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Gestion, mesure et communication sur les risques au sein des établissements de crédit au regard du contexte tunisien et des standards internationaux

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par Zied LOUKIL
Université du 7 novembre Carthage - Diplôme d'expert comptable 2010
  

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2.3. Poursuite de l'assainissement de la situation financière des banques, renforcement du cadre prudentiel et modernisation du secteur (1997-2002)

Cette troisième étape a été marquée par la poursuite de l'assainissement de la situation financière des banques entamée en 1991, par la mise en application de norme comptables sectorielles spécifiques aux banques, et par la refonte totale de la loi bancaire suite à la promulgation de la loi n°2001-65 42.

2.3.1. Poursuite de l'assainissement de la situation financière des banques

L'assainissement de la situation financière des banques s'est poursuivi durant cette période à travers :

· des augmentations de capital, visant à renforcer les fonds propres des banques, basées sur la contribution des actionnaires (public et privés) et de l'Etat ;

· la poursuite du rattrapage du niveau de provisionnement des créances. Le plafond des provisions déductible fiscalement a été relevé de 50% à 75% à compter de 1999. Ceci démontre la volonté manifeste des pouvoirs publics à encourager les banques à poursuivre leurs efforts de provisionnement.

Par ailleurs, un certain nombre de sociétés, filiales de banques, spécialisées dans le
recouvrement de créances a vu le jour, avec la mise en place d'un cadre juridique instauré par la

42 : Loi n°2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux ét ablissements de crédit.

Gestion, mesure et communication sur les risques au sein des établissements de crédit au regard du contexte tunisien et des standards internationaux

loi n°98-4 43. Ces filiales ont racheté une part significative des créances compromises totalement provisionnées par les banques conformément aux dispositions réglementaires, permettant ainsi d'assainir les bilans des banques et de traiter ces créances de manière individualisée.

· la déductibilité fiscale des provisions pour dépréciations constituées sur les actions ou les parts sociales détenues par les banques dans la limite de 30% du bénéfice imposable ;

· l'octroi par les banques de la garantie de l'Etat au titre de créances détenues sur des organismes publics44, et prise en charge par l'Etat des créances bancaires à la charge des organismes ou entreprises à participations publiques et des coopératives agricoles ;

2.3.2. Renforcement du cadre comptable et prudentiel

Le renforcement du cadre comptable et prudentiel durant cette période se manifeste à travers deux réformes considérables, la mise en place de normes comptables sectorielles spécifiques aux banques et la réforme de la loi bancaire.

Les NCT 21 à 25 : la réforme comptable instaurée par la loi°96-112 45 et l'arrêté du Ministre des Finances du 25 mars 199946, ont permis la mise en place d'un cadre comptable moderne inspiré des normes comptables internationales et de normes sectorielles spécifiques aux banques.

Cinq normes comptables sectorielles ont vu le jour, à savoir ; les NCT 21 à 25. Ces normes sont applicables à compter des exercices ouverts au 1er janvier 1999, ont permis d'adapter le dispositif comptable tunisien aux spécificités de l'activité bancaire, d'harmoniser les règles de préparation et de présentation des états financiers des banques, et d'accroître la pertinence et la fiabilité de l'information financière.

Par ailleurs, la NCT 22 spécifique au contrôle interne, a définit les règles de contrôle interne et d'organisation comptable applicables aux établissements bancaires pour une meilleure surveillance et maîtrise des risques.

La loi n°2001-65 : la réforme de la loi bancaire instaurée par la loi n°2001-65 47 a permis de mettre en place un environnement plus libéral pour l'exercice des métiers de la banque avec la naissance de la banque universelle.

En effet, cette loi a institué la notion d'établissement de crédit, qui regroupe les banques et les établissements financiers, et a abandonné la distinction entre banques de dépôts et banques d'investissement. C'est la naissance de la notion de banque universelle qui fait l'objet désormais d'un agrément unique, dont les conditions d'octroi et de retrait ont été définies de manière détaillée.

Cette loi a également renforcé les règles de gestion prudentielle, notamment à travers ;

· la définition des attributions du comité permanent d'audit interne,

· l'institution d'un système de garantie des dépôts sous forme d'un mécanisme de solidarité auquel les banques doivent adhérer, destiné à indemniser les déposants en cas d'indisponibilité de leur dépôts ou autres fonds remboursables.

A ce jour, les contours de ce mécanisme de garantie des dépôts n'ont pas été définis.

· l'institution de sanctions disciplinaires à l'encontre des établissements de crédit et/ou des dirigeants coupables d'infractions à la législation et à la réglementation bancaire.

43 : Loi n°98-4 du 2 février 1998 relative aux sociét és de recouvrement des créances.

44 : Garantie de l'Etat instaurée par la loi de finances pour la gestion 1997.

45 : Loi°96-112 du 30 décembre 1996 relative au systè me comptable des entreprises.

46 : Arrêté du Ministre des Finances du 25 mars 1999 portant approbation des normes comptables sectorielles relatives aux opérations spécifiques aux établissements bancaires.

47 : Loi n°2001-65 du 10 juillet 2001 relative aux ét ablissements de crédit.

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· la fixation du délai d'établissement des états financiers des établissements de crédit à trois mois à compter de la clôture de l'exercice.

En complément à ces deux réformes d'envergure, la BCT a émis un certain nombre de circulaires visant à poursuivre le renforcement du dispositif réglementaire et prudentiel.

La circulaire n°99-04 48 a défini de nouvelles notions qui rentrent dans le calcul des limites de risques, à savoir ; la notion de « fonds propres nets » et de « fonds propres complémentaires ».

Par ailleurs, cette circulaire à instauré une nouvelle limite en matière de division et de dispersion des risques, à savoir ; la limitation des risques encourus sur un même bénéficiaire à 25% des fonds propres nets de la banque.

La circulaire n°2001-04 49 a instauré un niveau minimal du ratio de liquidité égal à 100% calculé entre l'actif réalisable et le passif exigible, et a défini les modalités de son calcul.

Le calcul du ratio de liquidité établi par les banques doit faire l'objet d'une déclaration mensuelle à la BCT (Cf. Annexe 3) dans un délai de 25 jours à compter de la fin du mois.

Le calcul du ratio de solvabilité des banques tient compte de la classification des actifs en « actifs courants » ou en « actifs classés ».

La circulaire n°2001-12 50 a instauré de nouvelles règles en matière de division et de dispersion des risques :

· une limite au total des risques encourus pour les bénéficiaires, dont les risques encourus dépassent pour chacun 5% des fonds propres nets, égale à 5 fois le montant des fonds propres nets (10 fois auparavant),

· et une nouvelle limitation des risques encourus pour les bénéficiaires, dont les risques encourus dépassent pour chacun 15% des fonds propres nets, égale à 2 fois le montant des fonds propres nets.

Par ailleurs, cette circulaire a renforcée les règles d'octroi et de suivi des engagements, en mettant en place l'obligation pour les clients non cotés dont les engagements auprès du système financier dépassent 25 millions de dinars, de produire une notation récente attribuée par une agence de notation avant tout attribution de nouvel engagement auprès des banques.

2.3.3. Modernisation du secteur bancaire

Le programme de modernisation du secteur bancaire dont l'objectif est d'améliorer la qualité des services proposés à la clientèle des banques et de renforcer la compétitivité, s'est basé essentiellement sur :

· la modernisation des services bancaires à travers celle des systèmes de paiement : - mise en place d'un système de compensation électronique (délai limité à 48h), - le développement de la monétique (création en 2001 de la carte bancaire nationale).

· et la mise en place d'un système d'information intégré permettant la centralisation des données relatives à la clientèle des banques :

- ce système a permis à la BCT de jouer un rôle de supervision préventive,

48 : Circulaire de la BCT aux banques n°99-04 du 19 mars 1999 « Division, couverture des risques et suivi des engagements ».

49 : Circulaire de la BCT aux banques n°2001-04 du 16 février 2001 « Ratio de liquidité ».

50 : Circulaire de la BCT aux banques n°2001-12 du 4 mai 2001 modifiant et complétant la circulaire n°91 -24 « Division, couverture des risques et suivi des engagements ».

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- mise à disposition des informations centralisées aux banques pour leur permettre de mieux apprécier les risques auxquels elles sont exposées.

Dans la perspective de dynamisation du secteur, l'Etat tunisien a procédé :

· en 2000, à une opération de restructuration de deux banques de développement spécialisées dans le financement du secteur du tourisme, la BDET et la BNDT, absorbées par la banque commerciale publique, la Société Tunisienne des Banques (STB),

· à la privatisation de l'Union Internationale des Banques (UIB) fin 2002, suite au rachat de 52% de son capital par le groupe français Société Générale.

A noter que deux autres banques, à savoir ; l'ex Banque du Sud et la Banque Tuniso Koweitienne ont également fait l'objet de privatisation, respectivement en 2005 et en 2008.

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"Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche !"   Charles de Gaulle