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Etude de la conséquence en français contemporain: Le cas de trois oeuvres d'Emile Zola

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par Lysette Nanda
Université de Yaoundé I - DEA de langue française 2006
Dans la categorie: Arts, Philosophie et Sociologie > Littérature
  

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3.4. Les adverbes d'intensité si, tellement, tant associés à une

intonation exclamative

Associée à l'intensité, la description de l'énoncé exclamative se décline légèrement de celle associée au connecteur donc. Nous n'en avons pas trouvé beaucoup d'occurrences dans notre corpus. Nous l'étayons néanmoins par l'énoncé [18]

« Partons », dit Mme Hennebeau, en se dirigeant vers sa voiture.

Jeanne et Lucie s'écrièrent. Comment, si vite ! Et le dessin qui n'était pas fini ! (Ge, p466).

Il y a prédication d'une propriété sur l'adverbe vite, le degré de l'intensité si est le résultat comme le dit Hybertie (op cit :22) d'une opération de parcours sur tous les degrés envisageables d'une propriété sans qu'on puisse s'arrêter à un seul, c'est cette incapacité de déterminer un degré, donc une limite, qui fonde la valeur de l'exclamation.

Dans l'énoncé [18], la séquence comment, si vite ! vient en réaction à l'impératif partons. En effet, les Hennebeau sont allés visiter la fosse qui s'est écroulée sous la force de l'inondation ; leurs filles aiment dessiner, elles se sont mises à faire un schéma des lieux, mais l'horreur qu'elles ont de la fosse en décrépitude pousse leur mère à abréger leur séjour, d'où l'énonciation de [18]. L'intensité si qui précède l'adverbe de mouvement vite traduit que sur l'échelle du degré, l'intensité a atteint un niveau qui surprend le co-locuteur. En effet, la visite est courte et ne permet pas au co-locuteur de réaliser entièrement son programme. Pour cela, Hybertie (op cit. :120) signale que faute de repère externe, toutes les valeurs sont envisageables, de même d'ailleurs que toutes les conséquences sont également envisageables. La séquence si vite ! apparaît, dans cet énoncé, comme la conséquence qui est définie parmi les conséquences envisagées.

Il ressort de cette étude des valeurs des propriétés morphosyntaxiques de la conséquence que le locuteur exploite l'implicite et les constructions détachées pour exprimer la conséquence ambiguë, la pensée du locuteur est donc opaque pour l'allocutaire et subtile pour l'énonciateur. La modulation de l'énonciation par les signes modaux laisse transparaître plusieurs nuances de la conséquence : conséquence éventuelle, irréelle. Ces formes se manifestent à travers l'aspect, l'hypothèse, la modalité. Certaines constructions détachées et même l'interrogation totale sont également rapprochées de l'implicite par leurs valeurs argumentatives. Pour ce qui est du système corrélatif, il ne permet pas de dégager clairement les motivations de son utilisation.

En somme, un constat se dégage : l'expression de la conséquence touche divers niveaux : grammatical, stylistique, linguistique et extralinguistique, et les outils morphologiques qui l'introduisent sont également polyvalents, ce qui nous convie à étudier l'analogie entre la conséquence et d'autres relations de discours.

CHAPITRE 4 

LA CONSÉQUENCE ET LES AUTRES RÉLATIONS LOGIQUES

La conséquence, rappelons-le, exprime une relation logique entre un fait et son résultat ou son effet. Pour Plantin (1990 :40, 214), on parle de conséquence lorsque l'évènement A est « cause » de l'évènement effet, conséquence B ; A produit B ; B se produit «  à cause » de A. il s'agit donc d'une relation de cohérence établie entre deux ou plusieurs évènements. Au sujet de la cohérence, elle est comprise comme une liaison logique, un rapport d'idées qui s'accordent entre elles ; une absence de contradiction. Cependant, la cohérence des textes est un phénomène bien plus complexe que ne laisse entrevoir cette définition. Toujours parlant de la cohérence, Reboul et Moeschler (1998 : 59) soulignent que

la cohérence est la propriété définitoire du discours comme la grammaticalité est la propriété définitoire de la phrase, [...] la cohérence se définit par le respect de l'ensemble de règles régissant l'organisation discursive des unités du discours dans une langue donnée.

La relation de cohérence est diversement perçue par les auteurs. Elle peut être établie implicitement, par inférence, ou par le contexte. Mais elle peut aussi être signalée explicitement par la présence d'un connecteur. Chaque relation logique est marquée en outre par plusieurs types de marqueurs qui sont d'usage plurifonctionnel. Dans l'étude de la conséquence, nous nous sommes rendue compte qu'il existe des formes linguistiques exprimant, en plus de la conséquence, la comparaison, le but et même la concession. C'est pourquoi ce chapitre se propose de faire une étude comparative entre la conséquence et ces autres catégories de la causalité. Dans cette perspective, nous envisageons de partir de l'étude du rapport entre la conséquence et la finalité pour aboutir à celle de la conséquence et la concession en passant par celle de la conséquence et de la comparaison.

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