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Les enfants en situation de rue à  Katmandou : étude comparative de la représentation sociale de la vie dans la rue des enfants en situation de rue et des travailleurs sociaux népalais

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par Marion SERE
Université Toulouse - Le Mirail - Master Premiere Année, Psychologie mention clinique interculturelle 2013
  

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2.2/ Un outil d'analyse pour penser le travail social dans un phénomène d'exclusion

Étudier le phénomène des enfants en situation de rue au Népal implique le choix d'un angle particulier et d'une question précise. Ici, on souhaite d'abord savoir pourquoi des enfants préfèrent continuer à vivre dans la rue malgré les possibilités qui leur sont données d'aller dans des foyers ; et ensuite pourquoi les réponses apportées par les différentes ONG au phénomène des enfants en situation de rue ne fonctionnent que pour certains enfants, alors qu'à nous, adulte occidentale, elles nous semblent bien plus séduisantes que l'option de la rue. Le choix de tenter de répondre à ces questions en étudiant les représentations sociales du phénomène qu'ont les différents groupes en présence est largement encouragé par plusieurs travaux présentés ici.

Pour Abric (1994) en effet, la compréhension de la dynamique des interactions sociales et des déterminants des pratiques sociales passe par l'étude des représentations sociales. Ces dernières jouent, selon lui, un rôle majeur dans les problèmes d'exclusion sociale. Il suggère ainsi d'étudier d'une part les représentations sociales qui sont à l'oeuvre au sein de la population exclue en répondant à trois questions :

- « Quelle représentation le groupe concerné a-t-il de lui-même ? [...]

- Quelle représentation le groupe a-t-il du problème auquel il est confronté ? [...]

- Quelle représentation l'individu (ou le groupe) concerné a-t-il des objectifs et de l'avenir qu'on lui propose ? » (p. 14-15)

D'autre part, pour l'analyse des représentations sociales des agents sociaux, les deux questions essentielles sont :

- « Quelle représentation les agents sociaux de l'insertion ont-ils de leur rôle ? [...]

- Quelle représentation ces agents sociaux ont-ils des populations sur lesquelles ils interviennent ? » (p. 15-16)

L'auteur envisage l'étude des représentations sociales comme un indicateur indispensable du fonctionnement de l'aide proposée, de ses blocages et de ses possibilités.

Lucchini (1998) évoque le décalage entre les représentations des intervenants et les expériences telles que vécues par l'enfant en Amérique Latine et soutient qu'une représentation plus proche de la réalité des enfants chez les intervenants facilite leur travail. Il considère que ce décalage provient entre autre du « besoin de l'intervention [...] de définir son activité en termes de rôles professionnels et de finalités » (p. 347) et de l'image «client/usager» qui en découle. Ainsi, efficacité et normalisation de l'enfant en situation de rue définissent l'intervention. Les attentes de l'opinion publique et les organismes financeurs ont également une influence certaine. De plus, Lucchini considère que la définition du type d'intervention est largement inspirée par l'image idéale de l'enfant qu'ont les décideurs et les travailleurs sociaux. Selon l'auteur, « l'expérience de la rue telle qu'elle est vécue par l'enfant, même si elle est perçue par certains professionnels, n'est pas intégrée dans les représentations et dans les discours des intervenants. » (p. 364).

D'autres travaux (Baubet, 2003 ; Rivard, 2004) confirment que les représentations sociales des différents groupes qui travaillent avec les enfants en situation de rue ont un impact direct sur les actions mises en place. Il s'agit d'une question complexe et capitale. Les représentations doivent être interrogées pour permettre une meilleure approche dans les solutions proposées. Baubet (2003) ajoute une dimension culturelle en précisant l'importance de mettre à jour les représentations de l'enfant idéal et de l'enfant en situation de rue dans la société considérée et pour les intervenants des ONG occidentales car elles peuvent se révéler très divergentes. Selon lui, si les représentations ne sont pas analysées, cela peut entraîner des programmes et des objectifs inadaptés et donc une fragilité au sein des équipes et la subjectivité des enfants en situation de rue peut ne pas être prise en considération.

C'est donc par l'étude des représentations sociales que nous abordons le phénomène des enfants en situation de rue et les difficultés rencontrées par les intervenants sociaux dans leurs missions.

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