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Analyse des déterminants d'adhésion et stratégie d'intégration de la mutuelle de santé dans les habitudes de consommations des étudiants : cas de la MUNASEB

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par Moussa YAMEOGO
Université Ouagadougou II - Maîtrise en Economie et Gestion des entreprises d'Economie Sociale et Solidaire 2008
Dans la categorie: Economie et Finance
  

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· Le niveau de confiance accordé à la mutuelle

Dès les premières années de vie de la mutuelle, le problème de confiance en son fonctionnement se pose. La plupart du temps ce problème est lié à la moralité des gestionnaires de l'organisation et aussi à la capacité, au dynamisme de cette dernière à atteindre les objectifs qu'elle s'est fixée. Dans son guide d'introduction aux mutuelles de santé en Afrique, le Bureau International du Travail (BIT) fait mention du fait que la population doit avoir confiance dans les initiateurs du projet (BIT, 2002).

Selon Waelkens et al., (2005), les discussions de groupes tenues dans le cadre de la mutuelle Maliando (Guinée) mettent en exergue deux dimensions de la confiance : d'une part, il y a la confiance dans la gestion du système ce qui est fonction de la compétence et de l'intégrité des gestionnaires ; et d'autre part la confiance dans la capacité du système à atteindre ses résultats escomptés. Autant les individus sont convaincus de l'importance de la mutuelle dans l'accès aux soins de santé, il n'en demeure pas moins une méfiance manifeste des intentions et pratiques des gestionnaires. La conception générale de la population est que les initiateurs ou gestionnaires de la mutuelle veulent en quelque sorte s'enrichir sur le dos des membres adhérents bien qu'en réalité, la mutuelle ne fait que survivre.

Au-delà du niveau de confiance accordé par la population à la mutuelle, quant est-il de leur capacité et volonté à payer pour les services de la mutuelle ?

· La capacité et la volonté de payer

Le Burkina Faso, à l'instar des pays de l'Afrique Subsaharienne, détient un seuil de pauvreté très bas. Les efforts enregistrés par l'économie ces dernières années, n'ont pas été suffisants pour faire reculer la pauvreté. Au contraire, elle s'est accentuée au fil des années et s'est éloignée du seuil de pauvreté. Selon trois enquêtes prioritaires menées par l'Institut National de la Statistique et de le Démographie (INSD) pour le compte du gouvernement en 1994, en 1998 et en 2004, la pauvreté sur la base d'un seuil absolu serait estimée à 82672FCFA en 2003 contre 72690FCFA par adulte et par an en 1998, et 41099FCFA en 1995. Entre 2004 et 1998, la proportion des pauvres est passée de 4,3% à 46,4% soit une aggravation de 1,1 point et comparativement à 1995, elle s'est accentuée de 2 points6(*).

La mutuelle de santé vise une meilleure accessibilité des populations aux soins de santé, ce qui devrait accroître le niveau de recours de la population à la mutuelle pour se couvrir contre les périodes morbides qui peuvent advenir au cours de l'année. Malheureusement, ce n'est le cas tant au Burkina que dans bon nombre de pays d'Afrique à cause du faible niveau de vie des populations.

Pour Audibert et al.,(2004), le paiement direct des soins constitue beaucoup souvent un obstacle à l'utilisation des services de santé pour les plus pauvres; certaines périodes de l'année (période de soudure) peuvent constituer un obstacle à l'utilisation des services de santé du fait d'une non-disponibilité immédiate de ressources monétaires. Bien que la santé soit une nécessité pour les populations, le niveau de vie de ces dernières ne leur permet pas en général, de faire recours aux structures sanitaires à cause dans la plupart des cas, du faible revenu ou même de la précarité du revenu. Le dernier recours dans ce cas demeure l'automédication ou la pratique de la médecine traditionnelle.

La volonté des populations à payer pour un bien ou un service est le plus souvent liée à la valeur d'utilité qu'elles accordent à l'utilisation de ce bien ou ce service.

La figure ci-après nous donne une illustration d'un modèle de performance des activités de la mutuelle.

Figure 4: Modèle empirique de la performance de la mutuelle de santé

Donnent plus d'informations à leurs adhérents

Mutuelles mieux organisées et mieux gérées

Confiance accrue des adhérents

Fidélisation (Adhérents prêts à cotiser plus) image positive

Taux d'adhésion progresse plus rapidement

Capacité d'offrir directement des soins (coûts et qualités contrôlées)

Adhérents satisfaits des soins et des coûts

Source : (adaptée de Fournier et al., 2005)

Interprétation du sens des flèches pleines

Le fait que les adhérents aient confiance à la gestion de leur mutuelle et qu'ils soient satisfaits des soins qu'ils reçoivent augmenterait leur disposition à payer, ce qui aurait pour conséquence d'améliorer la viabilité financière de la mutuelle (performance interne) et son taux de pénétration dans la population (taux de couverture de la population cible et taux de progression de l'adhésion).

Interprétation du sens des flèches en pointillées

Les mutuelles qui offrent directement des soins connaissent une progression plus rapide du taux d'adhésion. Le fait que les adhérents demeurent plus fidèles à leur mutuelle et que de nouveaux adhérents rejoignent ces mutuelles en plus grand nombre reflète la satisfaction des premiers et l'image positive que ces mutuelles projettent aux seconds.

Selon donc les différents auteurs, les jeunes mutuelles de santé rencontrent approximativement les mêmes problèmes surtout lors du démarrage de leurs activités aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain. Ces problèmes sont plus généralement liés à la qualité de soins et de prestations que propose la mutuelle, le niveau de confiance accordé par la population cible à la mutuelle ou à leurs capacités et dispositions à payer pour adhérer à la mutuelle de santé.

* 6 Cfr cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP), 2004

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