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Analyse sociolinguistique de la messagerie des étudiants de l'ISP/Kaziba dans les réseaux sociaux. Vers un cryptage inédit: approche sociolinguistique


par Sterling ELIA LIKANGE
Institut Supérieur Pédagogique de Kaziba (ISP Kaziba) - Licence 2022
  

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I.4.4. L'emprunt

Plusieurs définitions ont été proposées pour expliquer le phénomène sociolinguistique le plus important dans tous les contacts de " l'emprunt ".

Pour J.DUBOIS : « Il y a emprunt linguistique quand un parler A utilise et finit par intégrer une unité ou un trait linguistique qui existait précédemment dans un parler B et que A ne possédait pas ».(Dubois. J, 1973 :188).

L'emprunt linguistique est le produit d'une situation où plusieurs langues sont utilisées dans une même aire géographique. L'emprunt c'est savoir et pouvoir puiser dans d'autres langues, il favorise le développement et l'évolution d'une langue et il est classé parmi les phénomènes linguistiques et interculturels fort courants au cours du ×× siècle. Le locuteur congolais, utilise les mots de sa langue maternelle (Lingala, Mashi, Kikongo etc.) dans l'énoncé français et les applique pour les circonstances de la communication. Il fait référence à son univers, tels que la civilisation congolaise, la culture des bashi, la politique etc.

I.5.Définition de l'énoncé et de l'énonciation

Toute production d'un énoncé écrit ou oral constitue un acte d'énonciation et s'inscrit dans une situation de communication en tant que processus d'échange entre les individus.

Ces deux processus à la fois communicatives et linguistiques, semblent à priori en opposition. En effet l'opposition entre l'énoncé, le texte réalisé et l'énonciation, acte de production du texte, apparaît avec les analyses de la linguistique européenne. L'énoncé est défini par H.ZELLIG comme : « une suite de mots produits par une personneet comprise entre deux silences, ou entre une prise de parole et un silence long, entre deux prisesde parole».

En science du langage, l'énoncé se manifeste comme une suite de mots ayant des usages polysémiques.

P.CHARAUDEAU et D. MAINGUENEAU affirment qu'il : «ne prend véritablement sens qu'à l'intérieur des oppositions dans lesquelles on le fait entrer» (2002 :p228-229).

E. BENVENISTE le considèrecomme le résultat d'un acte d'énonciation qui est « la mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation».(1974 :p129). Il constitue le résultat linguistique (que ce soit la parole prononcéeou écrite).L'énoncé contrairement à l'énonciation peut se matérialiser .En conséquence, il estsaisissable par l'un de nos cinq sens (le plus souvent, l'ouïe, dans le cas de l'oral, et la vue, danscelui de l'écrit), il est reproductible, oralement et par l'écrit.

Quant à l'énonciation, considérée comme l'acte de production d'un énoncé, elle est difficile à cerner et à saisir, pour la seule raison qu'elle est beaucoup moins matérielle. Nombreuses sont les définitions proposées par les linguistes et les analyses. En linguistique : « l'énonciation est l'acte linguistique par lequel des éléments du langagesont orientés et rendus spécifiquement signifiants par l'énonciateur (et son co-énonciateur, quin'est pas un simple destinataire)».

Pour E.BENVENISTE (1974 : 80): « L'énonciation est cette mise en fonctionnement de la langue par un acte individuel d'utilisation ».L'opposition entre l'énoncé et l'énonciation resteincontestable et insiste sur le fait qu' : « il faut prendre garde à la condition spécifique de l'énonciation c'est l'acte même de produire un énoncé et non le texte de l'énoncé qui est notre objet ». Pour J.DUBOIS « l'énonciation est présentée soit comme le surgissement du sujet dans l'énoncé, soit comme la relation que le locuteur entretient par le texte avec l'interlocuteur, ou comme l'attitude du sujet parlant à l'égard de son énoncé ».(1969 : 100-110)

Dans toute communication, aussi bien orale qu'écrite, on trouve à la fois un énoncé et une énonciation. L'énoncé est le résultat linguistique, c'est-à-dire, la parole prononcée ou le texte écrit, tandis que l'énonciation est l'acte linguistique par lequel des éléments de langage sont orientés et rendus spécifiquement signifiants par l'énonciateur (et son co-énonciateur, qui n'est pas un simple destinataire) en vue de produire ledit énoncé : on dit généralement que l'énoncé est le « dit », tandis que l'énonciation est le « dire ». Pour résumer, « c'est l'énonciation qui fait l'énoncé ».

L'énoncé est de nature matérielle. En conséquence, il est saisissable par l'un de nos cinq sens (le plus souvent, l'ouïe, dans le cas de l'oral, et la vue, dans celui de l'écrit ou d'une langue des signes), et par ailleurs, reproductible, tout d'abord, oralement, ensuite, par l'écrit, enfin, par les moyens techniques modernes, tels que l'enregistrement, analogique ou numérique.

L'énonciation en revanche, est beaucoup moins matérielle, et partant, beaucoup plus difficile à cerner et à transcrire. N'étant pas toujours directement perceptible, elle peut faire l'objet d'une enquête ou d'une déduction, mais elle nous échappe toujours, au moins partiellement : consistant en un acte individuel et unique, « l'énonciation, par nature, ne peut être reproduite ».

D'un point de vue strictement grammatical, on pourrait croire a priori que seuls les énoncés concernent cette discipline, et que par conséquent, l'énonciation est hors sujet. Ce n'est pas exact. En effet, d'abord, l'énonciation sert précisément à circonscrire les limites du champ de la morphosyntaxe, ensuite, son repérage est indispensable à l'étude de certaines catégories, telles que les noms, les pronoms, les adverbes etc.

La linguistique structurale définit l'énonciation : « comme l'engendrement d'un texte par un sujet parlant qui se voit imposer les règles de la structure successive. Le sujet est dominé par la structure d'un texte qu'il ne peut pas ne pas émettre ainsi ». Ainsi, en 1980, KERBRAT-ORECCHIONI définissait l'énonciation « comme l'ensemble des phénomènes observables qui se réalisent lors d'un acte communicationnel particulier ».(1980 : 28)

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