I.5.2. Actants et circonstants
de l'énonciation
Dans l'énonciation, les actants désignent les
partenaires discursifs. Le locuteur est l'énonciateur qui parle ou
écrit et le destinataire correspond à celui qui reçoit
l'énoncé. Ces actants font partie du dispositif énonciatif
extra-verbal. Ils s'opposent aux actants de l'énoncé, qui
constituent le dispositif intra- verbal et dont quelques-uns peuvent
représenter des actants de l'énonciation. En fait, les
interlocuteurs et les circonstances de lieu et de temps qui
caractérisenttoute situation de communication sont appelées
embrayeurs.( DUBOIS J, énoncé et énonciation
1969 :p210)
5.2.1. L'énonciateur
L'énonciateur est l'actant qui prend la faculté de
dire (je), c'est un émetteur qui déclenche indubitablement le
sujet de l'énonciation. L'énonciateur est celui qui produit
l'énoncé. Autrement dit, il est le responsable de la production
de l'énoncé. Toutes les traces auxquelles réfère
l'énoncé sont issues par rapport à cette source
énonciative qui est l'énonciateur. L'énonciateur est un
locuteur et l'être physique qui appartient indissociablement à un
acte de communication produite avec un interlocuteur. De même, l'acte de
communication impute la responsabilité du locuteur à son
énoncé. Le producteur de l'énoncé peut être
distinct, tantôt il est sujet parlant, tantôt il est être du
monde. L'énonciateur est un être linguistique qui porte un point
de vue représenté dans l'énoncé par la mise en
scène énonciative.
Remarquons en passant qu'il ne faut pas confondre le sujet de
l'énonciation avec le sujet de l'énoncé, ce dernier
correspondant plus ou moins au sujet grammatical : Bernard est parti. Le sujet
de l'énoncé est le nom « Bernard » (c'est aussi le
sujet grammatical) ; le sujet de l'énonciation, en revanche est la
personne qui prononce cet énoncé. L'énonciateur est plus
précisément appelé locuteur, à l'oral ; et auteur,
ou scripteur, à l'écrit. L'énonciateur est toujours
singulier : « nous » par exemple, ne contient qu'un seul « je
».L'acte de communication part incontestablement de la volonté de
l'énonciateur : celui-ci en est le centre et en assume la
responsabilité. En conséquence, il est toujours utile de
s'interroger à propos de ses intentions (convaincre, émouvoir,
distraire, faire rêver, etc.), que celles-ci soient manifestes ou
latentes. C'est ainsi que tous les avatars qui viendront perturber
l'énonciation (débit, ton, hésitations, lapsus...) feront
partie de celle-ci, et nous renseigneront sur l'énonciateur, et par
là, sur l'énonciation..( DUBOIS J, énoncé et
énonciation 1969 :p226)
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