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La médiation sanitaire: une réponse à  l'insatisfaction du patient

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par Isabelle Jeanneret
Institut universitaire Kurt Bosch IUKB, CH-Sion - Master européen en médiation 2009
  

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1.3. Les droits des patients

La notion de droits conférés au patient est relativement récente dans le sens qu'elle découle directement des principes fondamentaux des Droits de l'Homme (1948) qui reconnaissent l'importance à accorder à l'intérêt et au bien-être de la personne. Cette reconnaissance se manifeste entre autre :

«[...] par le consentement aux soins, le respect de la vie privée, l'interdiction de toute forme de discrimination en raison du patrimoine génétique, l'encadrement du don d'organe et de tissus»27.

La Déclaration de l'OMS sur la promotion des droits des patients de 1994 traduit cette évolution de pensée en reconnaissant à chacun les droits suivants :

o droit au respect de sa personne en tant qu'être humain;

o droit à l'autodétermination;

o droit à l'intégrité physique et mentale;

o droit à la sécurité de sa personne;

o droit au respect de sa vie privée;

o droit au respect de ses valeurs morales, culturelles;

o droit au respect de ses convictions religieuses et philosophiques;

o droit à la protection de sa santé par des mesures appropriées de prévention des maladies et de soins;

o droits aux moyens d'atteindre le meilleur état de santé dont on est capable.

En 1997, une Convention européenne des droits de l'homme et de la biomédecine est signée par la majorité des Etats, indépendamment du degré de développement de leur système de santé : une reconnaissance officielle des droits du patient en Europe qui met en exergue le respect de la personne, l'encouragement à exercer son libre arbitre et l'engagement des Etats à se donner les moyens d'assurer des soins de qualité en les adaptant à leur propre contexte. Cette convention fait appel à des droits collectifs et individuels.

27 N. Fraselle, in «Nouvelle encyclopédie de bioéthique : médecine et environnement biotechnologique», de G. Hottois et J.-N. Missa, collectif, Ed. De Boeck Université, Paris Bruxelles, 2001, p. 330

Nadine Fraselle précise que cette convention «vise à protéger l'être humain dans sa dignité et son identité et à garantir à toute personne, sans discrimination, le respect de son intégrité et de ses autres droits et libertés fondamentaux à l'égard des applications de la biologie et de la médecine»28.

Il est à noter que l'importance de l'autodétermination émane, d'une part, des progrès de la médecine et des risques inhérents à son développement, de la complexification des systèmes de santé qui déshumanise la prise en charge du patient et, d'autre part, de mouvements sociaux en faveur du respect des droits de l'Homme qui se développaient dans le monde entier. Ces différents facteurs ont généré un changement sociétal dans le sens qu'ils ont contribué à encourager la proactivité du patient en le considérant consommateur de prestations de services médicaux à visée curative, préventive, réparatrice ou prédictive.

L'auteure précise :

«Appliqué au secteur des soins de santé, le droit à la consommation s'affine pour rendre au patient la place première qui lui revient dans la relation patient - médecin, à savoir celle d'un sujet de droits, maître de son destin et non celle d'un objet du processus de consommation»29.

Les droits reconnus aux patients, d'une part, visent à protéger leur identité, leur dignité et leur intégrité en tant que personne humaine, à préserver leurs

droits et libertés face à la bio-médecine et, d'autre part, engagent la collectivité à mettre sur pied des moyens qui garantissent la qualité des prestations de soins et de les adapter dans le but d'assurer l'exercice de ces droits. Selon Nadine Fraselle, la société est tenue de favoriser l'expression de l'insatisfaction en prévoyant des dispositifs de recours à l'égard des patients qui estiment que leurs droits n'ont pas été respectés. Elle dit en substance :

«Ainsi, les patients qui estiment que leurs droits n'ont pas été respectés doivent avoir la possibilité de porter plainte. A côté des tribunaux, des mécanismes indépendants doivent, notamment, garantir que les informations concernant la procédure sont mises à disposition des patients et que ceux-ci peuvent avoir recours et accès à une personne indépendante qui les conseille sur la meilleure

28 N. Fraselle in «Nouvelle encyclopédie de bioéthique : médecine et environnement biotechnologique», de G. Hottois et J.-N. Missa collectif, Ed. De Boeck Université, Paris Bruxelles, 2001, p. 330

29 Ibidem

façon d'agir[...]. Les patients ont le droit d'obtenir que leurs plaintes soient examinées et qu'il soit statué à leur sujet de façon approfondie, équitable et rapide et d'être informée de la suite qui leur est donnée»30.

En Suisse, l'ensemble des lois de santé romandes contiennent une majorité des droits reconnus au patient, suite à leur révision datant en principe du début des années 2000. L'édition en 2005 d'une brochure intitulée «L'Essentiel sur les droits des patients» est la résultante d'une recherche d'uniformisation en termes de promotion de ces droits par les services de santé publique de six cantons31. Cette brochure décline les neuf droits reconnus au patient mais rappelle, au préalable, ses devoirs qui s'apparentent aux logiques de collaboration et de compliance attendues dans un processus de soins et de traitements :

«[...] ils ont aussi d'ailleurs, dans leur propre intérêt, certaines responsabilités. Ainsi, il leur incombe d'informer de la manière la plus exacte possible le soignant des symptômes ressentis, des traitements reçus ou en cours, ainsi que des effets des thérapies déjà suivies. De même, il est de la responsabilité du patient de suivre le traitement prescrit ou, en cas d'interruption, de l'annoncer à son soignant»32.

Il est stipulé en fin d'introduction :

«[...] une relation transparente permet le développement d'un cadre thérapeutique de qualité et que celui-ci peut contribuer à rendre la maladie et les traitements plus supportables»33.

Nous comprenons par là que le respect de l' autodétermination du patient par les professionnels de la santé contribue à la construction d'une relation thérapeutique de confiance basée sur un dialogue éthique et que ce dernier est un facteur de qualité des prestations de soins qui peut influencer l'état de santé. Les droits reconnus au patient clarifiant les relations entre le soigné et le soignant se déclinent comme suit :

30 N. Fraselle in «Nouvelle encyclopédie de bioéthique : médecine et environnement biotechnologique», de G. Hottois et J.-N. Missa collectif, Ed. De Boeck Université, Paris Bruxelles, 2001, p. 333

31 Cantons concernés : Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel, Jura et Bern

32 Brochure «L'essentiel sur les droits des patients dans les cantons de Berne, Fribourg, Jura, Neuchâtel, Vaud et Valais», Ed. Sanimédia, Information en santé publique, Lausanne, 2005, p. 3

33 Ibidem, p. 4

1.3.1. Le droit à l'information34

«Le patient a le droit d'être informé de manière claire et appropriée sur son état de santé, sur les examens et traitements envisageables, sur les conséquences et les risques éventuels qu'ils impliquent, sur le pronostic et sur les aspects financiers du traitement.

Au moment de son admission dans un établissement sanitaire, le patient reçoit, en principe, une information écrite sur ses droits et ses devoirs et sur les conditions de son séjour».

Sans demande particulière du patient, le professionnel de la santé est tenu de lui donner naturellement une information complète, objective, précise et claire qui permette d'exercer son libre arbitre, soit de consentir ou non à un traitement, de demander un second avis professionnel interne ou externe, de lever le secret pour une transmission d'informations le concernant entre professionnels ou à son représentant thérapeutique. L'information donnée lui est donc en principe strictement destinée Deux particularités limitent toutefois cette information : l'une concerne son «refus de savoir» sans restriction de soins et, l'autre, les situations d'urgence dans lesquelles l'information par évidence suit les décisions et les actions de soins effectuées sans son consentement.

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