2. Recommandations
Sur base de nos résultats, plusieurs recommandations se
dégagent :
A. À l'État et aux
pouvoirs publics
- Réformer l'enseignement supérieur pour
l'adapter aux besoins réels du marché du travail
(développer les filières techniques, numériques et
entrepreneuriales).
- Mettre en place des politiques actives de l'emploi
(incitations fiscales aux entreprises, programmes de stages, insertion des
jeunes diplômés).
- Lutter efficacement contre la corruption et le
clientélisme dans le recrutement public.
- Promouvoir un fonds national pour l'entrepreneuriat des
jeunes, permettant de financer des projets innovants.
B. Aux universités et
institutions de formation
- Introduire des curriculasprofessionnalisant (ateliers
pratiques, incubateurs universitaires, partenariats avec les entreprises).
- Développer des formations complémentaires
courtes (informatique, langues, métiers techniques).
- Mettre en place un système de suivi des
diplômés pour évaluer leur insertion et réorienter
l'offre de formation.
C. Aux jeunes diplômés
eux-mêmes
- Dépasser la vision traditionnelle du diplôme
comme unique clé de réussite et investir dans la
polycompétence (langues, techniques, entrepreneuriat).
- Valoriser les métiers techniques et artisanaux, qui
offrent de réelles opportunités dans le contexte local.
- S'engager dans des réseaux communautaires et
associatifs pour renforcer leur capital social.
- Développer une culture d'entrepreneuriat collectif,
adaptée au contexte économique de Makala.
D. À la société
civile et aux ONG
- Accompagner les jeunes diplômés dans la
création d'entreprises locales (formations, coaching,
microcrédits).
- Mener des campagnes de sensibilisation sur la valorisation
des métiers techniques et professionnels.
- Jouer un rôle de médiation entre les jeunes,
les institutions publiques et le secteur privé.
En définitive, le chômage des
diplômés à Makala traduit une crise profonde du rapport
entre école et société.Le diplôme, autrefois symbole
de mobilité, devient un miroir brisé : il continue de
séduire par sa promesse, mais échoue à tenir ses promesses
d'emploi.Cette situation interpelle non seulement les chercheurs en sciences
sociales, mais aussi les décideurs politiques, les acteurs
éducatifs et les jeunes eux-mêmes.
Ce mémoire ne prétend pas apporter des solutions
définitives, mais il offre une base empirique et théorique pour
penser de nouvelles politiques publiques, repenser la formation universitaire,
et revaloriser les parcours alternatifs.
En ce sens, il contribue à la fois à la
sociologie du travail et à la sociologie de l'éducation, en
mettant en lumière un phénomène au coeur des
transformations sociales congolaises : la désillusion du
diplôme.
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