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Les systèmes fourragers des zones montagneuses: contraintes et intérêts des fabacées dans la fixation des sols et l'accroissement des ressources herbagères des petites exploitations

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par Slim Slim
Institut national agronomique de Tunisie - Docteur en sciences agronomiques 2012
Dans la categorie: Sciences
  

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Partie 1

Analyse

bibliographique

1. Système agro-sylvo-pastoral

L'agroforesterie et le sylvo-patoralisme sont deux voies anciennes de gestion des forêts, elles permettent l'augmentation de la productivité à petit, moyen et long terme (en comparaison avec la forêt seule), la biodiversité (en comparaison avec les zones agricole) et la durabilité des terres (système multi-productif). Le sylvo-patoralisme pose des problèmes importants reliés aux multiples bénéfices de la forêt comme le risque de réduction des feux et de l'érosion (Mosquera et al., 2004). Selon McAdam (2004), l'agroforesterie est un nom utilisé pour des pratiques dans des terres où les arbres sont combinés avec des cultures et/ou des animaux, où il existe une interaction économique entre l'arbre et les composantes agricole. La définition du sylvo-patoralisme est le développement des arbres avec les pâturages. L'évolution des objectifs et des utilisations des terres pour le sylvo-patoralisme détermine essentiellement les types du sylvo-pâturage et du système pratiqué. L'intensité de l'utilisation des terres engendre : i) une faible biodiversité dans les terres agricoles; ii) une augmentation de l'eutrophisation des cours d'eaux et des eaux souterraines; iii) une détérioration de la structure du sol et une diminution de la fertilité; iv) une diminution de la production agricole; et v) une diminution de la couverture forestière.

L'agroforesterie, selon Le Houérou (2004), est la combinaison sur une même parcelle des cultures classiques avec des arbres forestiers plus ou moins espacés et alignés. Ce sont le plus souvent des arbres de la famille des légumineuses en raison de leur contribution au bilan azoté du système. C'est une technique de production qui s'est développée dans des civilisations paysannes au cours des siècles. L'agroforesterie a commencé depuis des centenaires. Depuis ces temps l'Homme a commencé l'aménagement des arbres, la production agricole et les animaux d'élevage dans une zone donné de terre. Par contre l'étude scientifique de l'agroforesterie est nouvelle. Le système sylvopastoral est un type d'agroforesterie qui combine différentes plantes dont les grasses et les légumineuses avec les arbres pour la nutrition animales et autres utilisations complémentaires. Au cours des dernières années, l'agroforesterie pour la production animale est une voie qui inclut le sylvopatoralisme (McAdam, 2004). La distribution annuelle de la production est irrégulière et on observe 70% de la production au printemps et 30% à l'automne et pas de croissance en été. La moyenne annuelle de production des pâturages naturels est environ de 1440kg MOD/ha. La qualité de ces pâturages est très limitée, avec une moyenne de production de protéine nette de 10,3 kg/ha et un taux d'incorporation des légumineuses de 8,5%. Ces faibles quantités et qualité rendent la gestion de ces ressources très difficile.

L'amélioration des pâturages nécessite l'introduction de différentes actions pour l'obtention d'une production de bonne qualité et quantité. Parmi les méthodes qui peuvent être utilisé on cite la fertilisation des parcours naturels avec un aménagement approprié, ou l'introduction de nouvelles espèces et variétés. Le sylvo-patoralisme utilise des arbres et arbustes fourragers en combinaison ou non avec des espèces cultivées, habituellement des céréales : orge ou blé en zones méditerranéenne, mil ou sorgho en zone tropicale. Parmi les espèces les plus utilisées en zone méditerranéenne on cite : Acacia cynophylla, Atriplex halimus, Atriplex nummularia,Cerratonia siliqua, Chamaecytisus palmensis, Colutea arborescens, Colutea istria, Gleiditsia traiacanthos, Robinia pseudo-acacia, Medicago arborea, Medicago citrinia, Morus alba, Morus nigra, et Opuntia ficus-indica. Les haies de ces espèces établies en courbes de niveau permettent un contrôle efficace du ruissellement, de l'érosion et la mise en place de limites visibles des parcelles ou des propriétés. En outre elles apportent un complément fourrager de qualité, riche en minéraux et protèines (Le Houérou, 2002).

Selon Boudabous et al. (2000) les agro-écosystèmes de la Tunisie sont situés dans un climat largement affecté par l'aridité qui se pose pour l'ensemble du pays, mais qui n'a pas partout la même acuité. D'une manière générale le climat et l'aridité constituent un facteur déterminant dans l'occupation et l'aménagement de l'espace et la valorisation de ces ressources à des fins agricoles. En effet, toute chose étant égale par ailleurs, la disponibilité en eau conditionne largement l'occupation humaine d'un espace donné et, par la suite, son utilisation à des fins de production agricoles et/ou pastorales.

Donc en considérant le territoire tunisien, les caractéristiques climatiques permettent de distinguer trois grands ensembles naturels, ou agro-écosystèmes, par rapport aux possibilités et contraintes de mise en valeur agricole :

- les agro-écosystèmes du Sud-Ouest : caractérisé par la présence d'une aridité très marquée, l'occupation humaine de cette région et l'aménagement de son espace se trouvent totalement hypothéqués par la disponibilité et la mobilisation des eaux souterraines. Dans l'ensemble, ce groupe d'agro-écosystèmes, qui correspond aux milieux présahariens et sahariens, est caractérisé par la prédominance de systèmes de production typiques déterminés par la combinaison de l'agriculture oasienne et l'élevage extensif. Ceux-ci peuvent être classés en cinq sous-ensembles : l'atlas saharien, les Matmatas et le Dhahr, les Jeffara et El Ouâra, les chotts et l'erg occidental;

- les agro-écosystèmes de la Tunisie tellienne : caractérisée à la fois par une abondance de ces ressources en eau en hiver et un déficit hydrique en été, l'occupation humaine de l'espace de cette région est très diffuse. En effet, ces caractéristiques climatiques n'imposent pas de contraintes majeures à la mise en valeur agricole si ce ne sont pas les caractéristiques édaphiques qui imposent certaines limites (fortes pentes, topographie, pédologie, sensibilité à l'érosion hydrique). Dans l'ensemble ce groupe est caractérisé par la prédominance d'un complexe de production agro-sylvo-pastoraux intensifs et extensifs à haut potentiel, qui peuvent être classés en cinq sous ensembles : Khroumirie-Mogods, Nord-Est, Tell, Dorsale et Dorsale occidentale; et

- les agro-écosystèmes de la Tunisie centrale : cette région est caractérisée par une grande variabilité du climat et la disponibilité en eau, qui confèrent au milieu naturel une fragilité notable. Cette grande variabilité fait que l'occupation de l'espace d'une manière permanente est très aléatoire et dépend largement des interventions en matière d'aménagement de l'espace. Dans l'ensemble ce groupe d'agro-écosystèmes, qui correspond aux milieux steppiques, est caractérisé par la prédominance des systèmes de production agro-pastoraux aussi variés que complexes, axés sur l'oléiculture, la céréaliculture aléatoire et l'élevage extensif. Ceux-ci peuvent être classés en six sous ensembles : la steppe agricole, le Sahel de Sousse, le Sahel de Sfax, la basse steppe, la steppe alfatière et la steppe méridionale (Boudabous et al., 2000).

Loi et Sitzia (2004) affirment que, durant les 200 dernières années, les systèmes agropastoraux se sont rapidement développés dans les régions méditerranéennes et les régions tempérées de l'Australie du sud. Actuellement, ils sont classés parmi les systèmes les moins exigeants en intrants, et un de leur point fort est la fixation symbiotique de l'azote atmosphérique par le biais des cultures fourragères à base des légumineuses qui font une partie indispensable de ces systèmes.

1.1. Permaculture

La permaculture selon Couplan (1993) est une méthode d'agriculture planifiée, dont le choix, la disposition sur le terrain et la conduite des plantes et des animaux constituent la base. La permaculture est une méthode pratique d'obtenir des bénéfices énergétiques, depuis l'environnement domestique jusqu'aux superficies importantes.

Les plantes ne sont pas seulement intéressantes par elles-mêmes, mais elles modifient également le climat local et diminuent les nombreuses formes de pollution. La permaculture est un système d'organisation des individus ou des groupes, son objectif premier est le bien être de l'homme et la satisfaction des besoins de ceux qu'elle prétend servir. L'agriculture permanente, est la permanence et la stabilité entre la terre et la société. Les raisons principales pour planifier sont les suivantes :

- économiser notre énergie à l'intérieur du système;

- mobiliser les énergies pénétrant le système de l'extérieur (soleil, vent, feu);

- associer les plantes pour qu'elles s'aident mutuellement à vivre en bonne santé;

- disposer de façon optimale tous les éléments (plantes, terrassements et constructions,

maisons) dans le paysage;

- s'adapter au climat et au site (plan spécifique);

- y intégrer l'homme et la société;

- économiser le combustible pour cuisiner et se chauffer; et

- fournir à l'homme de quoi couvrir ses multiples besoins d'une façon réalisable par chacun.

La règle d'or dans la planification du périmètre est de commencer à développer la zone la plus proche, de bien la contrôler, puis d'en étendre le périmètre. La stabilisation et l'utilisation du paysage est une question morale dont les implications sont globales. La vie des nomades dénués de tout se déplaçant avec d'immenses troupeaux de chèvres est l'une des pires stratégies dans la gestion de l'environnement que l'on puisse imaginer. La figure 1 présente un profil de terrain typique de nombreux climats tempérés ou tropicaux humides. Les hauts plateaux (A), surface d'érosion supérieure où les arbres et les arbustes empêchent l'écoulement trop rapide des eaux, et où le cours des ruisseaux cherche le sens de la pente, cèdent la place à la pente supérieure abrupte (B), dans le cas où elle est utilisée pour l'agriculture (dont le couvert forestier protecteur a souvent été coupé, ce qui cause une érosion catastrophique. La pente inférieure est une zone agricole potentiellement très productive, bien adaptée à recevoir les structures édifiées par l'homme, ses animaux domestiques et ses instruments. Plus bas, de doux vallonnements mènent à une plaine (D) où il est possible de stocker facilement l'eau au moyen de grands barrages peu profonds, et où l'on peut pratiquer des cultures extensives (Couplan, 1993 et McAdam, 2004).

Figure 1. Profil idéalisé sur un terrain en pente (Couplan, 1993)

Des systèmes fragiles comme celui-ci, en équilibre souvent précaire, doivent être préservés du surpâturage et de l'érosion du sol si l'on veut conserver toute l'eau possible pour la production d'électricité et l'agriculture aux altitudes inférieures. Il est donc nécessaire de gérer soigneusement tous les éléments et d'éviter tout ce qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses. Ceci implique de réduire s'il le faut le nombre des animaux ainsi que de planter et de prendre soin d'autant d'arbres, d'arbustes et de végétaux couvrant le sol qu'il est possible, pour retenir l'humidité. Les pentes permettent à l'homme de gérer une grande variété d'aspects, d'exposition, d'ensoleillement et d'abris (Loi et Sitzia, 2004).

Très souvent, on a affaire à des systèmes agro-sylvo-pastoraux qui sont des systèmes d'élevage qui, à un moment ou à un autre de l'année, utilisent des espaces boisés d'un point de vue fourrager, ces espaces boisés étant eux-mêmes le plus souvent l'objet de traitements sylvicoles orientés vers des objectifs de production ligneuse. Ce sont des systèmes complexes, constitués de formations végétales variées et diversifiées, à plusieurs strates (herbacée, arbustive et arborée) qui interagissent fortement entre elles et qui de ce fait, fonctionnent globalement assez différemment d'un point de vue écologique. La gestion de ces systèmes demande une approche intégrée qui prend en considération les différentes productions fourragères, ligneuses et agricoles en fonction des conditions écologique, sociales et culturelles locales, en vue de tirer le meilleur profit durable tout en les protégeant de la dégradation.

Un programme d'aménagement des pâturages naturels doit prendre en considération la nécessité de procéder à des améliorations permanentes de terrains des parcours par : la mise en défens, la réglementation du pâturage, la limitation des époques du pacage, le calcule de la charge du pâturage, la lutte contre les plantes nuisibles ou indésirables et l'enrichissement des pâturages par l'introduction d'espèces fourragères (Nahal, 1998).

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