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La problématique de la gestion des ressources humaines dans les administrations publiques en République centrafricaine : cas du ministère de la santé publique, de la population et de la lutte contre le sida.

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par Rénée sylvie NDEDOUMA
Université de Bangui - maà®trise en droit publique 2008
  

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Section 2 : Les difficultés d'ordre juridique et le problème lié aux cadres.

La gestion des ressources humaines de la santé publique n'est pas seulement confrontée à des difficultés d'ordre matériel et financier comme nous venons de l'étudier plus haut, mais aussi à d'autres difficultés. Ainsi, notre étude nous conduira-t-elle à analyser les autres dimensions de problèmes inhérents à la gestion de ces ressources humaines.

En effet, la gestion des cadres (§1) aussi bien que le cadre juridique (§ 2) souffrent de certaines difficultés qu'il convient de relever.

Paragraphe 1 : Difficultés liées à la gestion des cadres de la santé publique

pourquoi les autorités administratives tout comme les entreprises mettent un accent particulier sur les ressources humaines en vue d'un résultat efficace et efficient.

En effet, la gestion des ressources humaines souffre d'une épidémie qui ne dit pas son nom et qui gangrène le développement des cadres de la santé publique et de la population. « L'analyse des données relatives au personnel du ministère de la santé, montrera que la RCA présente une extrême pénurie de personnel qualifié, aggravée par une inégale répartition de ces personnels sur le territoire et par une concentration de cadres, notamment de médecins, à des postes administratifs (directeurs et chefs de service) ».

1. Pénurie du personnel qualifié

Le problème de cadres dans l'administration centrafricaine est un problème épineux voire très délicat. Il s'étend presque dans les départements ministériels du pays. Le département de la santé publique n'en est pas épargné pour autant. En effet après des travaux d'enquêtes sérieusement menés par les spécialistes sous l'impulsion du ministre de la santé publique et de la population (Dr Joseph KALITE) et avec la coordination de l'assistance technique français (Béatrice DYKCZYK et le Dr Dominique LANDREAU), appuyés par l'Union Européenne, l'OMS et les cadres du ministère, les résultats ont prouvés qu'il existe une extrême pénurie du personnel qualifié. En effet, en termes de ressources humaines, le ministère de la santé publique, de la population et de lutte contre le SIDA comporterait au 10 février 2003 3.262 agents, toutes catégories confondues. Le fichier du personnel du MSPPS comprend 3.419 agents dont 157 personnes décédées et 33 autres à retraiter. (1 )

La législation, par arrêté n° 185 du 13/01/1994 a établi le classement des différentes structures tout en prévoyant le personnel nécessaire à son fonctionnement. D'après cette législation il serait nécessaire de disposer 5.500 agents au total toutes catégories confondues pour assurer le fonctionnement de ces structures sanitaires. Ors force est de constater avec beaucoup de regret que le fichier du personnel du MSPPS dégage 3.419 personnes seulement hors mis les cas de décès et de retraite soit une différence de 2081 agents. Ainsi y a-t-il une pénurie réelle, une insuffisance et un déficit accru de personnel pour couvrir la santé de toute la population estimée à 3.013.825 habitants « cartographie censitaire du troisième Recensement Général de la Population Et De L'habitation » du ministère de l'Economie, du Plan et de la Coopération Internationale.

Quelques données concrètes méritent d'être relevées pour traduire à suffisance le manque réel du personnel dans certaines catégories professionnelles de la santé publique et de la population. Par exemple pour toute la République, on compte seulement 23 Médecins, Spécialistes, Pharmaciens ou Dentistes, 283 Techniciens Supérieurs ou Spécialistes Paramédicaux, 210 Sages-femmes Diplômées d'Etat, 24 Infirmiers Assistants Diplômés d'Etat et 19 Puéricultrices, 282 Infirmiers Diplômés d'Etat. Cet effectif est vraiment très insuffisant pour couvrir la population dans le domaine sanitaire. En effet 203 Médecins et autres ne peuvent prendre en charge 3013825 âmes que compte la population (données 2000 du troisième recensement Général de la Population et de l'Habitation). Ainsi en moyenne le pays compte -t-il un Médecin pour 25 000 habitants ( )1. Cette insuffisance s'explique en

1 ( ) Carte sanitaire de la RCA, février 2003. Page 31

partie par le nombre de décès enregistrés dans le département, le départ sans retour des cadres dans des secteurs privés et des organismes internationaux où ils trouvent mieux vivre (47 agents dont 35 médecins), la limitation de quota relative aux candidatures pour la formation à la Faculté des Sciences de la Santé (25 étudiantes seulement sont retenues pour la formation des Assistantes Accoucheuses pour l'année 2007-2008) et enfin les difficultés d'intégration que connaît le pays font que les jeunes à la fin de leurs études sont sur le marché du travail alors que le département souffre atrocement du manque de cadres.

Cette pénurie de cadres est aggravée par une inégale répartition de ces personnels sur le territoire centrafricain.

2. Problème de répartition des cadres

La question de répartition des cadres est un aspect essentiel dans la gestion des ressources humaines. Une bonne gestion de ces ressources se traduit par une répartition rationnelle et proportionnelle des cadres selon les besoins de chaque service. Cette situation prend en compte le principe de l'homme qu'il faut à la place qu'il faut c'est-à-dire tenir compte de la qualification et les compétences liées à la question du besoin de service. Or au département de la santé publique en général et le service des ressources humaines en particulier, il y a une disparité et une inégalité dans la répartition des agents chargés de la santé publique et de la population. Cette mauvaise répartition aura comme conséquence le manque quasi-total des agents dans certain centre de santé surtout à l'intérieur du pays alors que nous notons une forte concentration de certaines catégories professionnelles au niveau central.

A titre d'exemple, pour les sept (7) régions sanitaires, le ratio « médecin par effectif de population » est très disparate. Ce tableau le confirme.

TABLEAU RELATIF AU MEDECINS PAGE 43 DE LA CARTE SANITAIRE DE LA RCA

Il ressort de ce tableau ci-dessus que les zones rurales sont très déficitaires, avec en moyenne un médecin pour 70 000 habitants exceptée la région n°5, isolée et peu peuplée, mieux pourvue en médecins que les autres régions rurales mais déficitaire en personnel paramédical (1 médecin pour 35 772 habitants). Il y a une forte concentration de médecins au niveau de Bangui (51 médecins). C'est dû grâce aux établissements centraux qui arrachent 48 médecins. Alors que pour toutes les zones rurales nous ne comptons que 40 médecins répartis dans les six (6) régions sanitaires. Pour résumer succinctement, pour la ville de Bangui on compte 51 médecins pour une population de 493.821 habitants. Par contre dans les zones rurales, on compte 40 médecins pour une population de 2 520 004 habitants. Le déficit est considérable au niveau des zones rurales ceci s'explique par le manque d'infrastructure à l'instance régionale et préfectorale et le manque des établissements centraux dans ces zones. Par conséquent, on assiste à un taux élevé de mortalité au niveau régional et les transferts sanitaires des malades dans les établissements centraux où les patients peuvent trouver les spécialistes.

formation qui doivent être nommés à ces postes de responsabilité comme directeurs et chefs de services. Cette situation de mauvaise gestion des ressources humaines a comme implication la non maîtrise de l'administration par ces derniers d'une part et le gaspillage des ressources humaines parce que ces administrateurs se retrouvent dans les couloirs ou dans les rues sans poste et sans activités, d'autre part. L'autre aspect aussi c'est que ces administrateurs circonstanciels n'ont pas assez de temps pour assurer leur responsabilité administrative et leur responsabilité curative. Comme conséquences, les dossiers qui auraient pu être traités dans un temps record sont entassés dans leur bureau. Par ailleurs puisse qu'ils n'ont pas assez de temps pour la consultation de leurs patients, ils les abandonnent dans de longue queue dans leur triste sort. D'autres ont plus de préférence à consulter dans leur clinique médicale que dans les hôpitaux car c'est là où ils trouvent mieux. Parfois, ils consultent une seule fois par semaine au niveau des hôpitaux et passent tout le reste de temps dans leurs cliniques. Comme conséquences certains malades n'ont pas la chance de consulter une seule fois leur médecin et la mort les atteint.

Somme toute la gestion des ressources humaines de la santé publique, de la population et de la lutte contre le SIDA souffre d'un manque cruel de personne qualifiée surtout dans les zones rurales. Cette pénurie est aggravée par une très mauvaise répartition des cadres de la santé publique et de la population.

Outre ses difficultés liées à la gestion de cadres que nous venons d'étudier, il y a aussi d'autres difficultés de nature juridique qu'on ne doit pas perdre de vue.

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