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La radiodiffusion au cameroun de 1941 à 1990

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par Louis Marie ENAMA ATEBA
Université de Yaoundé I - Master II en Histoire des Relations Internationales 2011
  

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XI-PLAN

Pour rédiger ce travail, nous avons opté pour une approche à la fois chronologique et thématique. Ainsi, nous présentons respectivement : la radiodiffusion au Cameroun avant les indépendances ; l'apport de la radiodiffusion du Cameroun indépendant ; le rayonnement international de cette radio, ses difficultés et ses défis.

CHAPITRE I

LA RADIODIFFUSION AU CAMEROUN AVANT LES INDÉPENDANCES (1941-1959)

L'idée de la création d'une radio au Cameroun était portée par le lobby colonial, influencé par la Deuxième Guerre mondiale. Ainsi, en 1941, la France mit sur pied un poste en ondes courtes à Douala, pour répondre aux nécessités d'information et de propagande dans l'effort de guerre. Mais dès 1946, le Cameroun, en tant que territoire sous tutelle de l'O.N.U., disposait d'une station de radio, ayant vocation à le conduire à l'indépendance et à la réunification, conformément aux revendications des nationalistes de l'U.P.C.

I- NAISSANCE ET ÉVOLUTION DE LA RADIODIFFUSION DU CAMEROUN

La mise en place d'une radio au Cameroun était la manifestation de l'ambition de la France d'asseoir sa domination sur le pays, et d'en faire une chasse-gardée, d'autant plus que le contexte international, caractérisé par la Deuxième Guerre mondiale, s'y prêtait.

I.1. La nécessité d'un poste émetteur au Cameroun

En 1919, La Conférence de paix de Versailles, créant la S.D.N., fait du Cameroun, un territoire sous mandat. La S.D.N. reçoit pour mission de favoriser l'évolution du Cameroun. Elle adopte comme pays mandataires la France et l'Angleterre. Vu son échec dans sa mission de maintien de la paix mondiale, la S.D.N. est remplacée par l'O.N.U. Le Cameroun devient alors un territoire sous tutelle de l'O.N.U. Ainsi, il a un statut particulier, par rapport aux autres possessions territoriales. Aussi était-il nécessaire pour le Cameroun d'avoir un poste de radiodiffusion propre.

I.1.1. La justification : l'inexistence au Cameroun d'un système de radiodiffusion propre

En Afrique, les premières stations de radiodiffusion ont fait leur apparition vers les années 1940. La première station de radio à émettre au Cameroun fut Radio-Douala, en 1941. Son importance pour les puissances administrantes, la France et l'Angleterre, n'était plus à démontrer.

De 1941 à 1943, un poste en ondes courtes, installé à Douala, répondait aux nécessités d'information et de propagande dans l'effort de guerre de la France libre. Le Cameroun ne disposait jusqu'en 1947 d'aucun moyen de radiodiffusion propre. Léonard Israël Sah le souligne avec pertinence, en ces termes : « la radio avait été introduite au Cameroun par la colonisation française au début des années 1940. L'objectif de la France était, dans ce projet, de répondre à ses nécessités de guerre, car elle était en proie à des attaques militaires des Nazi »20(*). Les populations camerounaises écoutaient le poste émetteur de Radio-Brazzaville ou les postes locaux du Nigéria britannique. Le Cameroun ne comptait d'ailleurs en 1947 qu'un millier de récepteurs, majoritairement européens. Cette situation parut anormale en 1947.

Placé sous la tutelle de l'O.N.U., le Cameroun pouvait s'affirmer au niveau international. La nécessité de cette affirmation internationale avait conduit à la création d'un poste de radiodiffusion conforme au statut du pays. Dans cet esprit, dès 1947, le gouvernement local avait décidé de créer, au Cameroun, une station de radiodiffusion, au moment où le MIN.F.O.M. se proposait d'y installer, à délai bref, un émetteur d'un kW en ondes courtes. Le statut particulier de ce pays avait suscité l'établissement d'un régime nouveau devant concrétiser son association à la France métropolitaine. Le gouvernement local avait alors envisagé une société anonyme, dont les actions devaient être réparties entre le territoire du Cameroun et la France libre. Les actions attribuées à la France devaient être gérées par une société d'État, à savoir la SO.FI.RAD., et devaient représenter des apports en matériels. Le Conseil d'Administration devait comprendre des représentants français et africains du Cameroun, et des représentants de la France (SO.FI.RAD. et MIN.F.O.M.). Le Haut-Commissaire devait avoir des pouvoirs de contrôle sur le poste, le Département en conservant la surveillance technique. Dans ce projet, la société devait recevoir du Cameroun la concession exclusive de la radiodiffusion au sein du territoire. Ses dépenses d'exploitation devaient être couvertes par une dette radiophonique complétée par une subvention locale. Pour permettre la constitution de la société, le matériel issu du MIN.F.O.M. devait être concédé à la SO.FI.RAD., par contrat entre celle-ci et l'État. Ce projet est resté lettre morte. En juillet 1947, le Haut-Commissaire chargea une commission d'examiner les conditions dans lesquelles pourrait être immédiatement organisé « un service d'émissions radiophoniques susceptibles d'intéresser et de toucher les masses africaines.»21(*)

Après la Première Guerre mondiale, et la Conférence de paix de Versailles, tenue le 28 juin 1919, la S.D.N. place le Cameroun sous mandat français et britannique. Les puissances mandataires ont des obligations multiples : faire disparaître l'esclavage et, en particulier la traite ; ne procéder au travail forcé que pour des ouvrages publics essentiels ; exercer un contrôle rigoureux sur le trafic des armes et des munitions de guerre, ainsi que sur les spiritueux et des boissons alcooliques ; limiter le service militaire des autochtones aux seuls besoins intérieurs du territoire; garantir la liberté de conscience et de culte ; tenir compte des coutumes indigènes dans les transferts des propriétés foncières. En décembre 1946, le Cameroun reçoit un statut de tutelle qui le place en dehors de la République française et oblige celle-ci d'en accélérer le progrès politique.

* 20 Léonard Israël Sah, 58 ans, enseignant d'Histoire, Université de Yaoundé I, Yaoundé, 19 avril 2009.

* 21 ANY, 1.AC.623, Radio-Stations, équipement de la station radio de Maroua, Garoua, Ngaoundéré, Batouri et Yaoundé, 1947, pp.13-15.

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