2.4. Les difficultés liées à l'usage
des connecteurs
Les connecteurs logiques et temporels jouent un rôle
essentiel dans l'organisation du texte. Ils permettent d'exprimer les relations
entre les idées : addition, opposition, cause, conséquence,
chronologie, etc.
15 Michel Charolles, « Introduction aux
problèmes de la cohérence des textes », Langue
française, n° 38, « Enseignement du récit et
cohérence du texte », Paris, Larousse, 1978, p. 7-41.
16 Jean-Michel Adam, Linguistique textuelle : des
genres de discours aux textes, Paris, Nathan Université, 1999
17 John R. Hayes et Linda S. Flower, «
Identifying the Organization of Writing Processes », dans Linda W. Gregg
et Erwin R. Steinberg (dir.), Cognitive Processes in Writing: An
Interdisciplinary Approach, Hillsdale (NJ), Lawrence Erlbaum Associates,
1980, p. 3-30.
Cette difficulté réduit la fluidité du
texte et limite la capacité du scripteur à construire un
raisonnement élaboré.
3. Les difficultés méthodologiques et
cognitives
Une autre catégorie de difficultés, souvent
sous-estimée par rapport aux deux précédentes, et sont
peut-être les moins visibles dans les copies, mais elles sont souvent
à l'origine des autres catégories de difficultés. Elles
renvoient à l'incapacité de l'élève à
gérer efficacement le processus rédactionnel dans son
ensemble.
Parmi les difficultés méthodologiques les plus
fréquemment observées, on peut distinguer :
- la difficulté à analyser la consigne
: l'élève ne lit pas la consigne attentivement, ne
repère pas les mots-clés, ne comprend pas ce qui est
demandé ;
- la difficulté à générer
des idées : l'élève reste bloqué face
à la page blanche, ne sait pas comment activer ses connaissances ;
- l'absence de planification :
l'élève ne fait pas de brouillon, ne rédige pas
de plan, se lance directement dans la rédaction ;
- l'absence de révision :
l'élève ne relit pas son texte ou le fait de
manière superficielle, sans chercher à améliorer le
contenu ;
- la gestion du temps :
l'élève ne sait pas répartir son temps entre les
différentes étapes de l'écriture.
Ces difficultés méthodologiques sont
amplifiées par des facteurs cognitifs. La surcharge cognitive, telle que
théorisée par Sweller (1988), est particulièrement
présente lors de la rédaction en langue étrangère :
l'élève doit simultanément gérer la langue (choisir
les mots, construire les phrases, contrôler l'orthographe), le contenu
(générer et organiser les idées) et la forme (respecter le
genre, le plan, les conventions). 18Cette multiplicité de
contraintes simultanées dépasse souvent les capacités de
la mémoire de travail de l'élève, conduisant à des
productions incomplètes, incohérentes ou linguistiquement
incorrectes.

17
18 Sweller, J. (1988). Cognitive load during
problem solving : effects on learning. Cognitive Science, 12(2), pp.
257-285
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