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L?impact de la coopération sino-russe sur la crise syrienne


par Nixon Mbale
Université de Lubumbashi - Licence 2013
  

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REPUBILIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

UNIVERSITE DE LUBUMBASHI

FACULTE DES SCIENCES SOCIALES POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES

DEPARTEMENT DE RELATIONS INTERNATIONALES

L'impact de la coopération sino-russe sur la crise syrienne

Par MBALE EPAMBILO Félicien

Année 2013

INTRODUCTION GENERALE

1. Problématique et hypothèse

A. Problématique

La Syrie s'enfonce dans la guerre civile sur le fond de blocage persistant du conseil de sécurité des nations Unies. Le nombre de morts augmente chaque jour, les massacres et les tortures se comptent par millier sous le regard impuissant de l'organisation mondiale, portant en charge du maintien de la paix et du respect des droits de l'homme. Cette inaction du conseil de sécurité est largement due au veto russe soutenu par la chine.

La chine partage la vision russe sur des points essentiels même si, bien évidemment, à la différence de la Russie elle se trouve dans une position ascendante. Pour éviter d'apparaitre isolés, ces deux Etats ont conclus un marché peu glorieux : ils ont décidé de se soutenir mutuellement aux Nations Unies chaque fois que les intérêts essentiels de l'un ou de l'autre venaient à être remis en cause, notamment par les occidentaux.

Sur la crise syrienne, la chine et la Russie sont restées en contact étroit pour se coordonner à la fois à New-York, à Moscou et à Pékin. La position de deux camps est parfaitement claire : il devrait être mis fin immédiatement à la violence et un processus de dialogue politique devrait être lancé dès que possible. outre l'éloge qu'il a fait sur la coopération sino-russe sur cette question, l'ambassadeur chinois à l'ONU a bien fait comprendre l'objectif constante des deux pays à l'usage de la force pour résoudre la question syrienne « la chine et la Russie partagent la même position sur ces points et les deux parties s'opposent à une intervention extérieure dans la crise syrienne, ainsi qu'à un changement de régime par la force »1(*).

De ce qui précède, il est à noter que cette position sino-russe adoptée face à la crise syrienne, fait couler beaucoup d'ancre amenant ainsi beaucoup d'auteurs à partager chacun un point de vue contraire à celui des autres.

Pour sa part, Jean Pierre Cabestan dans son article intitulé « la chine et la Russie : entre convergences et méfiance » il se donne comme préoccupation de passer en revue les relations sino-russes depuis 1990 à ces jours. Dans ces analyses, l'auteur note que depuis la fin de la guerre froide, les relations entre la chine et la Russie sont marquées par une renaissance sans précédent. Cet essor s'est accéléré depuis le début de la présente décennie, tant sur le plan politique que dans les domaines économique, militaire et énergétique; les politiques étrangères et les intérêts stratégiques de Pékin et de Moscou ont incontestablement connu une plus nette convergence ces dernières années, qu'il s'agisse de questions stratégiques (espace, défense antimissile), de non ingérence dans les affaires intérieures (Taiwan, Tchétchénie) ou des grandes crises internationales (Kosovo, Corée du Nord, Iran, Soudan). Toute fois, le rapprochement entre Pékin et Moscou est loin d'être dénué de limites et d'arrière pensées. Les échanges économiques restent bien inférieurs à ceux que ces deux pays entretiennent avec l'occident et le Japon. La coopération, militaro-industrielle s'est souffle, faute d'une confiance politique véritable. Le difficile règlement de la délimitation de la frontière et la question de l'immigration chinoise en Russie témoignent aussi de la méfiance réciproque2(*).

En définitive, l'auteur s'attache à montrer que les relations sino-russes sont caractérisées par des notables convergences, mais aussi par de multiples méfiances qui contribueront sans aucun doute à déterminer l'avenir du vaste continent eurasiatique3(*).

De notre part, nous avons bien voulu être plus pratiques dans la question de la coopération sino-russe notamment dans la crise syrienne. Autrement dit, au delà du rapprochement sino russe, nous avons souhaité être plus pratique, en étudiant l'impact de cette coopération ou rapprochement dans la crise syrienne.

Dans ses analyses « énigme syrienne », Xavier GUILH4(*), gravite sa préoccupation autour de la nouvelle guerre froide ou coup de poker des émergents.

Il constate que face à la question syrienne, les grandes puissances occidentales sont face à une impasse stratégique, politique et juridique et laissent leurs services secrets et forces spéciales oeuvraient discrètement sur le terrain aux côtés des insurgés pour gérer une prime de Damas en souplesse. L'ONU va d'échec en échec, la situation lui échappe à tous les niveaux. Il en est de même pour la ligue Arabe ou pour l'organisation de la conférence islamique. Seuls les grands acteurs régionaux et locaux maitrisent pour le moment leurs intérêts immédiats, et à moyen terme qui ne sont pas forcément convergents avec ceux de Washington, de Bruxelles, de Londres ou de Paris. en effet, le retour d'une nouvelles guerre froide entre les Etats Unis et la Chine avec une instrumentalisation d'acteurs régionaux autour de points de fixation comme le fut et pourrait encore l'être la Syrie pour les turcs, les russes et les iraniens d'un côté alors que d'un autre côté des coups d'éclats spectaculaires qui surprendraient l'occident en plein crash euro et qui apparait affaibli, divisé, déstabilisé dans ses stratégies de résolution de ses propres crises internes et en repli sur ses stratégies de projection de puissance face à un Orient qui se poutinoise dans ses postures aussi bien à Ankara, qu'à Téhéran ou à Jérusalem face à cet échiquier très déséquilibré dans ses postures, la Chine silencieuse compte les points et attend le moment opportun pour convier tout le monde à de nouvelles règles du jeu qu'elle imposera.

Ceci étant, l'auteur conclut que sur cette énigme syrienne la surprise est l'épreuve du vrai courage. Le levant peut en effet nous réserver encore des rebondissements.

Ayant parcouru les analyses de Xavier GUILH, nous pensons que le point de convergence est le fait que tous nous touchons la crise syrienne dans nos analyses, alors que le point de divergence est marqué dans nos objets d'étude, étant donner que de sa part, il a envisagé une perspective de guerre froide ou coup de poker des émergents dans cette question syrienne, alors que de notre part c'est la position sino-russe dans cette crise qui nous intéresse.

Un autre auteur qui a abordé presque dans le même sens, est Karin Emile Bitar5(*).Dans un article publié sur le dossier syrien, sa préoccupation gravite autour des fondements de la position russe sur la crise syrienne qui dure depuis dix huit mois.

L'auteur pose la problématique suivante : « quel sont les fondements de la position russe dans la crise syrienne ? ».

A cette question les avis sont partagés et plusieurs thèses ont été évoquées pour expliquer le soutien russe au régime de Bachar Al Assad qui ont chacune leur importance mais ne sont pas convaincante pour expliquer la rigidité de la position russe.

L'auteur pense pour sa part que la position russe à la crise syrienne fait ressortir des facteurs psychologiques que de considérations concrètes. Vladimir Pouline a tendance à analyser la situation syrienne au prisme tchétchène.Donc selon lui, Bachar Al Assad ne fait pas pire que ce que lui a fait en Tchétchénie. D'autre part, la Russie estime qu'elle a été flouée sur la résolution 1973 qui a permis, par une interprétation qu'elle juge abusive non sans hypocrisie, l'intervention militaire en Libye et le renversement du régime de Mouammar Kadhafi.

En conclusion, l'auteur estime que l'ambition de Vladimir Pouline est de dire au reste du monde et aux Etats Unis que la phase unipolaire ouverte avec la Chute du mur de Berlin a pris fin et que la Russie est de retour sur la scène internationale, qu'il faut prendre en compte ses intérêts. Ainsi, pour la Russie, le dossier syrien est l'occasion de remettre à plat ses relations avec le reste du monde et notamment avec les Etats Unis.

Notons par ailleurs que nous nous démarquons de cet auteur par le fait qu'à ce qui nous concerne, nous portons notre étude sur l'impact de la coopération sino-russe dans la définition de leurs choix internationaux et de manière particulière sur la crise syrienne.

De côté, Milad Jokar, dans son article intitulé « la guerre en Syrie : la géopolitique du conflit »6(*), tente d'aborder le dossier syrien en articulant sa préoccupation sous la forme de la question suivante : « la guerre syrienne : le départ de BacharAl Assad changera t il quelque chose ? ».

Dans ses analyses, il constate que la guerre civile syrienne est bien plus complexe qu'on ne veut le croire. Il ne s'agit plus d'un simple mouvement démocratique contre une dictature. Cela va même au delà d'une guerre civile entre une opposition contre un régime. Désormais il s'agit d'un conflit régional qui déborde dans les pays voisins, le tout entremêlé de conflits sectaires. La Syrie est devenue un théâtre de guerre dans lequel les puissances régionales tentent d'imposer leur influence et défendre leurs propres intérêts géostratégiques et économiques.

L'auteur conclut en notant qu'il est vrai que le régime syrien a effectivement perdu sa légitimité et ne peut rester au pouvoir. Cependant, la crise est devenue très profondément au point que le départ du dirigeant syrienne stoppera pas la montée de l'islamisme radical ni l'infiltration d'Al-Qaïda causée par l'érosion de l'Etat. Par ailleurs, son départ ne stoppera pas le bain de sang causé par cette guerre civile qui est alimentée principalement par le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie d'un côté et par la Russie, l'Iran, et certains groupes irakiens chiites de l'autre.

Ceci étant la démarcation entre cet auteur et nous réside dans le fait que contrairement à ses analyses, nous nous préoccupons plutôt non pas de la Syrie après Bachar Al Assad, mais plutôt de l'objectif sino russe poursuivi dans cette crise.

Le dernier auteur que nous pouvons citer et qui a aussi dans ses analyses marqué notre étude, c'est Chantal Dupille7(*).À travers son analyse « la Russie, le meilleur allié de la paix ». L'auteur formule sa problématique de la manière que voici: « la Russie est elle la puissance qui peut restaurer la paix universelle ? ».

L'auteur note que le retour de la Russie sur la scène internationale est un signe fort et un soulagement pour toute l'humanité. Une Russie non alignée, forte, souveraine, très active dans des opérations de maintien de la paix, dénonçant l'ingérence dans les affaires intérieures des Etats, prônant le dialogue et la concertation comme ce le cas en Syrie, mais décidée à faire preuve de fermeté. Non alignée, c'est à dire rejetant le joug de l'empire, et donc diabolisée par les médias aux ordres orchestrés par les sayanims. Poutine a raison de protéger son pays de Washington et de ses alliés en occident. Il a également raison de défendre l'intégrité de la Syrie afin qu'elle ne subisse pas le même sort que la Libye dépecée, ruinée, pillée, fanatisée, islamisée de force en proies de la guerre civile etc. En agissant ainsi, le dirigeant russe protège le pays de Bachar Al Assad (laïc) du terrorisme, du fanatisme religieux, de l'horreur comme en Irak et plus généralement, il est aujourd'hui le premier rempart contre le risque de guerre mondiale commençant en Syrie, se poursuivant en Irak et pouvant décimer via l'attaque ensuite de la Russie et la Chine, la planète toute entière y compris.

L'auteur conclut en montrant que parce que le puissant Vladimir Poutine est le plus ferme partisan d'un monde multipolaire facteur d'équilibre. Il est aujourd'hui le meilleur garant de la paix pour les peuples.

Eu égard à ce qui précède, il est à noter que la démarcation avec l'auteur précité se situe dans le fait qu'à ce qui nous concerne, la préoccupation est celle de savoir pourquoi la Chine et la Russie soutiennent le régime syrien et non l'étude de la Russie comme partisan d'un monde unipolaire et facteur d'équilibre.

En effet, en observant la position sino-russe dans la crise syrienne, La question de notre étude est formulée comme suit : quel est l'impact de la coopération sino-russe sur la crise syrienne ?

B. Hypothèse de travail

En réponse à la question de notre étude, il importe de noter que, l'objectif principal des deux puissances est très probablement d'empêcher qu'un directoire occidental vienne s'installer au moyen orient à la faveur des crises qui s'y succèdent. L'épisode libyen pouvait marquer le début d'une pratique, il convenait d'abord et avant tout d'éviter qu'il se reproduise en Syrie terre éminemment stratégique lorsqu'on regarde la carte de la région.

La Russie ne pouvait pas regarder et accepter qu'un moyen orient voisin immédiat de sa zone privilégie soit un champ de manoeuvre occidental. La chine ne pouvait pas tolérer aussi de son côté qu'à la faveur d'une intervention, l'édite même de souveraineté et d'intégrité territoriale soit légalement bousculée; du côté de Moscou, le zèle est plus marqué non pas tellement parce qu'on craint la chute d'un gouvernement avec lequel on pourrait s'entendre, mais plus fondamentalement, parce que la diplomatie russe trouvait dans les maladresses et les hésitations occidentales un moyen de s'imposer comme un suprême arbitre. en fait, à bien y regarder, la crise syrienne va évoluer au rythme du bon vouloir de Moscou: ce sur pouvoir ainsi acquis par rapport aux capacités réelles de la Russie est une aubaine que Vladimir Poutine et Serguei Lavrov ont su saisir.

* 1 Revue méridiennes géo. « La position sino russe dans la crise syrienne », www.attavista.com.consultéle30janvier2013

* 2 Jean Pierre Cabestan, « la chine et la Russie : entre convergence et méfiance », www.altavista.com,consultéle30Janvier 2013.

* 3 Idem

* 4 Xavier GUILH « énigme syrienne », in revue géopolitique, http://diploweb.com/L-enigme-syrienne.htlm.consultéle04/02/2013.

* 5 Karim Emile Bitar, « la Syrie et le bon vieux pragmatisme de la Diplomatie russe », le monde. Fr, consulté le 18Janvier 2013.

* 6 Milad Jakar, « Guerre en Syrie : la géopolitique du conflit » www.huffingtonpost.fr/.../guerre-syurie-analyse-géopolitique-b-2011, consulté le 07 Février 2013.

* 7 Chantal Dupille, over blog.com/catégorie 12500973 html. consultéle07/02/2013.

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