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3- Le refus manifeste de recourir à la justice étatique.Les administrés refusent délibérément de recourir à la justice étatique parce qu'ils ont peur d'attaquer les pouvoirs publics. Le faire serait une audace qui les exposerait à des représailles. M. Achille MBEMBE affirme d'ailleurs à ce sujet « nolens volens, la culture du droit à l'occidental, et des droits de l'homme en particulier, est essentiellement déficitaire dans une société camerounaise nourrie depuis des lustres de la sève de l'autocratie , de la répression et de l'asservissement de l'homme »147(*). Pour Madame Yves Marie MORISETTE, « il se crée ainsi des zones de résistance à la justice. Certaines sectes religieuses, des communautés autochtones, la famille isolent l'individu qui a engagé ou a l'intention d'engager le procès et le privent des moyens effectifs pour exercer ses droits fondamentaux »148(*). Cette attitude est souvent adoptée au nom des traditions établies. Les traditions qui font que la communauté préfère des solutions négociées ou amiables au procès à l'occidental qui tranche et fait des gagnants et des perdants. Pour le justiciable africain en général, mieux vaut un « mauvais arrangement qu'un bon procès ». * 147 . MBEMBE `' tradition de l'autoritarisme et problème de gouvernement en Afrique subsaharienne `', revue Afrique et développement, Volume XVI, n ° - 1, 1992. * 148 MORISSETTE Yves Marie, op. Cit. , P. 271. |