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Dynamique des relations verticales et clustering : Quelle stratégie pour une sous-traitance aéronautique marocaine compétitive ?

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par Makram KHABBACHE, Zakaria BENHAR et Soufyane ETBER
Institut Supérieur de Commerce et d'Administration des Entreprises - Cycle Supérieur de Gestion ( Executive MBA ) 2007
  

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1.2.2 Les clusters : des écosystèmes en évolution

i) Le Cycle de vie du cluster1

Plusieurs auteurs ont réfuté l'approche classique des clusters, jugée beaucoup trop figée et incapable de refléter leur dynamique d'évolution et de structuration. Les clusters ne sont pas des phénomènes statiques mais évoluent constamment par le biais de mécanismes internes de renforcement et de dynamiques internes de changement2. Malgré des trajectoires de développement divers, les clusters paraient suivre un cycle de développement commun. Ils ont des logiques de développement inhérentes et identiques et passent généralement par les mêmes phases d'évolution3. Le développement des clusters semble essentiellement dépendre d'un certain nombre d'indicateurs et de déterminants4. Un certain nombre d'auteurs5 discernent ainsi quatre phases de développement en fonction des processus d'émergence, de diffusion, de commercialisation et de déclin d'une technologie et du cycle de développement de l'industrie :

Phase embryonnaire

C'est la phase où l'agglomération et la concentration physique d'activités similaires conduisent à la formation d'un sous-groupe au sein de l'industrie locale6. Cependant, dans ces clusters considérés comme potentiels ou latents7, une absence de liens et d'interactions ainsi qu'une taille insuffisante caractérisent cette phase. La création d'une technologie sur laquelle va pouvoir s'appuyer le développement futur du cluster représente généralement un élément déclencheur. A ce stade, le futur cluster

1 FAVOREU, Christophe. Légitimité, rôles et nature des politiques publiques en faveur des clusters. Groupe ESC Toulouse, 2007. 34 p.

2 BROW, R. Cluster Dynamics in Theory and Practice with Application to Scotland, Regional and Industrial Policy Research Paper, 38, European Policy Research Center, University of Strathclyde. 2000.

3 ANDERSSON, T et al. The Cluster Policies Whitebook, IKED, The Competitiveness Institute. 2004.

4 Tels que les cycles d'innovation, l'essor technologiques4 et des marchés, l'évolution de la structure relationnelle interne, le nombre d'entreprises spécialisées présentes sur le territoire. Ces éléments apparaissent comme des facteurs clés du processus d'évolution des clusters.

5 ROSENFELD, S. A. Expanding Opportunities: Cluster Strategies that Reach More People and More Places, European Planning Studies, 2003.

6 POUNDER, R. et ST. JOHN, CH. Hot Spots and Blind Spots: Geographical Clusters of Firms and Innovation, Academy of Management Review, 1996.

7 ROSENFELD, S.A. Bringing business clusters into the Mainstream of Economic Development. European Planning Studies, 1997.

ne détient que deux des caractéristiques clés des clusters établis à savoir la concentration et la spécialisation. Au sein de ces clusters, les opportunités et les synergies existent et sont importantes mais ne sont pas encore exploitées.

Phase d'émergence du cluster

Elle est généralement synonyme à la commercialisation de la technologie via des contrats externes. Le cluster prend réellement forme lors de cette phase1. Un certain nombre de firmes commencent à se développer autour d'une technologie clé malgré un niveau d'emplois liés faible2. Le manque de ressources, d'infrastructures et de compétences3 va expliquer l'instauration progressive de liens horizontaux et verticaux, endogènes et exogènes par un renforcement des relations de coopération4 inter-firmes et avec les institutions5 selon des logiques de partage de risques6. Ce sont surtout des éléments externes - et notamment l'entrée massive de nouvelles firmes - qui sont à l'origine de l'enclenchement de la dynamique du réseau7.

Phase de développement et de croissance

Elle est associée d'une part à l'émergence et à l'implantation croissante de nouveaux acteurs qui tissent entre eux un réseau de liens et d'interactions denses8 et, d'autre part, à l'accroissement du taux de productivité et d'innovation locales. Le cluster se caractérise par l'apparition d'organismes de concertation et de gestion des interfaces ainsi que l'émergence d'un label qui lui est propre. L'affirmation des technologies et des marchés et le développement des externalités expliquent l'afflux de nouvelles

1 SWANN, P. Clusters in the US Computing Indus try. In P. SWANN, N (dir.). The dynamics of industrial clustering: International Comparison in Computing and biotechnology, Oxford: Oxford University Press, 1998.

2 ANDERSSON, T et al. The Cluster Policies Whitebook, IKED, The Competitiveness Institute. 2004.

3 Création d'un ensemble de fournisseurs spécialisés et d'entreprises de service, et d'un marché de travail spécialisé et de nouvelles organisations au service des entreprises du cluster (les centres de compétences, les établissements de formation spécialisés et les organisations professionnelles).

4 D'après Sébastien BRUERE en général, une coopération est réussie lorsque les objectifs sont atteints. Etant donné le caractère multidimensionnel des objectifs de beaucoup d'alliances, la performance est difficile à évaluer à l'aide de résultats financiers. Aussi, il paraît plus judicieux d'utiliser la notion de satisfaction de chaque partie en s'appuyant sur une approche interactive qui dépend des rôles inhérents à quatre facteurs : la confiance, l'engagement, la communication et l'équité entre les partenaires. [En ligne] http://www.sebastienbruere.name/IMG/pdf/note de synthèse.pdf (consulté le 02.07.2007).

5 Pouvoirs publics, écoles d'ingénieurs, universités, centres de formation, centres de R&D.

6 En effet, au niveau des ressources humaines par exemple, il est question d'une mutualisation par la mise en commun à la fois des compétences mais également des efforts en termes de formation et de qualification. Cette mutualisation est accompagnée d'une forte coopération avec les institutions de formation d'enseignement et de recherche dans le souci de répondre aux besoins du cluster.

7 BRENNER, T. Local Industrial Clusters : Existence, Emergence and Evolution, London and New York: Routledge, 2004.

8 Attraction d'entreprises de l'extérieur, d'ouvriers qualifiés, et un terrain fertile pour de nouvelles entreprises locales (développement des économies externes) et création d'atouts relationnels non marchands qui favorisent la circulation locale de l'information et des connaissances (coordination des activités économiques à travers des collaborations informelles, relations de confiance et de coopération entre personnes et organisations coordonnées par des routines et des conventions et favorisées par le contexte de proximité).

entreprises et le développement de comportements entrepreneuriaux. L'intensification du phénomène de spécialisation pousse les entreprises à développer des liens verticaux1. A ce stade, les facteurs de croissance endogènes prennent le dessus sur les facteurs exogènes et enclenchent des processus d'autorenforcement et d'auto-développement du cluster. Lors de cette phase, la définition d'objectifs collectifs et d'activité coordonnées au sein du réseau peut contribuer à faire passer celui-ci du statut de réseau régional à celui de réseau stratégique2. L'existence d'une image, d'une identité et d'une vision communes, ainsi que la capacité à transformer celles-ci en actions et stratégies collectives, caractérisent les clusters les plus dynamiques3.

Phase de maturité et de déclin

Cette étape est caractérisée par l'atteinte d'une taille critique, aussi bien au niveau du nombre d'entreprises qu'en termes de densité des relations et des interactions sociales4. Cette situation apparemment confortable peut dégénérer vu le caractère dynamique et incertain de l'environnement. Certains facteurs explicatifs5, lorsqu'ils se cumulent, entraînent le déclin rapide d'un cluster. La régénération du cluster peut passer par une spécialisation ou une différenciation et par la création de nouveaux liens externes6. Cette ouverture et cette spécialisation peuvent être sources de renouvellement des ressources locales et d'enclenchement de nouvelles dynamiques endogènes7. Lors d'une dernière phase traduite par une transformation du cluster, ce dernier peut évoluer selon trois scénarios différents : le fractionnement en plusieurs sous-clusters spécialisés, le changement d'activité ou la disparition.

1 GEMSER, G et al. The Dynamics of Inter-firms Networks in the Course of the Indus try Life Cycle: The Role of Appropriability, Technology Analysis & Strategic Management, 1996.

2 LAZERZON, M et LORENZONI, G. The Firms that Feed Industrial Districts: a Return to Italian Source, Journal of Industrial and Corporate Change, 1999.

3 COOKE, P. Knowledge Economies: Clusters, Learning and Cooperative Advantage, London and New York: Routledge, 2002.

4 ANDERSSON, T et al. The Cluster Policies Whitebook, IKED, The Competitiveness Institute, 2004.

5 Le déclin de l'industrie ou de la technologie dominante, une banalisation des «process« de production, une concurrence de plus en plus axée sur le prix, la surexploitation et la non régénération des ressources, collectives, des problèmes de coordination et de congestion liés à la taille, des compétences et des actifs trop spécialisés et obsolètes, un fonctionnement trop endogène et un repli sur soi. Des situations de blocage peuvent survenir si le cluster ne peut pas renouveler son succès. Le déclin d'un cluster reflète souvent une situation d'«enfermement« technologique, institutionnel, socioculturel dans la vie des affaires. La force initial du cluster peut se transformer en un obstacle définitif à l'innovation (main d'oeuvre qualifiée, centre de compétences, coopération interentreprises, soutien des institutions régionales) en tombant dans le piège de la «spécialisation rigide«.

6 Avec d'autres régions, industries, autres clusters.

7 ANDERSSON, T et al. The Cluster Policies Whitebook, IKED, The Competitiveness Institute, 2004.

À travers les études empiriques1, les exigences et les facteurs nécessaires au développement du cluster varient avec son degré de maturité. Ainsi lors des premières étapes, les besoins matériels2 paraissent l'emporter. Lors des stades avancés notamment de développement et de consolidation, les besoins sociaux et relationnels3 semblent prévaloir. Certaines réponses4 aux risques de stagnation et de déclin d'un cluster arrivé à maturité, peuvent être salutaires et permettent sa renaissance. Ainsi, il ne faut pas perdre de vue le rôle des pouvoirs publics dont l'intervention en faveur des clusters s'avère souvent décisif dans leur essor.

ii) Les différents courants des Politiques Publiques en Faveur des Clusters (PPC) 5

Les PPC ont nourri une polémique que reflète des travaux et des théories portant sur la dynamique des clusters6. En effet, cette notion suscite des interrogations quant à son efficacité, voire sa légitimité pour certains. Ceci interpelle de facto un questionnement sur la dynamique des réseaux et les déterminants du développement et de l'évolution des clusters. Deux courants théoriques antagonistes en prime d'un courant intermédiaire peuvent être identifiés. La perspective évolutionniste, la perspective constructiviste ou interventionniste, le troisième courant a lui tendance à justifier une forme d'intervention publique dont l'intensité dépend du stade d'évolution du cluster.

Les évolutionnistes

Les auteurs qui s'inscrivent dans le courant évolutionniste estiment que toute
ingérence publique est à la fois inopportune et préjudiciable au développement des
clusters. Selon eux, les clusters doivent être conçus davantage comme des

1 Etudes basées sur les «succes stories« des districts italiens et de la Silicon Valley.

2 Infrastructures physiques, ressources humaines qualifiées et moyens de financement.

3 Coopération inter-entreprises, R&D et transfert des connaissances.

4 La création d'un réseau d'interactions entre les différents partenaires, l'émergence d'une identité et d'une vision collectives, l'ouverture extérieure, l'innovation technologique et la différenciation, apparaissent comme les éléments clés de la dynamique du cluster lors de cette phase.

5 Cette sous section s'est largement inspirée de l'étude réalisée en 2007 par FAVOREU Christophe professeur au Groupe ESC Toulouse, sous le titre «Légitimité, rôles et nature des politiques publiques en faveur des clusters«.

6 BRENNER, T. Local Industrial Clusters. Existence, Emergence and Evolution, London and New York: Routledge, 2004.

processus1. Le mécanisme qui conduit à leur formation2 paraît difficile voir impossible à reproduire de manière planifiée.

S'appuyant sur des résultats d'études empiriques, les tenants de ce courant soutiennent que les clusters se créent et se structurent sur la base de décisions privées3 «bottom-up« de localisation et de création de liens de partenariats et ne peuvent donc être la résultante d'interventions publiques. L'expérience italienne des districts industriels montre que pratiquement aucun cluster n'a été créé à la suite d'un programme d'action spécifique.

Selon certains auteurs4, tout cluster, et plus généralement toute agglomération d'activités, s'appuie sur la présence préalable d'un socle de ressources clés5 sur lesquelles les autorités publiques n'ont que peu de prise. L'activité entrepreneuriale, la création d'entreprises, l'essaimage et l'effet d'entraînement des entrepreneurs les plus dynamiques6 constituent les principaux facteurs de développement des clusters. Seule des imperfections graves de marché, ou leur incapacité à fournir les éléments vitaux pour le développement des clusters, pourraient justifier un début d'intervention publique. Cependant, cette aide publique ne peut être que temporaire et limitée, au risque de limiter la capacité du cluster à s'ajuster aux chocs exogènes ou de se tromper de cluster d'autant plus que les clusters potentiels ou en phase d'émergence s'avèrent particulièrement difficiles à identifier7.

Les interventionnistes

À l'opposé, les partisans de l'approche interventionniste avancent des exemples
concrets et des expériences pratiques8 pour attester d'une part, qu'il est possible de

1 ROSENFELD, S. A. Backing into Clusters: Retrofitting Public Policies, Integration Pressures: Lessons from Around the World, John F. Kennedy Symposium, Harvard University, Organization for Economic Cooperation and Development, 2001.

2 Notamment au niveau de la création de relations partenariales, d'interactions et de liens de confiance entre les acteurs privés mais aussi au niveau des flux de transfert de savoir-faire et de connaissances.

3 La maximisation de leurs intérêts et de leur logique de performance conduirait naturellement les entreprises privées à se regrouper et à nouer des liens entre elles.

4 ROSENFELD, S. A. Backing into Clusters: Retrofitting Public Policies, Integration Pressures: Lessons from Around the World, John F. Kennedy Symposium, Harvard University, Organization for Economic Cooperation and Development, 2001.

5 Une main d'oeuvre spécialisée, des opportunités locales de marché, une base technologique et scientifique significative, une université ou un grand groupe structurant (Cooke, 2002).

6 FELDMAN, M. P. The Entrepreneurial Event Revisited : Firm Formation in a Regional Context, Industrial and corporate Change, 2001.

7 Cette difficulté opérationnelle est d'autant plus grande qu'un certain nombre d'auteurs soulignent la difficulté persistante à définir et cerner conceptuellement la notion de cluster (Martin et Sunley, 2003).

8 Ainsi certains auteurs citent l'exemple de la Suède et les cas de la Medicon Valley (Oresund), du site d'IDEA (Sormland) et du «Biotech Cluster« d'Umea comme des exemples d'une démarche publique ascendante de création de cluster qui a été couronnée de succès ; les institutions publiques ayant joué un rôle déterminant dans la constitution d'une image, d'une identité collective et d'une vision commune. Ils soulignent l'influence

créer et dans des délais raisonnables un cluster et d'autre part que les institutions publiques peuvent jouer un rôle déterminant lors des phases de création et d'institutionnalisation du cluster. Les théories constructivistes ou interventionnistes se fondent largement sur la conception «Porterienne« des réseaux. Les politiques publiques se structurent autour de deux caractéristiques principales des réseaux : (1) la proximité géographique et la concentration d'une diversité d'organisations (firmes, centres de recherche, universités, ...), et (2) les liens de coopération et les interactions récurrentes entre ces acteurs.

Les interventions publiques visent dans un premier temps à favoriser les rapprochements, les liens et les interactions entre les différentes composantes locales. Et dans un deuxième temps, elles ont pour objet de regrouper des activités et des organisations similaires et/ou complémentaires1. Des investissements publics de grande envergure ont enfin pour dessein d'imiter les caractéristiques et les ressources clés2 des clusters les plus performants et les plus dynamiques. Trois justifications sont généralement suggérées pour légitimer l'ingérence des institutions publiques dans le développement des clusters : (1) les imperfections du marché3, (2) les dysfonctionnements et imperfections en matière de fourniture de biens et de services publics et (3) les dysfonctionnements systémiques qui résultent d'une inadéquation entre les attentes et les intérêts des institutions et acteurs locaux.

Le reengineering

Un troisième mouvement intermédiaire qualifié de «reengineering«4, reconnaît qu'en dépit du fait que le marché et les acteurs privés constituent les principaux vecteurs d'émergence, de croissance et d'organisation des clusters, les politiques publiques peuvent jouer un rôle significatif d'appui, d'accompagnement et de soutien5. Par

fortement positive des programmes publics de soutien à la recherche sur le développement du cluster de biotechnologie de Munich. La création de parcs scientifiques, des incitations fiscales et financières, l'implantation de sites universitaires, l'aide au financement de Start-up sont citées comme des exemples de politiques publiques qui en Finlande, à Taiwan, en Allemagne en Inde et en Chine auraient directement contribué à l'émergence de clusters.

1 Par le biais du financement, d'aides à la création de services spécialisés, de mise à disposition d'infrastructures spécifiques.

2 Les infrastructures de R&D, les parcs industriels, les infrastructures sociales, un bassin de main d'oeuvre spécialisée, des services spécialisés de support.

3 Le manque d'innovation des entreprises privées, un bénéfice social issu de la R&D largement supérieur au gain privé, la faiblesse du capital risque liée à une forte aversion des entrepreneurs et des investisseurs locaux, l'incapacité du marché à générer des interactions entre les acteurs locaux.

4 ANDERSSON, T et al. The Cluster Policies Whitebook, IKED, The Competitiveness Institute, 2004.

5 ROSENFELD, S. A. Backing into Clusters: Retrofitting Public Policies, Integration Pressures: Lessons from Around the World, John F. Kennedy Symposium, Harvard University, Organization for Economic Cooperation and Development, 2001.

conséquent, le rôle des acteurs publics devient plus indirect et périphérique et consiste principalement à : (1) animer des activités d'innovation au sein d'une industrie, (2) organiser le dialogue entre les acteurs et plus généralement (3) créer le cadre et les conditions nécessaires à l'émergence d'un système d'action collectif et partenarial au sein duquel les initiatives et le leadership privés restent dominants. Pour ce faire, les différents intervenants publics ont pour principale mission de créer une reconnaissance externe et de développer au sein du milieu local une identité1 et un sentiment d'appartenance devant se traduire par l'articulation d'une vision et d'une stratégie collectives. Ces éléments apparaissent aujourd'hui comme les principaux facteurs clés de succès des clusters2.

Tableau 3. Les différentes approches concernant le rôle des politiques publiques dans le
développement des clusters

 

L'approche
évolutionniste ou
émergente

L'approche
planificatrice

L'approche
intermédiaire ou le
reengineering

Influence des politiques publiques sur la dynamique des clusters

· Négligeable voire négative (comportements attentistes, repli, apathie)

· Déterminante dans les phases d'émergence et de déclin

· Variable selon les stades de développement

Rôle des autorités publiques

· Corriger les imperfections de marchés les plus graves.

· Interventions limitées et ponctuelles.

· Enclencher la

dynamique d'émergence, de développement et de réorientations des

clusters par la mise à disposition de ressources et d'actifs clés.

· Capacité à contrôler et modifier les trajectoires de développement.

· Rôle d'accompagnement et de soutien aux initiatives privées.

· Favoriser la mise en place d'un système d'action

collectif et de relations de partenariats.

· Aider à la construction d'une identité commune et d'une vision stratégique partagée.

Principales sources de dynamisme du cluster

· Les initiatives privées

· Les phénomènes d'entrepreneuriat et d'essaimage

· Le réseau d'interaction et de liens.

· Les perceptions

d'opportunité de marché.

· L'investissement et l'initiative publics lors de phase de démarrage ou de réoriention du cluster.

· Le partenariat public privé

· Les leaders catalytiques.

 

Source : Christophe FAVOREU (2007)

La différence entre cette approche et celle interventionniste (voir tableau ci-dessus)
réside dans le fait que les institutions publiques ne sont considérées que comme une

1 Par des actions de promotion, de marketing et de création d'une image de marque.

2 COOKE, P. Knowledge Economies: Clusters, Learning and Cooperative Advantage, London and New York: Routledge, 2002.

3 FAVOREU, Christophe. Légitimité, rôles et nature des politiques publiques en faveur des clusters. Groupe ESC Toulouse, 2007. 34 p.

partie prenante parmi les autres dans le processus d'organisation, de développement et de gouvernance des clusters. En plus, L'efficacité de l'intervention publique repose plutôt sur son appui aux phénomènes d'agglomération et de «clusterisation« déjà engagés, ainsi qu'aux trajectoires technologiques déjà établies1 que sur l'action de favoriser l'émergence de nouveaux clusters.

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"Et il n'est rien de plus beau que l'instant qui précède le voyage, l'instant ou l'horizon de demain vient nous rendre visite et nous dire ses promesses"   Milan Kundera