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La crise de la dette souveraine dans la zone euro (2009-2011)

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par Charbel Hatoum
Universite Antonine - Liban - Gestion des affaires - option Finance 2012
  

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4- Situation portugaise

Après la Grèce et l'Irlande, le Portugal à confronté a son tour la crise financière européenne. La situation est différente par rapport aux autre pays touchés par la crise. En effet, elle est caractérisée par une fragilité du système économique, qui s'est manifesté après l'adoption de l'euro (1999) par une croissance faible du PIB (une moyenne de 1.1% entre 2001 et 2007, la plus faible moyenne dans la zone euro dans cette période) ; une situation politique dominée par deux forces équivalentes interdisant la mise en place d'une majorité parlementaire dans les élections législatives de 2009 et la définition d'une vision économique commune.

En comparant la situation de la Grèce, de l'Irlande et du Portugal, on trouve que les trois pays confrontent une crise similaire au niveau de la forme, se manifestant par les mêmes indicateurs économiques et financiers, le taux d'endettement, le déficit budgétaire excessif et le taux de chômage élevé.

En 2010, le taux d'endettement dans le Portugal est évalué à 82.1% du PIB13(*), soit 145.5 milliards d'euros; les obligations publiques, qui sont pour diminuer le déficit budgétaire (-10.2% du PIB en 2009 selon Eurostat), sont affectées par les mesures gouvernementales visant à confronter les effets de la crise financière mondiale de 2008. Elles constituent 70% de la dette publique Portugaise.

Et si on additionne la dette publique et les dettes privées (des entreprises et des ménages), le taux d'endettement dépasse 300% du PIB au Portugal contre 240% en Grèce, cette situation a affecté négativement la consommation et l'investissement dans le pays.

De plus le taux de chômage au Portugal a augmenté depuis 2008 de 8.5% à 12% en 2010 et à12.9% en 2011 selon les statistiques de la Banque Mondiale14(*). Cette image sombre de la situation financière et économique du Portugal se manifeste dans la notation des trois agences américaines et ensuite dans les marchés financiers déjà troublés par la situation grecque et irlandaise.

Le 30 novembre 2010, l'agence de notation Standard and Poor's place la note souveraine du Portugal sous vigilance négative. Elle prévoit une contraction du produit intérieure brut de 2% l'année suivante (2011) en posant des questions sur la fiabilité des mesures gouvernementales pour répondre a la crise.

En décembre 2010, Moody's place la situation portugaise sous vigilance négative, en doutant que les mesures portugaises soient satisfaisantes pour confronter la crise et en envisageant un nouvel abaissement de la note qui pourrait atteindre A2 ou A3 en mars 2011.

En même temps, Fitch abaisse la note souveraine portugaise en décembre 2010, en annonçant des perspectives négatives et une crainte d'une récession dans l'économie du pays.

Malgré la décision de la banque centrale européenne consistant à acheter les obligations publiques des pays en crise, le taux d'obligations publiques portugaises à 10 ans a atteint 7.18% en janvier 2011. Le ministre des finances portugais a annoncé fin 2010 que des taux obligataires supérieurs à 7% rendent l'endettement dans son pays insoutenable. Par la suite, les taux obligataires dans le Portugal qui ont été depuis 2003 sous la limite de 5%, ont dépassé cette limite après la fin de l'année 2010 sous la pression d'une crainte sur les marchés financiers, émanant avec la détérioration de la note souveraine portugaise par les agences de notation.

Taux des obligations portugaises a 10 ans

Source : BCE

Le premier plan d'austérité a été annoncé par le gouvernement en mars 2010 en vue du réduire le déficit budgétaire. Ces mesures (prises par le gouvernement minoritaire du socialiste José Socrate) ont trouvé une grande opposition au Portugal. En novembre 2010, une grève générale est annoncée dans le pays, affectant les services publics et les grandes entreprises.

Dans cette période, le gouvernement de Socrate a continué à refuser l'idée d'une demande d'aide du << Troïka>> : les pays européens, la BCE et le FMI (recourt au Fond européen de stabilisation financière, FESF) malgré une grande pression exercée par la majorité des pays européens et par la BCE. Ce refus se base sur 4 idées du gouvernement portugais :

- La spécifié de la crise du Portugal. Elle est structurelle et elle demande des solutions stratégiques au niveau d'une relance de la croissance et d'une diminution des dépenses publiques. Le gouvernement du pays et la BCE estimaient que le pays confronte une crise de liquidité et non pas une crise de solvabilité.

- Le coût de l'emprunt (de l'aide) est estimé élevé, les taux d'intérêt des crédits d'aide par le Fond Européen de Stabilisation Financière ont marqué 5.2% pour la Grèce et 5.8 pour Irlande. Le gouvernement portugais préfère une diversification de la dette souveraine et de la source de financement. Ceci permet de diminuer les pressions des marchés et éviter les mesures économiques de la BCE et du FMI pour obtenir un aide.

- L'intervention constitue un risque politique et social : pour le gouvernement portugais, une intervention du Fond monétaire international indique une politique de rigueur sévère, qui ne trouve pas de grâce dans la société portugaise. D'autre part, le seul avantage d'une intervention du FMI, selon la majorité de la population, s'explique par les mesures obligatoires qui peuvent lutter contre la corruption dans le pays.

- L'aide européenne n'a pas permis d'empêcher la contagion. Le gouvernement annonce qu'une aide extérieure n'est pas efficace et il ne peut pas éviter la contagion de la crise à l'Italie et à l'Espagne. Notons que l'intervention extérieure n'a pas évité que la crise de la Grèce affecte l'Irlande et le Portugal.

Donc, le gouvernement continu à refuser la demande de l'aide extérieure et prendre les mesures d'austérités pour diminuer le déficit.

Le principal objectif de la loi des finances pour l'année 2011 a été la réduction du déficit jusqu'à 4.6% du PIB au cours de l'année 2011. Cette tendance s'obtient par la réduction des dépenses et l'augmentation des recettes publiques. La loi a annoncé une réduction des salaires dans le secteur publique, un gel de recrutement, une baisse des allocations familiales (25%). L'évolution des recettes passe principalement par une augmentation de la TVA de 21% à 23% et une création des nouvelles taxes sur les crédits.

De plus, cette loi encourage la privatisation de quelques entreprises durant deux années prochaines.

Un autre programme qui encourage la compétitivité est présenté au parlement, il a pour objectifs :

- le soutien des sociétés exportatrices ;

- encourager les entreprises locaux par la diminution des charges administratives ;

- stimuler les marchés locatifs ;

En mars 2011, un quatrième programme d'austérité est présenté par le gouvernement de Socrate devant le parlement. Il peut éviter le recours à l'aide financière extérieure, mais le parlement a rejeté ce programme en 23 mars. Monsieur Socrate annonce sa démission le même jour. Après ces événements, le président de la République dissout le parlement et convoque à des élections législatives anticipées dans 50 jours.

Le pays est entré dans une période critique ou la crise est transformée a une crise économique et politique. La méfiance des marchés financiers se manifeste par une hausse des taux obligataires et le pays doit faire face à un remboursement de sa dette de 9 milliards d'euros d'ici jusqu'à 15 juin de l'année 2011.

Ensuite, la note souveraine portugaise été dégradé de nouveau par les agences de notation, Moody's a abaissé en avril cette note de A3 a Baa1 devant « l'augmentation des incertitudes politiques, budgétaires et économiques ».

Par la suite, le gouvernement portugais du premier ministre démissionnaire a officiellement demandé l'aide financière de la commission européenne et du FMI en 6 avril 2011.

Le 16 mai, les ministres de finances européens ont entériné un plan de sauvetage pour le Portugal (discuté par la BCE, le FMI et la commission européenne) qui consiste a lui prêter 78 milliards d'euros pour 3 ans avec un taux d'intérêt de 5.5% (environ), dont 2/3 du montant est présenté par les européens et 1/3 est présenté par le FMI.

Ce plan nécessite des mesures pour arriver à diminuer le déficit budgétaire en 2011 de 5.9% du PIB et à 3% en 2013, les principales mesures sont :

- Prendre de nouvelles mesures de rigueur ;

- Renforcer le capital des banques portugaises ;

- Passer a des privatisations ;

- Prendre des actions pour reformer le système de l'administration et de sante.

Après l'annonce du plan de sauvetage, les taux d'intérêt sur les obligations portugaises à 10 ans ont diminué pour quelques jours (9.16% en 17 mai 2011)15(*), puis ils ont augmenté grâce à des doutes diffusés sur l'efficacité du plan.

A la fin de l'année 2011, les taux d'obligation à 10 ans du Portugal enregistre un taux de 13.71% le 30 décembre 2011. Au début de l'année 2012, la note souveraine attribuée au pays se présente aussi :

- Moody's : Ba2

- Standard and Poor's : BBB-

- Fitch : BB+

PIB, déficit/excédent, dette dans le Portugal (en Euro)

Source : Eurostat

* 13 http://epp.eurostat.ec.europa.eu/

* 14 www.banquemondiale.org

* 15 www.ECB.int

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