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Qualité de la démocratie et de la gouvernance au Burkina Faso

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par Daouda THIOYE
ENSAE-Sénégal - Ingénieur des travaux statistiques (3éme année) 2013
  

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IV.3 LA CORRUPTION AU SEIN DE L'ADMINISTRATION :

La corruption se définit généralement comme la pratique de concussion c'est dire l'abus de pouvoir et de confiance du public à des fins personnelles. Au Burkina Faso, la corruption est devenue un défi majeur et apparait comme une réalité importante dans la société. Aucun secteur n'est épargné : police et gendarmerie, activités politiques, marchés publics, justice, mairies, éducation et même les médias.

Pour mieux évaluer l'ampleur de la corruption dans le pays, l'opinion des citoyens s'avère indispensable. Ainsi, interrogés sur la corruption au niveau de l'office de la Présidence, ils sont seulement 16% à affirmer que le Président et les fonctionnaires de la présidencene sont point impliqués dans les affaires de corruption. La majeure partie de la population (60%)pensentque la corruption existe bel et bien au sein de la Présidence mais ne touche pas tous les fonctionnaires puisque uniquement 8% jugent qu'ils sont tous liés aux affaires de corruption, et les autres (52%) identifie seulement une partie d'entre eux. Ceci peut sembler un peu étonnant si l'on sait que 58% des Burkinabé ont une pleine confiance envers leur Président.

Suivant le milieu de résidence, on constate que la corruption est davantage perçue en milieu urbain qu'en milieu rural. En effet, la proportion de ceux qui affirment que les fonctionnaires de la Présidence et le Président même sont tous impliqués dans les affaires de corruption est deux fois plus importante en milieu urbain(12% contre 6% en zone rurale). D'autre part, le pourcentage des indécis est plus important en milieu rural (26% contre 19% en zone urbaine).

Pour ce qui est de l'Assemblée nationale, on constate presque les mêmes situations. Ainsi 15% des Burkinabé pensent que les députés ne sont pas du tout impliqués dans ces affaires de corruption, alors que 54% en identifie certains.De plus, 8% d'entre eux pensent qu'il n'y a pas d'exception et qu'ils sont tous impliqués. Cette perception de la corruption au niveau de l'Assemblée nationale témoigne en partie de la confiance mitigée accordée à cette institution puisque c'est uniquement 42% des burkinabè qui accordent une pleine confiance aux députés.

Graphique 32 : Perception de la corruption au sein des institutions: Présidence et Assemblée nationale.

 
 

Il en est de même des membres du gouvernement qui sont, selon 61% des individus, liés à la corruption ; ceux qui jugent qu'ils ne sont point impliqués représentant 14% de la population.

Si l'on s'intéresse aux institutions juridiques et aux services des impôts et douane, nous constatons que la corruption prend plus d'ampleur puisque des proportions respectives de 10%, 13% et 21% pensent que les juges et magistrats, la police et les agents sont tous mêlées aux affaires de corruption. De plus, une bonne partie de la population (respectivement 50%, 48% et 54%), moins catégorique, identifie certains d'entre eux dans ces affaires de corruption.

Les graphiques ci-après illustrent ce qui précède.

Graphique 33 : Perception de la corruption au sein des groupes de personnes suivants.

 
 
 
 

D'autre part, cette corruption notée au niveau de la justice burkinabé témoigne en partie du traitement inéquitable des gens devant la loi. En effet, 67% des individus confirment cet état de fait, et de plus ils déclarent à 40% que les citoyens ordinaires sont toujours punis quand ils violent la loi, alors qu'uniquement 19% affirment ceci pour les officiels qui commettent des crimes.

· Les données objectives de la corruption : cas réels de corruption.

Pour mieux percevoir l'ampleur de la corruption dans l'ensemble du pays, on ne devrait pas se contenter de l'avis des individus sur l'administration en général, mais il serait intéressant de voir si, au cours de l'année écoulée, ils ont été confronté à des cas de corruption. Ainsi, lorsqu'on leur demande s'ils ont payé un pot de vin, offert un cadeau ou accordé une faveur aux agents de l'Etat afin d'obtenir un document ou une autorisation, prèsd'un burkinabé sur deux (49%) affirme n'avoir jamais été confronté à cette situation. De plus 35% d'entre eux déclarent n'avoir jamais fait l'expérience, alors qu'une proportion de 16% a été au moins une fois confrontéeà ces cas de corruption.

Pour ce qui est d'accorder ces mêmes faveurs pour éviter un problème avec la police ou pour avoir de l'eau ou des installations sanitaires, ils sont moins nombreux à l`avoir fait au moins une fois (respectivement 8% et 11%). Une même proportion de 53% dit n'avoir jamais été confronté à ces situations, et il s'y ajoute que 38% et 36% déclarent respectivement n'avoir jamais tenté l'expérience pour bénéficier d'un branchement d'eau ou d'installations sanitaires ou pour éviter des problèmes avec la police.

En somme, on peut dire dans une moindre mesure que les burkinabés ne vivent pas quotidiennement des phénomènes de corruption. Mais cette corruption est davantage notée au niveau de l'administration et des officiels.

Les graphiques ci-après illustrent ce qui précède.

Graphique 34 : Certains cas de corruption : payer un pot de vin, offrir un cadeau ou accorder une faveur pour :

 
 
 

Cependant, vu que l'ampleur de la corruption dans un pays peut ternir son image au niveau de la scène international, on pourrait se demander :qu'en est-il de la lutte contre la corruption ?

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