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Valorisation en agriculture des apports organiques contenus dans les déchets urbains:qualité des matières organiques et service écosystémique

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par Marie Virginie FALINIRINA
Ecole supérieure des sciences agronomiques Antananarivo - Doctorat en sciences agronomiques 2010
  

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1.3 Résultats et discussions

1.3.1. Fertilité du sol vue par les paysans: caractéristiques, critères d'évaluation et construction

Les paysans s'expriment différemment sur la notion de fertilité du sol. 26% se réfèrent à un caractère productif, un sol fertile étant un sol qui est « capable de produire », 26% se réfèrent à un effort de maintenance de la parcelle en bon état, un sol fertile dépend alors de l'entretien qui lui est dispensé, un sol fertile est un sol cultivé. Cet entretien passe par différents travaux, le travail du sol dont essentiellement le labour. Aussi, pour un grand nombre d'entre eux, c'est la fertilisation du sol qui importe (20%). Un sol fertile est alors un sol qui reçoit de nombreux apports de matières organiques. Ainsi, le sol s'améliore petit à petit, « plus on le cultive, plus on lui apporte à manger, plus il mûrit ». D'autres agriculteurs évoquent la fertilité d'un sol en

10 Fokontany : quartier

fonction de sa structure11 ou de sa couleur. Un sol fertile est facile à travailler, le sol se disperse, s'émiette, il est souple, la terre est molle, on ne trouve pas de grosses mottes mais de petits agrégats faciles à casser. Ceci est mis en opposition au sol collant, qui forme un seul bloc. Les sols de couleur sombre dans les nuances de noir, marron, gris cendre ou encore bleu sont considérés fertiles alors que ceux de couleur claire dans les teintes rouge orangé sont considérés moins fertiles ou non fertiles. Toutefois, cette notion de couleur est aussi à relier au type de sol considéré, une terre de « tanety », de bas-fonds ou de rizière n'a pas la même couleur à l'origine et ne « prend pas la couleur de la matière organique apportée » de la même façon. Bien qu'anecdotique, il est intéressant de noter que la vie biologique du sol est aussi prise en considération, quelques paysans précisent spontanément qu'un sol fertile est fourni en vers de terre. Enfin, certains parlent de « fertilité naturelle », c'est souvent le cas pour des parcelles jouissant d'une situation particulière comme l'apport de matières suite aux inondations. Mais, reconnaissant cette prédisposition du sol, ils sont conscients de la nécessité de l'entretenir en « lui apportant ce que la plante a puisé ».

Par rapport à la perception paysanne de la fertilité de sol, on se pose la question comment ils gèrent ou construisent la fertilité de leur parcelle. Cela repose sur trois actions principales : le labour, l'apport de matière organique et dans une moindre mesure des fertilisants chimiques, et la rotation culturale.

Labourer les terres est une opération importante dans l'agriculture malgache. 100% des paysans labourent leur parcelle et 25% font un labour profond (30 à 50 cm).

L'apport de matière organique, lui, est incontournable (100%). Si l'attribution de la fertilisation vise en premier lieu l'augmentation de la production, elle a aussi pour but d'améliorer les qualités du sol (structure, état mûr, nourriture). Des agriculteurs affirment que l'amélioration de ses qualités est un pré requis à l'obtention d'une bonne récolte. D'autres voient, les fertilisants organiques comme la nourriture du sol et les fertilisants chimiques la nourriture des plantes. D'ailleurs, les utilisateurs d'engrais chimiques ajoutent souvent que les engrais chimiques ont pour effet d'accélérer la vitesse de croissance, d'augmenter la production en quantité, en qualité aussi, et qu'ils sont un bon complément à la fumure organique. Ceux qui ne les utilisent pas invoquent bien sûr la question du coût mais aussi un effet durcissant sur les sols.

Enfin, les agriculteurs disent pratiquer la rotation culturale pour ne pas épuiser les sols en alternant des plantes qui puisent des éléments différents. Ce point nécessiterait un approfondissement pour connaître les types de rotations, les modes d'action et les règles de décision les régissant. Par exemple, la rotation riz/culture de contre-saison est un modèle répandu dans les bas-fonds, il sera développé plus loin. La gestion de la fertilité passe aussi

11 Ce que nous interprétons comme éléments se rapportant à la structure d'un sol

par des pratiques moins répandues comme la jachère, qui tend à disparaître, et l'association culturale (maïs/haricot, etc.)

Ambohimanarina

Alasora

Andraisoro

Labour

Apport de MO

Succession culturale

Photo 2.1. Construction de la fertilité de parcelle par les paysans de l'AUP

Quand il s'agit d'extension de parcelle sur des terres de « tanety », les paysans attachent une attention particulière à la construction de sa fertilité. Elle passe généralement par l'enfouissement des bozaka12 au moment du labour et des apports conséquents en matière organique les premières années. Certains préfèrent laisser un temps de dégradation et de repos après ces opérations, pour les réitérer l'année d'après avant la mise en place de la culture. Cela demande de grandes quantités de fertilisants et une force de travail conséquente. Des agriculteurs font donc le choix de la culture du manioc avec apport localisé pour décompacter les sols et garantir les bénéfices des apports à la culture. Bon nombre d'agriculteurs mentionnent l'importance d'un certain nombre de facteurs pour la construction de fertilité sur les « tanety » (Figure 2.1). Selon les réponses données par les personnes enquêtées, l'apport de fertilisants est donc un pilier dans la gestion de la fertilité, même si l'agriculteur peut aussi jouer sur d'autres facteurs comme la gestion de la végétation naturelle durant la phase d'abandon, ou le type de culture au cours des premières années.

12 Végétation spontanée de Madagascar

Figure 2.1. Facteurs nécessaires à la construction de fertilité sur les « tanety ».

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