en 2014 d'une banque de développement, la Nouvelle banque
de développement, basée à Shanghai. Parmi les
thèmes qui ont pu être au centre de leurs préoccupations,
on trouve la lutte contre le protectionnisme de certains de leurs partenaires
du G20 (G8 élargi) ou la réforme de la gouvernance du Fonds
monétaire international (FMI) et du Système monétaire
international. Ils ont pu également faire front commun contre certaines
contraintes environnementales internationales jugées pénalisantes
pour leurs économies. D'une manière générale, les
BRICS sont l'une des instances promouvant une reconnaissance de la
13
multipolarité des équilibres économiques
et politiques mondiaux, en rupture avec les organisations
héritées de l'après Seconde guerre
mondiale.22
À cette époque, les économies de ces pays
affichaient des taux de croissance élevés et présentaient
un potentiel significatif pour remodeler l'économie mondiale. Le terme
est né d'une analyse qui prévoyait que ces quatre nations
deviendraient des acteurs économiques majeurs dans les décennies
à venir. Cette prédiction s'est avérée correcte,
car ces pays ont vu leur influence croître de manière
exponentielle, les plaçant parmi les plus grandes économies du
monde.23
En effet, le contexte économique et géopolitique
du début des années 2000 était marqué par une
domination quasi-totale des États-Unis et de l'Europe occidentale sur
les institutions internationales telles que le Fonds monétaire
international (FMI) et la Banque mondiale. Les BRIC, en tant que puissances
émergentes, cherchaient à équilibrer cette domination en
proposant une alternative qui reflétait mieux la réalité
économique mondiale.
Paragraphe 2. Objectif des brics
Dès le début, les BRIC se sont fixé des
objectifs clairs : promouvoir la coopération économique entre les
grandes puissances émergentes et offrir une alternative au
système économique dominé par l'Occident. En se
réunissant, ces nations espéraient créer un contrepoids
capable de rééquilibrer l'influence économique mondiale et
de promouvoir une plus grande justice économique internationale.
Ce groupe, connu sous le nom de BRIC, aspire à jouer un
rôle déterminant dans le remodelage de l'ordre mondial en
promouvant des réformes dans les institutions internationales et en
renforçant la coopération économique et politique entre
ses membres. L'objectif est de créer un monde multipolaire, où
les économies émergentes ont une voix plus forte et plus
influente.24
22 Vincent CAPDEPUY, « La ligne Nord-Sud,
permanence d'un clivage ancien et durable », Géo confluences,
janvier 2024
23 Clara LOÏZZO, « Les BRICS passent de 5
à 10 membres et deviennent les BRICS+ », brève de Géo
confluences, novembre 2023. Mise à jour en avril 2025.
24 https://brics2023.gov.za/
25 Recueil des déclarations : Université
de Toronto (BRICS Information Centre) -
https://www.brics.utoronto.ca/.
14
? Réformer la gouvernance mondiale
L'un des objectifs fondamentaux des BRICS est de
réformer la gouvernance mondiale pour la rendre plus équitable et
représentative. Le groupe critique la structure actuelle des
institutions internationales telles que le Fonds monétaire international
(FMI) et la Banque mondiale, qui sont dominées par les pays occidentaux,
principalement les États-Unis et l'Union européenne. Les BRICS
plaident pour une redistribution des droits de vote et une réforme de la
gestion de ces institutions pour refléter le poids économique
croissant des économies émergentes.
Les BRICS demandent également une réforme du
Conseil de sécurité des Nations Unies pour inclure des membres
permanents issus des économies émergentes. Actuellement, seuls
cinq pays ont des sièges permanents au Conseil de sécurité
: les États-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume-Uni. Les
BRICS considèrent que cette configuration ne représente pas les
réalités économiques et politiques du XXIe siècle.
En augmentant le nombre de sièges permanents pour inclure des pays comme
l'Inde et le Brésil, le groupe espère donner plus de poids aux
économies émergentes dans la prise de décisions
internationales.
Pour soutenir leur demande, les BRICS ont proposé la
création d'une nouvelle architecture financière mondiale. Cette
initiative comprend la mise en place de mécanismes de financement
alternatifs, tels que la Nouvelle Banque de Développement (NDB),
créée en 2014, qui vise à financer des projets
d'infrastructure dans les pays en développement. Cette banque est
conçue pour offrir des financements à des conditions plus
flexibles que celles imposées par les institutions traditionnelles comme
le FMI et la Banque mondiale.
? Renforcer la coopération économique et
commerciale
La coopération économique est au coeur des
objectifs des BRICS. Le groupe cherche à accroître le commerce
intra-BRICS et à réduire sa dépendance vis-à-vis
des marchés occidentaux. En 2023, le commerce intra-BRICS
représentait environ 15 % du total des échanges commerciaux des
membres, mais le groupe vise à augmenter cette part pour stimuler la
croissance économique et créer des emplois25.
15
Pour renforcer la coopération économique, les
BRICS ont signé des accords bilatéraux et multilatéraux
visant à réduire les barrières commerciales et à
promouvoir les investissements directs étrangers. Ces accords facilitent
le commerce et l'investissement entre les membres, tout en offrant des
incitations fiscales et des protections juridiques aux investisseurs. Le
mécanisme de coopération des banques centrales des BRICS, qui
facilite les échanges de devises, est un autre exemple de ces efforts
pour renforcer l'intégration économique.
En plus de la réduction des barrières
commerciales, les BRICS investissent dans des secteurs stratégiques
à forte croissance, tels que la technologie, les services financiers,
l'énergie et l'agriculture. En diversifiant leurs économies, les
membres du groupe cherchent à réduire leur dépendance
vis-à-vis des matières premières et à se
positionner comme des leaders dans les industries de haute technologie. L'Inde,
par exemple, a émergé comme un centre technologique mondial,
tandis que la Chine investit massivement dans l'intelligence artificielle et
les technologies de l'information.
? Encourager le développement durable et la
coopération énergétique
Les BRICS sont engagés dans la promotion du
développement durable et de la coopération
énergétique. Ces objectifs sont alignés sur les Objectifs
de développement durable (ODD) des Nations Unies, que les BRICS
s'efforcent d'atteindre par des politiques nationales et des initiatives
conjointes. Les membres du groupe reconnaissent que le développement
durable est vital pour la croissance économique à long terme et
la stabilité sociale.
Pour atteindre cet objectif, les BRICS investissent dans des
technologies propres et des énergies renouvelables. La Chine, par
exemple, est le plus grand producteur mondial de panneaux solaires et investit
massivement dans l'énergie éolienne. L'Inde a lancé
l'Alliance solaire internationale pour promouvoir l'énergie solaire,
tandis que le Brésil est un leader mondial dans la production de
biocarburants. Ces initiatives montrent l'engagement des BRICS à
réduire les émissions de carbone et à promouvoir une
utilisation durable des ressources.
Les BRICS cherchent également à renforcer la
sécurité énergétique par le biais de la
coopération régionale. Les membres du groupe partagent des
technologies énergétiques avancées et investissent dans
des infrastructures pour le transport de l'énergie, telles que les
pipelines et les réseaux électriques transfrontaliers. Cette
coopération permet aux pays de
16
diversifier leurs sources d'approvisionnement
énergétique et de réduire leur dépendance
vis-à-vis des importations de combustibles fossiles, renforçant
ainsi leur résilience énergétique.
? Stimuler l'innovation technologique
L'innovation technologique est un autre objectif clé
des BRICS. Les membres du groupe reconnaissent que l'innovation est essentielle
pour stimuler la croissance économique et maintenir la
compétitivité mondiale. En conséquence, les BRICS ont mis
en place plusieurs initiatives pour promouvoir la recherche et le
développement (R&D) dans des domaines stratégiques tels que
l'intelligence artificielle, le block Chain, les biotechnologies et les
nanotechnologies.26
Le réseau de recherche et d'innovation des BRICS est un
exemple de ces efforts. Ce réseau vise à faciliter la
collaboration scientifique et technologique entre les institutions de recherche
des pays membres. Il soutient le développement de projets de recherche
conjoints, l'échange de chercheurs et le transfert de technologies,
permettant aux membres de bénéficier des innovations
technologiques les plus récentes. En outre, les BRICS cherchent à
harmoniser leurs politiques de propriété intellectuelle pour
encourager l'innovation et protéger les inventions.
Les BRICS investissent également dans le
développement d'infrastructures numériques pour soutenir
l'innovation technologique. Ces investissements incluent le déploiement
de réseaux 5G, la construction de centres de données et la
promotion de l'éducation numérique. En améliorant la
connectivité numérique entre les pays membres, les BRICS visent
à stimuler l'innovation et à soutenir la croissance des
industries numériques.
? Assurer la stabilité financière et
monétaire
Les BRICS cherchent à assurer la stabilité
financière et monétaire de leurs économies pour les
protéger contre les chocs externes. Les crises financières
passées ont montré la vulnérabilité des
économies émergentes aux turbulences financières
mondiales, soulignant la nécessité de mécanismes de
coopération financière.
26 Andrew F. Cooper, BRICS: A Very Short Introduction"
(2016)
17
Pour répondre à ce défi, les BRICS ont
créé le Fonds de réserve des BRICS en 2014, avec un
capital initial de 100 milliards de dollars. Ce fonds agit comme un filet de
sécurité financière pour les membres, fournissant une
assistance en cas de crise de liquidité ou de pression sur la balance
des paiements. Il renforce la résilience des économies des BRICS
en offrant une alternative aux mécanismes de financement d'urgence du
FMI.
Les BRICS plaident également pour une réforme du
système financier international pour le rendre plus équitable et
inclusif. Ils appellent à une meilleure régulation des flux de
capitaux et à une surveillance accrue des institutions
financières internationales pour éviter les crises
financières et promouvoir une croissance économique stable. En
diversifiant leurs réserves de change, les BRICS cherchent à
réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar
américain et à promouvoir l'utilisation de leurs monnaies
nationales dans les transactions internationales.
? Favoriser la coopération Sud-Sud et les
partenariats stratégiques
Les BRICS cherchent à favoriser la coopération
Sud-Sud et à renforcer leurs partenariats stratégiques pour
consolider leur position sur la scène internationale. Le groupe partage
une vision commune d'un ordre mondial multipolaire, où aucune puissance
unique ne domine les affaires mondiales. Cette vision est
reflétée dans leurs politiques et initiatives communes visant
à promouvoir une coopération étroite sur des questions
stratégiques.
Les BRICS organisent régulièrement des sommets
et des réunions diplomatiques pour discuter des questions
stratégiques et coordonner leurs positions sur les défis
mondiaux. Ces sommets offrent une plateforme pour renforcer les alliances,
échanger des idées et promouvoir la coopération sur des
questions de sécurité, de défense, et de
développement économique. Les BRICS utilisent ces rencontres pour
développer des partenariats avec d'autres groupes régionaux et
internationaux, étendant ainsi leur influence globale.
En outre, les BRICS cherchent à promouvoir une
diplomatie proactive en utilisant la coopération Sud-Sud comme un moyen
pour défendre les intérêts des pays en
développement. Ils soutiennent les efforts des pays en
développement pour surmonter les obstacles économiques et
politiques, et s'engagent à offrir une aide technique et
financière à ces pays par le biais de programmes de
coopération bilatéraux et multilatéraux. À
l'avenir, les BRICS pourraient jouer un rôle encore plus important dans
l'économie mondiale, en particulier si le groupe réussit à
élargir ses rangs et à inclure davantage de membres.
L'intégration de
18
nouvelles économies émergentes pourrait
renforcer la capacité des BRICS à peser sur les décisions
mondiales et à promouvoir un ordre international plus
équilibré et équitable27.
Les BRICS représentent aujourd'hui une force
incontournable dans le paysage géopolitique et économique
mondial. Leurs objectifs ambitieux de réforme de la gouvernance
mondiale, de promotion de la coopération économique, de soutien
au développement durable, de stimulation de l'innovation technologique,
et de renforcement de la coopération Sud-Sud témoignent de leur
désir de remodeler l'ordre mondial. Malgré les défis
internes et externes, le groupe reste déterminé à
poursuivre ses objectifs et à jouer un rôle de premier plan dans
la construction d'un monde multipolaire où les économies
émergentes ont une voix plus forte et plus influente. Leur succès
ou leur échec dans la réalisation de ces objectifs pourrait avoir
des implications profondes pour l'avenir de l'économie mondiale et des
relations internationales.
L'idée était de créer un espace de
dialogue et de collaboration où ces pays pourraient discuter de leurs
défis communs et explorer des solutions collectives. Les BRIC voulaient
également renforcer leur pouvoir de négociation dans les forums
internationaux, en plaidant pour une réforme des institutions
financières mondiales afin de mieux refléter l'importance
croissante des économies émergentes.28
Paragraphe 3. Perspectives d'avenir pour les BRICS
Les BRICS représentent un bloc de pays émergents
avec un potentiel significatif sur la scène mondiale. À l'avenir,
plusieurs perspectives peuvent être envisagées pour ce groupe,
expansion et inclusion de nouveaux membres. L'une des tendances notables est la
possibilité d'élargir le groupe pour inclure d'autres
économies émergentes. Des pays comme l'Argentine,
l'Indonésie ou le Mexique ont exprimé leur intérêt
à rejoindre les BRICS. Cette expansion pourrait renforcer le poids
économique et politique du groupe sur la scène internationale.
Les BRICS pourraient approfondir leur coopération économique en
développant des initiatives communes dans des domaines tels que le
commerce, les investissements et les infrastructures. Le développement
de la Nouvelle Banque de Développement (NDB) est un exemple de cette
volonté de créer des mécanismes financiers alternatifs
pour soutenir les projets d'infrastructure dans les pays membres. Avec la
montée des préoccupations concernant la gouvernance mondiale, les
BRICS pourraient jouer un rôle plus actif dans les discussions sur des
enjeux
27 CETRI, BRICS+ Une alternative pour le Sud global ?,
Collection Alternatives Sud, Syllepse, Paris, 2024.
28 O'NEILL JIM, op.cit., p.55
19
globaux tels que le changement climatique, la
sécurité alimentaire et la santé mondiale. Leur voix
collective pourrait influencer les décisions prises au sein des
organisations internationales. Malgré leur potentiel, les BRICS font
face à des défis internes liés à leurs divergences
économiques, politiques et culturelles. L'avenir du groupe
dépendra de sa capacité à maintenir une cohésion
malgré ces différences. La gestion des relations
bilatérales entre les membres sera cruciale pour éviter les
tensions.
Les BRICS devront naviguer dans un paysage géopolitique
en constante évolution, marqué par des rivalités entre
grandes puissances comme les États-Unis et la Chine. Leur
capacité à s'adapter à ces dynamiques et à trouver
un terrain d'entente sera déterminante pour leur influence future. Les
BRICS pourraient également promouvoir des modèles alternatifs de
développement qui s'opposent aux paradigmes dominants souvent
associés aux pays occidentaux. Cela inclut des approches axées
sur le développement durable et l'inclusion sociale, ce qui pourrait
attirer d'autres pays en quête de solutions innovantes.
L'intégration de technologies émergentes, telles
que l'intelligence artificielle et la blockchain, pourrait transformer la
coopération entre les BRICS. Ces technologies peuvent faciliter le
commerce, améliorer les systèmes financiers et renforcer les
capacités de gouvernance. Les perspectives d'avenir pour les BRICS sont
prometteuses, mais elles s'accompagnent de défis considérables.
La capacité du groupe à évoluer et à s'adapter aux
réalités changeantes du monde déterminera son rôle
futur en tant qu'acteur clé sur la scène internationale. Une
coopération renforcée, une gestion efficace des divergences
internes et une réponse proactive aux dynamiques mondiales seront
essentielles pour réaliser le potentiel des BRICS dans les années
à venir.29
SECTION 2. EVOLUTION HOSTORIQUE DES BRICS
Les BRICS, jouent un rôle clé dans
l'économie mondiale depuis sa formation. Avec l'ajout récent de
cinq nouveaux pays, à savoir l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie,
l'Arabie Saoudite et les Émirats Arabes Unis en 2024, le groupe a vu son
influence s'étendre encore plus largement. Cet article retrace
l'histoire des BRICS, depuis leur création jusqu'à leur
récente expansion, et examine leurs objectifs, défis,
réalisations et perspectives futures.
29 O'NEILL JIM, op.cit., p.56
20
Paragraphe 1. L'inclusion de l'Afrique du Sud : le
passage de BRIC à BRICS
La création et la formation des BRICS ont marqué
un tournant décisif dans l'histoire des relations internationales. En
2010, l'Afrique du Sud a été invitée à rejoindre le
groupe BRIC, transformant ainsi le groupe en BRICS. Cette décision a
été motivée par plusieurs facteurs, notamment la
volonté d'inclure une nation africaine dans le groupe pour renforcer sa
représentativité géographique et offrir une perspective
africaine dans les discussions économiques mondiales. L'Afrique du Sud,
en tant que plus grande économie du continent africain, apportait ainsi
une valeur ajoutée au groupe en termes de diversité
économique et culturelle. L'intégration de l'Afrique du Sud a non
seulement élargi la portée géographique du groupe, mais
elle a également renforcé sa légitimité en tant que
représentant des intérêts des pays en développement.
Cet élargissement a permis aux BRICS de mieux refléter les
dynamiques économiques mondiales et d'accroître leur influence sur
la scène internationale.30
Paragraphe 2. Les premiers sommets des BRICS
Le premier sommet des BRICS s'est tenu en 2009 à
Ekaterinbourg, en Russie. Ce sommet marquait une étape importante dans
l'institutionnalisation du groupe, a permis de consolider les liens entre les
membres et de définir une feuille de route pour la coopération
future. Les discussions ont porté sur des sujets cruciaux tels que :
l La réforme des institutions financières
internationales ;
l Le renforcement des échanges commerciaux entre les
membres ;
l La promotion d'une croissance économique soutenue et
inclusive.
Les résultats de ce premier sommet ont
été encourageants, avec des engagements clairs de la part des
membres pour intensifier leur coopération. Ce sommet a également
jeté les bases de la création de mécanismes
institutionnels tels que la Nouvelle Banque de Développement,
destinée à financer des projets d'infrastructure dans les pays
membres.
Paragraphe 3. Les autres sommets des BRICS
Le deuxième sommet des BRIC s'est tenu le 16 avril
2010 à Brasilia, au Brésil, marquant le début d'une
institutionnalisation de ces réunions qui ont contribué à
l'émergence
30 O'NEILL JIM, op.cit., p.58
21
d'une nouvelle réalité géopolitique. Le
14 avril 2011, lors du troisième sommet à Sanya, en Chine,
l'Afrique du Sud rejoint officiellement le groupe, transformant ainsi le BRIC
en BRICS et faisant disparaître de facto le « Triangle Brésil
- Inde - Afrique du Sud ».Le quatrième sommet des BRICS a eu lieu
le 29 mars 2012 à New Delhi, en Inde, suivi par le cinquième
sommet le 28 mars 2013 à Durban, en Afrique du Sud, période
durant laquelle la Chine a lancé l'initiative BRI (Belt and Road
Initiative) en septembre 2013, un ambitieux projet de Nouvelle route de la
soie. Le sixième sommet s'est tenu le 17 juillet 2014 à
Fortaleza, au Brésil, et en 2015, Oufa en Russie a accueilli le
septième sommet des BRICS. Cette même année a vu
l'inauguration officielle de la Nouvelle Banque de Développement (NBD),
conçue comme une alternative à la Banque mondiale, souvent
perçue comme dominée par les intérêts
occidentaux.
En 2016, les dirigeants des BRICS, incluant Michel Temer,
Vladimir Poutine, Narendra Modi, Xi Jinping et Jacob Zuma, se sont
retrouvés à Hangzhou, en Chine, où leur nouvelle banque de
développement avait désormais son siège à Shanghai.
Le 4 septembre 2017, le sommet annuel s'est tenu à Xiamen, en Chine,
avec la participation de pays observateurs comme la Thaïlande, le Mexique,
l'Égypte, la Guinée et le Tadjikistan, pour discuter d'un
éventuel élargissement du groupe à travers le plan «
BRICS Plus ».
Entre le 25 et le 27 juillet 2018, après le fiasco du
G7, les BRICS se sont réunis pour leur dixième sommet à
Johannesburg, en Afrique du Sud, afin de renforcer leur coopération
économique dans un environnement international en mutation. La Turquie,
en tant que présidente de l'Organisation de coopération
islamique, y était également invitée. Les dirigeants ont
réaffirmé leur engagement envers le multilatéralisme et la
coopération entre États souverains pour maintenir la paix et la
sécurité31. Le président brésilien Jair
Bolsonaro a souligné l'importance croissante de la Chine dans l'avenir
économique de son pays. Le 17 novembre 2020, le 12e sommet des BRICS
s'est tenu en visioconférence. Le 9 septembre 2021, le 13e sommet des
BRICS s'est également déroulé en visioconférence,
dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19. La «
Déclaration de New Delhi » publiée à l'issue du
sommet a exprimé les regrets du groupe face à
l'inégalité flagrante dans l'accès aux vaccins,
diagnostics et traitements, en particulier pour les populations les plus
pauvres et vulnérables.
Le 14e sommet s'est déroulé le 23 juin 2022,
suivi du 15e sommet, du 22 au 24 août 2023, à Johannesburg,
où les membres ont convenu d'une expansion du groupe avec
31 Lors du 11e sommet BRICS, le 14 novembre 2019
à Brasilia
32 O'Neill J., op.cit.
33 Ibidem
22
l'intégration de six nouveaux pays à partir du
1er janvier 2024 : l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, les
Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite et l'Argentine.32
Depuis 2024, le groupe élargi est souvent
désigné sous le nom de BRICS+, avec un sommet prévu en
octobre 2024 à Kazan, en Russie.
SECTION 3 EVOLUTION ECONOMIQUE DES RELATIONS ENTRE BRICS
ET LAFRIQUE
Les BRICS+ constituent une alternative salutaire à la
domination occidentale, en proposant de nouveaux partenariats plus
équitables, plus respectueux des souverainetés nationales et
davantage centrés sur les priorités de développement
national. Reste qu'entre l'Afrique et ce club hétérogène
de puissances émergentes, la relation demeure très
inégale, tendant même à reproduire l'ancienne dichotomie
Nord-Sud. L'essor de l'Afrique ne reposera pas sur les BRICS. Il
dépendra de sa capacité à s'engager dans un projet de
développement. Explication33.
Dans un contexte d'aggravation des tensions
géopolitiques, de recomposition des alliances internationales et de
croissante perte d'influence des pays occidentaux sur leurs traditionnelles
arrière-cours et plus généralement sur la marche du monde,
les BRICS+ rejoints, depuis le 1er janvier 2024, par l'Arabie saoudite, les
Émirats arabes unis, l'Iran, l'Égypte et
l'Éthiopie-exercent aujourd'hui un indéniable pouvoir
d'attraction sur les pays du Sud. Ces derniers sont de plus en plus nombreux
à vouloir intégrer ce club hétérogène de
puissances émergentes ou, à tout le moins, à s'en
rapprocher.
Les BRICS soulèvent aussi l'enthousiasme d'une bonne
partie du monde politique et de larges secteurs de la société
civile au Sud. En particulier en Afrique, où la montée en
puissance de cette coalition qui conteste l'hégémonie occidentale
et entend oeuvrer à la construction d'un monde multipolaire est
largement célébrée : pour beaucoup en effet, les BRICS
constituent une réelle opportunité pour le continent de se
débarrasser des vieux restes de dépendance néocoloniale,
empreinte de domination, d'assistanat et de paternalisme, de nouer
23
des rapports de coopération plus équitables et
d'amorcer un développement réellement souverain, plus en phase
avec les priorités du continent.34
Avant la montée en puissance de ces émergents,
le monde était extrêmement asymétrique. Les pays d'Europe
de l'Ouest, les États-Unis et le Japon, représentaient à
peine 20% de la population, mais contrôlaient les trois quarts de la
richesse du monde. Les BRICS sont venus relativiser cette
hégémonie en créant de nouveaux pôles qui assure[nt]
une représentation plus équilibrée de tous les segments de
l'humanité. [Leur] cosmopolitisme permet de sortir du monde unipolaire
dans lequel une seule civilisation imposait son refrain culturel et
idéologique sans la moindre possibilité de négocier ou de
choisir. Aujourd'hui les BRICS contestent précisément [cette]
hégémonie. Et peuvent proposer un contre-modèle aux
structures économiques et politiques libérales dominantes promues
par les puissances occidentales. Sur le plan économique, cette situation
autorise une diversification des partenariats et un élargissement des
marchés, etc. Mais sur le plan politique, les Africains peuvent se
saisir de cette opportunité pour rejeter, au moins en partie, les
diktats imposés par les Occidentaux.35
Il s'agit là d'un formidable atout pour tous ceux qui
recherchent les voies d'un véritable développement du continent
africain, abonde dans le même sens l'homme politique et diplomate
ivoirien, nous avons là des partenaires très importants
puisqu'ils rassemblent près de la moitié de la population
mondiale. Ils peuvent nous appuyer sur des projets de développement
alternatifs qui nous sortent de la soumission et des pillages orchestrés
sur le continent par le néocolonialisme et les multinationales
occidentales. L'ambition est de sortir des terribles rapports de
dépendance qui empêchent un développement souverain des
Africains »36
Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes
Ayant axé leur dernier sommet sur le renforcement de
leur coopération avec l'Afrique « dans le cadre d'un partenariat
[avec le continent] pour une croissance mutuellement
accélérée, un développement durable et un
multilatéralisme inclusif », les BRICS ne manquent en effet pas
d'arguments pour convaincre. Ils mettent à disposition de l'Afrique
d'énormes
34 :
https://www.cetri.be/BRICS-et-Afrique-nouveau
35 CETRI, « Les BRICS et l'Afrique : Une
opportunité pour rejeter les diktats imposés par les Occidentaux
», entretien avec Agnès Adélaïde Metougou, par Laurent
Delcourt, 6 juin 2024,
www.cetri.be.
36 « Portrait : Ahoua Don Mello, le visage de l'autre
Afrique », L'Humanité, 20 mars 2024.
37 « Côte d'Ivoire : Pour Ahoua Don Mello,
vice-président des BRICS : La Russie ne recherche ni les matières
premières de l'Afrique, ni à la dominer », Koaci, 21 mai
2024.
24
ressources, sous forme de prêts, d'investissements,
d'aides et d'offres de services. En outre, leur rhétorique, axée
sur le respect de la souveraineté des États, la
dénonciation des doubles standards et leur commune volonté de
mettre fin à l'hégémonie occidentale et à la
domination du dollar séduit, bien au-delà des cercles
gouvernementaux, des populations échaudées par des
décennies d'ingérence, d'ajustements économiques et
d'endettement aux conséquences sociales désastreuses.
Le discours séduit d'autant plus que les BRICS sont
immunisés contre le ressentiment qui alimente en Afrique le rejet des
anciennes métropoles. Les BRICS -c'est là un point essentiel- ne
trainent pas de lourd passé colonial. Anciennes colonies ou protectorats
eux-mêmes-du moins pour la plupart d'entre eux-, ils ont au contraire
largement soutenu (financièrement, militairement ou diplomatiquement)
les luttes africaines d'indépendance et contre l'apartheid, ce qui leur
confère un énorme capital symbolique de sympathie sur le
continent. En tant qu'ex-pays en développement, qui partagent donc avec
l'Afrique une histoire commune d'assujettissement (vis-à-vis des
anciennes métropoles, puis vis-à-vis des institutions
financières internationales), ou en tant qu'alliés historiques
(telle la Russie), leur trajectoire, leur réussite et leur modèle
inspirent autant qu'ils fascinent. Ils contribuent aussi à les «
dédouaner » de toute intention malsaine, ce qui fait notamment dire
à Ahoua Don Mello que la Russie « ne cherche ni les matières
premières de l'Afrique, ni à la dominer »37 .
Une relation inégale, reste que la densification des
relations observées ces dernières années entre les BRICS
et l'Afrique donne à voir une tout autre réalité. Si le
rapprochement entre les deux blocs contribue à réintégrer
le continent dans les circuits commerciaux internationaux, amplifie la marge de
manoeuvre des États africains et offre de nouvelles possibilités
de financements et d'investissements, force est également de constater
que ces relations s'inscrivent dans un rapport tout aussi inégal. En
témoigne la structure de leurs échanges, l'Afrique exportant
quasi exclusivement vers les BRICS des biens primaires, tandis qu'elle importe
de ces pays pour l'essentiel des produits transformés, et accuse par
ailleurs vis-à-vis d'eux un déficit commercial de plus en plus
grand. Ceci, sans parler des nouvelles dettes qu'elle contracte auprès
de ces puissances.
25
En dépit des bonnes dispositions apparentes des BRICS
à l'égard de l'Afrique, cette « coopération »
tend ainsi à reproduire la traditionnelle dichotomie Nord-Sud, entre
centres et périphéries. Cela risque à terme de consolider
la position subalterne du continent dans la division internationale du travail
et partant, d'interdire tout processus d'industrialisation autocentré ou
souverain que les Africaines appellent de leurs voeux.
Loin de l'image idéalisée qui en est
donnée, les BRICS+ sont des rouages essentiels d'un système qui a
marginalisé de nombreux pays pauvres, mais qui a aussi assuré -
et assure toujours - leur propre essor économique. Il ne faut pas s'y
tromper. Dans le contexte global d'accumulation capitaliste, ce qui motive la
présence des BRICS+ en Afrique et guide l'évolution de leurs
rapports avec le continent, c'est bien la conquête de nouveaux
marchés et, plus encore, l'accès aux matières
premières indispensables à leur propre développement.
Derrière leur rhétorique de solidarité Sud-Sud, leur modus
operandi n'est guère différent de celui des anciennes puissances
coloniales. Malgré leur sacro-saint principe du respect des
souverainetés nationales, leur présence en Afrique indique une
logique d'exploitation assez similaire. Alors qu'ils se présentent dans
les forums internationaux comme un bloc cohérent, en lutte contre un
Occident dominateur, chacun de leurs membres y déploie, en effet,
à son niveau, des stratégies visant à faire main basse sur
les ressources locales, à favoriser l'expansion de leurs géants
économiques nationaux, à s'assurer de nouveaux
débouchés pour leurs propres exportations, à doper leur
propre croissance ou enfin à gagner en influence
diplomatique38 .
Des logiques de domination et d'exploitation similaires sur
le terrain, les projets financés par les BRICS, dans les domaines de
l'agro-industrie, de l'industrie minière et énergétique ou
des infrastructures, ont des impacts tout aussi destructeurs sur le plan social
ou environnemental : accaparement des ressources, spoliation des
communautés locales, expansion et renforcement du modèle
extractiviste, courses au moins-disant social, destructions des milieux
naturels, multiplication des conflits socio-environnementaux, extraction de la
plus-value et même militarisation de régions entières,
à l'instar de la région frontalière entre le Soudan et la
République centrafricaine, sous la coupe des mercenaires du groupe
Wagner, rebaptisé récemment Africa Corps. Les actions qu'ils y
mènent pour le compte de la Russie ne sont pas spécialement
philanthropiques. Dans cette logique d'accumulation par dépossession,
les nouveaux membres des BRICS, depuis janvier 2024, ne sont pas en reste.
38 CETRI, BRICS, op.cit., p.30
26
Ainsi, entre 2012 et 2022, 2.596 tonnes d'or en provenance
des mines artisanales africaines ont été exportées
illégalement vers les Émirats arabes unis (soit près de
50% de tout l'or non déclaré produit en Afrique) pour y
être raffinées, ce qui correspond à un manque à
gagner de plusieurs milliards de dollars pour le continent. Très actif
dans le marché du carbone, la monarchie, via son entreprise Blue
Charbon, est également devenue l'un des principaux accapareurs de terres
forestières en Afrique. Au Libéria notamment, la
société a fait main basse sur près de 10% du territoire
national, privant nombre de communautés des ressources
nécessaires à leur survie, une forme de colonialisme vert
largement dénoncée par des activistes locaux.39
Rappelons en outre que s'ils prétendent
réformer l'architecture économique internationale, les BRICS+,
Chine et Brésil en tête, sont d'ardents défenseurs du
libre-échange et de la mondialisation face aux tentations
protectionnistes. Ils comptent aussi parmi les principaux utilisateurs des
paradis fiscaux, lesquels constituent l'un des instruments les plus efficaces
de captation de la richesse en provenance du Sud. Près de 7,8 trillions
de dollars, soit 8% de la richesse produite mondialement et 40% des profits des
multinationales sont aujourd'hui dissimulés dans ces banques
offshores.40
Un modèle économique «
néolibéral avec des caractéristiques du Sud » De
fait, loin de l'image idéalisée qui en est donnée, les
BRICS+ sont des rouages essentiels d'un système qui a marginalisé
de nombreux pays pauvres, mais qui a aussi assuré-et assure
toujours-leur propre essor économique. C'est ce qui explique que
même s'ils contestent bruyamment la hiérarchie de l'ordre
international, ils ne montrent pas d'empressement à le réformer
en profondeur dans le sens d'une meilleure répartition des richesses et
des bénéfices du développement au profit des pays les plus
pauvres, africains en particulier. Les BRICS+ ne voient, en
réalité, ces pays que comme de vastes réservoirs de
matières premières et de main-d'oeuvre bon marché ou comme
des marchés captifs pour l'écoulement de leur production
industrielle. Loin de remettre en cause les injustices structurelles
héritées de la colonisation puis de la mondialisation, le
modèle économique qu'ils promeuvent-qualifié notamment par
un économiste indien de « néolibéral avec des
caractéristiques du Sud »-, risque au contraire de les
amplifier41.
39 The Blood Gold Report, How the Kremlin is using
Wagner to launder billions in African gold, décembre 2023.
40 SwissAid , On the Trail of African Gold.
Quantifying Production and Trade to Combat Illicit Flows, mai 2024.
41 CETRI, BRICS+ Une alternative pour le Sud global
?,op.cit
27
Certes, certaines objecteront que les BRICS participent d'un
redéploiement économique de l'Afrique en investissant
prioritairement dans des projets d'infrastructure qui y font cruellement
défaut. Et que les financements non conditionnés accordés
par les BRICS+ aux gouvernements africains leur donnent davantage de latitude
dans le choix des projets à financer. Or, l'on constate que la
majorité des investissements réalisés par les BRICS, y
compris dans les infrastructures (routes, chemins de fer, terminaux portuaires,
etc.) sont étroitement connectés à leur entreprise
d'extraction des ressources. Quant à l'absence de
conditionnalités, que beaucoup voient comme un moyen d'échapper
aux diktats occidentaux, elle est à double tranchant42. Si
elle donne une marge de manoeuvre bien plus large aux gouvernements, elle
permet aussi à ces derniers de se soustraire à leur obligation en
matière de respect des droits humains, de protection de l'environnement
ou de transparence dans la gestion des fonds publics. De même qu'elle
permet aux investisseurs des BRICS+ de se soustraire de toute
responsabilité en la matière. Au fond, le « schéma
reste le même à peu de chose près, prévient
l'écrivain et sociologue sénégalais, Souleymane Gassama,
le continent [africain] continue d'être perçu comme une
opportunité, avec un mélange de prédation capitaliste
brutale associé à un soft power, où il s'agit pour les
nouveaux arrivants de jouer sur les affects et leur absence de passif colonial
»43
En tout état de cause, la prospérité de
l'Afrique ne dépendra pas des BRICS+. Elle dépendra de la
capacité de ses gouvernements à formuler un projet de
développement autonome et autocentré, répondant d'abord
aux priorités, aspirations et besoins de sa population. Et non pas aux
intérêts d'une petite élite. Et de son habilité
à tirer parti de partenariats multiples, sans se laisser enfermer dans
une logique « campiste », sous peine de voir les vieilles dominations
impérialistes remplacées par d'autres. Elle dépendra enfin
de la capacité des sociétés civiles africaines à se
mobiliser, à faire pression sur les autorités et à faire
entendre la voix des sans-voix.
42 Grand entretien avec El Hadj Souleymane Gassama
(Elgas), RIS -Revue internationale et stratégique, n° 130,
été 2023.
43 « The new scramble for Africa : how a UAE sheikh
quietly made carbon deals for forest bigger than UK », The Guardian, 30
novembre 2023.
28
Paragraphe 2. L'évolution des BRICS de 2010
à 2024
Au fil des années, les BRICS ont réalisé
des avancées significatives dans plusieurs domaines, notamment le
commerce, l'infrastructure et la coopération politique. Les
échanges commerciaux entre les membres ont connu une croissance
exponentielle, soutenue par des accords bilatéraux et
multilatéraux visant à faciliter le commerce et à
réduire les barrières douanières. De grands projets
d'infrastructure, tels que le corridor économique sino-pakistanais et
les investissements massifs de la Russie dans l'Arctique, ont été
financés et soutenus par la coopération entre les membres.
Cependant, ces réalisations n'ont pas
été sans défis. Les disparités économiques
entre les membres ont souvent créé des tensions, notamment en ce
qui concerne la répartition des investissements et la coordination des
politiques économiques. De plus, les tensions géopolitiques,
telles que les sanctions contre la Russie ou les différends commerciaux
entre la Chine et les États-Unis, ont parfois compliqué la
coopération au sein des BRICS44.
? La création de la nouvelle Banque de
Développement (NBD)
En 2014, les BRICS ont franchi une nouvelle étape en
lançant la Nouvelle Banque de Développement (NBD), une
institution financière conçue pour financer des projets
d'infrastructure et de développement durable dans les pays membres et
au-delà. La NBD représente une alternative aux institutions
financières traditionnelles telles que le FMI et la Banque mondiale et
offre des conditions de financement plus favorables aux pays en
développement.
La NBD a rapidement joué un rôle
déterminant dans le financement de projets d'infrastructure majeurs,
tels que des routes, des ponts, des barrages et des installations
énergétiques dans les pays BRICS. Elle a également soutenu
des initiatives visant à promouvoir la durabilité
environnementale, en finançant des projets d'énergie renouvelable
et de conservation des ressources naturelles.
Paragraphe 3. L'élargissement des BRICS en
2024
L'année 2024 a marqué un tournant pour les
BRICS avec l'élargissement du groupe à cinq nouveaux membres :
44 Vincent CAPDEPUY, op.cit.
29
l L'Iran ;
l L'Égypte ;
l L'Éthiopie ;
l L'Arabie Saoudite ;
l Les Émirats Arabes Unis.
Cet élargissement a considérablement
renforcé le poids géopolitique du groupe, qui représente
désormais une part encore plus importante de la population mondiale et
du PIB global. L'adhésion de ces nouveaux membres a également
apporté une nouvelle dynamique au sein des BRICS, avec des perspectives
différentes sur les questions économiques, politiques et
environnementales. Cet élargissement a permis au groupe de diversifier
ses priorités et d'étendre son influence dans des régions
clés comme le Moyen-Orient et l'Afrique, tout en renforçant sa
position de contre-pouvoir face aux États-Unis et à l'Union
européenne45.
1. Les BRICS et leur influence sur l'économie
mondiale
Depuis leur formation, les BRICS ont cherché à
redéfinir les règles de la gouvernance mondiale en plaidant pour
une plus grande inclusion des économies émergentes dans les
institutions internationales. Le groupe a exercé une pression constante
pour réformer des institutions comme l'ONU, le FMI et la Banque
mondiale, afin de mieux refléter l'évolution de l'économie
mondiale et de donner plus de voix aux pays en développement.
Les BRICS ont également travaillé à la
création de nouvelles institutions, telles que la Nouvelle Banque de
Développement, pour offrir des alternatives aux mécanismes de
financement dominés par l'Occident. Cette stratégie a permis aux
BRICS de renforcer leur influence dans la gouvernance mondiale et de promouvoir
un modèle de développement plus inclusif et
équitable46.
Les BRICS ont initié plusieurs projets ambitieux dans
les domaines de l'infrastructure, de l'énergie, et de la technologie. La
Chine, par exemple, a investi massivement dans des projets d'infrastructure
à travers l'initiative, qui vise à renforcer les connexions
commerciales entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique. De son côté,
l'Inde a lancé des initiatives
45 Clara LOÏZZO, op.cit
46 O'Neill JIM, op.cit.
30
technologiques majeures, telles que la promotion des
énergies renouvelables et le développement de la
connectivité numérique.
Cependant, la coordination des politiques entre les membres
reste un défi majeur. Les différences de priorités
nationales, les tensions géopolitiques, et les disparités
économiques compliquent souvent la coopération au sein des BRICS.
Malgré ces défis, le groupe continue de jouer un rôle
déterminant dans l'économie mondiale, en tant que moteur de
croissance et en tant que contrepoids à l'influence des puissances
occidentales.
47 CETRI, «Les BRICS et l'Afrique: Une
opportunité pour rejeter les diktats imposés par les
Occidentaux», entretien avec Agnès Adélaïde Metougou,
par Laurent Delcourt, 6 juin 2024,
www.cetri.be.
31
CHAPITRE 2 : IMPACT ECONOMIQUE DES BRICS SUR LES PAYS
AFRICAINS
SECTION 1. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE DE BRICS SUR LES PAYS AFRICAINS
Pour de larges segments du monde politique et de la
société civile en Afrique, les BRICS+ constituent une alternative
salutaire à la domination occidentale, en proposant de nouveaux
partenariats plus équitables, plus respectueux des souverainetés
nationales et davantage centrés sur les priorités de
développement national. Reste qu'entre l'Afrique et ce club
hétérogène de puissances émergentes, la relation
demeure très inégale, tendant même à reproduire
l'ancienne dichotomie Nord-Sud. L'essor de l'Afrique ne reposera pas sur les
BRICS. Il dépendra de sa capacité à s'engager dans un
projet de développement. Explication47.
Dans un contexte d'aggravation des tensions
géopolitiques, de recomposition des alliances internationales et de
croissante perte d'influence des pays occidentaux sur leurs traditionnelles
arrière-cours et plus généralement sur la marche du monde,
les BRICS+ - coalition formée par le Brésil, la Russie, l'Inde,
la Chine et l'Afrique du Sud, rejoints, depuis le 1er janvier 2024, par
l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l'Iran, l'Égypte et
l'Éthiopie- exercent aujourd'hui un indéniable pouvoir
d'attraction sur les pays du Sud. Ces derniers sont de plus en plus nombreux
à vouloir intégrer ce club hétérogène de
puissances émergentes ou, à tout le moins, à s'en
rapprocher. Les BRICS soulèvent aussi l'enthousiasme d'une bonne partie
du monde politique et de larges secteurs de la société civile au
Sud.
En particulier en Afrique, où la montée en
puissance de cette coalition qui conteste l'hégémonie occidentale
et entend oeuvrer à la construction d'un monde multipolaire est
largement célébrée : pour beaucoup en effet, les BRICS
constituent une réelle opportunité pour le continent de se
débarrasser des vieux restes de dépendance néocoloniale,
empreinte de domination, d'assistanat et de paternalisme, de nouer des rapports
de coopération plus équitables et d'amorcer un
développement réellement souverain, plus en phase avec les
priorités du continent.
Avant la montée en puissance de ces émergents,
le monde était extrêmement asymétrique. Les pays d'Europe
de l'Ouest, les États-Unis et le Japon, représentaient à
peine
32
20% de la population, mais contrôlaient les trois quarts
de la richesse du monde. Les BRICS sont venus relativiser cette
hégémonie en créant de nouveaux pôles qui assurent
une représentation plus équilibrée de tous les segments de
l'humanité. Leur cosmopolitisme permet de sortir du monde unipolaire
dans lequel une seule civilisation imposait son refrain culturel et
idéologique sans la moindre possibilité de négocier ou de
choisir. Aujourd'hui les BRICS contestent précisément [cette]
hégémonie. Et peuvent proposer un contre-modèle aux
structures économiques et politiques libérales dominantes promues
par les puissances occidentales. Sur le plan économique, cette situation
autorise une diversification des partenariats et un élargissement des
marchés, etc. Mais sur le plan politique, les Africains peuvent se
saisir de cette opportunité pour rejeter, au moins en partie, les
diktats imposés par les Occidentaux
« Il s'agit là d'un formidable atout pour tous
ceux qui recherchent les voies d'un véritable développement du
continent africain, abonde dans le même sens l'homme politique et
diplomate ivoirien, nous avons là des partenaires très importants
puisqu'ils rassemblent [...] près de la moitié de la population
mondiale. Ils peuvent nous appuyer sur des projets de développement
alternatifs qui nous sortent de la soumission et des pillages orchestrés
sur le continent par le néocolonialisme et les multinationales
occidentales [...]. L'ambition est de sortir des terribles rapports de
dépendance qui empêchent un développement souverain des
Africains ».48
Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes
Ayant axé leur dernier sommet sur le renforcement de
leur coopération avec l'Afrique «dans le cadre d'un partenariat
[avec le continent] pour une croissance mutuellement
accélérée, un développement durable et un
multilatéralisme inclusif», les BRICS ne manquent en effet pas
d'arguments pour convaincre. Ils mettent à disposition de l'Afrique
d'énormes ressources, sous forme de prêts, d'investissements,
d'aides et d'offres de services. En outre, leur rhétorique, axée
sur le respect de la souveraineté des États, la
dénonciation des doubles standards et leur commune volonté de
mettre fin à l'hégémonie occidentale et à la
domination du dollar séduit, bien au-delà des cercles
gouvernementaux, des populations échaudées par des
décennies d'ingérence, d'ajustements économiques et
d'endettement aux conséquences sociales désastreuses.
48Agnès ADÉLAÏDE METOUGOU, «Le
visage de l'autre Afrique», L'Humanité, 20 mars 2024.
49 «Côte d'Ivoire: Pour Ahoua Don Mello,
vice-président des BRICS: la Russie ne recherche ni les matières
premières de l'Afrique, ni à la dominer», Koaci, 21 mai
2024.
33
Le discours séduit d'autant plus que les BRICS sont
immunisés contre le ressentiment qui alimente en Afrique le rejet des
anciennes métropoles. Les BRICS -c'est là un point essentiel- ne
trainent pas de lourd passé colonial. Anciennes colonies ou protectorats
eux-mêmes-du moins pour la plupart d'entre eux-, ils ont au contraire
largement soutenu (financièrement, militairement ou diplomatiquement)
les luttes africaines d'indépendance et contre l'apartheid, ce qui leur
confère un énorme capital symbolique de sympathie sur le
continent. En tant qu'ex-pays en développement, qui partagent donc avec
l'Afrique une histoire commune d'assujettissement (vis-à-vis des
anciennes métropoles, puis vis-à-vis des institutions
financières internationales), ou en tant qu'alliés historiques
(telle la Russie), leur trajectoire, leur réussite et leur modèle
inspirent autant qu'ils fascinent. Ils contribuent aussi à les
«dédouaner» de toute intention malsaine, ce qui fait notamment
dire que la Russie «ne cherche ni les matières premières de
l'Afrique, ni à la dominer»49
Paragraphe 2. Une relation inégale entre les
brics et l'Afrique
Reste que la densification des relations observées ces
dernières années entre les BRICS et l'Afrique donne à voir
une tout autre réalité. Si le rapprochement entre les deux blocs
contribue à réintégrer le continent dans les circuits
commerciaux internationaux, amplifie la marge de manoeuvre des États
africains et offre de nouvelles possibilités de financements et
d'investissements, force est également de constater que ces relations
s'inscrivent dans un rapport tout aussi inégal. En témoigne la
structure de leurs échanges, l'Afrique exportant quasi exclusivement
vers les BRICS des biens primaires, tandis qu'elle importe de ces pays pour
l'essentiel des produits transformés, et accuse par ailleurs
vis-à-vis d'eux un déficit commercial de plus en plus grand.
Ceci, sans parler des nouvelles dettes qu'elle contracte auprès de ces
puissances.
En dépit des bonnes dispositions apparentes des BRICS
à l'égard de l'Afrique, cette «coopération» tend
ainsi à reproduire la traditionnelle dichotomie Nord-Sud, entre centres
et périphéries. Cela risque à terme de consolider la
position subalterne du continent dans la division internationale du travail et
partant, d'interdire tout processus d'industrialisation autocentré ou
souverain que les Africaines appellent de leurs voeux.
34
Il ne faut pas s'y tromper. Dans le contexte global
d'accumulation capitaliste, ce qui motive la présence des BRICS+ en
Afrique et guide l'évolution de leurs rapports avec le continent, c'est
bien la conquête de nouveaux marchés et, plus encore,
l'accès aux matières premières indispensables à
leur propre développement. Derrière leur rhétorique de
solidarité Sud-Sud, leur modus opérande n'est guère
différent de celui des anciennes puissances coloniales. Malgré
leur sacro-saint principe du respect des souverainetés nationales, leur
présence en Afrique indique une logique d'exploitation assez similaire.
Alors qu'ils se présentent dans les forums internationaux comme un bloc
cohérent, en lutte contre un Occident dominateur, chacun de leurs
membres y déploie, en effet, à son niveau, des stratégies
visant à faire main basse sur les ressources locales, à favoriser
l'expansion de leurs géants économiques nationaux, à
s'assurer de nouveaux débouchés pour leurs propres exportations,
à doper leur propre croissance ou enfin à gagner en influence
diplomatique.50
Des logiques de domination et d'exploitation similaires Sur le
terrain, les projets financés par les BRICS, dans les domaines de
l'agro-industrie, de l'industrie minière et énergétique ou
des infrastructures, ont des impacts tout aussi destructeurs sur le plan social
ou environnemental: accaparement des ressources, spoliation des
communautés locales, expansion et renforcement du modèle
extractiviste, courses au moins-disant social, destructions des milieux
naturels, multiplication des conflits socio-environnementaux, extraction de la
plus-value et même militarisation de régions entières, les
actions qu'ils y mènent pour le compte de la Russie ne sont pas
spécialement philanthropiques.51
Dans cette logique d'accumulation par dépossession, les
nouveaux membres des BRICS, depuis janvier 2024, ne sont pas en reste. Ainsi,
un révèle qu'entre 2012 et 2022, 2.596 tonnes d'or en provenance
des mines artisanales africaines ont été exportées
illégalement vers les Émirats arabes unis (soit près de
50% de tout l'or non déclaré produit en Afrique) pour y
être raffinées, ce qui correspond à un manque à
gagner de plusieurs milliards de dollars pour le continent. Très actif
dans le marché du carbone, la monarchie, via son entreprise Blue Carbon,
est également devenue l'un des principaux accapareurs de terres
forestières en Afrique52. Au Libéria notamment, la
société a fait main basse sur près de 10% du territoire
national, privant
50 CETRI, BRICS, op.cit.
51 Le groupe Wagner The Blood Gold Report, How the
Kremlin is using Wagner to launder billions in African gold, December 2023
52 Récent rapport de Suiss Aid 6
35
nombre de communautés des ressources nécessaires
à leur survie, une forme de colonialisme vert largement
dénoncée par des activistes locaux.53
Rappelons en outre que s'ils prétendent réformer
l'architecture économique internationale, les BRICS+, Chine et
Brésil en tête, sont d'ardents défenseurs du
libre-échange et de la mondialisation face aux tentations
protectionnistes. Ils comptent aussi parmi les principaux utilisateurs des
paradis fiscaux, lesquels constituent l'un des instruments les plus efficaces
de captation de la richesse en provenance du Sud. Près de 7,8 trillions
de dollars, soit 8% de la richesse produite mondialement et 40% des profits des
multinationales sont aujourd'hui dissimulés dans ces banques
offshores54.
Paragraphe 3. Un modèle économique «
néolibéral avec des caractéristiques du Sud
De fait, loin de l'image idéalisée qui en est
donnée, les BRICS+ sont des rouages essentiels d'un système qui a
marginalisé de nombreux pays pauvres, mais qui a aussi assuré- et
assure toujours-leur propre essor économique. C'est ce qui explique que
même s'ils contestent bruyamment la hiérarchie de l'ordre
international, ils ne montrent pas d'empressement à le réformer
en profondeur dans le sens d'une meilleure répartition des richesses et
des bénéfices du développement au profit des pays les plus
pauvres, africains en particulier. Les BRICS+ ne voient, en
réalité, ces pays que comme de vastes réservoirs de
matières premières et de main-d'oeuvre bon marché ou comme
des marchés captifs pour l'écoulement de leur production
industrielle. Loin de remettre en cause les injustices structurelles
héritées de la colonisation puis de la mondialisation, le
modèle économique qu'ils promeuvent-qualifié notamment par
un économiste indien de «néolibéral avec des
caractéristiques du Sud »-, risque au contraire de les
amplifier.
Certes, certaines objecteront que les BRICS participent d'un
redéploiement économique de l'Afrique en investissant
prioritairement dans des projets d'infrastructure qui y font cruellement
défaut. Et que les financements non conditionnés accordés
par les BRICS+ aux gouvernements africains leur donnent davantage de latitude
dans le choix des projets à financer. Or, l'on constate que la
majorité des investissements réalisés par les BRICS, y
compris
53 Swiss Aid, On the Trail of African Gold.
Quantifying Production and Trade to Combat Illicit Flows, mai 2024.
54 «The new scramble for Africa: how a UAE
sheikh quietly made carbon deals for forest bigger than UK », The
Guardian, 30 November 2023.
36
dans les infrastructures (routes, chemins de fer, terminaux
portuaires, etc.) sont étroitement connectés à leur
entreprise d'extraction des ressources.
Quant à l'absence de conditionnalités, que
beaucoup voient comme un moyen d'échapper aux diktats occidentaux, elle
est à double tranchant. Si elle donne une marge de manoeuvre bien plus
large aux gouvernements, elle permet aussi à ces derniers de se
soustraire à leur obligation en matière de respect des droits
humains, de protection de l'environnement ou de transparence dans la gestion
des fonds publics.
De même qu'elle permet aux investisseurs des BRICS+ de
se soustraire de toute responsabilité en la matière. Au fond, le
«schéma reste le même à peu de chose près,
prévient l'écrivain et sociologue sénégalais, le
continent [africain] continue d'être perçu comme une
opportunité, avec un mélange de prédation capitaliste
brutale associé à un soft power, où il s'agit pour les
nouveaux arrivants de jouer sur les affects et leur absence de passif
colonial»55.
En tout état de cause, la prospérité de
l'Afrique ne dépendra pas des BRICS+. Elle dépendra de la
capacité de ses gouvernements à formuler un projet de
développement autonome et autocentré, répondant d'abord
aux priorités, aspirations et besoins de sa population. Et non pas aux
intérêts d'une petite élite. Et de son habilité
à tirer parti de partenariats multiples, sans se laisser enfermer dans
une logique « cambiste », sous peine de voir les vieilles dominations
impérialistes remplacées par d'autres. Elle dépendra enfin
de la capacité des sociétés civiles africaines à se
mobiliser, à faire pression sur les autorités et à faire
entendre la voix des sans-voix.56
SECTION 2. EFFET SUR LE COMMERCE ET LES
ÉCHANGES BILATÉRAUX DE BRICS EN AFRIQUE
Paragraphe 1. Les échanges commerciaux entre les
Brics et l'Afrique
En analysant les effets des échanges commerciaux avec
les BRICS sur la croissance économique des pays de l'Afrique
Sub-saharienne. Pour y parvenir, nous utilisons un modèle estimé
en données de panel par les méthodes de moments
généralisés en système sur
55 CETRI, BRICS+ Une alternative pour le Sud global?,
op.cit.
56 «Il est essentiel de
désaliéner l'Afrique d'elle-même et de ce qu'elle est
censée être, mais plus encore l'Occident de lui-même»,
grand entretien avec El Hadj
37
la période 1995 à 2017. Les résultats
montrent que le commerce avec le groupe BRICS contribue positivement mais pas
de manière substantielle sur la croissance économique en Afrique
Sub-saharienne.
La forte demande des ressources naturelles par les BRICS
favorise cette croissance surtout dans les pays fortement dotés en ces
ressources. Mais la forte demande des produits manufacturés par les pays
africains inhibe considérablement le niveau de production locale. Nous
suggérons aux dirigeants africains d'oeuvrer pour une transformation
plus ou moins poussée de ces ressources naturelles avant leurs
exportations car cette transformation entraine plus de valeur ajoutée et
par la même occasion limite les importations des produits
manufacturés. De même, la limitation des importations des produits
finis au profit des produits intermédiaires et machines boosterait
davantage la production domestique.57
Dans le contexte des pays africains, les circuits informels
jouent un rôle essentiel tant dans la mobilisation de l'épargne
que dans le financement des activités de la base en milieu urbain et
rural. Les atouts majeurs sur lesquels reposent ces divers modes de financement
informel sont notamment: la solidarité du groupe, l'entraide et
l'accès facile à des ressources financières dans le cas
d'urgence ou de nécessité. Ces atouts qui sont absents de la
logique de fonctionnement des structures formelles de financement contribuent
à leur succès dans un environnement caractérisé
pour l'essentiel par des petites activités informelles à cycles
de renouvellement court.58
Paragraphe 2. Augmentation des Échanges
Commerciaux Intra-BRICS
L'augmentation des échanges commerciaux intra-BRICS
représente une dynamique significative dans le paysage économique
mondial. Depuis la création du groupe en 2009, les pays membres -
Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud - ont connu une
intensification de leurs relations commerciales. Plusieurs facteurs contribuent
à cette tendance.59
57 Souleymane GASSAMA (Elgas), RIS -Revue
internationale et stratégique, n°130, été 2023.
58 BENDIABDELLAH ABDESSLAM , « Revue
d'économie et de management », Volume 1, Numéro 1, le
0103-2002, p81
59 OMRANE MUSTAPHA, La combinaison des
méthodes quantitative et qualitative ; un exemple d'une analyse en
Afrique subsaharienne , Volume 32, Numéro 116, p.31
2016-09-15
38
Tout d'abord, les efforts concertés pour réduire
les barrières commerciales ont favorisé une fluidité
accrue des échanges. Des accords bilatéraux et
multilatéraux ont été mis en place pour faciliter le
commerce, réduire les droits de douane et simplifier les
procédures douanières. Par exemple, la mise en oeuvre d'accords
de libre-échange entre certains membres a permis d'augmenter le volume
des échanges dans divers secteurs, allant des produits agricoles aux
technologies avancées. La complémentarité
économique entre les membres joue un rôle crucial. Chaque pays
apporte des ressources et des produits spécifiques qui répondent
aux besoins des autres. Par exemple, la Chine est un important fournisseur de
biens manufacturés, tandis que le Brésil exporte des produits
agricoles. Cette complémentarité stimule non seulement le
commerce, mais renforce également les chaînes d'approvisionnement
régionales. De plus, l'essor des investissements directs
étrangers (IDE) au sein du bloc BRICS a également
contribué à l'augmentation des échanges. Les entreprises
des pays membres investissent dans des projets d'infrastructure et de
production dans d'autres pays BRICS, ce qui crée des synergies et
favorise le commerce bilatéral. 60
Les initiatives visant à promouvoir le commerce
numérique et l'e-commerce entre les pays BRICS ont ouvert de nouvelles
avenues pour les échanges. La digitalisation permet aux entreprises de
toutes tailles d'accéder à de nouveaux marchés et
d'élargir leur portée au-delà des frontières
nationales. L'augmentation des échanges commerciaux intra-BRICS est le
résultat d'une combinaison de politiques favorables, de
complémentarités économiques et d'initiatives innovantes.
Ce phénomène non seulement renforce les liens économiques
entre les membres, mais contribue également à l'émergence
d'un bloc économique plus influent sur la scène
mondiale.61
Paragraphe 3. Stratégies pour la
réduction des barrières
Pour réduire efficacement ces barrières, plusieurs
stratégies peuvent être mises
en oeuvre :
? Coopération régionale : les pays peuvent
travailler ensemble au sein de blocs régionaux pour harmoniser leurs
réglementations et réduire les obstacles au commerce.
60 Fewzi BORSALI Culture Du Dialogue: Algérie
-afrique Sub-saharienne 1962-1988 Pages 226
61 Abid KAMEL, « Revue d'économie et de
statistique appliquée », volume 13, Numéro 1, Pages 4-25
2016-1231
39
? Dialogue sectoriel : encourager le dialogue entre les
secteurs publics et privés pour identifier et résoudre les
problèmes liés aux barrières non tarifaires. Renforcement
des Capacités : Aider les pays en développement à
renforcer leurs capacités institutionnelles afin qu'ils puissent mieux
gérer leurs réglementations commerciales. Utilisation de
Technologies : L'adoption de technologies numériques peut simplifier les
procédures douanières et améliorer l'efficacité du
commerce.
La réduction des barrières tarifaires et non
tarifaires est essentielle pour favoriser un environnement commercial propice
à la croissance économique. Une approche intégrée
qui combine accords commerciaux, harmonisation des normes et simplification des
procédures peut contribuer à améliorer les échanges
internationaux et à renforcer les relations économiques entre les
pays.
SECTION 3. ANALYSE SUR LA RETOMBÉE
ÉCONOMIQUE POUR LES PAYS HÔTE
Paragraphe 1. BRICS+ : une montée en puissance
sur la scène mondiale
Aujourd'hui, les BRICS+ dépassent le G7 en termes de
PIB global et regroupent près de la moitié de la population
mondiale. Avec un accès aux ressources naturelles inégalé,
ils détiennent la majorité des réserves mondiales de
matières premières. Toutefois, leur influence économique
contraste avec leurs capacités financières : bien que les BRICS
aient créé la New Development Bank (NDB), ses moyens restent
limités. Ce club se réunit principalement lors d'une
conférence annuelle, la dernière ayant eu lieu en octobre
à Kazan, Russie62.
Paragraphe 2. Une expansion continue malgré
l'hétérogénéité
L'extension des BRICS se poursuit, avec quatre nouveaux
membres en 2024 : l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les
Émirats arabes unis. Cette ouverture illustre l'intérêt
grandissant pour ce groupe, comme en témoigne la présence d'une
trentaine de pays invités à la dernière conférence.
Cependant, cet élargissement risque d'augmenter encore
l'hétérogénéité des BRICS+, ce qui pourrait
compliquer la prise de décisions et limiter les ambitions du groupe
à moyen terme.
62 BRICS+ : ambitions mondiales et défis de
gouvernance par Redaction Green Finance -8 novembre 2024
40
? Une volonté d'indépendance
financière, mais un défi de taille
Le groupe BRICS+ partage une ambition commune : réduire
la dépendance au dollar américain, notamment via le
développement d'un système de paiement indépendant de
SWIFT. Le projet de BRICS PAY vise à contourner les sanctions
internationales pesant sur certains membres, dont la Russie et l'Iran.
Toutefois, cette transition vers une alternative au dollar se heurte à
des obstacles majeurs. Christine Lagarde, présidente de la Banque
Centrale Européenne, a exprimé son scepticisme, estimant que le
dollar conservera sa prédominance mondiale encore longtemps.
Paragraphe 3. Croissance économique et
performances boursières : un contraste marqué
Les BRICS+ ont indéniablement contribué à
la croissance mondiale de ces 25 dernières années. Cependant, la
performance de leurs marchés financiers reste modeste en comparaison des
économies du G7. Depuis 2009, l'indice MSCI des BRICS n'a
enregistré qu'une performance de 3,6 % en moyenne annuelle, loin
derrière les 12,4 % de l'indice G7. La capitalisation boursière
des BRICS ne représente aujourd'hui que 5 % de la capitalisation
mondiale, tandis que les pays du G7 en couvrent 81 %.
? Gouvernance, innovation et stabilité : des
facteurs clés manquants
Le développement économique ne se traduit pas
toujours par un succès boursier, et les BRICS+ en sont un exemple. Une
bonne gouvernance, la présence de contre-pouvoirs, la stabilité
législative et une capacité d'innovation forte sont des atouts
essentiels pour des performances durables sur les marchés financiers.
Sur ces aspects, les BRICS+ montrent des faiblesses, illustrant les
défis auxquels ce groupe doit faire face pour s'imposer en tant
qu'alternative solide aux modèles occidentaux.
Alors que les BRICS+ continuent de s'étendre et de
renforcer leur présence sur la scène mondiale, des défis
internes persistent, notamment en matière de gouvernance et
d'unité stratégique. La dynamique actuelle montre une
volonté de réformer l'ordre mondial, mais les enjeux de
diversité et de gouvernance resteront des défis de taille pour
assurer leur influence durable.
41
CHAPITRE 3 : OPPORTUNITES ET DEFIS POUR L'AFRIQUE DANS
SES RELATIONS ECONOMIQUES AVEC LES PAYS BRICS
Section 1. Relations publiques avec les brics
Les relations économiques établies avec les pays
BRICS offrent de nouvelles perspectives de développement pour 1'Afrique,
mais elles entraînent aussi de nombreux risques. L'Afrique
bénéficie désormais d'importants investissements dans les
industries d'extraction, les infrastructures et d'autres secteurs critiques de
l'économie africaine. Parmi les risques, on peut s'inquiéter de
la nature des échanges qui renforce la dépendance des pays
africains et crée une situation de rente des matières
premières qui pourrait avoir un impact négatif sur leur
croissance à long terme. Les défis majeurs pour l'Afrique dans
cette perspective sont l'accélération du processus de
diversification des économies et de leur transformation structurelle
afin de rompre leur dépendance envers les produits de rente, et le
renforcement de l'intégration économique régionale qui
offre des perspectives de croissance importantes et entraîne une
diversification accrue des partenariats économiques et de
développement pour les pays de la région.
Paragraphe 1. Brics, une opportunité pour
l'Afrique
Avec le vigoureux renouveau de la coopération Sud-Sud
sur la scène internationale, après sa mise en veilleuse par
l'ajustement structurel pendant les années 1980, et la montée en
puissance des BRICS, des possibilités évidentes semblent se
dégager pour les pays africains. La forte croissance des BRICS a
dopé les recettes d'exportation de ces derniers en procurant de
nouvelles possibilités de transformation structurelle et de
diversification économique. L'intensification des échanges avec
ces nouveaux partenaires a contribué non seulement à l'expansion
commerciale des pays africains, mais aussi à la diversification
géographique de leurs flux commerciaux. De plus, les pays BRICS
fournissent souvent des alternatives attrayantes aux donateurs traditionnels.
Les apports publics des BRICS se distinguent, dans l'ensemble, par le fait
qu'ils sont étroitement liés à des activités de
commerce et d'investissement, aux partenaires traditionnels qui acheminent
leurs capitaux par l'intermédiaire d'organismes de développement
et qui séparent l'investissement de l'aide publique (en
général non liée à des contrats avec les pays
donneurs) et du développement des capacités institutionnelles.
L'absence de conditionnalités en matière de politique
économique
42
associée aux déboursements d'aide qui
caractérise leur partenariat permet d'assouplir les contraintes
financières qui limitent la marge d'action des pays
africains63.
Les BRICS ont déclenché une révolution
silencieuse qui offre peu à peu des alternatives aux pays
bénéficiaires et qui introduit ainsi des pressions
concurrentielles dans le système en place. Ce défi survient
à une période où le système établi de
coopération pour le développement international connaît une
crise de légitimité. De sources de financement pour le
développement et de modalités pour la coopération pour le
développement n'a servi uniquement qu'à intensifier cette crise
de légitimité64. Les pays africains ont
désormais la possibilité d'évaluer la forme et le fond de
leur engagement tant avec les partenaires traditionnels qu'avec les partenaires
émergents, d'identifier les bonnes pratiques de chacun d'entre eux et de
chercher à optimiser celles-ci dans le cadre de nouvelles relations. En
outre, un choix élargi de partenaires, au-delà des partenaires
traditionnels, permet de tirer parti simultanément de différents
modèles de développement et de bénéficier des
avantages comparatifs présentés par chaque
partenaire.65
Paragraphe 2. La diversification des ressources pour le
développement
Au cours de la décennie écoulée, la
participation croissante des BRICS dans les pays africains a favorisé la
diversification des ressources pour le développement. L'apport des
donateurs traditionnels aux besoins de financement de l'Afrique a
été complété par une augmentation des
échanges, de l'aide et des investissements des BRICS66. Du
fait que ces derniers sont fortement intéressés par les
ressources naturelles et capables d'accorder des financements à des
conditions de faveur, comme les crédits à 1'exportation ou les
lignes de crédit garanties par les ressources naturelles, les ressources
disponibles pour le développement s'en trouvent accrues, et les choix de
financement qui s'offrent aux pays africains sont diversifiés.
63 Alden, CHRIS, China in A/rica, Partner,
Competitor or Hegemon? Londres/New York: Zed Books, 2007, p. 154
64 ZIMMERMANN et SMITH, L'émergence de
modèles alternatifs de développement, 2011, p. 733
65 Amin, SAMIR. 1970. L'accumulation à
l'échelle mondiale - Critique de la théorie du
sous-développement. Paris: éditions Atropos, p. 592
66 Amin, SAMIR., L'impérialisme et le
développement inégal, éditions de Minuit, Paris,
p.193
43
Étant donné la conjoncture, la volonté
manifeste et la capa cité croissantes des BRICS à apporter des
ressources financières peuvent aider les pays africains à amortir
la baisse éventuelle de l'aide reçue des donateurs traditionnels,
en proie actuellement à une reprise fragile et à des
problèmes d'endettement dont nombre d'entre eux ont du mal à
résoudre. Les relations BRICS-Afrique s'inscrivent dans le
phénomène plus large de la coopération économique
Sud-Sud. La coopération Sud-Sud (CSS) a acquis en quelques années
une importance considérable.
A ce titre, elle est de plus en plus considérée
comme un des tenants de la coopération internationale .au
développement. La CSS est fondée sur les principes
d'égalité, de solidarité, d'intérêt mutuel et
de non-ingérence dans les affaires internes. Outre qu'elle peut
être mise en place plus rapidement que la classique coopération
pour le développement Nord-Sud, la CSS est plus réceptive aux
priorités du pays bénéficiaire et est pratiquement
dénuée de toute conditionnalité politique.67
Une autre caractéristique de La critique principale et récurrente
à l'encontre de l'aide des partenaires traditionnels concerne
l'utilisation de conditionnalités politiques.
L'utilisation persistante de conditionnalités
politiques dans l'aide au développement constitue une violation du droit
souverain des peuples à décider de leurs priorités
nationales et de leurs stratégies de développement. Les
prêts et les dons alloués au titre de l' AP D par les Institutions
financières internationales, essentiellement la Banque mondiale et le
FMI, et par les bailleurs de fonds traditionnels sont utilisés pour
rémunérer les biens et services liés à
l'exécution de projets et de programmes qui répondent davantage
aux impératifs d'exportation des pays développés qu'aux
besoins réels des pays emprunteurs. Les sommes accordées peuvent
aussi servir à rembourser des arriérés de paiement. L'ADP
sert également à financer des opérations humanitaires, des
projets d'assistance technique et des annulations de dettes publiques. Les
budgets de l'APD incluent aussi une enveloppe sécurité qui sert
à financer des achats d'armes et des opérations militaires.
Les prêts de 1'APD sont également assujettis aux
conditions du consensus de Washington : libéralisation du commerce,
dérégulation des circuits financiers, privatisation des actifs
publics et austérité budgétaire.68 CSS qui la
distingue de l'aide traditionnelle est qu'elle
67 Briiutigam, DEBORAH., The Dragon 's Gift:
the Real Story of China in Africa. Oxford: Oxford University Press, 2009,
p. 300
68 Broadman, HARRY, Africa's Silk Road: China
and India's New Economie Frontier. Washington, D.C.: Banque mondiale,
2007, p.391
69 Carmody, PADRAIG, The New Scramblefor
A/rica. Malden, MA and Cambridge : Polity Press, 2011, p.240
44
se concentre fortement sur les infrastructures. Cela ne
signifie pas que les partenaires traditionnels ou les organismes
multilatéraux comme la Banque mondiale ne soutiennent pas les
infrastructures - ils le font -; mais l'importance de cette dimension est
frappante dans la coopération Sud-Sud, et c'est notamment ce qui la rend
attirante pour beaucoup de pays africains.
Cependant, la CSS souffre d'un manque de ressources et elle ne
représente qu'une part mineure de l'assistance au développement.
Bien qu'elle paraisse être fréquente, croissante et toujours plus
diversifiée, la CSS se heurte à un certain nombre de limitations
et les données sont ici rarement disponibles. Les projets tendent
à être de petite taille et il n'existe aucun mécanisme pour
faire correspondre la demande en coopération sud-sud avec l'offre dont
elle est l'objet. De plus, la CSS est rarement évaluée
au-delà de la vérification du respect des délais et de
l'achèvement des projets. Bien que ceci puisse limiter le nombre de
missions et d'études et réduire les coûts
opérationnels pour les gouvernements des pays qui gèrent les
programmes, il pourrait limiter les horizons à long terme en ce qui
concerne la durabilité et l'impact des projets sur le
développement.
L'importance pour les pays BRICS de la coopération
Sud-Sud est illustrée par le fait qu'ils ont presque tous
créé des instances ayant vocation à renforcer cette
coopération, que ce soit entre eux ou avec les pays africains. C'est les
cas, par exemple, du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC)
créé en 2000, du Forum Inde-Afrique (2008), ou encore du Forum de
dialogue Inde-Brésil-Afrique du Sud (IBSA).
Ce dernier a été institué en 2003 afin
d'améliorer les capacités de négociation de ses membres
dans les instances internationales et de développer leur
coopération, en particulier dans les domaines de l'agriculture, du
commerce, de la culture et de la défense. La coopération entre
les trois États passe par des échanges trilatéraux et
l'appui de projets Sud-Sud viables dans les pays en développement via le
fonds IBAS pour la lutte contre la faim et la pauvreté. Le Forum sur la
coopération sino-africaine et le Forum Inde-Afrique sont ceux qui
acheminent beaucoup d'aide sud-sud au développement. Ils contribuent au
développement économique par des prêts concessionnels et
des dons, 1'appui à 1'infrastructure, 1'allégement de la dette,
l'accès69
45
Aux marchés, 1'appui au développement des
ressources humaines et 1'assistance technique. À cet égard, la
China Exim Bank, l'Exim Bank of India et la Banque nationale brésilienne
de développement économique et social (BNDES) constituent le
relais principal du financement vers l'Afrique70. Ces
dernières offrent des prêts concessionnels pour différents
projets d'infrastructure et de construction, et le financement du crédit
et des projets à des compagnies nationales qui investissent dans les
pays africains. L'augmentation des échanges avec les pays BRICS
a permis à l'Afrique de diversifier la géographie de ses
marchés et de ses sources de financement du développement.
Elle a permis aussi aux pays africains de tirer avantage des
importations d'intrants et de biens de consommation bien moins chers par
rapport à ceux en provenance des partenaires traditionnels. Les biens
d'équipement peu onéreux et appropriés dopent la
productivité des producteurs de la région, tandis que les
importations manufacturières à bas prix profitent aux
consommateurs et aux producteurs et contribuent ainsi à réduire
la pauvreté. L'infrastructure et l'agriculture sont deux domaines
prioritaires des BRICS, ce qui rend leur aide idéalement
complémentaire de l'aide des donateurs traditionnels qui
privilégient les secteurs sociaux.
En étoffant leur financement destiné aux
secteurs de l'infrastructure et de la production, les pays BRICS comblent un
déficit financier dans des secteurs prioritaires qui ont des
conséquences sérieuses pour la croissance et la lutte contre la
pauvreté71. La Chine, par exemple, est devenue l'une des
principales sources de financement des projets d'infrastructures en Afrique. Un
tel montant fait de la Chine le premier partenaire bilatéral pour le
financement des infrastructures sur le continent. Compte tenu des besoins,
évalués à hauteur de 93 milliards de dollars EU par an
pour combler le retard du continent en matière d'infrastructure, les
apports chinois dans ce domaine ne peuvent qu'améliorer les perspectives
de développement des pays africains.
De plus, par la création de plusieurs zones
économiques spéciales (ZES) en Afrique dans le cadre du FOCAC en
2006, la Chine apporte son soutien à l'industrialisation et à la
diversification économique de nombreux pays africains. La
diversification des exportations
70 Dijk, MEINE PIETER VAN, "The New Presence of
China in A/rica. Oxford: Fahamu Books et Pambazuka Press, 2009, p.222
71 Dembélé, MOUSSA, Samir Amin :
intellectuel organique au service de 1'émancipation du Sud. Dakar :
CODESRlA, 2011, p.216
46
et l'augmentation de l'intensité technologique des
exportations africaines attendues de ces ZES pourraient aider les pays
africains à instaurer des pôles économiques au sein de leur
économie et, ainsi, à ne plus se contenter de l'extraction de
ressources. Il est tout aussi possible d'espérer une création
d'emplois locaux dans les pays d'accueil africains grâce à
l'implantation de petites unités de production opérant dans ces
ZES. Pour le secteur industriel africain, ces zones représentent une
opportunité considérable d'accéder à des capitaux
et à des services d'infrastructure, de bénéficier de
transferts de compétences et de technologies.
Paragraphe 3. L'accès aux technologies moins
coûteuses et adaptées
L'intensification des relations de commerce et
d'investissement avec les pays BRICS s'accompagne de transfert de technologies
et de renforcement des compétences. En raison de la faible
différence de niveau technologique entre les pays africains et certains
pays BRICS par rapport aux partenaires traditionnels, les pays africains
pourraient tirer de grands bénéfices de l'importation des
technologies en provenance des BRICS. Ceci pourrait s'avérer rentable
sur de multiples plans parce que ces technologies pourraient être
relativement moins coûteuses, moins sophistiquées et plus
adaptées aux besoins et aux exigences des pays africains.
En outre, les compétences humaines nécessaires
à l'utilisation et à l'adoption des nouvelles technologies qui
proviennent de la Chine, de 1'Inde, du Brésil et de 1'Afrique du Sud
sont, semble-t-il, plus facilement assimilables. D'après l'OCDE, les
partenariats «entre des entreprises chinoises et africaines peuvent
faciliter le transfert de technologie, conférer une valeur
ajoutée aux exportations africaines et aider les entreprises africaines
à se positionner avantageusement sur les marchés mondiaux. »
.
La Chine soutient également la recherche et
l'innovation en Afrique en construisant des centres technologiques et en
envoyant sur le continent des scientifiques qui procèdent à des
transferts de technologies comme l'a mis en évidence le FOCAC de 2009.
L'Inde, aussi, procède à des transferts de technologies à
travers les projets portant sur le Pan-African E Network entre les
universités et les centres de santé indiens et africains. Le
Brésil, à travers sa coopération technique, contribue au
progrès social et économique des partenaires africains en
partageant ses enseignements, ses connaissances provenant d'expériences
réussies et ses bonnes pratiques. L'agriculture tropicale est un domaine
majeur de la coopération brésilienne avec des partenaires
africains.
47
Par l'intermédiaire de sa société de
recherche en agronomie (Embrapa) et dans le but de renforcer la
productivité et la production de coton des pays
bénéficiaires par le transfert de technologies
brésiliennes, il a fourni de l'assistance technique aux pays du groupe
Coton-4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad). Le Brésil a aussi
rendu son savoir-faire accessible à plusieurs autres pays africains
désireux de développer leur secteur agro
énergétique.72 De même, la Chine a signé
en décembre 2011, un accord avec ces quatre pays producteurs africains
de coton, pour renforcer la coopération en matière de production
cotonnière. Cette coopération comprendra des transferts de
technologies, une assistance technique dans la recherche, l'approvisionnement
en semences, machines agricoles, engrais et pesticides et le financement de
projet de formation, ainsi que des échanges d'expériences, dans
le but d'améliorer la connaissance des entrepreneurs chinois du textile
à l'égard de l'Afrique, et pour encourager le secteur textile
chinois à investir des capitaux en Afrique. Les investissements des pays
BRICS en Afrique ont des effets globalement positifs et seront essentiels pour
répondre aux besoins croissants de cette région et pour y
promouvoir le développement économique.
SECTION 2. RISQUES A TERME POUR L'AFRIQUE
Le choix élargi de partenaires, au-delà des
partenaires traditionnels, permet de tirer parti simultanément de
différents modèles de développement et de
bénéficier des avantages comparatifs présentés par
chaque partenaire.
Cependant, des craintes liées à cette
multiplicité de partenaires demeurent. Dans le contexte actuel
caractérisé par la nouvelle « ruée vers l'Afrique
», nombre de décideurs politiques craignent que la présence
des BRICS en Afrique ne perpétue la spécialisation de cette
dernière dans la fourniture de matières premières dans
l'économie mondiale ou ne replonge les pays africains emprunteurs dans
la spirale du surendettement. Un autre aspect discutable parfois avancé
est que les lents et inégaux progrès dans la gouvernance des pays
africains ne soient retardés par les pratiques de ces nouveaux
partenaires.73
À cet égard, la Chine est demeurée la
principale cible des accusations, notamment de la part des bailleurs de fonds
traditionnels. En effet, deux aspects alimentent les
72 Emmanuel, ARGHIRI, L'échange
inégal, -Essai sur les antagonismes dans les rapports économiques
internationaux, Maspéro, Paris, 1972, p422
73 Frank, ANDRÉ-GUNDER, Le
développement du sous-développement : L 'Amérique latine.
Paris : Maspéro, 1972, p.399
48
inquiétudes. Premièrement, le financement
chinois risque d'alimenter la corruption directement via le transfert massif de
fonds vers des régimes mal gérés (malédiction des
ressources), et, deuxièmement, il risque d'apporter une aide
financière à des régimes répressifs et autoritaires
qu'il aurait sinon été possible de contraindre par des sanctions
ou des exigences en matière de gouvernance. De plus, fidèle
à sa politique de non-ingérence qui s'oppose aux choix des
puissances occidentales, la Chine n'impose pas de conditions en termes de
gouvernance ou de droits de l'homme au financement de projets à
l'étranger, car elle considère que ce serait de
l'ingérence dans les affaires internes d'autrui.
La Chine considère également que les politiques
destinées à encourager le développement à long
terme sont de la responsabilité du pays destinataire de l'aide.
Précisons que l'approche chinoise de l'aide au développement
diffère de celle des autres donateurs, car son unique objectif est de
contribuer au développement social et économique des pays
récipiendaires, sans conditionnalités. La Chine considère
que l'aide étrangère est une interaction « gagnant-gagnant
» entre pays en développement. Cette mentalité «
gagnant-gagnant » explique le fait qu'une grande partie de l'aide
étrangère est liée à la promotion d'exportations et
d'investissements entre la Chine et les pays destinataires.
Pour saisir le cadre fondamental régissant l'aide
financière et technique de la Chine aux pays africains, il est important
de faire référence aux « huit principes »68 en
matière d'aides de la Chine à l'étranger qui ont
été formalisés pour la première fois par le premier
ministre Zhou Enlai pendant sa visite au Ghana en janvier 1964. Ces principes
d'autodisciplines - au lieu d'imposer des conditions aux pays
bénéficiaires, Les huit principes de l'aide chinoise sont :
« 1°) Le gouvernement chinois se fonde toujours sur
le principe de l'égalité et de l'avantage mutuel lorsqu'il
accorde de l'aide à des pays étrangers. Il ne considère
jamais l'aide comme une offrande unilatérale, mais comme quelque chose
de mutuel ;
2°) Lorsqu' il accorde de l'aide à des pays
étrangers, le gouvernement chinois respecte strictement la
souveraineté des pays bénéficiaires. Il ne l'assortit
jamais de conditions et ne demande aucun privilège;
3°) Le gouvernement chinois accorde des aides
financières sous la forme de prêts sans intérêt ou
à intérêt faible, et prolonge si nécessaire les
délais de remboursement afin d'alléger autant que possible la
charge des pays bénéficiaires.
74 Discours du Premier ministre chinois Zhou Enlai,
Accra, Ghana, 15 janvier 1964, cité par Brautigam, 20Il, p. 129.
49
4°) Lorsqu'il accorde de l'aide à des pays
étrangers, le gouvernement chinois ne cherche pas à rendre ces
pays tributaires la Chine, mais, au contraire, à les engager petit
à petit sur la voie de l'autonomie et du développement
économique;
5°) Le gouvernement chinois s'efforce d'aider les pays
bénéficiaires à bâtir des projets qui
nécessitent moins d'investissements et qui apportent des
résultats plus rapidement, de manière à ce que les
pouvoirs publics des pays bénéficiaires puissent engranger
davantage de recettes et accumuler des capitaux ;
6°) Le gouvernement chinois apporte des
équipements et des matériaux de la meilleure qualité aux
prix du marché international. Si ces équipements et
matériaux ne correspondent pas aux spécifications et à la
qualité requises, le gouvernement chinois se charge de les remplacer;
7°) Lorsqu' il apporte de l'assistance technique, le gouvernement chinois
veille à ce que la main-d'oeuvre du pays bénéficiaire
maîtrise complètement ces techniques ;
8°) Les experts envoyés par la Chine pour
participer à des travaux de construction dans les pays
bénéficiaires auront le même niveau de vie que les experts
du pays bénéficiaire. Les experts chinois ne sont pas
autorisés à faire des demandes particulières ou à
bénéficier de traitements de faveur.74
Principes en question visent la Chine elle-même -
constituent depuis les pierres angulaires du système des valeurs
orientant l'aide chinoise à l'Afrique. Ces principes font donc
contrepoids à ces accusations. Il en est de même pour les
indicateurs de la gouvernance. Selon 1'Indice Ibrahim (2012), qui mesure la
fourniture de biens et de services publics, 1'Angola et la République
démocratique du Congo, par exemple, font partie des sept pays africains
dont le score s'est le plus amélioré dans les années
2000.69
Or, ces deux pays ont conclu avec la Chine des accords«
ressources contre infrastructures» de premier plan, comme nous l'avons
déjà mentionné. En outre, contrairement aux idées
reçues, rien ne prouve que la corruption en Afrique se soit
aggravée sous l'effet des partenariats émergents.
50
Paragraphe 1. La dépendance accrue à
l'égard des matières premières
Si les pays BRICS ont permis à l'Afrique de diversifier
la géographie de ses marchés, ils ne lui ont pas permis de
diversifier la structure de ses exportations ; les matières
premières, particulièrement le pétrole et les minerais,
continuent à dominer. La concentration des échanges avec ces
nouveaux partenaires semble toujours s'inscrire - comme avec les partenaires
traditionnels - dans le cadre d'un schéma «
centre-périphérie ». Comme nous l'avons souligné
précédemment, les activités des BRICS se portent en
priorité sur les pays africains richement dotés en ressources.
Leurs prêts consentis à des conditions de faveur
financent souvent des investissements dans le secteur des ressources
naturelles, ce qui renforce la spécialisation dans les matières
premières et nuit à la diversification des exportations. De
nombreux pays pauvres d'Afrique ont vu leur dépendance à
l'égard des matières premières s'accroître ces
dernières années avec la demande accrue des BRICS, en particulier
de la Chine et de l'Inde. Une tendance inquiétante puisqu'elle risque de
provoquer une sorte de « maladie hollandaise » qui bloquerait ainsi
la spécialisation des pays du continent. La dotation en ressources
naturelles peut ainsi devenir une « malédiction » en
favorisant le risque de spécialisation.
L'Afrique par les pays BRICS est bien plus qu'une simple
ruée vers les ressources naturelles. Ces nouveaux partenaires commencent
à diversifier leurs investissements et s'intéressent
désormais à toute une gamme de secteurs. La Chine, en
particulier, a tendance à financer un développement des
infrastructures qui contribue à réduire les coûts de
transaction et qui se répercute sur l'aptitude de la région
à diversifier son économie dans le sens de la production et de
l'exportation d'articles manufacturés.
Paragraphe 2. Le risque de nouvelle accumulation de
dette
Les stratégies de prêts des BRICS font l'objet de
récurrentes critiques dans la mesure où leurs pratiques de
financement s'écartent des règles consensuelles appliquées
par les bailleurs de fonds traditionnels. Ces pays offrent des financements
pour des montants élevés et sans conditionnalités, parfois
largement supérieurs à ceux susceptibles d'être
mobilisés par les institutions internationales. Mais ces financements
sont souvent proposés, comme nous l'avons déjà
noté, sous une forme peu ou non concessionnelle et peuvent être
gagés sur des ressources naturelles ou assortis d'engagements de la part
des pays récipiendaires. Ainsi, la croissance du financement de
1'Afrique par ces pays a fait craindre un ré-endettement pouvant aboutir
à une
51
situation de surendettement identique à celle
prévalant avant la mise en oeuvre des initiatives d'annulation de
dettes. Parmi le groupe BRICS, la Chine est le pays qui suscite le plus
d'inquiétudes.
La Chine a été accusée par les
partenaires traditionnels de jouer le rôle de passager clandestin («
Free rider»), car tout laisse penser qu'elle profite de la reconstitution
de la capacité d'emprunt des pays ayant bénéficié
de l'Initiative PPTE améliorée et de celle d'allègement de
la dette multilatérale. Un comportement qui semble avoir pour effet de
réduire l'efficacité de l'aide et de remettre en cause la
viabilité future de la dette des pays bénéficiaires. De
plus, 1'aide apportée par la Chine à 1'Afrique qui revêt
désormais la forme de prêts commerciaux à des taux
compétitifs, pourrait saper les efforts visant à restaurer la
solvabilité des pays pauvres très
endettés.75
Cependant, ces inquiétudes n'apparaissent pas
pleinement justifiées à la lumière des données
disponibles. Ainsi, des données révèlent que, grâce
à l'intensification de ses liens commerciaux avec la Chine, 1'Afrique a
connu une hausse de ses taux de croissance, une amélioration des termes
de ses échanges et une augmentation de son volume d'exportations et de
ses recettes publiques. Aucune donnée claire ne permet d'affirmer que la
Chine réendette les PPTE. Reisen et Ndoye en 2008 ont montré que
les accusations faites à la Chine de se comporter en passager clandestin
sont déplacées, et ce pour la simple raison que la
majorité des projets d'infrastructure en Afrique financés par les
Chinois sont entrepris dans des pays riches en ressources qui ne font pas
partie du club des pays pauvres très endettés. Ils soutiennent
que la Chine avait peu prêté aux pays IPPTE et que ses
financements, y compris ses prêts, n'ont pas produit d'effet
délétère sur la réduction du surendettement
africain. Selon les mêmes auteurs, les investissements chinois et la
hausse des cours causée par la demande chinoise de matières
premières semblent avoir contribué à 1'amélioration
non négligeable des indicateurs de surendettement de 1'Angola et du
Soudan. En Angola, la dette totale est passée de 100 % du PIE en 2000
à 30 % en 2006. Au Soudan, elle est passée de 162 à 75 %,
malgré l'augmentation de la dette réelle.76
Il importe de noter que même si les prêts
accordés par la Chine ne nuisent pas à la viabilité de la
dette dans les pays pauvres d'Afrique, ils risquent de devenir
problématiques à
75 Schiere et RUGAMBA, op.cit., 2011, p. 107
76 Ibidem, p. 38
52
mesure que la Chine s'impliquera davantage sur le continent.
Ses opérations « ressources contre infrastructures »
apparaissent de plus en plus problématiques. Récemment, un
certain nombre de ces accords ont rencontré des obstacles. On citera
à titre d'exemple le prêt de 9 milliards de dollars de la China
Exim Bank à la République démocratique du Congo (RDC) en
2008, pour des infrastructures, adossés au cuivre et au
cobalt.77
Après négociation, les conditions initiales de
ce prêt ont été restructurées en août 2009 et
ramené à 6 milliards de dollars EU, à la demande du FMI
qui a tenté de bloquer cet investissement, faisant valoir que la RDC ne
pouvait pas conclure de nouvel arrangement avec un créancier
préférentiel privilégié alors qu'elle doit encore
à d'autres créanciers tout en affirmant qu'il risque d'alourdir
la dette déjà intolérable du pays (Marysse et Geenen, 2009
; Brautigam, 20lla).70 Ainsi, la RDC pour pouvoir bénéficier d'un
allègement de sa dette au titre de l'Initiative PPTE, elle a dû
revoir les modalités de l'accord de financement qu'elle a passé
avec la Chine. La RDC n'est pas un cas unique. Il y a le Ghana, l'un des pays
d'Afrique les plus endettés, où le Parlement a ratifié, en
août 2011 , un emprunt de 3 milliards de dollars EU..
Auprès de la China Développement Bank. Cette
ligne de crédit, la plus élevée jamais garantie par
l'État ghanéen et dont le remboursement se fera en
pétrole, servira à financer le développement des
infrastructures. La Chine considère ces arrangements comme faisant
partie de son aide au développement, car ils visent à promouvoir
et à stimuler le développement économique.
Cependant, même si ces arrangements se démarquent
par leur montant exceptionnel, ils sont particuliers à bien d'autres
égards. L'aide, le commerce et les investissements sont si
étroitement liés qu'on ne peut dire quelles composantes de
l'interaction chinoise avec la RDC ou le Ghana peuvent être
classées comme de l'aide et lesquelles peuvent être
considérées comme de l'IDE.
77 Corkin (20 Il a) note que «The World Bank
has locked homs with China Exim Bank arguing that giventhe Exim Bank
requirement for a guaranteed revenue stream, the loan should be commercial, and
thus not require a sovereign guarantee. Such matters came to a head during the
negotiations over a proposed $9 billion resourcesfor-infrastructure deal by a
consortium ofChinese companies led by China Exim Bank in the DRC. The IMF and
World Bank managed to persuade Exim Bank to drop the requ irement of a
sovereign guarantee (Reuters 2009).» (Corkin, 20 Il a, p. 173).
53
Toutefois, en raison de leur caractère commercial, il
ne s'agit ni de subventions, ni d'aide. Il y a de fait très peu de
différences entre les lignes de crédit chinoises en Afrique et
celles des partenaires traditionnels. Autant dire que la
générosité des montants annoncés ne doit pas non
plus dissimuler le fait que l'aide chinoise demeure bilatérale et
fortement liée71 - une aide est dite « liée » lorsque
le pays bénéficiaire est obligé d'avoir recours aux biens
ou services des entreprises du pays donateur pour mettre en oeuvre les projets
financés. La Chine se montre très exigeante lors de la mise en
place des lignes de crédit. Selon les critères de l'Exim Bank72,
un prêt préférentiel ne peut être accordé que
si des entreprises chinoises sont chargées des opérations
financées par le prêt. En outre au moins 50% des fournitures pour
l'exécution du contrat (équipements, machines, technologies et
services) doivent provenir de la Chine.78 Ce type de contrat doit
nécessairement financer des projets industriels, la construction
d'infrastructures ou encore des projets sociaux, ces derniers ayant
été largement ignorés par les partenaires traditionnels
malgré des besoins pressants des pays africains dans ces
domaines.79
En revanche, et contrairement à ce qu'exigent les
institutions de Bretton Woods et les donateurs occidentaux, l'aide de la Chine
n'impose pas de conditions pouvant affecter la politique économique
nationale des pays récipiendaires. En fait, elle repose
généralement sur les demandes des destinataires et s'aligne sur
leurs besoins urgents en matière d'infrastructures publiques et
d'investissements. Le discours véhiculé par la Chine est celui de
la non-ingérence. Par exemple, la Chine ne remettra jamais en cause la
nature du régime politique du pays avec lequel des relations de
coopération sont nouées. Seule lui importe la stabilité
politique du pays, profitable aux échanges économiques.
Ces pratiques de la Chine dans sa politique de
coopération ont fait l'objet de nombreuses critiques : il lui a
été souvent reproché de lier son aide. En fait, l'aide
chinoise est doublement liée. D'une part, les projets financés
par la Chine font essentiellement appel à des entreprises et à
des mains-d'oeuvre chinoises, au détriment de la main-d'oeuvre locale ;
et d'autre part, les financements de projets d'infrastructure sont
systématiquement. « Liés » à l'octroi de
concessions pétrolières ou minières (exemples
récents de la RDC et du Ghana). Cependant, la liaison de l'aide n'est
pas une spécialité chinoise ni non plus une pratique nouvelle.
Bien que les
78 L'accord global de prêt signé entre
la China Developmemt Bank et l' État ghanéen, stipule qu ' un
minimum de 60 % du travail contractuel, et peut-être davantage reviendra
aux entreprises chinoises (Odoi-Larbi. 20Il).
79
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
_ l .html> (consulté le 19 juillet 2012).
54
donateurs occidentaux se soient donnés pour objectif de
rompre cette liaison, une bonne partie de leur aide demeure
liée.80
L'aide liée n'est pas toujours la forme la plus
efficace d'aide publique au développement. Cependant, cette
problématique n'a que peu d' impact sur les règles de
transparence dans l'attribution des marchés publics, les entreprises
chinoises, brésiliennes, indiennes et sud-africaines étant
régulièrement les moins chères. De plus, soulignons-le
fait qu'existe une proximité plus grande entre les manières de
faire des BRJCS et d'Afrique. Les .opérateurs chinois,
brésiliens, indiens et sud-africains, en particulier, évoluent
avec davantage d'aisance dans les environnements les plus difficiles où
prédominent les arrangements informels en termes de procédures,
de normes,
etc. et là où les partenaires
traditionnels sont généralement absents. L'ADP et les autres flux
publics qui émanent des BRJCS sont bien plus efficaces, pragmatiques et
impliquent des transferts de technologies et de compétences
SECTION 3. LES BRICS, DEFIS POUR L'AFRIQUE
Un plus grand choix de partenaires présente de grandes
opportunités pour les pays africains (dont l'accès à des
ressources rarement disponibles) de poursuivre leurs priorités de
développement national, présence, mais la présence de ces
différents acteurs pose aussi des défis importants pour des
trajectoires de croissance et de développement viables pour le
continent. Parmi lesquels, figurent en bonne place l'accélération
du processus de diversification des économies africaines et le
renforcement de la coopération régionale.
Paragraphe 1. La diversification des économies
africaines
L'Afrique est devenue l'une des régions les plus
dynamiques au monde. Elle a enregistré des taux de croissance
appréciables au cours de la décennie écoulée, mais
ce sont essentiellement la production et les exportations du secteur primaire
qui sont restées les moteurs de cette croissance. En dépit de ces
progrès, la diversification économique semble s'enclencher
difficilement dans la région. La plupart des pays africains n'ont
guère diversifié leurs exportations, et un grand nombre d'entre
eux restent encore tributaires des exportations de produits primaires.
80used to buy goods and services from US finns and
NGOs. Sorne 90 percent of Italy's aid benefits Italian companies and experts;
60- 65 per cent of Canada's aid and much of that of Germany, lapan and France
is tied to purchases from those states. » (Sautman et Hairong, 2008, p.
104).
55
Cette dépendance excessive vis-à-vis de quelques
matières premières démontre la nécessité
d'une plus grande diversification des économies du continent. Il importe
de développer les capacités productives pour assurer la
croissance économique et réduire la pauvreté. Les liens de
coopération entre l'Afrique et les pays BRICS pourraient être
renforcés grâce à une diversification des économies
africaines dans des secteurs comme l'agriculture, les services et l'industrie
manufacturière, ce qui permettrait d'élargir la base
d'exportation très limitée du continent. La Chine en particulier
pourrait aider certains pays africains à diversifier leur
économie à l'avenir par ses apports dans la création de
zones économiques spéciales (ZES) ainsi que par ses
préférences tarifaires.
De nombreux projets de ZES lancés ces dernières
années dans différents pays d'Afrique, s'ils réussissent,
pourraient contribuer au développement industriel d'un continent ayant
un fort besoin d'industrialisation, et dans lequel de précédentes
tentatives de création de zones franches d'exportations ont
déjà échoué, souvent avec des conséquences
dramatiques. L'Afrique doit donc mettre en oeuvre une stratégie
intégrée de diversification à long terme avec le soutien
des BRICS et de la communauté internationale sous forme
d'activités de renforcement des capacités commerciales qui
devront être bien ciblées et bénéficier de
financements à long terme. Ceci est d'autant plus important qu'au niveau
de leur structure, les relations économiques BRICS-Afrique s'apparentent
au commerce Nord-Sud, comme le Nord, la plupart des pays BRICS entendent
sécuriser leur accès aux matières premières du
continent, et par conséquent constitue aussi un lourd
handicap.81
Concrètement, 1'Afrique reste cantonnée presque
exclusivement dans un rôle de fournisseur de matières
premières, ce qui a pour effet de renforcer sa place défavorable
dans la division internationale du travail. Pensons notamment aux
investissements de certains pays BRICS dans l'agriculture, en particulier dans
la production d'agro carburants, qui ont tendance à favoriser le
développement des monocultures d'exportation.
Il est à noter aussi que l'importation massive de
produits de certains des BRICS, la Chine notamment, provoque le déclin
du secteur industriel local, notamment textile, dans les rares pays où
il a pu se développer. Enfin, si les recettes publiques des pays
africains peuvent se trouver augmentées grâce aux exportations
vers les pays BRICS, se pose la question de la
81
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
56
répartition de ces recettes et de la durée,
c'est-à-dire combien de temps cela va durer étant donné
que les ressources exportées ne sont pas inépuisables ou pas
renouvelables.
Paragraphe 2. Le renforcement de l'intégration
économique régionale
Les partenariats conclus par l'Afrique s'élargissant
rapidement, une intégration régionale plus poussée
à travers le continent devient primordiale pour une croissance
accélérée et continue, et pour pouvoir réaliser les
économies d'échelle. Étant donnés la
diversité des pays africains et l'énorme déficit
d'infrastructure, l'intégration des marchés morcelés du
continent permettrait d'intégrer ses économies et étoffer
sensiblement son commerce intérieur.
Elle permettrait également au continent d'obtenir un
avantage stratégique de l'entrée de nouvelles économies
sur la scène africaine et d'assurer sa compétitivité dans
l'économie mondiale. À cet égard, les initiatives
engagées dans le cadre de l'Union africaine, dont le Mécanisme
africain d'évaluation par les pairs qui représente un dispositif
sophistiqué pour identifier et analyser les succès et les
échecs de développement et le NEPAD (initialement partenariat
avec le Nord), doivent être remodelées et renforcées, car
elles pourront fournir un cadre de référence et de mise en oeuvre
d'un partenariat entre l'Afrique et ces nouveaux partenaires.82
C'est dans ce contexte que la question des infrastructures
revêt une importance stratégique. Le degré de
développement des infrastructures joue un rôle important au niveau
des échanges commerciaux, des coûts et de la
compétitivité. L'insuffisance et la médiocrité de
l'infrastructure en Afrique restent un obstacle majeur à sa croissance
et son développement. Soulignent qu'en raison du déficit
d'infrastructure de l'Afrique, le taux de croissance économique par
habitant diminue de 2 points de pourcentage chaque année. Le
phénomène est évident dans des domaines comme
l'énergie, l'approvisionnement en eau, les transports et communications,
qui sont déterminants pour la réussite des entreprises
manufacturières. Celui-ci limite les échanges, l'accès aux
marchés et aux services de base, et la compétitivité.
Dans chacun de ces domaines, l'intégration
régionale peut contribuer beaucoup à lever ces obstacles.
L'amélioration des infrastructures pourrait avoir des retombées
considérables. Par exemple, la coopération régionale pour
le développement de 1'infrastructure abaisserait le coût des
transactions, stimulerait les marchés régionaux et rendrait la
production
82
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
57
et les exportations d'articles manufacturés plus
compétitives. Il faut donc un accroissement des investissements dans les
infrastructures matérielles et immatérielles nécessaires
à l'extension des marchés régionaux. Les avantages
comparatifs que détiennent les pays BRICS, en particulier la Chine et
l'Inde, dans le domaine du développement des infrastructures aideraient
sans doute l'Afrique à se doter d'un marché régional, en
mettant en place des infrastructures régionales telles que les routes,
les chemins de fer, les aéroports et les réseaux de
télécommunication. La montée en puissance des BRICS en
Afrique a ouvert des possibilités nouvelles, aussi des risques et des
défis. Si la coopération avec les pays BRICS
bénéficie à 1'Afrique par lac diversification des sources
de financement, de transferts de technologies adaptées et des
expériences de développement supplémentaires, elle fait
craindre sa spécialisation excessive en matières premières
non transformées et le poids de sa dette. Une diversification des
économies africaines ainsi qu'une coopération régionale
plus poussée demeurent d'importants défis à relever.
L'Afrique doit progresser davantage en matière de coopération
régionale et de développement de ses marchés afin de
stimuler la croissance économique et de bénéficier d'une
intégration plus avantageuse dans l'économie
mondiale.83
Paragraphe 3. Perspectives d'avenir : vers une
intégration stratégique
L'intégration stratégique entre les BRICS et
l'Afrique représente une opportunité unique pour les pays
africains de renforcer leur position sur la scène mondiale. Alors que
les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) cherchent
à diversifier leurs partenariats économiques et politiques,
l'Afrique peut tirer parti de cette dynamique pour promouvoir son
développement durable et sa croissance économique. Les pays
africains peuvent bénéficier de l'augmentation des
échanges commerciaux avec les membres des BRICS. En développant
des accords de libre-échange et en facilitant l'accès aux
marchés, l'Afrique peut stimuler ses exportations et attirer davantage
d'investissements étrangers.
La coopération technologique avec les pays des BRICS
peut permettre à l'Afrique de surmonter certains de ses défis en
matière d'infrastructure et d'innovation. Les initiatives de transfert
de technologie et de formation peuvent aider à développer les
compétences locales et à encourager la création
d'entreprises innovantes. Une intégration stratégique peut
également se concentrer sur des projets de développement durable.
Les pays africains peuvent collaborer avec les BRICS pour mettre en oeuvre des
initiatives axées sur les
83
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
58
énergies renouvelables, la gestion des ressources
naturelles et la lutte contre le changement climatique, contribuant ainsi
à un avenir plus durable.
L'engagement des BRICS en Afrique pourrait également se
traduire par une coopération accrue en matière de
sécurité et de stabilité politique. En travaillant
ensemble pour résoudre les conflits régionaux et renforcer la
gouvernance, les pays africains peuvent bénéficier d'un
environnement plus stable propice au développement.
En s'unissant au sein des BRICS, l'Afrique peut renforcer sa
voix collective sur les questions mondiales. Cela permettrait aux pays
africains de défendre leurs intérêts communs face aux
défis globaux tels que le changement climatique, le commerce
international et les droits humains.
Vers une intégration stratégique avec les BRICS,
l'Afrique a l'opportunité de transformer les défis en atouts. En
adoptant une approche proactive et collaborative, les pays africains peuvent
non seulement bénéficier des ressources et des compétences
des BRICS, mais aussi jouer un rôle clé dans la
redéfinition de l'ordre mondial. L'avenir dépendra de la
capacité des nations africaines à naviguer habilement dans cette
dynamique complexe tout en préservant leurs intérêts et
leurs aspirations.84
84
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
59
CONCLUSION
Nous avons, dans ce mémoire, abordé les
relations économiques qu'entretiennent les Pays BRICS et l'Afrique. Le
but était d'évaluer l'impact potentiel de ces relations sur le
Les nouvelles opportunités de diversification qui naissent du
rééquilibrage des influences, financières
supplémentaires et à une intensification de la concurrence entre
les donateurs. Dynamique de la nouvelle économie mondiale et sont les
canaux de transmission les plus sous ses formes commerciales,
économiques et de coopération, peuvent faire la différence
de faisant diminuer le poids relatif des partenaires traditionnels, pourraient
bien signer la fin de la transmission directes de 1' interaction entre les pays
BRICS et 1'Afrique à savoir le développement africain. Les pays
BRICS étant devenus des moteurs qui alimentent, voire visibles et les
plus commentés dans ces relations. Bien que séparés, ils
sont souvent reliés entre les pays BRICS et 1 'Afrique
s'effectuera-t-elle à 1 'avantage réciproque de chacun des
développements et de renforcement des coopérations et des
échanges Sud-Sud, la coopération partenaires ou bien les pays
BRICS adopteront-ils un comportement finalement proche de une place importante
et suscitent un intérêt croissant.
En l'espace d'une décennie, ils sont post colonialisme.
La présence des BRICS qui s'est affirmée à un rythme
rapide et qui ne tirent, la croissance mondiale, leur incidence et leur
rôle sur le continent africain occupent international et d'étendre
la marge dont disposent les pays africains grâce à des ressources
manière fondamentale dans le développement des pays africains.
Cette problématique nous a amenés à formuler la question
suivante: dans un contexte d'émergence de nouveaux pôles de Pour
tenter d'approcher la question, le choix a été fait de
s'intéresser aux voies de échanges, les investissements directs
étrangers et l'aide. Ils constituent à l'évidence une
force s'est pas démentie depuis a aidé 1 Afrique à se
repositionner sur l'échiquier économique
Dans ce contexte, nous avons cherché à savoir si
les relations avec les pays BRICS passés d'une relative
marginalité au premier rang des partenaires commerciaux de 1' Afrique.
Celui du Nord industrialisé ? Entre eux et interagissent. Ils peuvent
avoir aussi des effets différents, voire contradictoires.
L'objectif principal du présent mémoire
était d'évaluer l'ampleur de la présence des rares sont
les données disponibles sur 1 échelle de la coopération
entre les pays BRICS et de chiffrer exactement l'ampleur des activités
d'aide des BRICS. Les données sont, dans une
60
actuellement disponibles sur les IDE de la plupart des BRICS
ne permettent pas une analyse conservant un regard critique sur ces
données.
En fait, le constat que l'on peut tirer, c'est que BRICS en
Afrique en mesurant les impacts de ces canaux de transmission d'un point de vue
d'enquêtes auprès des pays africains, ce qui aurait certainement
été un plus et une expérience large mesure, faibles, peu
fiables, contradictoires, anecdotiques ou tout simplement absentes.
Évaluerait leurs données en fonction de
critères précis. En outre, les limites des données
détaillées des flux et des stocks par origine et par destination.
Une difficulté supplémentaire enrichissante pour la
réalisation de ce mémoire.
Toutefois, la documentation disponible était
quantitative et qualitatif. Pour cela, le mémoire s'est appuyé
sur des études et des ensembles de données déjà
existantes. Nous avons analysé et ensuite fait une synthèse de ce
corpus tout en Les volumes d'aide que ces nouveaux donateurs versent aux
bénéficiaires africains sont l'Afrique, mais elle paraît
être fréquente, croissante et toujours plus diversifiée. Il
est difficile dans les négociations avec les questions liées aux
échanges. À ces limites, s'ajoute le manque réside dans
leur approche du financement et de 1 'investissement, points souvent
regroupés difficilement comptabilisables, car ils ne sont
rattachés à aucune instance qui regrouperait et importante et
l'utilisation de celle-ci s'est avérée beaucoup plus pratique et
économique.
L'engagement africain des BRICS ne se limite pas au
développement du commerce, il apparaît également à
travers les IDE. Depuis le début de la décennie 2000, les BRICS
sont devenus des investisseurs importants pour l'Afrique, en particulier dans
le secteur des matières premières et des infrastructures. Comme
nous l'avons souligné, l'IDE des BRICS en Afrique est étroitement
lié au commerce et à l'aide. La spirale haussière des prix
des matières réserves, ainsi que pour les investissements qu'ils
induisent dans les infrastructures, le majeur à la croissance et au
développement du continent.
Le renforcement des infrastructures BRJCS en Afrique a,
cependant, contribué à cantonner cette dernière à
la spécialisation et aux partenaires traditionnels. En tant
qu'investisseurs, les pays BRICS contribuent à la création sont
engagés, a élargi le champ des ressources exploitables
au-delà des possibilités des seuls sources, l'expansion des IDE
des BRJCS semble se poursuivre rapidement. L'IDE des place qui était
traditionnellement la leur dans la division internationale du travail, avec une
particulièrement efficace d'améliorer la
61
compétitivité en Afrique où les
infrastructures manquent. L'insuffisance et la médiocrité de
l'infrastructure en Afrique sont un obstacle pays a aidé le gouvernement
dans sa priorité de reconstruction et de prise en compte d'une
politiques d'IDE continuent d'attirer plus d'investisseurs de ces pays.
Toutefois, on observe fortement lié. Les pays
dotés en ressources, ayant procédé à des
privatisations et libéralisé les particulier de la Chine et du
Brésil, dans le développement des projets d'infrastructure du
permettrait donc à l'Afrique de développer davantage son
potentiel et d'accélérer ainsi son premières a
déclenché une envolée des investissements des BRJCS en
Afrique dans les d'infrastructures, souvent associé à des IDE
à grande échelle par des BRJCS, est un moyen concentration sur
les produits de base et les produits manufacturés à faible valeur
ajoutée.
Ainsi, il a un effet sur le développement comparable
à celui du commerce auquel il est l'Afrique du Sud, l'accès
à l'énergie et aux matières premières peut
constituer une motivation développement. L'analyse du cas de l'Angola a
montré que l'implication des BRJCS, en augmentation des niveaux
d'exportation en direction des pays africains. Le financement industries
manufacturières ou des industries de services. Pour la Chine, l'Inde et
le Brésil ou importante. Les pays BRICS ont beaucoup à offrir
pour l'exploration et 1 exploitation des une tendance à la
diversification vers des secteurs comme l'infrastructure, l'agriculture, les
services collectifs et les transports. La nouvelle «ruée vers
l'Afrique », dans laquelle ils se de capacités locales, facilitent
le transfert de technologie adaptée et entraînent une
infrastructure quasiment anéantie par la guerre et par un
sous-investissement chronique.
62
TEXTES JURIDIQUES ET REFERENCES
BIBLIOGRAPHIQUES
I. TEXTES JURIDIQUES
- L'accord global de prêt signé entre la China
Developmemt Bank et l' État ghanéen, stipule qu ' un minimum de
60 % du travail contractuel, et peut-être davantage reviendra aux
entreprises chinoises (Odoi-Larbi. 20Il).
II. REFERENCES BIBLIOGRAPHIQURS
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- CETRI, «Les BRICS et l'Afrique: Une opportunité
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- Fewzi Borsali Culture Du Dialogue: Algérie -afrique
Sub-saharienne 1962-1988
- Grand entretien avec El Hadj Souleymane Gassama (Elgas), RIS
-Revue internationale et stratégique, n° 130,
été 2023.
- James-WILLIAM GBAGUIDI, « Les BRICS en Afrique, une
histoire de perception. Entre espoirs et risques de désenchantement
» mis en ligne le 25/06/2014,.
https://doi.org/10.3917/afco.248.0112.
- LOÏZZO CLARA, « Les BRICS passent de 5 à 10
membres et deviennent les BRICS+ », brève de
Géoconfluences, novembre 2023. Mise à jour en janvier
2024.
- Souleymane GASSAMA (Elgas), RIS -Revue internationale et
stratégique, n°130, été 2023.
- SwissAid , On the Trail of African Gold. Quantifying
Production and Trade to Combat Illicit Flows, mai 2024.
- The Blood Gold Report, How the Kremlin is using Wagner to
launder billions in African gold, décembre 2023.
- Vincent CAPDEPUY, « La ligne Nord-Sud, permanence d'un
clivage ancien et durable», Géo confluences, janvier 2024
IV. COURS
- Aimé BANZA ILUNGA, Cours de la méthode et
technique de recherche juridique, 2023 - ISANGO I., Cours de Méthode de
travail scientifique, G1 SPA, 2003
- SHOMBA KINYAMBA, Méthode de la recherche
scientifique, UNIKIN, 2002, inédit.
V. DICTIONNAIRE
- Dictionnaire Petit Robert, Paris, p. 1396
VI. AUTRES DOCUMENTS
- Coopération de l'Afrique avec les pays« brics
» une troisième voie pour le développement de l'Afrique
(2013)
- Recueil des déclarations : Université de
Toronto (BRICS Information Centre) - https://www.brics.utoronto.ca/
- «Côte d'Ivoire: Pour Ahoua Don Mello,
vice-président des BRICS: la Russie ne recherche ni les matières
premières de l'Afrique, ni à la dominer», Koaci, 21 mai
2024.
VII. WEBOGRAPHIE
- Une opportunité pour rejeter les diktats
imposés par les Occidentaux »
www.cetri.be
/Les-BRICS-et-l-Afrique-Entretien du 18/06/2024
- https://brics2023.gov.za/
65
-
https://www.cetri.be/BRICS-et-Afrique-nouveau
-
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
_ l .html>
(consulté le 19 juillet 2012).
-
http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
-
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http://english.eximbank.gov.cn/businessarticle/activities/loan/200905/9398
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TABLE DES MATIERES
EPIGRAPHIE I
IN MEMORIAM II
DEDICACE III
REMERCIEMENTS IV
SIGLE ET ABRÉVIATIONS VI
INTRODUCTION 1
II. ETAT DE LA QUESTION 2
III. PROBLÉMATIQUE ET HYPOTHESE 6
I.V METHODES ET TECHNIQUES DE RECHERCHE 9
V. DELIMITATION DE SUJET 11
VI. DIVISION DU TRAVAIL 11
CHAPITRE 1 : LE CADRE THEORIQUE HISTORIQUE 12
SECTION 1 : ORIGINE ET FORMATION DES BRICS 12
Paragraphe 1. Les origines des BRICS 12
Paragraphe 2. Objectif des brics 13
Paragraphe 3. Perspectives d'avenir pour les BRICS
18
SECTION 2. EVOLUTION HOSTORIQUE DES BRICS 19
Paragraphe 1. L'inclusion de l'Afrique du Sud : le
passage de BRIC à BRICS 20
Paragraphe 2. Les premiers sommets des BRICS
20
Paragraphe 3. Les autres sommets des BRICS 20
SECTION 3 EVOLUTION ECONOMIQUE DES RELATIONS ENTRE
BRICS ET
LAFRIQUE 22
Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes
23
Paragraphe 2. L'évolution des BRICS de 2010
à 2024 28
Paragraphe 3. L'élargissement des BRICS en 2024 28
CHAPITRE 2 : IMPACT ECONOMIQUE DES BRICS SUR LES PAYS
AFRICAINS
31 SECTION 1. CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT
ÉCONOMIQUE DE BRICS
SUR LES PAYS AFRICAINS 31
Paragraphe 1. Des perspectives alléchantes
32
Paragraphe 2. Une relation inégale entre les brics
et l'Afrique 33
Paragraphe 3. Un modèle économique «
néolibéral avec des caractéristiques du Sud
35
67
SECTION 2. EFFET SUR LE COMMERCE ET LES ÉCHANGES
BILATÉRAUX
DE BRICS EN AFRIQUE 36
Paragraphe 1. Les échanges commerciaux entre les
Brics et l'Afrique 36
Paragraphe 2. Augmentation des Échanges
Commerciaux Intra-BRICS 37
Paragraphe 3. Stratégies pour la réduction
des barrières 38
SECTION 3. ANALYSE SUR LA RETOMBÉE
ÉCONOMIQUE POUR LES PAYS
HÔTE 39
Paragraphe 1. BRICS+ : une montée en puissance sur
la scène mondiale 39
Paragraphe 2. Une expansion continue malgré
l'hétérogénéité 39
Paragraphe 3. Croissance économique et
performances boursières : un contraste
marqué 40 CHAPITRE 3 :
OPPORTUNITES ET DEFIS POUR L'AFRIQUE DANS SES
RELATIONS ECONOMIQUES AVEC LES PAYS BRICS 41
Section 1. Relations publiques avec les brics
41
Paragraphe 1. Brics, une opportunité pour
l'Afrique 41
Paragraphe 2. La diversification des ressources pour le
développement 42
Paragraphe 3. L'accès aux technologies moins
coûteuses et adaptées 46
SECTION 2. RISQUES A TERME POUR L'AFRIQUE 47
Paragraphe 1. La dépendance accrue à
l'égard des matières premières 50
Paragraphe 2. Le risque de nouvelle accumulation de dette
50
SECTION 3. LES BRICS, DEFIS POUR L'AFRIQUE 54
Paragraphe 1. La diversification des économies
africaines 54
Paragraphe 2. Le renforcement de l'intégration
économique régionale 56
Paragraphe 3. Perspectives d'avenir : vers une
intégration stratégique 57
CONCLUSION 59
TEXTES JURIDIQUES ET REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
62
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