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Analyse de dépenses de santé des Entreprises en République Démocratique du Congo.:Cas de l'Office National des Transports


par Eric MAFUTA
Ecole de Santé Publique , Université de Kinshasa - Spécialiste en Santé Publique Option Economie de la Santé 2007
  

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4.2 LES DEPENSES DE SANTE DE L'ENTREPRISE

Concernant le budget, l'Office a alloué un budget à la Direction médicale. Il a financé un budget de fonctionnement pour les secteurs médicaux. Mais le taux d'exécution de ce budget en 2005 était de 20,6 %

Cela dénote de l'environnement difficile où évoluaient les entreprises en République Démocratique du Congo mais aussi du manque de pragmatisme. Le budget est élaboré que comme document mais n'est pas traduit en pratique par des actions effectives (9, 15)

Concernant les indicateurs du financement de dépenses de santé dans les structures de l'ONATRA (Tableau 12), il a été noté que l'Office a dépensé en moyenne 23 USD pour les dépenses de santé par bénéficiaire par an. Cette dépense moyenne est similaire à celle que les entreprises allouaient aux soins de population ayant droit durant les années 1980 en RDC (9). Ce montant est supérieur au montant alloué en moyenne par les ménages pour les soins de santé en RDC, dépense moyenne ayant été estimée à 15 USD par habitant par an (15). Il est aussi supérieur au montant fixé par les experts de l'OMS et de la Banque mondiale, au niveau macroéconomique, pour permettre le financement du coût de services de base dans les pays en voie de développement en particulier dans les pays d'Afrique à faible revenu, montant estimé à 12 USD. Mais il est inférieur au 32 USD par personne par an constituant le minimum requis pour couvrir les interventions essentielles comme la lutte contre l'infection VIH-SIDA. (34,35, 36). Il est aussi inférieur à la dépense moyenne consentie par les entreprises dans le District sanitaire de Boma en 2004 (19).

L'étude de Mayaka a estimé à 353 USD par agent par an la dépense moyenne des entreprises. Cette différence avec la présente étude serait due au dénominateur utilisé. Nonobstant toutes ces considérations, cette information montre l'importance des entreprises en tant que sources de financement ou en tant que agent financier en RDC surtout dans le milieu urbain.

Cette situation peut être utilisée par les décideurs politiques pour diversifier les sources de financement privé de la santé, pour élaborer des stratégies de mobilisation de fonds pour la santé. L'approche contractuelle présente actuellement plusieurs modalités dont certaines pourront être appliqué dans le partenariat public- privé dans le secteur de la santé (37, 38). Cela s'avère d'autant plus important que les instances de l'OMS estiment que 1 USD courant dépensé dans un pays à faible revenu est égal à environ 2-3 USD sur base d'un dollar corrigé de la parité de pouvoir d'achat (PPA) (36).

Mais il y a lieu de porter un correctif, les tableaux 13 et 14 ont montré que plus de 50% de financement de dépenses de santé ont été utilisé pour l'administration de services et non pour les prestations de soins. Donc une réaffectation est souhaitable et nécessaire si l'entreprise veut que le financement de soins soit efficace et efficient.

Concernant les autres indicateurs, l'étude a montré que les dépenses de santé ont représenté 10 % de la masse salariale et 3 % du chiffre d'affaires de l'entreprise. Par rapport à l'étude nigériane, où les dépenses de santé représentaient 6% de la masse salariale des entreprises (6), il y a en terme de pourcentage une amélioration laquelle peut être factice étant donné les barèmes salariaux appliqués en RDC ne sont pas forcément les mêmes qu'à ceux appliqués au Nigeria.

Pour le pourcentage du chiffre d'affaires, elle peut être le correspondant au niveau microéconomique de la valeur ajoutée donc le PIB au niveau de la macroéconomie. Si cette approximation peut être faite, le constat est que l'entreprise a alloué environ 3 % de sa valeur ajoutée aux dépenses de santé. Cela est inférieur aux recommandations de l'OMS et de la Banque mondiale qui recommandent que 10 -12 % de la valeur ajoutée d'une entité nationale soit alloués aux dépenses de santé (34, 35, 36).

Pour ce qui est de la source de financement, l'étude a visé le financement propre de l'ONATRA. Cette entreprise a financé 100 % de dépenses de santé de ses employés et de personnes à leur charge (Tableau 13). Toutefois, la réalité est que certaines activités comme l'approvisionnement de structures en vaccins et autres accessoires de vaccination, certaines donations de programmes spécialisés ont des coûts qui ne ressortent pas dans les comptabilités des entités du secteur privé de la santé. Cette situation est générale même au niveau des structures sanitaires publiques.

Cette étude de comptes de santé de l'ONATRA a permis aussi de constater en rapport avec la classification de dépenses de santé en fonction de prestataires que l'administration consomme plus de 50 % de fonds.

Le même constat est aussi fait dans le secteur public de la santé. Pour l'ONATRA, cette situation s'expliquerait par l'existence d'une double administration, celle de la Direction Médicale qui est l'administration fonctionnelle et celle de l'administration du Département de Services Généraux qui est le département de tutelle de la Direction Médicale. C'est aussi un appel aux instances directrices de l'entreprise pour une restructuration du cadre organique de l'entreprise et pour une réaffectation de ressources. En effet, il serait souhaitable que les ressources soient affectées aux autres prestataires pouvant avoir un impact plus important sur la santé comme les prestataires de la médecine du travail, les institutions d'enseignement et de formation.

Au moment où ces derniers ne bénéficiaient pas d'un financement conséquent, environ 6 % des dépenses ont été affectées au reste du monde (Tableau 14), représentant les prestataires étrangers qui ont pris en charge les malades transférés à l'étranger. Ce constat pose avec acuité la problématique de l'investissement dans la formation et dans l'infrastructure nationale.

La faible participation et collaboration des services de santé des entreprise dans le financement du Système national de la santé ont été relevées lors de la Conférence- atelier de Mbanza Ngungu sur la collaboration intra-sectorielle entre les partenaires du secteur de la santé en 1987 (33) et demeure encore d'actualité en RDC. Cela pourrait s'expliquer par le fait que la surveillance de service médical de l'entreprise relève de la collaboration entre le Ministère du Travail et Prévoyance sociale et le Ministère de la Santé (27). Il serait souhaitable que cette collaboration soit clarifiée et que la supervision de service médical des entreprises soit du ressort du Ministère de la Santé Publique pour une bonne application de la Politique Sanitaire Nationale.

Il est aussi important de constater que les centres hospitaliers et les postes de santé ont bénéficié d'environ 16 % de financement en tant que prestataires. En effet, c'est dans ces catégories que se retrouve la majorité de formations sanitaires de l'ONATRA (Tableau 14).Cependant le Tableau 17 montre qu'en additionnant la composante non salariale du revenu du travail (8,91%) et le transfert aux ménages (25,77%), une somme de 34,68 % est obtenue. Elle représente les dépenses qui se sont réalisées en dehors du réseau médical de l'ONATRA. Aussi les dépenses de remboursement et le paiement des prestataires extérieurs alourdissent-ils les dépenses de santé de l'Office.

Comme souligné précédemment, concernant les prestations financées, les activités administratives ont consommé le gros de dépenses de santé de l'ONATRA. Les prestations de soins curatifs ont représenté 23% au moment où les prestations de services de prévention et de santé publique ont moins de 1%. Cette situation confirme l'affirmation selon laquelle le financement du secteur privé dans la Santé bénéficie plus aux activités curatives qu'aux activités de prévention ou encore de réadaptation (0,78%). Il semble aussi important de remarquer à travers cette analyse de dépenses de santé que l'ONATRA a alloué moins de 1% à la formation de capital des établissements, c'est-à-dire à l'investissement, à l'acquisition des équipements, à la construction ou à la réhabilitation des infrastructures. Réalité déplorable qui est retrouvée aussi au niveau du secteur public dans les pays africains.

Concernant les coûts de production de soins de santé, les ressources ont été plus utilisées pour les dépenses courantes telles que la rémunération des salariés et des propriétaires, les fournitures et services ainsi que le transfert aux ménages. Les dépenses en capital ont été minimes. Cela explique la vétusté et l'obsolescence des infrastructures et équipements du service médical de l'ONATRA et peut-être aussi la préférence de certains employés de se faire soigner en dehors de structures de l'ONATRA et de se faire rembourser par la suite.

Cette étude n'a pas permis de réaliser des matrices de dépenses par rapport à la classification des bénéficiaires, ni la matrice de flux financier des prestataires ayant bénéficié du financement de l'ONATRA aux fonctions. Ce problème est due à la nature de données disponibles qui ne présentaient pas des données détaillées sur la structure démographique de la population cible et par le fait que la ventilation de dépenses de prestataires par fonctions nécessite en principe une enquête auprès de prestataires ce qui n'était pas l'objet de la présente étude.

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"Je ne pense pas qu'un écrivain puisse avoir de profondes assises s'il n'a pas ressenti avec amertume les injustices de la société ou il vit"   Thomas Lanier dit Tennessie Williams