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Application du droit international au plan interne: examen de la mise en oeuvre du principe de précaution au Burkina Faso

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par Sà¢abèsèlè Jean Augustin SOMDA
Université de Limoges - Master II droit international et comparé de l'environnement 2009
  

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Paragraphe II : l'absence de procédures démocratiques

L'avènement des biotechnologies modernes, notamment des organismes génétiquement modifiés (OGM) ne laisse personne indifférente. Les OGM sont restés longtemps un sujet de controverses entre les pays et à l'intérieur des pays. Au Burkina Faso l'entrée des biotechnologies modernes s'est faite dans conditions très peu démocratiques. Les biotechnologies modernes n'ont pas donné lieu à un véritable débat public (A) et il n'a pas été procédé à une étude d'impact environnemental préalable à cette introduction (B).

A) L'absence de débat public

L'introduction au Burkina Faso des biotechnologies à travers le coton transgénique s'est opérée grace à une procédure administrative unilatérale. Cette introduction des OGM n'a pas été précédée d'un débat public national sur les enjeux de ces OGM. L'argument en défense de cette procédure serait lié au domaine d'application de ces OGM. En effet, les OGM introduits sont des OGM non alimentaires, ce qui diminue les risques directs sur la santé humaine. Cet argument est bien trop faible et ne semble pas résister aux différentes critiques pertinentes sur la question. Faire le choix des biotechnologies modernes c'est quelque part un choix de société, une orientation des habitudes de la population. Pour ce faire, le public doit bénéficier d'une large information à travers des consultations nationales. La

67 Dans ce cadre, l'ONB organise des séances de formation et de sensibilisation des responsables des collectivités locales pour amener une responsabilisation à la base. Les dernières séances, organisé en 2010 ont concerné la région du centre-est et se sont tenues à Bagré et Tenkodogo (deux villes du centre-est du Burkina Faso).

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bonne information du public doit consister en la mise à sa disposition de l'information sur les avantages et les inconvénients des OGM ainsi que les avantages et les inconvénients des solutions alternatives. Etant bien informé, le public sera à même d'assurer une participation aussi bien quantitative que qualitative au débat.

Le recours aux OGM a été motivé par des considérations d'intérêt national qui impliquent un choix de société en raison des impacts d'ordre éthique, social et économique sur les populations, mais également de leurs effets potentiels sur la santé humaine et l'environnement68. Pour ce faire, une consultation publique nationale, aurait eu l'avantage d'harmoniser les points de vues et surtout l'examen d'alternatives aux OGM, notamment l'adoption d'un échéancier ou un moratoire afin d'organiser une entrée consensuelle, collective, échelonnée et transparente dans les biotechnologies modernes.

L'absence d'une telle procédure est une porte ouverte à toutes les spéculations et supputations sur les intentions des autorités administratives dans les autorisations accordées pour la phase d'expérimentation en milieu confiné. Heureusement, ce vide a été très vite comblé par la loi de 2006 sur la gestion des risques biotechnologiques. Cette loi soumet les activités biotechnologiques à deux sortes d'obligations. Premièrement, toute personne qui désire procéder à une opération relative aux OGM doit notifier son intention à l'autorité nationale compétente en matière de biosécurité69. Cette notification doit comporter la documentation et informations nécessaires pour une bonne appréciation du dossier de la demande. Deuxièmement, il pèse sur l'autorité nationale compétente, l'obligation de susciter la participation du public. Elle doit porter toute information importante et non confidentielle au public70. Il peut s'agir de simples publications de l'information ou d'une consultation publique sur la question et ce, à la charge du notifiant. Les consultations publiques telles qu'organisées par la loi, ont un caractère démocratique dans la mesure où elles consistent en des échanges avec les populations sur la question, leur permettant de faire leur choix en étant bien informé des avantages et inconvénients sur la santé humaine et l'environnement.

68 Garané. A et Zakané. V, droit de l'environnement, précité, p.149

69 Voir article 19 de la loi précitée.

70 Voir article 23 de la loi précitée.

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La loi permet aussi au public de faire des commentaires et observations sur le projet d'utilisation des OGM à lui soumis.

La loi prend en compte le droit à l'information prôné par certaines conventions internationales en matière de protection de l'environnement ou des droits de l'homme. Consacrant le principe de précaution, la loi de 2006, par sa règlementation du droit à l'information et celui de la participation du public, confirme la nécessité de l'instauration de procédures démocratiques dans l'application de ce principe et surtout une protection globale et satisfaisante de l'environnement et de la santé humaine. Cependant cette protection passe également par l'évaluation des risques potentiels.

B) L'absence d'étude d'impact environnemental

La mise en ~uvre de grands projets emportant des conséquences probables sur la santé humaine et l'environnement, doivent nécessairement faire l'objet d'une évaluation des risques. Cette évaluation des risques se fait généralement à travers une étude d'impact environnementale, qui est l'outil le plus intégré et le plus participatif de l'évaluation des risques. Il va s'en dire que la question des OGM, posant un problème de choix de société, devait faire l'objet d'une évaluation des risques avant leur autorisation. Cela était d'autant plus nécessaire, que le Burkina Faso possédait déjà des règles en la matière avant même l'avènement des biotechnologiques modernes. L'étude d'impact environnemental a pour objectif de prévenir les dommages environnementaux. Elle détermine les conséquences négatives qu'une activité envisagée est susceptible d'avoir sur l'environnement et la santé humaine. Le code de l'environnement71 consacre la nécessité de procéder à cette évaluation des risques avant de telles activités. Pour permettre une bonne application des dispositions du code de l'environnement de 1997, un décret a été adopté. Il s'agit du décret n° 2001-342/PRES/PM/MEE du 17 juillet 2001 portant champ d'application, contenu et procédures de l'étude d'impact et de la notice d'impact sur l'environnement. Ce décret consacre les mesures, procédures et règles

71 Le code de l'environnement de 1997définie l'étude d'impact environnemental comme étant « une étude à caractère analytique et prospectif réalisée aux fins de l'identification et de l'évaluation des incidences sur l'environnement d'un projet ou programme de développement ».

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en matière d'étude d'impact environnemental. Cette étude comporte deux volets ; un volet purement technique et un volet enquête publique. Pourtant, les OGM ont fait une entrée presque clandestine au Burkina Faso. Aucune étude d'impact intégrant le public n'ayant été accomplie. Certes, les expérimentations se faisaient sous le contrôle voire sous les auspices d'un centre de recherche national (INERA), mais ce suivi scientifique des chercheurs locaux s'est réduit à l'étude des données en cours d'exécution des expérimentions. Cette étude aurait due se tenir en amont avant la délivrance des autorisations d'expérimentation. Aussi, l'on peut se poser des questions sur les capacités des institutions nationales (à l'époque et même de nos jours) d'évaluer les risques des activités d'un secteur tout à fait nouveau que certains pays développés ont du mal à maîtriser. Cependant une tentative d'évaluation des risques en amont aurait eu le mérite d'éclairer l'opinion publique sur les intentions des autorités.

Néanmoins, et ce depuis l'avènement de la loi de 2006, il y a un encadrement plus dynamique. En effet, la loi impose une évaluation des risques pour toute activité relative aux OGM. L'évaluation des risques à pour objectif d'identifier les risques probables, d'évaluer les probabilités que ces risques se produisent, de gérer les risques identifiés, d'analyser les coûts et bénéfices liés aux risques identifiés, de considérer les alternatives à l'introduction d'OGM, ainsi que le principe de précaution. Bien que cette loi semble privilégier la prévention, elle considère aussi le principe de précaution comme une attitude de préservation et de conservation de l'environnement et de la santé humaine.

De nos jours, on peut dire que l'encadrement juridique de l'étude d'impact environnemental permet de rassurer la population sur la prise en compte des intérêts de la nation dans la mise en ~uvre des projets et programmes susceptibles de produire des effets négatifs sur la santé humaine et l'environnement. La loi sur la biosécurité vient quelque peu dissiper les controverses qui ont vue le jour avec l'avènement des OGM aux Burkina Faso.

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Section II : de la controverse des points de vue sur le respect du principe de précaution dans les biotechnologies au Burkina Faso.

Les biotechnologies modernes constituent sans aucun doute l'orientation politique qui a suscité le plus de controverses en début du 21e siècle au Burkina Faso. De nombreuses questions étaient soulevées relativement aux enjeux de cette technologie nouvelle mal maîtrisée en Afrique et très décriée en Europe. Les avis divergent (sur la prise en compte du principe de précaution), selon qu'on est dans le gouvernement ou proche de celui-ci ou selon qu'on est dans la société civile. Pour les premiers, il y a un bon encadrement et une prise en compte réelle du principe de précaution dans l'application de cette nouvelle technologie (paragraphe I). Pour les seconds, le principe qui constitue est droit de l'homme n'a pas reçu une bonne application (paragraphe II).

Paragraphe I : du point de vue du gouvernement

Pour le gouvernement, faire le choix des biotechnologies modernes est logique et la phase d'application est conduite avec un suivi rigoureux. Il a bâti son argument sur deux idées essentielles : d'une part, le choix des biotechnologies modernes est un choix qui s'imposait compte tenu de l'état de développement du pays (B). D'autre part et en ce qui concerne l'application des biotechnologies modernes, de nombreuses mesures ont été prises pour garantir la sécurité et gérer les risques éventuels (A)

A) Une prise en compte du principe de précaution dans la politique des biotechnologies au Burkina Faso

La faible maîtrise technologique du Burkina Faso en matière de biotechnologies modernes, combinée aux incertitudes scientifiques sur les dangers réels ou potentiels des biotechnologies modernes, rendent primordial l'application du principe de précaution dans toute approche concernant cette technologie. Pour le gouvernement burkinabè, cette réalité est indéniable. C'est d'ailleurs ce qui l'a conduit à mettre en place toute une politique en matière de biotechnologies en

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général et particulièrement des OGM. Loin de méconnaitre le principe de précaution, cette politique intègre ce principe fonctionnel aussi bien au niveau juridique qu'au niveau institutionnel.

Au niveau juridique, il faut noter la mise place d'un arsenal juridique en matière d'OGM. En effet, il existe un cade légal et réglementaire comprenant aussi bien des règles nationales que des règles internationales. Ces règles ont pour objectif d'assurer la sécurité en biotechnologies modernes, une recommandation du protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques.

Les textes légaux et règlementaires, pertinents pour les biotechnologies et la biosécurité sont les suivants72 :

· les textes légaux:

- la constitution du Burkina Faso, qui consacre la protection de l'environnement comme une nécessité absolue,

- le code de l'environnement, qui repose sur la gestion et la protection de l'environnement, la lutte contre les formes de pollution et l'amélioration des conditions de vie des populations,

- le code forestier, dont la finalité est d'assurer la compatibilité de la protection des ressources forestières avec la satisfaction des besoins des populations en produits forestiers,

- le code de santé publique, qui fixe les normes pour les soins et une alimentation sans danger pour la population,

- la loi sur le contrôle phytosanitaire et la réglementation des conditions d'importation des végétaux, produits d'origine végétale ou animale et autres matières entrant ou sortant du Burkina Faso, qui légifère la transaction des organismes vivants sur le territoire national;

-la loi de 2006 sur la gestion des risques biotechnologiques ;

· les textes réglementaires:

- décret portant sur l'interdiction de la culture de toute espèce ou variété de cotonnier, autre que celle dont les semences sont fournies par les organismes officiels,

72 Comité National de Biosécurité, cadre national pour la prévention des risques biotechnologiques au Burkina, janvier 2005. (Source partielle)

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- décret portant création du laboratoire national de santé publique, dont la compétence peut être étendue à l'évaluation des risques,

- décret portant réglementation de la circulation et de la sortie du mil, du sorgho et du maïs au Burkina Faso,

- décret portant établissement de règles nationales en matière de sécurité en biotechnologie, dont l'objectif est de contribuer au Burkina Faso à assurer un degré adéquat de protection pour le transfert, la manipulation et l'utilisation 24 sans danger des organismes génétiquement modifiés résultant de la biotechnologie moderne qui peuvent avoir des effets défavorables sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique, et comporter également des risques pour la santé humaine,

- kiti (décret) portant procédure d'homologation des spécialités agropharmaceutiques et des spécialités assimilées,

- Raabo (arrêté) portant réglementation de la sortie de prélèvements biologiques du Burkina Faso,

- arrêté portant contrôle de la qualité des produits au Burkina Faso,

- arrêté fixant la liste des produits soumis au certificat national de conformité.


· les conventions internationales et accords internationaux et régionaux:

- la Convention sur la Diversité Biologique dont un des objectifs est d'assurer l'accès aux ressources génétiques, matières premières pour la biotechnologie moderne,

- le Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologies, dont l'objet est de prévenir les risques potentiels liés aux mouvements transfrontières des Organismes Génétiquement Modifiés, notamment les semences, les plantes et les animaux transgéniques, qui affectent l'environnement et la santé humaine,

- la Convention Internationale sur la Protection des Végétaux, qui a pour objectif d'établir une action commune et efficace contre la diffusion et l'introduction des ennemis des végétaux et des produits végétaux,

- le Traité international sur les Ressources Phytogénetiques pour l'Alimentation et l'Agriculture, dont un des objectifs a trait à l'accès à la technologie, y compris la biotechnologie,

- le Codex alimentarius (de la FAO) dont l'objet consiste à protéger le consommateur des effets pervers des produits alimentaires,

- les Accords de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), qui s'appliquent tacitement aux produits du génie génétique.

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· Autres instruments régionaux: La Loi Modèle Africaine sur la Sécurité en Biotechnologie de l'Union Africaine, qui vise l'harmonisation des lois africaines sur le développement et l'utilisation des OGM. Cette loi cadre a été adoptée en 2001.

Parmi ces textes légaux et règlementaires, la loi sur la gestion des risques biotechnologiques est celle qui offre le meilleur cadre au plan national. Elle organise un cadre de biosécurité intégrant explicitement en ces articles 15-16, le principe de précaution. Elle intègre également le principe de prévention qui est le principe phare du droit de l'environnement burkinabè.

Au niveau institutionnel, il y a la mise en place de stratégies et d'organes de gestion des biotechnologies au Burkina Faso. Pour le gouvernement, ce processus s'est mené de façon participative et implique les acteurs étatiques, les collectivités locales, les organisations paysannes, les organisations non gouvernementales, les associations locales, les opérateurs privés et les organismes de coopération. Cette envie de transparence, de participation et d'efficacité des mécanismes de gestion

des risques biotechnologiques a conduit à la création de structures telles que : l'Agence national de biosécurité (ANB) ; l'Observatoire National de Biosécurité (ONB) ; le Comité Scientifique National de Biosécurité (CSNB) et le Comité Scientifique Interne de Biosécurité (CSIB). A ces structures nouvellement créées, il fait ajouter les structures anciennes telles l'INERA, le CNRST...

Pour le gouvernement, l'ensemble des mesures juridiques et institutionnelles mises en place sont à même d'encadrer efficacement les biotechnologies modernes aux Burkina Faso. A ces arguments, il faut ajouter l'importance que peut jouer les biotechnologies modernes dans le développement du pays.

B) La priorité entre développement et principe de précaution

L'application du principe de précaution dans les pays sous-développés pose souvent la question de priorité. Priorité entre l'application d'un principe très rigoureux et coûteux considéré souvent comme un frein au progrès scientifique, au développement tout court et, les aspirations quotidiennes de développement.

Pour les autorités, il ne fait aucun doute que les biotechnologies modernes représentent un moyen puissant pour répondre aux besoins des populations burkinabè. En effet, le Burkina Faso fait face chaque année à un déficit de la

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production céréalière. Cette faiblesse de la production agricole en général est liée à la faiblesse des moyens de production au niveau technique et à la pauvreté grandissante des paysans. Les biotechnologies modernes apparaissent au vu de cette situation comme un espoir dans un Burkina Faso où les ressources naturelles ne permettent pas de satisfaire les besoins croissants de la population et ce pour plusieurs raisons. Elles permettent :

- d'augmenter la production dans les secteurs agricole, forestier, halieutique et de l'élevage, par l'amélioration génétique,

- de réduire la pression sur l'environnement, en raison de la faculté de certains de leurs produits, destinés à la culture, d'augmenter les rendements,

- de minimiser la pollution de l'environnement, par la réduction de l'utilisation des pesticides chimiques nuisibles,

- d'augmenter les capacités de soins de santé et de protection sanitaire par les traitements avec des produits pharmaceutiques et de vaccination qui en sont issus, - de réduire les investissements financiers dans la production végétale grâce à l'utilisation des OGM dotés de toxine en lieu et place des pesticides chimiques.

Les avantages des biotechnologies sont donc nombreux et nécessaires pour permettre au Burkina Faso, d'atteindre l'autosuffisance alimentaire, base de toute dynamique de développement. Il va s'en dire que l`application du principe de précaution, bien que nécessaire doit être examiné de manière à le concilier avec les ambitions de développement du pays. Le principe de précaution apparait comme un luxe pour le Burkina Faso. Ce principe doit s'apprécier en fonction du niveau de développement des Etats. Cela permettra aux Etats pauvres d'éviter d'être l'objet d'une colonisation scientifique ou idéologique. Enfin, il faut remarquer que les farouches opposants aux biotechnologies sont pour les plus part du temps issus des pays développés. Pour critiquer la position de ces écologistes, il leur est très souvent opposé l'argument géographique. On estime qu'ils sont mal placés pour juger des choix des populations des pays pauvres, eux qui ne souffrent pas de faims et de maladies. Le choix des biotechnologies modernes est donc très logique pour le Burkina Faso malgré les critiques de cette politique par les membres de la société civile.

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"Soit réservé sans ostentation pour éviter de t'attirer l'incompréhension haineuse des ignorants"   Pythagore