WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

Qualité de la démocratie et de la gouvernance au Burkina Faso

( Télécharger le fichier original )
par Daouda THIOYE
ENSAE-Sénégal - Ingénieur des travaux statistiques (3éme année) 2013
  

précédent sommaire suivant

APERÇU SUR LE BURKINA FASO

Avant de commencer notre étude, il nous parait utile de donner un aperçu sur le Burkina afin d'amener le lecteur à découvrir le pays en question.

Appelé Haute-Volta après l'arrivée des français, le pays fut réparti entre le Mali, le Niger et la Côte d'Ivoire en 1932 et ne retrouva son autonomie et ses frontières qu'en 1947. Il accéda à l'indépendance le 5 août 1960, et le 4 août 1984 sous l'ère de Thomas SANKARA, la République de Haute-Volta a reçu le nom «Burkina Faso», qui signifie la «Terre des Hommes intègres».

GEOGRAPHIE PHYSIQUE ET HUMAINE :

Le Burkina Faso est un pays sahélien, enclavé, situé au coeur de l'Afrique de l'Ouest, à près de 500 km de l'océan Atlantique. Il est compris entre 9°20' et 15°3' de latitude Nord, 2°20' de longitude Est, et 5°3' de longitude Ouest et est limité à l'Est par le Niger, au Nord et au Nord-Ouest par le Mali, au Sud par le Ghana, au Sud-Ouest par la Côte d'Ivoire, au Sud-Est par le Bénin et le Togo (Graphique 1).

La superficie du Burkina Faso est de 274.200 km² soit une densité de 61,09 habitants/km2, répartie en trois régions naturelles : la région sahélienne au Nord, la région soudano-sahélienne au centre et la région soudanienne au Sud. Le pays est traversé par trois grands cours d'eau dont un seul est pérrein : le Mouhoun, le Nakambé et le Nazinon. Ces trois grands fleuves se rencontrent au Ghana pour constituer la Volta.

Graphique 1 : Carte du Burkina Faso (Source, Wikipédia)

Sur le plan climatique,le Burkina Faso est caractérisé par un climat tropical de type soudano-sahélien, en général, qui alterne deux saisons : une longue saison sèche d'Octobre à Avril et une courte saison de pluies de Mai à Septembre. La majeure partie du Burkina Faso est située dans la zone climatique de type Soudanien, notamment le Centre et le Sud, tandis que l'Extrême Sud et le Sud-Ouest font partie de la zone soudano- guinéenne.

Au Burkina Faso, l'essentiel des ressources en eau est apporté par les pluies, caractérisées par de fortes variations inter annuelles. Le réseau hydrographique qui draine l'ensemble des eaux se compose de trois grands bassins internationaux d'importances inégales qui portent les noms des principaux cours d'eau qui les drainent :le bassin de la Volta couvrant une superficie de 178 000 km2, le bassin de la Comoé avec 1 700 km2 et le bassin du Niger qui totalise 79 000 km2.

Sur le plan démographique, la population burkinabé était estimée à environ 16 751 455 habitants en 2011 avec un taux de croissance annuel assez élevé d'environ 3.080 %. La relative jeunesse de la population est un atout appréciable pour le Burkina Faso qui peut donc compter sur une main-d'oeuvre dynamique. Cette population qui comprend plus de femmes que d'hommes (7 248 523 d'hommes contre 6 768 739 de femmes selon le RGPH de 2006) se compose d'une soixantaine de groupes ethniques variés. Ces différents groupes se sont mêlés à travers des siècles dans une parfaite symbiose au point de créer souvent des groupes mixtes.

HISTORIQUE ET ORGANISATION POLITIQUE :

En 50 ans d'indépendance, le pays a connu 4 Républiques, qui ont vacillé entre succession d'Etats d'exception et espoirs d'une réelle démocratisation de la société. En effet, le Burkina a connu 6 chefs d'Etat dont un seul civil (Maurice Yaméogo, le premier Président).

De 1974 à1987, cinq coups d'Etats se sont opérés dans le pays ;l'armée, appelée au pouvoir par le peuple en janvier 1966, ne l'a plus jamais quitté.

En décembre 1991, Blaise Compaoré, l'actuel Président du pays, parvenu au pouvoir après le coup d'État de 1987 occasionnant l'assassinat du capitaine Thomas Sankara, fut élu Président de la République à l'issue d'une élection boycottée par l'opposition, rassemblée au sein de la Coalition des forces démocratiques. Tel peut être résumée l'histoire singulière et tumultueuse de la vie politique du Burkina.

Pour ce qui est de l'organisation politique du pays, on peut dire que le Burkina Faso est un pays laïc et indépendant depuis le 5 Août 1960. Après la succession de plusieurs régimes d'exception, le pays a adopté une constitution le 2 Juin 1991 qui lui a doté d'un régime présidentiel pluraliste depuis Décembre de la même année. Le Président du Faso est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans renouvelable une fois. Il est le chef du pouvoir exécutif.

Le pouvoir législatif est détenu par l'Assemblée Nationale dont les députés sont élus au suffrage universel pour 5 ans. La Cour Suprême s'occupe du pouvoir judiciaire. La deuxième Chambre du Parlement, le Conseil Economique et Social et le Médiateur du Faso complètent les grandes institutions démocratiques et républicaines.

A l'instar des autres pays Africains, le Burkina Faso a opté pour le multipartisme intégral. Par ailleurs, le Burkina Faso obéit au principe de toute démocratie, à savoir l'indépendance des trois pouvoirs : Exécutif, Législatif et Judiciaire.

SITUATION ECONOMIQUE DU PAYS :

Entre 2000 et 2010, le Burkina Faso a enregistré des taux de croissance annuels moyens de 5,2 %. Selon le FMI, le taux de croissance annuel a chuté de 5,2% en 2008 à 3, 2% en 2009 du fait d'une série de chocs exogènes : choc climatique, crise énergétique, la fluctuation des prix des matières premières et la crise financière mondiale. Au cours de cette période, la croissance a été tirée principalement, par les secteurs tertiaire et primaire en moyenne, respectivement pour 3,1 et 1,3 points de pourcentage du PIB et, dans une moindre mesure par le secteur secondaire à hauteur de 0,8 point. Cette évolution est la résultante des efforts consentis par le gouvernement pour améliorer l'environnement des affaires, permettant ainsi un essor de l'ensemble des branches du secteur tertiaire.

Au plan de la demande extérieure, les exportations ont progressé de 8,3% en moyenne annuelle. Le taux de progression des exportations a atteint 10,8% en 2009 contre 7,8% en 2000, traduisant ainsi une légère amélioration du degré d'ouverture de l'économie dont la faiblesse tient non seulement à la faible diversification de la gamme des produits exportables, mais aussi au poids de l'économie informelle.

Concernant la demande intérieure (consommation et investissement), sa contribution dans les progrès réalisés par l'économie nationale au cours de cette décennie, a été importante. Ainsi, le taux d'investissement global s'est situé en moyenne à 24,6% du PIB, tiré par l'investissement privé qui a progressé de 12,7% en moyenne annuelle, ces quatre dernières années. Cette croissance a été essentiellement, imprimée par les investissements dans les secteurs des télécommunications et des mines.

Le taux de pauvreté au Burkina Faso est estimé à 43,9% et le pays occupe le 161erang sur 169 pays selon l'indice du développement humain (IDH) de 2010 publié par le PNUD.

RESUME :

Notre étude porte sur la qualité de la démocratie et de la gouvernance au Burkina Faso. Ce pays est réparti en 13 régions et est essentiellement composé de ruraux (74%).

Le niveau de scolarisation reste encore faible puisque 50% des répondants n'ont reçu aucun enseignement formel. Pour ce qui est de la situation économique actuelle du pays, elle est perçue comme mauvaise pour 53% des Burkinabè, de même que leurs conditions de vie actuelles qui sont jugées comme mauvaises pour 49% d'entre eux. De plus, l'insécurité alimentaire, l'accès difficile à l'eau potable et aux soins médicaux demeurent une réalité pour certains Burkinabé. Toutefois, Ils restent optimistes quant à la perspective d'un futur meilleur.

C'est en regard d'autres types de régimes politiques, dans une perspective comparative que la démocratie, entendue comme un processus politique de désignation des dirigeants par les urnes, est considérée à 58% des burkinabè comme le meilleur système de gouvernement.

Ils reconnaissent à 51% que les élections sont complétement libres et équitables, mais ne garantissent pas pour 46% des Burkinabè que les électeurs puissent révoquer et rappeler à l'ordre les dirigeants qui ne comblent pas leurs attentes. La liberté d'expression dans le pays reste assez limitée puisque uniquement 44% des individus déclarent être complétement libres d'exprimer leur opinion. Toutefois, même s'ils se disent satisfaits à 50% de la démocratie burkinabè, ils lui reconnaissent un certain nombre de problèmes qui sont qualifiés de majeurs pour 25% des individus.

Pour ce qui est de la qualité de la gouvernance au Burkina Faso on peut dire que, malgré la grande confiance accordée au Président (58% des répondants), l'action gouvernementale est dans l'ensemble sévèrement jugée, hormis quelques aspects (offre éducative, l'amélioration des services de santé de base, etc). Ils arguent que les réformes entreprises ont plus nui à la majorité de la population et profité seulement à une minorité et déplorent à plus de 70% la manière dont le gouvernement en place s'investit pour améliorer les conditions de vie des pauvres, réduire le fossé entre riche et pauvre, et garantir la sécurité alimentaire pour tous. De plus, ils confirment dans l'ensemble, l'existence de la corruption au sein de l'administration burkinabè (Présidence, Assemblée Nationale, institutions juridiques, service des impôts et douane, police, etc.), et jugent à 43% que les actions entreprises pour lutter contre ceci sont inefficaces.

précédent sommaire suivant







Rassembler les contraires c est creer l harmonie