I.5.1. La situation
d'énonciation
La situation d'énonciation correspond à la
situation dans laquelle a été produit un énoncé
(Oralement ou par écrit), en déterminant l'instance
d'émission et celle de réception. Elle peut être
définie comme : « un système de coordonnées
abstraites associées à toute production verbale ». La
situation d'énonciation met en scène « les embrayeurs »
qui rassemblant l'acte d'énonciation c'est à dire « le
locuteur et l'interlocuteur également » les «
circonstances
d'énonciation » qui renvoient aux circonstances
« temporel et spatial ». Pour certains linguistes la présence
des embrayeurs dans un énoncé est appelée «
énoncé ancré dans la situationd'énonciation
» ; cependant l'absence de ces derniers, montrent que
l'énoncé est « coupé de la situation
d'énonciation ». En effet « La présence ou
l'absence d'embrayeurs permet d'opposer les énoncés quiorganisent
leurs repérages par rapport à la situation d'énonciation
(plan embrayé) et ceux quisont en rupture avec elle, qui construisent
leurs repérages par un jeu de renvois internes auxtextes (plan
non-embraye) ».
Dans cette citation, un plan non-embrayé s'explique par
l'absence d'indice c'est à dire des embrayeurs qui permettent de
repérer la situation d'énonciation. Il s'agit dans ce cas : des
textes de lois, des modes d'emploi, des proverbes, des descriptifs techniques,
des démonstrations scientifiques etc. cela concerne l'écrit
généralement.
Tandis qu'un plan embrayé comprend au moins un indice
(embrayeur) qui renvoie à la situation d'énonciation. Cela peut
s'agir particulièrement du discours oral.La situation
d'énonciation est la situation dans laquelle a été
émise une parole, ou dans laquelle a été produit un texte.
Celle-ci permet, grosso modo, de déterminer qui parle à qui (ou :
qui écrit à qui), et dans quelles circonstances.L'acte
d'énonciation met en scène des actants et des circonstants (on
peut les résumer ainsi : « je », « tu », « ici
» et « maintenant »). Or, selon que les actants et les
circonstants de la situation d'énonciation sont ou non présents
dans un énoncé donné, celui-ci sera dit ancré ou
bien coupé de la situation d'énonciation. Un énoncé
coupé de la situation d'énonciation (on dit aussi : un plan non
embrayé) ne comporte aucun indice (ou embrayeur) permettant de
repérer celle-ci. Il s'agit souvent du récit, mais
également des énoncés sentencieux, des textes de lois, des
proverbes, des modes d'emploi, des descriptifs techniques, des
démonstrations scientifiques, etc. (et généralement, cela
concerne l'écrit) : Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel,
Solange Martin a dit à Charles Dupuis : « Les Parisiens se sont
emparés de la Bastille le 14 juillet 1789. »L'énoncé
« Les Parisiens se sont emparés de la Bastille le 14 juillet 1789.
» est produit par la situation d'énonciation suivante.
L'énonciateur est « Solange Martin ».
Le destinataire est « Charles Dupuis ».
Le lieu de l'énonciation est « au pied de la tour
Eiffel ».
Le temps de l'énonciation est le « lundi 10
janvier 2005 ».
Cet énoncé ne comportant aucun embrayeur permettant
de mettre celui-ci en relation avec sa propre situation d'énonciation,
cet énoncé doit donc être analysé comme «
coupé » de celle-ci. Cet énoncé est un
récit.
Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin
a dit à Charles Dupuis : « Le silence est d'or, la parole est
d'argent. »
L'énoncé « Le silence est d'or, la parole est
d'argent. » est produit par la même situation d'énonciation
que celle de l'énoncé précédent. On constate
qu'à l'instar du premier, ce deuxième énoncé ne
comporte aucun embrayeur permettant de mettre celui-ci en relation avec sa
propre situation d'énonciation : ce nouvel énoncé est
donc, lui aussi, « coupé » de celle-ci. Cet
énoncé est un proverbe.
v Énoncé ancré dans la situation
d'énonciation
Un énoncé ancré dans la situation
d'énonciation (on dit aussi un « plan embrayé »)
comporte au moins un indice (ou embrayeur) permettant de repérer
celle-ci. Il s'agit souvent du discours oral :
Lundi 10 janvier 2005, au pied de la tour Eiffel, Solange Martin
a dit à Charles Dupuis : « Demain, je t'attendrai ici. »
L'énoncé « Demain, je t'attendrai ici »
est produit par la même situation d'énonciation que celle des deux
énoncés ci-dessus, mais contrairement à ce qui se passe
pour les deux premiers, ce troisième énoncé contient un
certain nombre d'embrayeurs permettant de mettre celui-ci enrelation avec sa
propre situation d'énonciation. L'adverbe « demain » est un
embrayeur temporel, signifiant précisément le « mardi 11
janvier 2005 ».
Le pronom personnel « je » est un embrayeur de la
première personne désignant l'énonciateur, soit «
Solange Martin ».
Le verbe « attendrai » -- plus
précisément, sa terminaison (« ai » : futur de
l'indicatif, première personne du singulier) -- est également un
embrayeur de la première personne désignant l'énonciateur,
soit « Solange Martin ». Le pronom personnel « t' » est un
embrayeur de la deuxième personne renvoyant au destinataire, soit «
Charles Dupuis ». Enfin, l'adverbe « ici » est un embrayeur
spatial, signifiant précisément « au pied de la tour Eiffel
».Ce troisième énoncé est donc « ancré
dans la situation d'énonciation ». Cet énoncé est un
discours.
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