I.4.1. L'alternance codique
Le mot anglais « code switching» ou
l'équivalent français alternance codique, telle qu'il est
présenté dans différentes définitions, l'alternance
codique consiste à passer d'une langue a une autre ou d'un
système ou sous-système à un autre système ou
encore un système grammaticalement différent. Il apparaît
comme un phénomène englobant tous les autres
phénomènes qui découlent du plurilinguisme.
Pour J.GUMPERZ« l'alternance codique dans la
conversation peut se définir comme lajuxtaposition à
l'intérieur d'un même échange verbal de passage où
le discours appartient à deuxsystèmes ou sous- systèmes
grammaticaux
différents»(GUMBERZ,Sociolinguistiqueinteractionnelle,1989 ;
P57).Il correspond au passage d'une langue à une autre dans un
même énoncé ou au sein d'un échange verbal, c'est
une stratégie communicative utilisée par le locuteur bilingue et
peut contribuer à communiquer d'une manière
économique.(Michel H. A Blanc et Josiane Hamers (1988)
Bilingualité et bilinguisme, p1950)
I.4.2. Le contact de
langues
Le contact des individus a conduit à utiliser deux ou
plusieurs langues dans une situation de communication, les locuteurs sont
amenés à employer et à circuler soit leur langue
maternelle, soit la langue acquise. C'est le cas de la langue française
et ses contacts avec les différentes variétés de l'arabe
ainsi qu'avec les variétés du berbère. La forme
concrète du contact des langues est, entre autres, le bilinguisme. Ce
phénomène linguistique résulte de l'influence d'une langue
à l'autre soit directement soit non directement qui provoque le
changement du système de la langue.
I.4.3 Le bilinguisme
Difficile de définir le bilinguisme en raison de la
situation de communication et les raisons qui conduisent les sujets parlants
d'utiliser deux langues ou plusieurs langues différentes dans un
même énoncé, mais cela n'empêche pas de citer les
définitions proposées par les linguistes:
Pour A.MARTINET « ...il est nécessaire
de redéfinir le terme de bilinguisme (emploi concurrent de deux idiomes
par un même individu ou à l'intérieur d'une même
communauté) ne serait-ce que pour exclure l'implication très
répondue qu'il n'y a bilinguisme que dans le cas d'une maitrise parfaite
et identique de deux langues en cause». (Martinet, Approche
sociolinguistique, 1997 :p50)
La définition traditionnelle, reprise par L. BLOOMFIELD
est souvent retenue par le grandpublic, est la suivante : « un
individu sera considéré comme bilingue s'il fait preuve, dans
deux systèmes linguistiques, d'une compétence égale
à celle d'un locuteur natif (Dabène, 1994 :83)
Le bilinguisme n'est plus limité, il peut concerner soit
un individu, soit un groupe d'individus
(Famille, communauté ou un peuple), soit une zone
géographique (une région ou un pays).
Ainsi, dans les pays où vivent ensemble des
communautés de langues différentes, le bilinguisme est l'ensemble
des problèmes linguistiques, psychologiques et sociaux qui se posent aux
locuteurs conduits à utiliser, dans une partie de leurs communications,
une langue ou un parler qui n'est pas accepté ailleurs, et dans une
autre partie, la langue officielle ou la langue communément
acceptée.
Dans le cas de déplacement massif de populations ou de
« contact de langues » à des frontières
politiques ou linguistiques, le bilinguisme est la situation dans laquelle
chacune des communautés (parfois l'une seulement), tout en donnant
à sa propre langue un caractère officiel, est conduite à
pratiquer assez couramment la langue de l'autre communauté.
Dans certains Etats, le bilinguisme est l'ensemble des
dispositions officielles qui assurent ou tendent à assurer à
chacune des langues parlées dans un pays un statut officiel. C'est le
cas de la Belgique, par exemple. (Wallon et flamand).
Le bilinguisme est aussi un mouvement par lequel on essaie de
généraliser, par des mesures officielles et par l'enseignement,
l'usage courant d'une langue étrangère en plus de la langue
maternelle.
Le bilinguisme est dans ce sens un mouvement politique
fondé sur une idéologie selon laquelle l'apprentissage d'une
langue étrangère dans des conditions définies doit
permettre de donner aux individus des comportements et des manières de
penser nouveaux et faire ainsi disparaître les oppositions nationales et
les guerres.
Et sur le plan individuel, le bilinguisme est l'aptitude
à s'exprimer facilement et correctement dans une langue
étrangère apprise spécialement, renseigne
Dubois.(1970 :p100-117)
Ainsi, empruntons-nous cette citation de James:
« Bilingualism, by definition, is not the study of individual single
languages, or of language in general, but of possession of two languages. If it
is the possession of two languages by a single community, we speak of societal
bilingualism; if we study the person who has competence in two languages we are
dealing with individual bilingualism: CAs concern is with this second category.
Bilingualism refers to the possession of two languages by an individual or
society, whereas CA is concerned with how a monolingual becomes
bilingual», citation que nous traduisons par «Le bilinguismen'est pas
étude de deuxlangues, mais de la possession de deuxlangues. Si c'est la
possession de deux langues par une communauté, on parle du bilinguisme
sociétal. Si on étudie une personne qui a des compétences
dans deux langues, on parle du bilinguisme individuel. Et c'est celui-ci qui
concerne l'analyse contrastive parce que le bilinguisme se réfère
à la possession de deux langues par un individu ou une
société tandis que l'étude contrastive étudie
comment un monolingue devient bilingue ». (Cours de
Sociolinguistique, L1 FLA/ISP-K1ZIBA : p10)
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