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Perceptions et représentations socioculturelles des méthodes contraceptives modernes au Tchad: cas du peuple Mousseypar Filina Séraphin Université de Douala - Master 2 recherche en Anthropologie de la Santé 2024 |
CHAPITRE TROISIÈME : SYSTÈME DE REPRÉSENTATIONS CULTURELLES DE LA FÉCONDITÉ, DE LA PROCRÉATION ET DE LA CONTRACEPTION CHEZ LES MOUSSEYINTRODUCTION PARTIELLE Dans ce troisième chapitre, nous avons examiné le coeur de notre étude consacré au système de représentations culturelles de la fécondité, de la procréation et de la contraception chez les Moussey. Pour analyser les perceptions et les représentations socioculturelles des méthodes contraceptives modernes, il était essentiel pour nous de saisir en détail les bases culturelles qui influencent les attitudes et les comportements de la population Moussey vis-à-vis des contraceptions modernes. Les croyances, les valeurs et les pratiques traditionnelles liées à la fécondité et à la procréation chez les Moussey ont été étudiées. L'objectif de cette analyse était de mettre en évidence les facteurs culturels qui impactent la perception sur les contraceptions modernes au sein de la société Moussey. L'étude de ces éléments nous a permis de définir le contexte de compréhension approfondie des éléments socioculturels qui influencent l'attitude des Moussey à l'égard des méthodes contraceptives modernes. Grâce à cette analyse, nous avons cherché également à mieux comprendre les difficultés et les possibilités associées à l'introduction et à l'adoption de ces méthodes contraceptives modernes au sein de la société Moussey. Les données ethnographiques, les entretiens avec des membres de la société Moussey, les groupes de discussions sur les systèmes de représentations culturelles en matière de reproduction sont récités dans ce chapitre. I- CONNAISSANCES GÉNÉRALES SUR LA SANTE SEXUELLE ET REPRODUCTIVE CHEZ LES MOUSSEY Les Peuples Moussey, communément connu pour leur riche patrimoine culturel et leur mode de vie traditionnel, accordent une importance à la question de la fécondité, de la procréation et de la contraception. Ce système de représentation socioculturelle, ancré dans des croyances et des pratiques ancestrales, joue un rôle central dans la vie quotidienne de cepeuple et influence profondément leurs perceptions et leurs comportements en matière de reproduction. Il était donc essentiel pour nous de comprendre et d'explorer ces dimensions culturelles pour appréhender toute la complexité et la diversité des approches des Moussey envers la reproduction humaine. Les Moussey, comme tout autre groupe humain, ont des besoins en matière de santé sexuelle et reproductive.Elle concerne non seulement la reproduction, mais aussi la sexualité, la prévention des infections sexuellement transmissibles et la planification familiale. Les Moussey ont souvent des pratiques et des croyances culturelles spécifiques en matière de santé sexuelle et reproductive. Notre enquêté Hinimbi affirme dans ce sens, « chez nous les Moussey, les enfants ont une valeur fondamentale surtout les enfants garçons. Celui qui a beaucoup enfanté les enfants garçons est perçu comme fort dans la société. Car, en cas de conflit, les enfants garçons luttent pour la protection de la famille ». Il est importantde noter que dans la culture Moussey, les enfants n'ont pas la même valeur sociale. Chez le peuple Moussey, avoir des garçons, est un prestige social. « C'est en classe de première que j'ai appris pour la première fois qu'il existe des méthodes permettant à une femme d'éviter une grossesse après un rapport sexuel. Selon moi, la diffusion d'informations concernant ces produits est nuisible, car elle encourage les jeunes filles à adopter des comportements sexuels inappropriés et à se diverger avant leur mariage. Néanmoins, vous comprenez qu'une jeune fille qui a été divergée avant son mariage suscite souvent des problèmes de la part de son mari et de sa belle-famille.»affirme notre enquêtée Halla âgée de 19 ans. Le Moussey accorde une valeur importante à la virginité de la fille lors de son mariage. Dans la culture Moussey, la sexualité d'une fille avant son mariage est purement sanctionnée. Les Moussey sont également confrontés à des problèmes spécifiques en matière de santé sexuelle et reproductive tel que : les mariages précoces et forcés, les violences sexuelles et le manque d'accès aux soins de santé. « Je me suis mariée à 13 ans quand je faisais la classe de sixième. Je ne connaissais pas comment on peut éviter une grossesse en utilisant les techniques modernes. En plus, j'avais peur de faire certaines choses au risque d'être corrigée par mon mari ; mon mari est trop véreux. » Affirme notre enquêté Maîmouna. Le choix de l'époux pour une fille Moussey est difficile, car dans le mariage traditionnel Moussey la fille n'a des décisions. 1. La situation actuelle de la polygynie chez les Moussey La famille polygame est cette forme de famille où une personne a contracté le mariage avec plusieurs conjoints(es). Elle est connue sous deux formes : la polyandrie quand c'est une femme qui a plusieurs hommes comme maris et la polygynie quand c'est un homme qui a plusieurs femmes comme épouses. Dans la société Moussey, il n'existe que la dernière forme qui est la polygynie. « Qu'autrefois, la polygamie était très sollicitée et appréciée par beaucoup des femmes et hommes Moussey. Aujourd'hui avec le modernisme, certains Moussey refusent de se marier avec 10 femmes et c'est dommage. À notre époque, on disait que celui qui a une femme est la coépouse de sa femme. Car quand sa femme accouche, ou tombe gravement malade, il sera forcé de pratiquer certaines activités domestiques c'est ce qui est tabou». Affirme Sounlona père de famille et patriarche âgée plus de 90 ans. En effet, la famille polygame est reconnue dans la société traditionnelle Moussey comme utile en raison qu'elle favorise une descendance nombreuse et renforce la main d'oeuvre agricole importante. À travers elle, les familles pouvaient résoudre certains problèmes comme le manque de main-d'oeuvre familiale pour les travaux champêtres, l'infertilité d'une femme en prenant en mariage une autre épouse susceptible de procréer, etc. Chez les Moussey, la pratique de la polygamie est largement répandue. Nous distinguons deux types de la polygynie plurielle communément appelé en Moussey « damarra » est cette forme de polygynie d'où l'homme est marié à plus de 10 femmes à plus de 100 femmes. La deuxième forme de la polygynie est la polygynie Moyenne donc, l'homme est marié entre 02 à 10 femmes. Chez le peuple Moussey notamment, les hommes ont le droit d'avoir plusieurs épouses, ce qui est accepté socialement et légalement dans certaines de leurs religions. Certains hommes Moussey choisissent de ne pas avoir plusieurs épouses pour des raisons économiques ou personnelles, tandis que d'autres continuent à pratiquer la polygynie. Cette pratique est parfois la cause des conflits familiaux et des problèmes de succession. Il est important de noter que la polygamie chez les Moussey fait partie intégrante de leur culture et de leurs traditions, et sa pratique varie en fonction des individus et des familles. Mais, les violences physiques et psychologiques sont aussi signalées chez les enfants vivant dans les familles polygames en milieu Moussey. Cela intervient par la rivalité entre les coépouses. Les femmes Moussey polygames souffrent aussi des sentiments de privation de l'autonomie. Le rapport entre le mariage polygyniqueet le système de filiation patriarcale entraîne non seulement de la violence sexuelle, physique et émotionnelle de la part du mari à l'endroit de ses épouses, mais conduit aussi à leur subordination. « J'ai 14 coépouses et je suis la 12èmeépouse. Pour coucher avec notre mari, nous faisons le tour. Si mon tour arrive et que je suis malade, je m'entends avec une de mes coépouses amies pour qu'elle prend mon tour et moi aussi je prends le sien. Moi je dirai que le mariage polygénique est bon du fait que si je suis malade, mes coépouses me donnent à manger et prennent soin de moi. Mais l'inconvénient cequ'il ne permet pas à nous les femmes de se réjouir de notre émotion sexuelle ». Affirme notre enquêtée Djokdé. Du côté du mari, la diminution de l'attention qu'un homme peut offrir à ses épouses et à ses enfants est soulignée. « Les hommes qui ont beaucoup des femmes, ne prennent pas soin de leurs enfants et femmes normalement. Notre mari affirme souvent quand un de mes enfants est malade que ce n'est pas son seul fils, il s'en fout si moi la mère ne prend pas soin de mon fils. » Affirme Hallia notre enquêtée âgée de 32 ans. Les sentiments de culpabilité, d'impuissance et de honte dans certains cas, avec l'éclatement de la famille par exemple, et l'épuisement émotionnel sont observés chez les maris polygames. Certains finissent par devenir agressifs à l'endroit d'une partie de leurs épouses et de leurs enfants. 2. Les facteurs culturels qui expliquent le recours à la polygynie chez les Moussey La polygamie a été au coeur des expressions culturelles et artistiques de l'Afrique subsaharienne au cours des dernières décennies. Alors que de nombreux écrivains et théoriciens africains dénoncent la polygamie comme une institution oppressive pour les femmes à travers des formes créatives, d'autres proposent des oeuvres qui plaident en faveur d'un positionnement plus approbateur sur la question. Par contre, pour beaucoup des Moussey que nous avons eu àinterroger, affirment que la polygamie est en droite ligne avec les activités familiales porteuses de revenus. Beaucoup des membres de famille dans la maison permettent au père chef de famille d'empocher un pactole9(*) à la fin de l'hivernage, au moment des récoltes. « Pendant la saison pluvieuse, Papa ne part pas aux champs nous faisons tous à sa place. Il est perçu comme le fonctionnaire au village, car nous ses enfants, sommes nombreux. » Propos de l'enquêté Dayba. En effet, la polygynie en milieu Moussey instaure une certaine concurrence au sein de la famille. Les enfants de mère différente sont a priori des adversaires. Chacun cherche à faire plus et mieux. Les femmes exercent une certaine pression sur leur enfant pour ne pas se faire insulter par la société. En réalité une femme dont l'enfant serait inutile ne fait que montrer ses insuffisances dans ses relations avec son époux. C'est ainsi que naissent la jalousie entre les coépouses Moussey. Les enfants des coépouses du ménage polygyne, dès les bas âges passent à ennemis. Ce sont ces actes qui en se multipliant créent une distance entre les épouses et époux. D'autres femmes consultentles charlatans ou les marabouts pour attirer d'avantage le regard favorable de leurs époux. Tout cela pour faire émerger son enfant et avoir une assise dans le foyer. Généralement, les liens familiaux se brisent et disparaissent entre demi-frères, la fraternité, l'entre-aide, la solidarité. Le Moussey considère la polygynie comme un moyen d'assurer la survie de la lignée familiale. En revanche, d'autres le considèrent comme un moyen d'affirmer le pouvoir et le contrôle des femmes. La polygamie est pratiquée dans de nombreuses communautés religieuses, notamment l'islam et certaines religions dites traditionnelles africaines. Dans l'islam, la polygamie est autorisée pour les hommes, avec une limite de quatre femmes. Il est considéré comme un moyen de s'occuper des veuves et des orphelins. Dans certaines religions traditionnelles africaines, la polygamie est également pratiquée et est considérée comme un moyen d'assurer la continuation de la lignée familiale. Chez les Moussey, le recours à la polygynie peut être expliqué par plusieurs facteurs culturels, tels que : v Les normes sociales Dans la culture Moussey, la polygynie est souvent considérée comme une pratique normale et acceptable. Les hommes sont encouragés à prendre plusieurs épouses pour assurer la continuité de la lignée familiale et pour renforcer les liens entre les familles. Selon Fitoua notre enquêtée au village de Domo Dambali affirme dans ce sens : « moi je dirais que le phénomène de mariage polygénique est ni en croissance ni en baisse dans notre société. Il est constant. Constant par ce que le mariage polygynique intervient souvent dans le cas où les jeunes garçons s'il est le seul dans sa famille « go'o usum dewna10(*) », il se mariera à beaucoup des femmes pour donner beaucoup d'enfants et combler le vide en matière d'enfant laissé par ses parents. ».La taille de la famille du garçon influence sur le choix du nombre des femmes en milieu Moussey. v La notion de prestige sur le nombre des femmes chez les Moussey Avoir plusieurs épouses est souvent perçu comme un signe de richesse et de statut social chez les Moussey. Les hommes qui peuvent se permettre d'entretenir plusieurs foyers sont souvent respectés et valorisés au sein de leur communauté. Quant à notre interviewée Hanoua « moi je dirais que la polygynie n'a pas cessé dans notre société mais le nombre des femmes dans le couple polygynique a diminué. Car, au temps de nos parents, un homme se marier à 10, 20 et parfois certains se marier même à 100 femmes le cas des chefs. Mais, de nos jours les jeunes se limitent beaucoup plus à 4 femmes. Et je dirais que c'est l'école qui est venue changer cette façon de se marier avec un petit nombre des femmes. Car, avec beaucoup des femmes les études seront dérangées dit-on ». Il en ressort cette affirmation de notre enquêtée Hanoua que le niveau d'éducation influence sur le choix de nombre des femmes en milieu Moussey. v La division du travail Dans la société Moussey, la polygynie est considérée comme un moyen de garantir une répartition équitable des tâches domestiques et de la charge de travail entre les différentes épouses. Chaque épouse a des responsabilités au sein du foyer et contribue ainsi à la stabilité et à la prospérité de la famille.« Ça fait l'honneur quand tu as beaucoup des femmes surtout en milieu rural. Les gens te respectent, et tu peux ou ne pas travailler les femmes pourront faire tout à ta place ». Affirme notre enquêté Heleona Chef de famille, polygyne avec 06 femmes. v Les questions religieuses Dans certaines communautés Moussey, la polygynie est justifiée par des interprétations spécifiques de la religion islamique. Certains hommes invoquent des principes religieux pour légitimer leur choix d'avoir plusieurs épouses et pour garantir le respect des normes morales et sociales de leur communauté. « ...Il est écrit dans le livre de la genèse que procréez-vous et remplissez la terre. Tous ceux qui utilisent des techniques modernes de contraception pour arrêter volontairement d'accoucher, pèchent contre la volonté de Dieu ». Affirme notre interviewée Ira femme du pasteur. En somme, le recours à la polygynie chez les Moussey est vu comme un reflet des valeurs, des normes et des pratiques culturelles spécifiques. Ces facteurs culturels contribuent à façonner les relations familiales et les rôles de genre au sein de la société Moussey. 3. Le fonctionnement de la société Moussey du point de vue de la survenue d'une nouvelle naissance La ritualisation de la naissance chez le peuple Moussey est une réalité socioculturelle fascinante. Les rites de naissance ont pour objectif de favoriser la survenue au monde d'un foetus, ensuite démontrer la paternité du nouveau bébé.Nous allons nous intéresser aux rituels et coutumes mentionnés par les femmes, lors de nos entretiens. Chez les Moussey, quand une femme veut accoucher, c'est son mari qui lui dépose le bois d'accouchement, elle s'assoie dessus pour accoucher. Dans ce cas, si la grossesse n'appartient pas au mari, il sera difficile pour la femme d'accoucher. « Quand je suis enceinte je consulte régulièrement l'accoucheuses traditionnelle Ndakli Rachel, pour le diagnostic de l'état de santé du foetus et son positionnement. Si le foetus est mal positionné dans le ventre, la sage-femme traditionnelle tourne sa position pour faciliter l'accouchement. Pendant l'accouchement, le mari dépose un bois d'où la femme va s'assoir sur ça pour accoucher. Le mari invoque toute sa bénédiction mais, si la grossesse ne l'appartient pas c'est grave. Soit l'enfant ne vas pas sortir ou le placenta ». Affirme Fatou notre enquêtée mère de 05 enfants et en grossesse pendant l'enquête. Le premier cri du nouveau-né est doté d'un sens symbolique. Madame Eveline nousexplique : « Parce que chez nous, quand le bébé ne pleure pas à l'accouchement, ils disent : « ce n'est pas le bon bébé ». C'est un mauvais enfant ! Voilà. Il faut le faire pleurer. Quand il ne pleure pas, les accoucheuses vont le taper, jusqu'à ce qu'il pleure. ». Cependant, le premier cri du nouveau-né est synonyme de vie. Les Moussey accordent une valeur importante à la survenue d'une nouvelle naissance. Tout d'abord, les futurs parents doivent se préparer à l'arrivée de leur enfant en faisant des préparatifs matériels tels que l'achat de vêtements, des pommades, savon et la mise en place d'une chambre pour la mère du bébé. Ensuite, la naissance elle-même est un moment de joie et de bonheur pour la famille et les proches. Les parents accueillent leur enfant avec amour et bienveillance, et leur entourage se réjouit de l'arrivée de ce nouveau membre de la famille. Après la naissance, la société Moussey met en place des rites et des traditions pour célébrer l'arrivée du bébé. Il s'agit notamment de fêtes, de cérémonies religieuses ou de rituels familiaux spécifiques. « La première chose pour accueillir un nouveau-né c'est de faire le rite de nomination appelé « gi vuna »11(*) » affirme notre enquêtée Sounda. Le rite « gi vuna » (rite de nomination) dure généralement 03 jours pour un garçon et 04 jours pour une fille. Les nombres impairs « bu ma welengua12(*) » correspondent aux hommes et les nombres paires « bu ma ka welengina13(*) » correspondent également aux femmes. Avant le rite de nomination on appelle l'enfant « Toy14(*) » le cas d'une fille et « oh-ho » pour un garçon. « Toy, oh-ho15(*) » sont des termes génériques pour désigner les nouveau-nés. C'est après le jours de rite de nomination qu'on commence à appeler l'enfant avec son nom propre. Chez les Moussey, c'est le papa de l'enfant qui donne le nom au nouveau-né. Même si la maman de l'enfant et les autres grands parents donnent leur part, c'est le nom que le papa donne qui prime sur tout. Le jour de rite « gi vuna » (rite de nomination) est comme jour de baptême de l'enfant. On prépare la sauce longue16(*), on paye la boisson et on invite les voisins et les accoucheuses qui ont fait accoucher la femme à ladite. Après, le papa prend la parole tout en remerciant son Dieu et tous les présents en suite, il donne le nom de l'enfant. Chaque invité rentre avec le nom du nouveau-né en tête. Pour notre enquêté Moussa « aujourd'hui ceux qui font l'église ne respecte pas certains rituels pour accueillir le nouveau-né. Pour les chrétiens, il prépare la sauce longue au gens et parfois il ne paye même pas à boire aux gens. »
Pour enterrer le placenta, seul le papa de l'enfant ou ses proches parents peuvent les faire. Le fait qu'il soit enterré, très souvent derrière la case de sa mère ou de son père relie l'enfant à sa terre de naissance. « Après l'accouchement, le papa ou frère du mari prend précieusement le placenta et l'enterre pour signifier que c'était vraiment son enfant. Il faut noter que pendant l'accouchement, si la femme a pris la grossesse ailleurs, si elle n'avoue pas le propriétaire de la grossesse, elle peut mourir pendant l'accouchement. Car, soit l'enfant ne va pas sortir ou le placenta ». Affirme Toudey une enquêtée âgée de 42 ans.
Les massages du nouveau-né sont des pratiques très répandues et les femmes utilisent souvent certaines vertus pour prévenir le nouveau-né des maladies et raffermir son corps. Madame Amia raconte « quand un enfant vient de naitre on le masse avec le beurre de karité et on mouille les doit avec le beurre afin de lui donner de l'eau ». En somme, la société Moussey accorde une grande importance à l'éducation et au bien-être des enfants. Les parents et la communauté veillent à ce que les enfants soient élevés dans un environnement sain et équilibré, et leur apportent tout le soutien nécessaire pour grandir et s'épanouir. La survenue d'une nouvelle naissance dans la société Moussey est un événement joyeux et important, qui est célébré et entouré de soin et d'attention par la famille et la communauté. 4. Les rites traditionnels qui encadrent le déroulement de la grossesse chez Les Moussey Chez Les Moussey, la grossesse est entourée de nombreux rites et traditions pour assurer la santé de la mère et du futur enfant. Ces rites traditionnels qui encadrent le déroulement de la grossesse chez les Moussey sont : La consultation Prénatale n'est pas connue par la société traditionnelle Moussey. Les Moussey disposent leur propre pratique de consultation prénatale. Pendant la grossesse, la future mère consulte souvent un charlatan, marabout ou un guérisseur pour s'assurer de la protection et de la bénédiction des ancêtres pour sa grossesse. Des offrandes et des sacrifices peuvent également être réalisés pour s'attirer les bonnes grâces des esprits. « Je consultais régulièrement les voyants pendant ma grossesse. Les voyants me réveillaient souvent ce qui vas se passer dans l'avenir pendant l'accouchement ou après l'accouchement et ils me donnent des remèdes pour se débarrasser des mauvaises yeux ». Affirme notre enquêtée Maimouna. Pour protéger la future mère et l'enfant à naître, des amulettes sont souvent portées tout au long de la grossesse. Elles sont censées éloigner les mauvais esprits et assurer la santé et le bien-être de la mère et de l'enfant. Pendant la grossesse, certains aliments peuvent être interdits à la future mère pour éviter tout risque de complication. Par exemple, l'interdiction de la consommation du miel et autres aliments très sucrés. « Une femme enceinte ne doit pas manger les oeufs, le miel, la canne à sucre. Tous ces aliments favorisent la malformation et l'avortement. Une femme enceinte ne doit pas égalementassister à un enterrement car cela porte malheur ». Affirme L'Hadjoka. Avant la naissance, la future mère consulte régulièrement les accoucheuses traditionnelles. « Moi je ne pars pas à l'hôpital pour faire la CPN. Ma belle-mère connaît beaucoup le diagnostic et prise en charge d'une femme enceinte. En plus je préfère être accouchée par une accoucheuse traditionnelle que les infirmiers. Les infirmiers insultent et se moquent beaucoup des femmes. Les accoucheuses traditionnelles sont souvent nos belles mères et coépouses c'est mieux ». Affirme notre enquêtée Kadakka. Les femmes rurales Moussey préfèrentêtre accouchées par les sages-femmes traditionnelles que les professionnels de santé. Ce choix se justifie par des violences verbales, physiques souvent exercées par les professionnels de santé envers les femmes enceinte. 5. Les us et coutumes en vigueur chez les Moussey pour accueillir un nouveau-né Chez les Moussey, l'accueil d'un nouveau-né est une occasion importante et est entouré de nombreux us et coutumes pour célébrer la naissance et assurer la santé et le bien-être du bébé et de la mère. Peu de temps après la naissance, le bébé est présenté à la famille élargie et aux proches lors d'une cérémonie de nomination. Cette occasion est souvent festive.Pour notre enquêtée Maîmouna, « Quand un enfant vient de naitre dans la société Moussey, nous assistons à plusieurs rites notamment le rite lié au jour de nomination. Par exemple, si c'est un garçon on fait 3 jours avant de le nommer, par contre si c'est une fille on fait 4 jours avant de la nommer ». Après la naissance, pour les Moussey chrétiens et musulmans les prières et des bénédictions sont souvent offertes au bébé pour lui souhaiter une vie longue et en bonne santé. Pour les Moussey traditionnalistes, après la cérémonie de nomination, on remet le bébé au patriarche de la famille pour qu'il prononce des incantations et des souhaits positifs pour le nouveau-né. « Moiet mon mari nous ne sommes ni musulman ni chrétien. Après accouchement, mon mari organise durant le jour de nomination du nouveau-né un festin à laquelle on prépare en quantité la sauce long, il achète le ergués pour donner aux gens à boire s'il y a des jeunes qui ne boivent pas le ergué et bibil, il leurs paye le dansleda17(*) ». Affirme notre enquêtée Toutkaylhara. Pour protéger le nouveau-né des mauvais esprits et assurer sa santé, des rituels tel que l'attache des amulettes autour du cou ou du poignet du bébé. D'après Noura : « il faut noter que c'est tout un rite qui entoure la nouvelle venue d'un enfant au monde dans la société Moussey. Quand une femme vient d'accoucher, on ne la laisse pas sortir promener, elle doit être seulement dans sa case d'accouchement on ne lui laisse pas également travailler par exemple préparer à manger aux gens elle se réserve elle doit commencer à travailler et à préparer à manger dès qu'on nomme son bébé. Il y a également des interdits alimentaires que cette femme qui vient d'accoucher tels que les aliments sucrés. » (Propos recueillis lors de nos enquêtes de terrain à Gounou-Gaya). Ces us et coutumes entourant l'accueil d'un nouveau-né chez les Moussey reflètent l'importance accordée à la famille, à la communauté et à la transmission des savoirs locaux. 6. Les facteurs socioculturels de la fécondité, de la procréation et du contrôle des naissances chez les Moussey Le Tchad fait partie des pays de l'Afrique subsaharienne qui enregistrent les niveaux de fécondité désirée et effective les plus élevés. A cet effet, la présente partie de notre mémoire met l'accent sur les facteurs socioculturels de la fécondité, de la procréation et du contrôle des naissances chez les Moussey pour appréhender leur rapport aux méthodes contraceptives modernes. Cette partie vise également à explorer la manière dont les croyances, les normes sociales, les pratiques traditionnelles, le rôle des genres et les influences extérieures impactent la fécondité, la procréation et le contrôle des naissances en milieu Moussey. Les facteurs agissants sur la fécondité, la procréation et le contrôle des naissances en milieu Moussey sont d'ordre socioculturel, économique et démographique.Parlant des facteurs socioculturels qui constituent le centre de réflexion de notre discipline anthropologie, nous y mettons un accent particulier. Le fait d'avoir des enfants en milieu Moussey est un prestige social et représente donc un réel enjeu pour les femmes dont la maternité va conditionner leur statut social. Pour notre enquêtée Maimouna : « avoir beaucoup d'enfants constitue un prestige social considérable. Une femme qui a beaucoup d'enfant est perçue comme femme brave. Et on suppose qu'en cas de quoi ses enfants pourront prendre charge d'elle dignement. » Cette perception particulièresur le nombre d'enfants vient aussi de l'extérieur, à savoir de la communauté ou du conjoint. Cependant, les facteurs socioculturels de la fécondité, de la procréation et du contrôle de naissance dans la société Moussey se résume sur les grands points suivants : Dans la société Moussey, la femme est généralement considérée à travers son rôle de mère. C'est à travers le nombre de ses enfants qu'elle existe et est valorisée dans la société, constituant alors un véritable pilier du corps social. Comme affirme notre enquêtée Touta « avoir l'enfant c'est une bonne chose. Quand tu n'as pas d'enfants ton nom ne sera pas appelé « goona kongu ni seng yiya ». Si tu as l'enfant, même après la mort, les gens diront que c'est l'enfant de tel ou tel, et c'est honorifique. Si tu n'as pas d'enfants, tu es comme quelqu'un qui ne vaut rien dans son existence « goo di ka kongui ni an ni, angi ko sa'a sunum kadina na18(*) ». Dans la société Moussey, la maternité est perçue comme un moment privilégié dans la vie d'une femme. Dans plusieurs mythes et contes Moussey, la femme enceinte a une représentation des relations privilégiées avec les esprits, avec les êtres de l'au-delà, et est généralement considérée comme un intermédiaire entre les ancêtres et le monde réel. « Généralement chez nous les femmes, à partir de 02 à 03 mois de grossesse, on cache la grossesse et refuse de la faire connaitre aux entourages. Car, pendant cette période, les sorciers peuvent facilement manger le foetus de manière mystique. Après le troisième mois, la femme peut commencer à consulter les sages-femmes traditionnelles et on lui explique les principes à tenir pour une bonne gestion de la grossesse jusqu'à l'accouchement ». Affirme notre interviewée Touta. Est considérée comme bonne femme dans la société Moussey, c'est celle qui a fait beaucoup d'enfants surtout enfants garçons.
Le « devoir de procréer » : la maternité est également fortement valorisée par les Moussey et cela exerce des pressions sociales sur les femmes à procréer. Dans certains cas, cette pression sociale engendre la pratique d'exclusion envers les femmes ne parvenant pas à procréer. Dans l'imagerie populaire Moussey, il y a d'un côté les femmes stériles et de l'autre les femmes fécondes. Ces dernières (femmes fécondes) font le bonheur des hommes dans la société, considérées comme « reines-mères ». En plus, la maternité a un fort pouvoir symbolique car elle est gage de continuité de la communauté et plus particulièrement gage de la descendance de l'homme auquel elle est liée. En outre, la stérilité de la femme entraîne la stigmatisation de la part de la communauté et constitue source principale de divorce en milieu Moussey. Certains membres de la société mystifient l'infécondité de la femme par des accusations ou soupçons de sorcellerie. « Ouf ! La femme stérile ! Ellecouche en vain avec les hommes, Ohoo, la femme stérile s'habille très bien mais c'est en vain que son mari la chérit. Ohoo, la femme stérile accompagne les hommes, elle est debout comme un bois sec. »La maternité dans la société Moussey s'exerce aussi sous la contrainte sociale du groupe. Il s'agit aussi d'être une « bonne mère », c'est-à-dire d'élever ses enfants selon les normes sociales de la communauté, et que ses enfants adoptent les bonnes attitudes pour avoir la réputation et le prestige qui se rattachent à la fonction maternelle. 7. L'importance de l'enfant au sein de la société Moussey Dans la socioculture Moussey, le nouveau-né est considéré comme un don de la terre nourricière à la lignée familiale. Parce que le nouveau-né vient « remplacer » un ancêtre récemment disparu et ainsi « réparer » la lignée familiale en assurant la succession des générations. Dans cette même d'idée notre enquêtée Hamidou affirme : « l'importance de l'enfant dans la société Moussey c'est la pérennisation du nom de ces parents. On fait l'enfant c'est par ce que même si toi le parent n'est plus au monde, l'enfant te remplace ». Quand les parents vieillissent et ne peuvent plus travailler, ce sont les enfants qui prennent en charge la survie de la famille. L'enfant est donc bien accueilli. C'est ainsi affirmé notre enquêtée Moussa « je vais dire, faire d'enfant c'est comme planter un arbre et au fil du temps quand l'arbre grandit, tu mangeras ses fruits et c'est comme ça qu'on fait des enfants dans le cas où le papa devient vieux, il se repose sous l'ombre de ses enfants. » D'ailleurs, quand la stérilité frappe le couple, elle est vécue comme une punition divine ou une malédiction tant du point de vue matériel que symbolique. Dans la société Moussey, l'enfant est considéré comme la « réincarnation d'un ancêtre venant du village des ancêtres. » En effet l'enfant occupe une place centrale au sein de la société Moussey, reflétant ainsi l'importance accordée à la famille et à la descendance dans cette culture riche en traditions. De ce fait, le peuple Moussey considère l'enfant comme un héritage précieux, une source de fierté et de continuité de la lignée familiale. L'arrivée d'un enfant est célébrée avec enthousiasme, symbolisant la perpétuation des valeurs, des savoirs et des traditions au sein de la communauté. Par conséquent, la pression sociale pour procréer et assurer la descendance est très forte chez les Moussey, en raison de l'importance accordée à l'enfant dans la culture et les pratiques traditionnelles. « Surtout quand c'est un enfant garçons, il prendra mieux la charge de ses parents. Par contre la fille part en mariage et vient secourir lentement sa famille. » Propos de de notre enquêté Moustapha. Dans ce contexte, comprendre l'importance de l'enfant au sein de la société Moussey nous a permis d'appréhender les perceptions et les représentations des méthodes contraceptives modernes au sein de cette communauté. L'utilisation des méthodes contraceptives modernes et le contrôle des naissances en milieu Moussey sont donc des enjeux complexes qui doivent être analysés à la lumière de cette valorisation de l'enfant et de la famille au sein de la société Moussey. 8. Les conditions à remplir pour avoir ou prétendre à avoir un enfant Au sein de la société Moussey, l'idée d'avoir un enfant est entouré de conditions spécifiques et de normes sociales qui influencent les attitudes des individus envers la fécondité et la procréation. Dans ce cas spécifique, nous avons ressorti les conditions à remplir pour avoir ou prétendre à avoir un enfant dans la société Moussey. Pour notre enquêtée Mariame, « d'autres parents Moussey n'ont pas étudié et ils ne savent pas compter l'âge de leurs filles. On dit qu'une fille est à l'âge de se marier et faire d'enfants c'est quand ses seins « po'o ma kalla 19(*)» sont bien sortis. On exprime la maturité de la fille pour faire l'enfant en fonction du développement de ses seins et de sa hanche. Pour le garçon, c'est en fonction du poids de mille qu'il peut prendre dans un panier et la réalisation de certains travaux dures ». Tout d'abord, le mariage est généralement considéré comme une étape préalable à la procréation, et la capacité du couple à assurer les soins et l'éducation de l'enfant est un critère essentiel pour prétendre un enfant. De plus, les Moussey accordent une grande importance à la fertilité et à la capacité de perpétuer la lignée familiale. Avoir un enfant est souvent perçu comme un devoir et une responsabilité envers la famille et la communauté. Les pressions sociales pour procréer et transmettre les traditions familiales sont significatives. En outre, les conditions socio-économiques jouent un rôle crucial dans la décision d'avoir un enfant chez les Moussey. La capacité financière à subvenir aux besoins de l'enfant, à assurer son éducation et son bien-être est un facteur déterminant dans la planification familiale. Pour notre enquêté Moulna, « mais nos parent de maintenant n'attendent même pas que les seins de la fille sortent. Il commence à prendre l'argent sur la fille depuis son enfance. Il arrive de fois que la fille n'a pas encore atteint l'âge de maturité, mais le papa a déjà fini de manger l'argent de la compensation matrimoniale et on est dans l'obligation de donner en mariage la fille étant petite ». Les conditions à remplir pour prétendre un enfant dans la culture Moussey se résume de manière suivante : il faut être marié, pour les garçons il faut être capable à exécuter les travaux dures tel que les travaux champêtres, les travaux des constructions des maisons, pour la fille c'est sa capacité à entretenir son ménage tel que préparer la nourriture et assurer la propriété. C'est ainsi affirmé notre enquêté Hamou « pour moi c'est faire des efforts à labourer beaucoup des champs et acheter également beaucoup des bétails comme condition essentiel pour prétendre un enfant. Quand tu as beaucoup des bétails et si tu laboure également beaucoup, on dira que tel garçon est capable à gérer une femme et enfant. » Quant à l'interviewée Noura, elle affirme pour sa part que « c'est le mariage qui est la condition principale pour prétendre avoir un enfant. Tout homme ou femme marié doit prétendre d'accueillir un enfant. Parce que c'est n'est pas bon pour une fille non mariée de concevoir étant chez ses parents. Cela constitue une honte pour la famille. Pour les garçons on dit que ton enfant de dehors ne peut pas t'appeler papa dans notre contexte « go'o buru ka yang baba di 20(*)». Pour ce faire, il faut d'abord se marier avant de penser à faire d'enfant dans la société Moussey. » Quant à Aïkomou « les conditions à remplir pour un homme c'est avoir la capacité à labourer son champ, avoir une forme grande avec les muscles développés et en plus il faut être marié pour prétendre avoir un enfant. » En revanche pour un couple marié, il n'existe pas des conditions et règles spécifiques à remplir pour prétendre avoir un enfant. Au contraire, dans la société Moussey la grossesse, et l'arrivée d'un nouveau-né au sein d'un couple est un don divin, tout cela vient de dieux. L'enfant est un don le plus recherché dans la vie conjugale de couple Moussey. En somme cette analyse sur les conditions à remplir pour avoir ou prétendre à avoir un enfant dans la société Moussey, nous a permis de décerner et de mettre en lumière les normes et les attentes socioculturelles qui influencent les perceptions et les pratiques en matière de fécondité et de contrôle des naissances au sein de la communauté Moussey. 9. Les dispositions que doit prendre un homme ou une femme s'il souhaite avoir des enfants Pour réaliser ce mémoire sur la perception et la représentation socioculturelle des méthodes contraceptives modernes au Tchad, notamment chez le peuple Moussey, il était important pour nous de prendre en compte les dispositions que doivent prendre un homme ou une femme Moussey s'ils souhaitent avoir des enfants dans cette société. Tout d'abord, il est essentiel de comprendre que la question de la procréation est souvent fortement influencée par les normes culturelles et les attentes sociales au sein de la communauté Moussey. Ainsi, avant de concevoir un enfant, il est recommandé de consulter les voyants pour protéger le prochain nouveau-né contre le mauvais oeil. Notre enquêté HINIMZINA affirme pour sa part, « il est souvent attendu d'un couple qu'il soit prêt sur le plan économique et social avant de concevoir un enfant. Cela peut comprendre la stabilité financière, le logement adéquat et la disponibilité de ressources pour élever un enfant dans de bonnes conditions. » Quant à Fissou Infirmier Diplômé d'Etat que nous l'avons interviewé affirme que « parlant des dispositions à prendre pour un homme Moussey avant de souhaiter un enfant c'est le structurel c'est à dire pour un bon Moussey il faut avoir d'habitat c'est penser à construire sa maison et la maison de sa femme ». Contrairement, pour notre enquêtée Minda, elle déclare qu'« il n'existe pas des dispositions qu'un couple doit préalablement prendre pour faire un enfant. L'enfant dans le couple vient seul. « goona Kaf tam aayni kafiya21(*) ». En somme, cette partie de notre mémoire sur les dispositions que doivent prendre les hommes Moussey qui envisagent d'avoir des enfants nous a permis de mieux appréhender les attitudes, croyances et comportements de la population vis-à-vis de la contraception et de la planification familiale. 10. Les perceptions culturelles de la grossesse chez les Moussey Pour aborder la perception culturelle de la grossesse chez les Moussey dans le cadre de notre étude sur la perception et la représentation socioculturelle des méthodes contraceptives modernes au Tchad, il était important pour nous de prendre en compte les différents aspects culturels et sociaux. La grossesse et l'accouchement forment le coeur des coutumes et des traditions de plusieurs cultures tchadiennes, car, ils assurent la survie de la société. Cependant, chaque société élabore par l'observation de la nature et par la création de mythes et de religions, un ensemble de rites de protection et d'interdits visant à protéger les mères et leurs foetus. Dans plusieurs sociétés du Tchad, les rites entourant la grossesse et l'accouchement ont des points communs tel que : la relation privilégiée de la femme enceinte avec les esprits et la symbolique autour du placenta et du cordon ombilical. Tout d'abord, il est essentiel de démontrer comment la grossesse est perçue au sein de la société Moussey. Cela inclut des croyances, des rites, des mythes et des principes spécifiques liés à la fertilité, à la maternité et à la paternité. Il était également important pour nous d'explorer les normes et les attentes sociales en matière de grossesse, notamment en ce qui concerne le rôle de la femme en tant que mère et celui du père au sein de la société. Selon notre enquêtée Minda, « quand une femme a ses règles, elle sait qu'il est possible pour elle de concevoir une grossesse ou pas. Car, nous les femmessavons faire la différence entre les règles fécondables et les non fécondables. Si c'est les règles infécondables, même si la femme fait le rapport sexuel avec son mari comme quoi même, elle n'aura pas grossesse. Chez nous les Moussey on dit « tlena halang col ayni ko lona 22(*)» tout vient de Dieu et c'est dieu qui donne l'enfant. » La conception d'un enfant chez les Moussey n'est pas considérée seulement comme le seul résultat d'un acte sexuel, mais résultat de plusieurs éléments surnaturels. Ainsi, dans un système social comme celui des Moussey d'où la réincarnation est omniprésente, la conception d'un enfant est possible, quand pendant l'acte sexuel, un être transmigrant, sorte d'être psychique chargé de ses vies antérieures, choisit de descendre sous forme d'embryon dans le corps de sa mère. La fertilité revêt d'une importance considérable dans la culture Moussey. La fertilité est souvent considérée par les Moussey comme une bénédiction divine ou ancestrale. Elle est vue comme un signe de faveur et de prospérité pour la famille et la communauté. Comme affirme notre enquêtée Awa « l'enfant vient de Dieu, un couple qui a beaucoup d'enfants est perçu comme forts, riche et intouchable ». Les femmes qui ont fait beaucoup d'enfants sont généralement très respectées dans la société Moussey. En cas de l'infertilité, la population Moussey fait recours premièrement à la voyance pour comprendre les principaux obstacles qui bloquent la reproduction de la femme. Souvent le problème de l'infécondité est dû à la malédiction d'un parent, à la transgression des normes culturelles ou les divinités tel que : « ful-madina, ful-mununda23(*) » empêchant la femme de ne pas concevoir. Chez les Moussey, la grossesse marque une transition importante dans le changement du statut social d'une fille ou femme. La grossesse transforme la femme à une future mère et elle sera désormais celle qui contribue au développement de la famille. Les femmes enceintes bénéficient d'un traitement spécial et de soins particuliers de la part de la communauté. Elles sont exemptées de certaines tâches physiques difficiles tel que : fendre le bois, porter les poids lourd, marché sur une longue distance etc. En plus la grossesse renforce la position de la femme au sein de sa belle-famille. Car la famille exerce une pression considérable sur la procréation de la femme.
La grossesse est souvent perçue comme essentielle à la survie et à l'expansion du clan. Elle assure la transmission des traditions et de l'héritage culturel. Car chez les Moussey les enfants sont considérés comme une richesse pour la famille et la communauté. Notre enquêté Sanama renchérit que « on dit toujours chez nous que les enfants c'est une richesse venant de Dieu. Celui qui a beaucoup d'enfant est un riche car, il peut labourer un large champ avec ses enfants et personne ne peut déclarer facilement la guerre à cette famille. » La grossesse renforce cependant les liens entre les familles, notamment dans le cas de mariages arrangés. En plus, la grossesse joue également un rôle dans la résolution de conflits inter-claniques à travers des alliances matrimoniales. Les femmes Moussey subissent une forte pression familiale et sociale pour tomber enceintes rapidement après le mariage. L'infertilité ou les difficultés à concevoir sont souvent sources de stigmatisation. Le nombre d'enfants peut être lié au prestige social, encourageant les grossesses multiples. « Je me suis mariée à 12 ans et j'avais fait 03 ans sans tombé enceinte, cela avait entrainé beaucoup des moqueries et injures graves de la part de la famille de mon mari. Ils disaient que je mange inutilement les biens de leurs fils, par ce que je n'accouche pas. Après consultation de plusieurs marabouts et charlatans on m'a fait comprendre que c'est ma tante qui m'a bloquée car, elle revendiquait de mon mariage uneétoffe de wax. Après avoir donné cela à ma tante, dieu merci je suis tombé enceinte et j'ai accouché un enfant garçons et je me sens maintenant femme comme les autres ». Propos de notre enquêtée Alia
La grossesse est perçue comme un lien entre le monde des vivants et celui des ancêtres. Certaines croyances attribuent des qualités spéciales ou un destin particulier à l'enfant à naître
Chez les Moussey, les femmes enceintes subissent des restrictions alimentaires spécifiques tel que : ne pas manger le miel. En plus les femmes enceintes adoptent des comportements particuliers pour protéger le foetus à savoir : ne pas s'assoir sur le mortier, ne pas uriner sur les arbres dans la nuit car les mauvais esprits peuvent entrer dans le ventre de la femme. Elles doivent adopter les pratiques traditionnelles pour favoriser une grossesse saine tel que : se faire consulter régulièrement par les accoucheuses traditionnelles, respecter les divinités et les vieillards.
Les ancêtres exercent une influence sur la conception et la grossesse de leurs progénitures. Pendant la grossesse, les femmes pratiquent des divers rituels pour attirer les faveurs des esprits protecteurs. En plus pendant la grossesse les femmes reçoivent de révélations diverses à travers les rêves et elles attachent de sens considérable à ces songes. « Quand j'étais tombée enceinte, mon défunt beau-père est venu dans le rêve, il m'a révélé que je mettrais au monde un enfant garçons et il faut le nommer Waidou. Effectivement j'ai accouché un enfant garçon et j'ai obéi à la volonté de mon beau-père défunt ». Affirme notre interviewée Martine. Cela nous laisse croire à la connexion qui lie les femmes enceintes Moussey avec les esprits ancestraux et divins.
Dans la société Moussey, la sexualité avant le mariage est sévèrement sanctionnée. Les Moussey accordent une valeur capitale à la virginité de la jeune fille. Les mères célibataires subissent des moqueries et stigmatisation de la part de la famille et de la société. Elles sont souvent traitées comme « gaw langa, Tcha hokira, adjaba24(*) etc. » en effet la grossesse d'une fille non mariée à un impact sur son mariage. « Une fille qui tombe enceinte au sein de sa famille biologique sans se marier, commet des abominations. Souvent quand cela arrive, l'auteur de la grossesse fait un sacrifice d'un bouc pour purger la souillure du sang incestueux ». Raconte notre enquêté Mariatna
En cas de grossesse non désirée pour une fille non mariée, la solution endogène est souvent le mariage arrangé. L'adoption d'un enfant de la jeune fille au sein de la famille n'est pas possible dans la société Moussey, car cet enfant est perçu comme incestueux au sein de la famille élargie. Vue cette sanction sociale vis-à-vis des grossesses hors mariage, les filles Moussey font recours à des pratiques dangereuses pour faire avortements clandestins et non médicalisé. « En tant fille non mariée, il n'est pas d'abord bon de tomber en grossesseétant chez ses parents.Sicela arrive, le mieux c'est deregagner rapidement l'auteur de la grossesse avant que la grossesse se développe. Soit si le garçon ne me plait pas pour le mariage, le deuxième choix reste d'avorter cette grossesse en mangeant les racines amère d'une plante ou allant chez le Choukou25(*).»Affirme notre interviewée Maimouna.
Avec l'avènement de la modernisation et l'éducation des filles, la structure sociale Moussey est en constante évolution donc la perception autour des grossesses à légèrement changer. La même population qui refusait la consultions prénatale, lui accorde aujourd'hui une importance capitale. Nous notons également l'influence de l'urbanisation sur les pratiques traditionnelles. Parlant de l'urbanisation, elle est à l'origine de l'interculturalité. Enfin, il était crucial pour nous d'explorer comment ces perceptions culturelles de la grossesse peuvent influencer la manière dont sont perçues les méthodes contraceptives modernes au sein de la société Moussey. Comprendre les normes et les représentations sociales liées à la fertilité et à la reproduction est essentiel pour promouvoir la santé reproductive et la planification familiale au sein des sociocultures Tchadiennes. 11. La prise en charge culturelle de la grossesse chez les Moussey Pour aborder la prise en charge culturelle de la grossesse chez les Moussey, il est important d'analyser les différentes pratiques et traditions liées à la gestation de la grossesse au sein de la communauté Moussey. Tout d'abord, il était essentiel pour nous d'examiner les soins prénataux et postnataux dispensés aux femmes enceintes et aux nouveau-nés chez les Moussey. Cela inclut des pratiques traditionnelles de préparation à l'accouchement, des rituels de protection de la femme enceinte et du bébé, ainsi que des conseils nutritionnels et de santé transmis de génération en génération. Les sages-femmes jouent un rôle primordial dans la prise en charge de la grossesse et de l'assistance à l'accouchement. Les sages-femmes assurent également les techniques de prise en charge du nouveau-né. Elles sont des femmes ménopausées ou femmes ayant déjà accouché plusieurs fois, bénéficiant des expériences remarquables dans l'accouchement. Elles sont souvent très respectées par la population pour leurs savoirs et connaissances culturelles. A chaque accouchement, le mari offres des cadeaux aux accoucheuses, ces cadeaux sont souvent les savons, le sel et si le mari est riche, il les offrir le pagne. La société Moussey n'a pas attendu l'arrivée de la médecine occidentale pour développer les techniques de soins prénatales qui leurs sont spécifiques. Les techniques de la protection du foetus chez les Moussey sont nombreuses allant de l'interdit alimentaire, utilisation des remèdes à bases des plantes pour traiter les maladies liées à la grosse. Hormis les techniques ci-dessus citées, nous ajoutons également massages. Le massage comme entendu n'est pas un simple massage mais, une pratique exercée par les accoucheuses traditionnelles pour contrôler, l'état et la position du foetus. Cela se fait régulièrement jusqu'à l'accouchement. La grosses d'une femme est un moment heureux et parfois d'angoisse. Car nul ne sait ce qui va se passer entre le foetus et la mère. Pour notre enquêtée Martine : « pendant la grossesse on dit que la femme dort avec la pioche (gu djona). C'est après l'accouchement qu'on dit la femme est éloignée de la pioche qui devait servir à creuser sa tombe ». Pendant la grossesse la femme se procure des bois de chauffage suffisant et le mari veille à la construction de la case et du secco pour accueillir le nouveau-né dans une case de naissance équipée. En plus à la veille de l'accouchement le mari ou la femme se prépare à acheter les savons, les beurs de karités. De nos jours les beurs de karité sont remplacés par le lait de pommade. Chez les Moussey, il existe des interdits alimentaires et comportementaux que la femme enceinte doit respecter pour se protéger et protéger le foetus. Primo, le tabou alimentaire tel que la consommation des aliments trop sucrés et le miel sont interdits aux femmes enceinte. Les céréales tel que : les arachides et les sésames sont priorisées en plus s'ajoute la consommation des légumes comme les feuilles d'oseilles, moringa et bien d'autres. Les activités dures comme fendre les bois, porter des poids lourds sur la tête, piler le mil sont interdits aux femmes enceintes. Par ailleurs, le rôle des aînés, des sages-femmes et des guérisseurs traditionnels dans la prise en charge de la grossesse chez les Moussey est remarquable. Ces acteurs jouent un rôle important dans la transmission des connaissances et des pratiques liées à la gestion, ainsi que dans l'accompagnement spirituel et psychologique des femmes enceintes. CONCLUSION PARTIELLE Ce chapitre troisième de notre mémoire portant sur le système de représentations culturelles de la fécondité, de la procréation et de la contraception chez les Moussey nous a permis d'élucider les principaux thèmes importants nomment : les connaissances générales sur la santé sexuelle et reproductive chez les Moussey, la questions de la polygynie en milieu Moussey, les facteurs socioculturels de la fécondité, de la procréation et du contrôle des naissances chez les Moussey ainsi que les valeurs culturelles que les Moussey accordent au nombre important d'enfants. Il est à retenir de ce chapitre que la culture, le niveau d'étude, la religion, le genre et la représentation culturelle aux tours d'une importante descendance interagissent sur la fécondité, la procréation et les méthodes contraceptives modernes chez le peuple Moussey. En fin nous retenons également de ce chapitre que le mariage polygénique fait partie intégrante des valeurs culturelle Moussey et le recours à cette forme de mariage dans lequel le conjoint épouse plusieurs conjointes n'a pas changé.
INTRODUCTION PARTIELLE Ce chapitre explore les principaux acteurs qui influencent la fécondité dans la société Moussey du Tchad, en mettant l'accent sur les perceptions et les représentations socioculturelles des méthodes contraceptives contemporaines. L'accent est mis sur l'implication des conjoints, la famille, les leaders communautaires et religieux dans les questions de fertilité. Cette partie de notre mémoire a analysé les rôles, les influences et les interactions des acteurs dans les choix de fertilité et de contraception, en évaluant leur impact sur l'adoption ou le rejet des méthodes contraceptives contemporaines. Le chapitre met également en lumière la dynamique de pouvoir, les influences culturelles et les dynamiques sociales qui influencent la fertilité et la contraception en milieu Moussey. Les acteurs impliqués dans la santé communautaire comprennent les dirigeants religieux, les chefs traditionnels, les sages-femmes, les membres de la famille, les couples mariés, les parents et les travailleurs des ONGs. Tous ces acteurs jouent un rôle important dans la promotion de la santé sexuelle et reproductive, dans l'éducation de la population sur l'importance de la planification familiale et des méthodes contraceptives modernes, dans le renforcement de l'accès aux services de santé reproductive et dans la lutte contre les idées fausses et les conceptions erronées sur la contraception. I. LES PERSONNES QUI INFLUENCENT LA DÉCISION DU NOMBRE D'ENFANT AU SEIN D'UN COUPLE CHEZ LES MOUSSEY Les personnes qui influencent la décision du nombre d'enfants au sein d'un couple chez les Moussey sont multiples et diverses. Parmi ces personnes nous avons : La décision du couple surtout le mari est important dans la prise de la décision sur le nombre d'enfants à avoir. Dans la société Moussey, avoir beaucoup d'enfant est synonyme de pouvoir et richesse. Dans cette même logique notre enquêtéeFatwa affirme: « pour moi c'est l'homme qui décide du nombre d'enfants à avoir au sein du couple. Parce-que même si la femme décide de n'est plus donnée l'enfant en s'abstenant du rapport sexuel de son jour d'ovulation, l'homme peut forcer la volonté de la femme. Si elle refuse de lui donner le sexe, en cas de bagarre, les gens donneront toujours tort à la femme. » Il faut aussi noter que dans la société Moussey l'homme est considéré comme le chef de ménage et c'est lui qui a le pouvoir de décision sur le fonctionnement de la famille. Comme affirme notre enquêtéeBintou, « dans la société Moussey on dit que l'homme est le chef de la famille et c'est lui qui peut décider sur la taille de sa famille et le nombre d'enfants à avoir pour sa femme ». Dans de nombreuses sociétés africaines, avoir beaucoup d'enfants est un honneur. En effet, les membres de la famille élargie jouent un rôle crucial dans les décisions de procréation. Il faut également noter que les membres de la famille par alliance tel que les beaux-parents ont également une influence sur la belle fille à procréer pour compenser les dépenses liées à ses compensations matrimoniales. Pour notre enquêtée Aicha, « parfois la décision du nombre d'enfant qu'un couple veut avoir est influencée par la belle famille du mari. Moi j'ai quatre coépouses et je suis la cinquième. Souvent la belle-famille offres plus de cadeaux à mes coépouses qui ont eu beaucoup d'enfants et leurs accordent plus de la considération. Car disent-ils c'est elles qui ont contribué grandement à agrandir la famille. Cela me vexe, et je souhaite un jour leurs dépasser avec le nombre d'enfants si dieu le veut ». De ce fait, une femme qui a eu beaucoup d'enfants dans la sociétéMoussey est plus valoriséeet elle est traitée avec honneur. L'infécondité est l'objet de plusieurs moqueries et stigmatisation dans la société Moussey. Les normes communautaires traditionnelles Moussey voudraient à ce que toutes les femmes soient procréatives donc ses normes culturelles exercent une influence significative dans la vie procréative des femmes Moussey. Notre interviewée Fatti soutient pour sa part : « une femme ou un homme qui n'a pas d'enfant si elle/il meurt on l'enterre avec le charbon pour dire qu'il/elle a laissé rien derrière lui et sa vie sur terre était sombre. En plus, celui qui n'a pas donné un enfant n'est considéré au sein de la société même s'il a la richesse matérielle, on dira donc qu'il est riche comme ça pourtant il n'a rien ». Notre enquêtéeMaimounaquant à elle affirme : « Celui qui n'a pas accouché n'est pas respecté au sein de la société. On dira ouf... Il n'a pas fait d'enfant. Le cas d'une femme on dit celle qui n'a pas accouché fait les gros cacas. » Avoir beaucoup d'enfant est un signe d'honneur familial et social au sein de la société Moussey. 4. Les leaders religieux Dans la société Moussey, la religion joue un rôle important sur les nombres des épouses et nombre d'enfants à avoir. Dans les familles chrétiennes, la polygynie n'est pas tolérée par contre l'islam et les croyances culturelles valorisent la polygynie. Selon notre enquêté Seydou, « le nombre d'enfants qu'un couple doit avoir est une destinée « dum goro col ayni ko lona26(*) », donc personne n'a le pouvoir d'influencé cette destinée. » Cependant, les autorités religieuses et les chefs traditionnels jouent un rôle essentiel dans la prise de décision en matière de fécondité, en décourageant l'utilisation de méthodes contraceptives moderne en fonction des croyances religieuses et des interprétations théologiques. Selon notre enquêtée Ira femme du Pasteur affirme : « la décision du nombre d'enfant à avoir au sein d'un couple est un sujet sacré et c'est Dieu seul qui peut dire je décide te donner un tel ou tel nombre d'enfant. Il est dit dans la bible, dans le livre de Genèse, multiplier et remplissez la terre. Ceux et celles qui décident de limiter volontaire de procréer par les moyens de contraceptives modernes pèchent et se révoltent contre la volonté divine. » Il ressort de ces propos de nos différents enquêtés que la religion joue un rôle important dans la décision de la procréation dans la société Moussey. 5. Les pairs et proches En effet, les pairs et les proches jouent un rôle important dans la prise de décision des couples en matière de planification familiale. Il ressort de notre observation du terrain dans la société Moussey que les personnes sont plus susceptibles d'utiliser les méthodes contraceptives modernes si elles ont des amis ou des membres de leur famille qui en ont déjà utilisé et qui en sont satisfaits. Pour Mariam, « c'est ma copine Ira qui m'a informée des avantages des méthodes contraceptives modernes pour arrêtermomentanément l'accouchement. Cela nous aide vraiment. Car, accoucher sans arrêt, rend faible ». Propos de notre enquêtée Mariam, femme âgée d'une quarantaine d'année. De plus, le soutien des proches renforce la confiance des couples dans leur choix de contraception ou de méthode de planification familiale, car ils se sentent épaulés et accompagnés dans cette démarche. Les conseils et expériences partagés par les amis et la famille aident à dissiper les mythes et les fausses croyances entourant les méthodes contraceptives modernes. 6. Les facteurs socio-économiques Hormis les acteurs ci-dessus, l'éducation et le statut économique d'un couple sont des déterminants majeurs de la fécondité. D'après notre interviewée Mari, Femme de ménage affirme pour sa part : « on veut beaucoup d'enfants c'est pour le travail. Les enfants c'est la richesse et ça fait l'honneur. On veut beaucoup d'enfants pour qu'ils nous aident dans les travaux. Aussi certains pensent qu'il faut faire beaucoup d'enfants quand la mort décidera de prendre certains il nous restera aussi mieux. »Toudey quant à elle affirme que : « Ce qui encourage à faire beaucoup d'enfants c'est aussi l'honneur lié au nombre d'enfants. Pour un couple qui fait beaucoup d'enfant, quand ses enfants commencent à se marier, ils encercleront la maison de leur père et on dira ici c'est toute la famille de tel ou tel. » D'après le résultat de notre investigation, le couple ayant un niveau d'éducation élevé souhaite faire le planning familial et avoir un nombre limité d'enfants. Par contre le mari ayant une aisance financière, souhaite d'avantage augmenter les nombres de ses épouses et avoir un grand nombre d'enfants pour augmenter les mains d'oeuvre pour les travaux de champs.« La situation qui poussent les couples Moussey à faire beaucoup d'enfants c'est pour que leur nom soit connu et appelé partout. En plus on veut faire beaucoup d'enfants pour les travaux. Quand on fait un peu d'enfants et que la mort décidé de ramasser sa part, tu restes sans enfants. » Propos de notre enquêté Oundaina. Ces divers acteurs ont des impacts significatifs sur la manière dont les couples Moussey prennent des décisions concernant le nombre d'enfants qu'ils souhaitent avoir, ainsi que sur les méthodes contraceptives modernes qu'ils choisissent d'utiliser pour atteindre leurs objectifs en matière de fécondité. II. LES NOMBRES MOYENS D'ENFANTS QU'UN COUPLE DOIT AVOIR CHEZ LES MOUSSEY Dans le cadre de présent mémoire portant sur la perception et la représentation socioculturelle des méthodes contraceptives modernes au Tchad, il nous apparaissait intéressantd'explorer la question du nombre moyen d'enfants qu'un couple doit avoir chez les Moussey. Il faut noter que les normes et les attentes en matière de fécondité peuvent varier en fonction des contextes socioculturels, des croyances religieuses, des traditions et des valeurs familiales propres à la communauté Moussey. La culture Moussey valorise une grande descendance en tant que signe de fertilité et de prospérité. Pour Toudey, « Si ça dépendait de moi, je demanderai à Dieu de me donner 20 enfants. » Maria pour sa part, « Les enfants vous savez que c'est le bonheur et les fruits d'un mariage, donc moi je souhaite 22 enfants dans ma vie ». Il est à noter que parmi tous nos enquêtés le choix minimal du nombre d'enfant à avoir au sein du couple est de 12 enfants par femme. Selon les données statistiques, le nombre moyen d'enfants par femme au Tchad est d'environ 6. Et le nombre d'enfant par femme en milieu Moussey est élevé par rapport à certaines cultures. Cependant, le nombre idéal d'enfants que les couples souhaitent avoir peut varier en fonction de divers facteurs tels que les croyances culturelles, les conditions socio-économiques et l'accès aux services de santé reproductive. Dans le cadre de notre étude, il est important de mettre l'accent particulier sur la notion de taux de « fécondité de remplacement27(*) » qui est le nombre moyen d'enfants par femme nécessaire pour maintenir une population stable à long terme, sans immigration ni émigration. Dans la plupart des pays développés, ce taux est d'environ 2,1 enfants par femme. Au Tchad, le taux de fécondité est beaucoup plus élevé que le taux de remplacement théorique. Selon les dernières données disponibles, le taux de fécondité au Tchad est d'environ 5,6 enfants par femme selon l'enquête démographique et de la santé (l'EDS 2018). Il est important de noter que ce taux élevé n'est pas nécessairement ce qu'un couple doit avoir, mais plutôt ce qui est observé en moyenne. Les facteurs influençant ce taux comprennent : Il est important de noter que le nombre d'enfants qu'un couple doit avoir est une question de choix personnel, influencée par la culture, l'éducation, les ressources économiques, et l'accès aux soins de santé, plutôt qu'une obligation stricte. À travers notre travail nous avons eu à interroger sur comment les normes socioculturelles et les représentations locales influencent les pratiques contraceptives modernes chez les Moussey. Nous avons mis en lumière tous ces éléments, pour une meilleure compréhension des dynamiques de la fécondité au sein de cette population et à suggérer de stratégies de santé reproductive plus adaptées et inclusives. III. LES PERCEPTIONS CULTURELLES DU NOMBRE D'ENFANTS CHEZ LES MOUSSEY Dans la société Moussey du Tchad, comme dans de nombreuses sociétés africaines traditionnelles, la perception du nombre d'enfants est fortement influencée par des facteurs culturels, économiques et sociaux. Cette partie de notre mémoire a exploré les différentes dimensions de cette perception culturelle du nombre d'enfants en milieu Moussey et son impact sur l'utilisation des méthodes contraceptives modernes. Cependant, dans la culture Moussey, la perception du nombre d'enfants est souvent influencée par des facteurs culturels, sociaux et économiques. Avoir une grande famille est considéré comme une source de richesse et de noble statut social. Sur cette même idée notre enquêtée Toudey affirme « celui qui a beaucoup d'enfants est perçu par la communauté comme un riche. Les gens en dissent toujours que celui-là a beaucoup d'enfants. Donc les enfants c'est la richesse ». Avoir de nombreux enfants est souvent valorisé car, cela signifie plus de main-d'oeuvre pour les travaux agricoles, plus de soutien familial et une assurance pour la vieillesse. Notre enquêtée Toudey poursuit ses propos dans ce sens : « on veut beaucoup d'enfants c'est pour le travail. Les enfants c'est la richesse et ça fait l'honneur. On veut beaucoup pour qu'ils nous aident dans les travaux. Aussi certains pensent qu'il faut faire beaucoup d'enfants quand la mort décidera de prendre certains, il nous restera aussi mieux. » Les enfants sont perçus comme des atouts précieux, car ils contribuent au développement économique de la famille, aident les parents à garder les bétails, assurent les travaux domestique, s'occupent des parents et assurent la continuité de la lignée familiale. D'après nos entretiens avec plusieurs membres de la société Moussey, des grandes idées se dégagent pour donner de la valeur aux enfants parmi lesquels nous avons : 1. Valeur sociale et économique des enfants Chez les Moussey, les enfants sont traditionnellement perçus comme une richesse et une bénédiction. Notre enquêtée Afiaaffirme, « celui qui n'a pas d'enfant meurt toujours avec ses richesses puis après sa mort, il n'y aura personne pour gérer ses biens matériels. »Un nombre élevé d'enfants est souvent associé à un statut social élevé et à une plus grande prospérité. Pour comprendre cette valeur, il est nécessaire d'examiner divers éléments comme le bien-être des enfants, leur formation, leur santé et les obstacles auxquels ils font face. Les enfants sont considérés comme un soutien important pour les familles dans la société Moussey du Tchad.Ils contribuent aux tâches ménagères et agricoles dès leur plus jeune âge avec une division sexuelle du travail.Les enfants sont également perçus comme un investissement pour l'avenir, notamment en termes de sécurité sociale pour les parents âgés. Les enfants participent aux activités économiques telles que l'agriculture, l'élevage ou le commerce, ce qui contribue aux revenus familiaux.Ils sont parfois perçus comme une main-d'oeuvre bon marché dans certaines situations. Toutefois, dans plusieurs foyers au Tchad, les enfants participent directement au budget familial en travaillant de manière informelle ou agricole. Cela est considéré comme une exigence économique dans des conditions de ressources restreintes. Cependant, cela soulève aussi des inquiétudes sur le travail des enfants et leurs droits. Dans la communauté Moussey, le travail précoce des enfants entrave leur formation scolaire et compromettent leur développement mental et physique. En dépit de ces apports potentiels, les enfants du Tchad en général et plus spécifiquement les enfants Moussey rencontrent divers obstacles importants : la pauvreté persistante, les conflits armés, la malnutrition chronique et les disparités d'accès aux services vitales. Non seulement ces éléments restreignent leur potentiel personnel, mais également celui de leurs communautés et pays. En définitive, les enfants dans la société Moussey ont une grande valeur sociale et économique. « Une femme ou un homme qui n'a pas d'enfant si elle/il meurt on l'enterre avec le charbon pour dire qu'il/elle a laissé rien derrière lui et sa vie sur terre était sombre. » affirme notre enquêté Mounda. Mais, en milieu Moussey les enfants subissent fréquemment un sous-développement en raison de plusieurs entraves structurelles et socio-économiques. Il est primordial de maximiser cette valeur en améliorant l'accès à l'éducation, en consolidant les mesures de protection sociale pour empêcher l'exploitation et en favorisant une vision globale du développement qui prend en compte les exigences particulières des enfants. Dans une économie principalement basée sur l'agriculture et l'élevage, les enfants représentent une force de travail essentielle pour la famille.D'après notre enquêté Moussa, « ce qui poussait nos parents à faire beaucoup d'enfants, c'est les besoins en mains d'oeuvre pour labourer un large champ, car les enfants peuvent enrichir leurs parents en les aidants à travailler dans les champs, garder les bétails etc. »Baina chef de famille marié à 06 femmes, pour sa part ajoute, « pour nous les cultivateurs, on se marie à beaucoup des femmes pour la main d'oeuvre. Avec un nombre des femmes important, on pourra avoir beaucoup d'enfants et cela nous permet de labourer un large champ. » 3. Sécurité sociale En l'absence d'un système de retraite formel, les enfants sont considérés comme une assurance pour les vieux jours des parents dans la société Moussey. C'est sur cette même affirmation notre enquêté Mounouna affirme que : « Les enfants c'est le bonheur de la famille. Quand un homme voit son enfant il est heureux et content, c'est la fierté. Les enfants aussi c'est l'avenir quand le papa est vieux et ils peuvent le relever dans l'avenir. » Cela nous laisse entendre que c'est pour la sécurité sociale que les Moussey veulent beaucoup d'enfants. Car, quand tu as beaucoup d'enfants la société Moussey te respecte « sa'a gora coco na sem fi ngara 28(*)». Une descendance nombreuse assure la pérennité du nom familial et des traditions.Pour notre enquêté Ndimma : « les enfants assurent la pérennité du nom de l'individu et même après la mort. Cela est plus important pour enfants garçons ». Cette perception sur le nombre d'enfants a une incidence sur le nombre d'enfant au sein d'un couple Moussey. Le fait d'avoir beaucoup ou moins d'enfants au sein du couple Moussey est impacté par plusieurs facteurs, tels que les valeurs familiales, les ressources économiques disponibles, ou encore l'impact sur la dynamique familiale. La taille de la famille en milieu Moussey est une construction sociale et varie selon les contextes culturels et historiques.Ainsi, la descendance nombreuse des Moussey peut changer leur perception du nombre d'enfants, en le rendant plus flexible et adapté à leur réalité familiale. 5. Influence des croyances religieuses et traditionnelles Les croyances culturelles Moussey et l'islam ne fixent aucune limite pour le nombre d'enfants qu'un couple doit avoir. Cependant, ces religions encouragent une descendance nombreuse et instruites les parents à assumer la responsabilité de l'éducation et du bien-être de leurs enfants. Ces croyances jouent un rôle important dans la perception du nombre d'enfants parmi lesquels le peuple Moussey affirme que les enfants c'est la bénédiction divine. Lafertilité est souvent vue comme un don de Dieu ou des ancêtres.« C'est Dieu qui donne les enfants. Un homme Moussey qui a assez d'enfants est un béni de Dieu. » Affirme notre enquêté Mana. La religion joue un rôle significatif dans la décision du nombre d'enfants qu'un couple souhaite avoir. Cette influence se manifeste à travers les enseignements religieux, les valeurs culturelles associées à la religion, et les normes sociales qui dissuadent les couples d'avoir plus d'enfants. Les religions encouragent souvent la procréation, avec de nombreuses traditions chrétiennes, islamiques valorisant la famille et la maternité. Ces enseignements peuvent encourager les couples à avoir plus d'enfants, car ils croient que les enfants sont une bénédiction et un devoir moral. 6. Les rôles de genre Les rôles de genre favorisent souvent les femmes en tant que principales responsables de l'éducation des enfants et des tâches ménagères, ce qui peut influencer le désir d'avoir plusieurs enfants. Dans la société Moussey, les attentes sociétales poussent les femmes à avoir plus d'enfants pour répondre aux normes familiales. L'inégalité des sexes a également été associée à une augmentation de la fécondité dans certains contextes. Car, cela pourrait réduire le nombre d'enfants en raison de priorités professionnelles ou personnelles accrues. Cependant, lorsque les femmes ont accès à l'éducation et aux ressources, cela peut conduire à une intention plus élevée d'avoir des enfants. « Ce qui m'a poussé à faire beaucoup d'enfants, c'est la recherche des enfants garçons. J'avais accouché successivement 05 filles et comme vous le savais, une femme qui n'a pas accouché des enfants garçons n'a pas trop de valeur au sein de la société, je me suis mis à chercher l'enfant de sexe masculin en allant chez les voyants et marabouts. Dieu merci ma dernière grossesse j'ai pu accoucher un enfant garçon. » Affirme notre enquêtée Fati. L'impact de la religion sur la natalité varie considérablement en fonction des contextes culturels et géographiques. Par exemple, dans les pays où l'islam est dominant, les taux de natalité sont plus élevés que dans les pays aux valeurs plus laïques. La polygynie, trop pratiquée dans la société Moussey, favorise la progéniture nombreuse. La polygamie, la pratique de se marier avec plusieurs partenaires simultanément, est une institution sociale dans de nombreuses sociétés africaines, influençant la dynamique familiale et le nombre d'enfants qu'un couple peut avoir. Les facteurs influençant incluent les normes culturelles et sociales, les ressources économiques, l'accès aux soins de santé et l'éducation. « Chez nous les Moussey, celui qui veut beaucoup d'enfants doit nécessairement se marier à beaucoup des femmes. Cela n'est pas seulement bénéfique pour une progéniture nombreuse, mais pour une main d'oeuvre agricole importante ». Affirme notre interviewé Ndimma. Les normes culturelles et sociales jouent un rôle significatif dans l'adoption de la polygamie dans la sociétéMoussey. Les hommes qui peuvent avoir plusieurs épouses sont souvent respectés et admirés, ce qui peut entraîner une augmentation du nombre d'enfants. Dans certains cas, dans la société Moussey, il y a une pression sociale pour que les femmes aient plusieurs enfants afin de renforcer les liens familiaux et d'assurer un soutien économique à long terme. Les ressources économiques jouent également un rôle crucial dans la capacité de la famille à soutenir un grand nombre d'enfants. Dans les systèmes de polygamie, les ressources peuvent être partagées entre plusieurs épouses et leurs enfants, augmentant potentiellement le nombre total d'enfants par rapport aux structures de monogamie. Cependant, cela dépend de la gestion des ressources par le mari et des dynamiques internes entre les coépouses. L'accès aux services de santé est également crucial pour déterminer le nombre d'enfants souhaité par une femme. Dans les sociétés où les femmes ont accès à l'éducation et sont sensibles aux droits reproductifs, le désir d'avoir moins d'enfants augmente. Démographiquement, la polygamie a un taux de natalité plus élevé dans certaines régions africaines par rapport aux sociétés monogames. En conclusion, la polygamie influence de manière significative le nombre d'enfants dans les couples Moussey, mais son impact varie considérablement en fonction des normes culturelles locales, des ressources économiques disponibles, de l'accès aux services de santé et du niveau d'éducation des femmes. Les rituels et coutumes jouent un rôle crucial dans la manière dont nous percevons la famille et la reproduction. En renforçant l'importance de la famille et en créant des attentes sociales autour de la procréation, ils peuvent en effet influencer le nombre d'enfants que les couples décident d'avoir. Selon Pierre Bourdieu, ces traditions façonnent nos choix en matière de reproduction en imprégnant notre inconscient de normes et de valeurs familiales. Une étude menée par l'Institut National d'ÉtudesÉconomiques et Démographiques du Tchad a montré que dans les sociétés où les rituels familiaux sont fortement ancrés, le taux de natalité est plus élevé. En effet, ces rituels renforcent le lien familial et incitent les couples à envisager une famille nombreuse comme un idéal à atteindre. De plus, ils peuvent également créer une pression sociale sur les individus pour qu'ils se conforment aux attentes de leur communauté en matière de reproduction. Ainsi, il est essentiel de prendre en compte l'impact des rituels et coutumes sur nos choix en matière de procréation. En comprenant comment ces traditions influencent nos comportements et nos décisions, nous pouvons mieux appréhender les mécanismes qui sous-tendent les dynamiques démographiques de nos sociétés. Cette vision réductrice de la femme en tant que simple reproductrice est non seulement dégradante, mais elle limite également ses opportunités et son autonomie dans la société. En réalité, les femmes ont bien plus à offrir que leur capacité à procréer. Elles possèdent des compétences, des talents et des capacités intellectuelles qui peuvent contribuer de manière significative au développement et à la prospérité de la société. Selon une étude menée par l'Organisation mondiale de la santé, les pays qui accordent davantage de droits et d'opportunités aux femmes ont tendance à être plus prospères et plus égalitaires. En valorisant pleinement les femmes dans tous les domaines de la société, non seulement elles pourront s'épanouir pleinement, mais cela bénéficiera également à l'ensemble de la communauté. 10. Préférence pour les enfants garçons Dans la culture Moussey, la valeur des enfants n'est pas le même selon les sexes. Le Moussey exprime un grand désir aux enfants garçons. « Le garçon constituent une force familiale et c'est eux qui pérennisent le lien familial. Car, quel qu'en soit son niveau d'étude et son statut, la fille va se marier et abandonner sa famille et s'affilier à une nouvelle famille. Celui qui n'a pas fait d'enfants garçons même s'il accouche 20 filles, il n'est pas différent d'un infertile. » Ce désir d'avoir des garçons favorise des grossesses répétées. L'influence des préférences pour les garçons sur le nombre d'enfants d'un couple est complexe et multidimensionnelle, impliquant des facteurs culturels, psychologiques, économiques et sociaux. Les préférences culturelles et sociales pour les garçons sont influencées par les rôles de genre traditionnels, les noms de famille ou le soutien économique que les enfants sont perçus comme pouvant apporter. Les parents ressentissent une pression sociale ou familiale pour avoir un garçon, ce qui peut influencer leur désir d'augmenter le nombre total d'enfants. Cette pression entraîne des sentiments de déception ou de frustration si un couple n'a pas d'enfant du sexe désiré après plusieurs tentatives.« J'ai accouché 03 filles, mon mari a vu que je ne l'ai pas accouché un garçon, il s'est marié avec une autre femme. J'implore Dieu s'il pouvait même me donner seulement 02 garçons, je serai heureuse ». Affirme notre enquêtée Alice. En conclusion, la préférence pour les enfants de sexe masculin influence significativement le nombre d'enfants d'un couple, influencée par divers facteurs culturels, psychologiques et économiques. Cette pression sociale peut provenir de différents facteurs tels que les normes culturelles, les attentes familiales ou même les valeurs religieuses. Par exemple, dans certaines cultures, avoir beaucoup d'enfants est considéré comme une source de richesse et de fierté pour la famille, ce qui pousse les couples à en avoir davantage.De plus, des études ont montré que la pression sociale peut avoir un impact significatif sur la décision d'avoir des enfants. Une recherche menée par des sociologues a révélé que les individus sont plus enclins à suivre les normes sociales en matière de fécondité, ce qui signifie qu'ils sont plus susceptibles d'avoir un nombre d'enfants similaire à celui de leur entourage proche.En outre, la pression sociale peut également influencer la perception des couples sur la taille idéale de leur famille. En se conformant aux attentes de la société, certains couples peuvent se sentir obligés d'avoir plus d'enfants qu'ils ne le souhaitent réellement, ce qui peut entraîner du stress et des difficultés dans leur relation.En fin de compte, il est important pour les couples de prendre des décisions en matière de fécondité qui correspondent à leurs propres valeurs et aspirations, plutôt que de céder à la pression sociale. Comme le souligne le sociologue Pierre Bourdieu, "la reproduction sociale s'exerce par l'intermédiaire des attitudes, des comportements et des aspirations des individus, qui intègrent et reproduisent les normes et les valeurs de la société". Ainsi, il est crucial de remettre en question ces normes et de prendre des décisions éclairées en matière de procréation. 12. Conditions socio-économiques Dans Les conditions socio-économiques jouent un rôle crucial dans les décisions liées à la fécondité et à la structure familiale. Les familles pauvres peuvent voir les enfants comme une forme d'assurance pour leur propre sécurité financière, les poussant ainsi à favoriser la procréation précoce et à valoriser le travail des enfants. D'autre part, les familles chrétiennes et éduquées ont souvent accès à des informations et des ressources qui leur permettent de faire des choix éclairés en matière de planning familial. Pour ces familles, la qualité de vie et l'éducation des enfants priment sur la quantité, les incitants à avoir moins d'enfants pour pouvoir subvenir à leurs besoins de manière plus adéquate. Selon une étude menée par l'UNICEF, les adolescentes issues de milieux défavorisés ont plus de risques de tomber enceintes que celles provenant de familles aisées. Ces chiffres soulignent l'impact des conditions socio-économiques sur les décisions en matière de fécondité et mettent en lumière l'importance de politiques et de programmes visant à offrir un accès équitable à l'éducation et aux services de santé reproductive pour toutes les couches de la société. En conclusion, il est essentiel de prendre en compte les conditions socio-économiques dans l'analyse des choix familiaux, afin de concevoir des politiques adaptées et inclusives qui permettent à chaque individu de prendre des décisions éclairées et autonomes en matière de reproduction. Malgré la persistance de ces perceptions traditionnelles, nous observons une évolution progressive des comportements de certains Moussey face aux réalités contemporaines. Impact du modernisme sur la conception du nombre d'enfants dans un couple est un sujet captivant nécessitant une analyse approfondie. Dans le cadre de votre étude sur la perception des méthodes contraceptives modernes chez les Moussey au Tchad, il est essentiel d'explorer comment les idées modernistes ont influencé la planification familiale. Le modernisme a profondément transformé la façon dont les individus considèrent la famille, la parentalité et la fertilité. Chez les Moussey, ces idées peuvent remettre en question les notions traditionnelles de famille et influencer la décision quant au nombre d'enfants à avoir. Les valeurs de liberté, d'autonomie et de choix personnel associées au modernisme peuvent impacter la perception de la taille de la famille par les couples Moussey. Les avancées technologiques et l'accès à l'information sur la contraception jouent également un rôle dans la redéfinition des normes liées à la procréation.Il est crucial d'étudier la manière dont ces influences modernistes s'imbriquent avec les normes culturelles et les traditions ancestrales chez les Moussey. Comprendre les interactions complexes entre modernisme et tradition permet de mieux appréhender les enjeux et les opportunités liés à la santé reproductive et à la planification familiale au sein de cette communauté En conclusion, l'analyse de l'influence du modernisme sur la perception du nombre d'enfants chez les Moussey offre un éclairage précieux sur l'évolution des mentalités en matière de fécondité et de parentalité, en tenant compte des dynamiques culturelles et sociales spécifiques à cette population.
L'exode rural et l'adoption de modes de vie urbains modifient les perceptions sur la taille idéale de la famille.
En effet, des études ont montré que dans les sociétés où la perception culturelle du nombre d'enfants est élevée, l'utilisation des méthodes contraceptives modernes est souvent limitée. Les croyances endogènes sur la procréation et la famille peuvent créer des barrières à l'accès aux informations essentielles en matière de santé reproductive. Ainsi, il est primordial de sensibiliser les individus de la société Moussey sur l'importance du planning familial et de l'accès aux méthodes contraceptives modernes. En leur fournissant des informations précises et en les éduquant sur les options qui s'offrent à eux, nous pouvons contribuer à une prise de décision éclairée et autonome en matière de santé reproductive. Comme le dit si bien Margaret Sanger, fondatrice du mouvement pour le contrôle des naissances : « La liberté de planifier quand et comment avoir des enfants est fondamentale pour le bien-être des individus et des sociétés. » Il est donc crucial de briser les tabous et les barrières culturelles qui restreignent l'accès à l'information en matière de santé reproductive, afin de permettre à chacun de faire des choix en toute connaissance de cause et dans le respect de ses droits fondamentaux. 14. Résistance culturelle Les valeurs traditionnelles constituent un frein à l'adoption de la contraception. La résistance culturelle envers la contraception peut venir de croyances religieuses, de traditions familiales ou de pressions sociales. Dans certaines cultures, la contraception est perçue comme contraire aux normes établies depuis longtemps. Cela peut être dû au fait que la procréation est considérée comme un devoir sacré et limiter la taille de la famille peut être mal vu. Il est important de comprendre ces résistances pour mettre en place des programmes de sensibilisation efficaces. L'éducation peut aider à changer les attitudes même dans des contextes conservateurs. Il est essentiel d'aborder ces questions de manière respectueuse et inclusive. Travailler en collaboration avec les communautés locales est essentiel pour promouvoir des choix reproductifs autonomes et informés. Comme le dit un proverbe Moussey, « Il faut tout un village pour élever un enfant ». 15. Conflit de valeurs L'utilisation de contraceptifs est perçue comme allant à l'encontre des croyances religieuses et traditionnelles. Ce conflit de valeurs peut être très préjudiciable pour les individus qui souhaitent utiliser des contraceptifs pour des raisons de santé ou de planification familiale. Selon une étude menée par l'Organisation mondiale de la santé, l'accès aux contraceptifs modernes permet de réduire le nombre de grossesses non désirées, ce qui contribue à la santé maternelle et à la réduction de la mortalité infantile. Il est également important d'éduquer et de sensibiliser les communautés sur l'importance des contraceptifs et de promouvoir le dialogue interculturel pour surmonter les obstacles liés aux différences de valeurs. En fin de compte, il s'agit de trouver des solutions qui respectent à la fois les convictions individuelles et les impératifs de santé publique. 16. Négociation familiale La décision d'utiliser des contraceptifs implique souvent des négociations au sein du couple et de la famille élargie. Cette analyse de la perception culturelle du nombre d'enfants dans la société Moussey met en lumière la complexité des facteurs influençant les choix reproductifs. Elle souligne l'importance de prendre en compte ces perceptions culturelles dans l'élaboration de programmes de planification familiale et de promotion des méthodes contraceptives modernes au Tchad. En effet, la perception du nombre d'enfants n'est pas statique chez les Moussey. En raison de l'évolution des conditions socio-économiques, l'accès accru à l'éducation et l'influence des médias modernes, tout cela a contribué des modifications des attitudes et des comportements en matière de procréation. En revanche, les croyances culturelles Moussey entrent de plus en plus en conflit avec l'utilisation des contraceptifs modernes. Certains membres de la communauté Moussey perçoivent ces méthodes comme allant à l'encontre des normes traditionnelles et religieuses et se montrent hostiles à leur utilisation. IV. LA DÉCISION DU NOMBRE D'ENFANTS DANS UN COUPLE CHEZ LES MOUSSEY Dans la société Moussey du Tchad, la décision concernant le nombre d'enfants à avoir est un processus complexe, influencé par divers facteurs socioculturels, économiques et personnels. Nous avons examiné les mécanismes de prise de décision et les influences qui s'exercent sur les couples Moussey en matière de procréation. 1. Structures décisionnelles familiales La décision du nombre d'enfants n'est généralement pas le fait d'un individu isolé, mais s'inscrit dans un cadre familial plus large. La structure familiale joue un rôle crucial dans la détermination du nombre d'enfants qu'un couple choisit d'avoir. Cette influence peut être analysée sous plusieurs dimensions, y compris la composition familiale, les valeurs culturelles, les facteurs économiques et l'éducation. Le type de structure familiale (nucléaire, élargie, monoparentale) impacte directement le désir d'avoir des enfants. Les familles nucléaires, composées de deux parents et de leurs enfants, ont tendance à avoir des préférences différentes par rapport aux familles élargies avec plusieurs générations vivant ensemble. Dans les familles élargies, il peut y avoir une pression sociale ou un soutien accru pour avoir plus d'enfants en raison des ressources partagées et du soutien familial. Les valeurs culturelles influencent également le nombre d'enfants qu'un couple souhaite avoir. Dans certaines cultures, avoir une grande famille symbolise la prospérité et la continuité. Les facteurs économiques jouent également un rôle dans le choix du nombre d'enfants. Les couples avec des ressources financières limitées peuvent choisir d'avoir moins d'enfants en raison des coûts associés. Inversement, les couples disposant de meilleures ressources ou de politiques favorables peuvent être plus enclins à avoir une famille plus nombreuse. L'éducation et l'emploi jouent également un rôle significatif dans la décision d'avoir des enfants. Les niveaux d'éducation élevés tendent à retarder la maternité/paternité et encouragent les femmes à se concentrer sur leur carrière. Les politiques publiques qui soutiennent la parentalité peuvent encourager les couples à avoir plus d'enfants en réduisant les obstacles financiers ou logistiques. La figure du patriarche joue un rôle essentiel dans de nombreuses familles Moussey en ce qui concerne les décisions reproductives. En tant que chef de famille, souvent le père ou le grand-père, il détient une influence significative sur les choix liés à la reproduction. D'une part, il est courant que le patriarche ait le dernier mot dans les négociations conjugales concernant le nombre d'enfants à avoir. Bien que des discussions puissent avoir lieu au sein du couple, la voix de l'homme est souvent prépondérante dans cette prise de décision. Cette tradition peut être ancrée dans les valeurs familiales et culturelles transmises de génération en génération. D'autre part, l'influence de la belle-famille, et en particulier des parents du mari, peut également peser dans la balance. Ces derniers peuvent exercer une pression pour avoir plus d'enfants, en particulier si la femme n'a pas encore donné naissance à un garçon pour perpétuer le nom de famille. Cette pression sociale peut parfois être difficile à ignorer pour le couple, et le patriarche joue alors un rôle central dans la gestion de ces attentes familiales. Cette dynamique met en lumière l'importance des figures masculines dans les prises de décision liées à la reproduction au sein de la société Moussey. Il est essentiel de prendre en compte ces facteurs culturels et sociaux pour comprendre les choix familiaux en matière de fécondité. Comme le souligne le sociologue Pierre Bourdieu, "la famille est le premier lieu où l'on apprend. 3. Facteurs socioculturels influençant la décision Plusieurs éléments socioculturels entrent en jeu dans la décision du nombre d'enfants en milieu Moussey : - Prestige social : Un grand nombre d'enfants est souvent associé à un statut social élevé et à la virilité pour les hommes. - Pression communautaire : La communauté peut exercer une influence indirecte à travers des commentaires, des comparaisons ou des attentes exprimées lors de rassemblements sociaux. - Croyances religieuses : Les convictions religieuses peuvent encourager une progéniture nombreuse, considérée comme une bénédiction divine. Les facteurs économiques jouent un rôle de plus en plus important dans la décision du nombre d'enfants en milieu Moussey. Dans les familles pauvres, les enfants sont souvent perçus comme une source de main-d'oeuvre et de revenu supplémentaire. Cela peut conduire à des mariages précoces et à des grossesses multiples, même si les risques pour la santé de la mère et de l'enfant sont accrus. Les ressources économiques du ménage influencent directement la décision d'avoir plus ou moins d'enfants. En plus, la perception des enfants comme investissement et de revenus futurs, influence ainsi la décision d'en avoir plus. Les préoccupations de santé influencent de plus en plus les décisions reproductives de la société contemporaine Moussey : - Santé maternelle : Les risques liés aux grossesses multiples peuvent inciter certains couples à limiter le nombre d'enfants. - Espacement des naissances : La compréhension de l'importance de l'espacement pour la santé de la mère et de l'enfant peut influencer la planification familiale. - Accès aux soins de santé : La disponibilité et la qualité des services de santé maternelle et infantile peuvent affecter les décisions reproductives. L'accès à l'éducation, en particulier pour les filles, est un facteur déterminant dans la décision du nombre d'enfants. Les femmes instruites ont tendance à avoir moins d'enfants et à se marier plus tard, car elles ont d'autres aspirations et opportunités dans la vie. L'accès aux services de santé reproductive : La disponibilité et l'accessibilité des services de planification familiale et de santé maternelle peuvent influencer les choix des couples en matière de procréation. Cependant, l'accès à ces services reste limité dans certaines régions du Tchad, en particulier dans les zones rurales. Les préférences individuelles du couple : En fin de compte, la décision du nombre d'enfants est une décision personnelle qui devrait être prise par le couple en concertation. Il est important que les deux partenaires soient en mesure de discuter ouvertement de leurs désirs et de leurs aspirations, et de prendre une décision éclairée qui correspond à leurs projets de vie. Il est important de noter que la situation est en train d'évoluer au Tchad. La sensibilisation aux questions de santé reproductive et familiale augmente, et les couples tchadiens ont de plus en plus la possibilité de faire des choix éclairés quant à leur avenir familial. Au sein de la société Moussey du Tchad, la décision du nombre d'enfants à avoir au sein du couple est influencée par une multitude de facteurs, imbriqués dans les valeurs culturelles, les réalités socio-économiques et les croyances ancestrales. Au sein de la société Moussey du Tchad est un processus complexe, influencé par des facteurs culturels, socio-économiques et ancestraux. Néanmoins, l'évolution sociétale et l'accès à l'information permettent aux couples de faire des choix plus libres et responsables quant à leur avenir familial. La décision du nombre d'enfants dans la société Moussey du Tchad est le résultat d'un équilibre complexe entre traditions, pressions sociales, réalités économiques et aspirations personnelles. Bien que les facteurs traditionnels exercent encore une influence significative, on observe une évolution progressive vers une approche plus réfléchie et planifiée de la procréation, particulièrement chez les jeunes générations et en milieu urbain. Cette évolution ouvre des perspectives pour une meilleure acceptation et utilisation des méthodes contraceptives modernes, tout en soulignant l'importance d'une approche sensible aux spécificités culturelles dans les programmes de planification familiale. V. LES RAISONS DE LA PRÉFÉRENCE D'UNE PROGÉNITURE NOMBREUSE CHEZ LES MOUSSEY La préférence pour une progéniture abondante chez les Moussey est influencée par plusieurs facteurs culturels, économiques et sociaux propres à cette communauté spécifique. Sur le plan culturel, la famille est considérée comme une unité centrale de la vie sociale, et une descendance nombreuse est valorisée en tant que symbole de réussite et de pouvoir au sein de la communauté Moussey. De plus, dans la culture Moussey, avoir de nombreux enfants est perçu comme un moyen de garantir une sécurité financière et un soutien familial en cas de besoin. « C'est pour la gloire qu'on veut beaucoup d'enfants. Car, quand tu as beaucoup d'enfants la société Moussey te respecte « sa'a gora coco na sem fi ngara 29(*)». » Sur le plan économique, une progéniture abondante est considérée comme une main-d'oeuvre potentielle pour les activités agricoles, pastorale contribuant ainsi à la subsistance de la famille et à la prospérité économique. De plus, dans la société Moussey, les enfants sont considérés comme une assurance vieillesse pour les parents. Les parents Moussey comptent sur leur soutien à l'âge avancé. « On perçoit celui qui a beaucoup d'enfants comme un riche. Parce-que les enfants travail et cet homme ne manquerai pas de récolter une grande quantité des miles. » Affirme Assabaksou notre enquêté père d'un enfant âgé de 24 ans. Enfin, sur le plan social, une progéniture abondante est perçue comme un statut social élevé et une source de fierté pour les parents, renforçant ainsi leur position au sein de la communauté. La préférence des enfants de sexe masculin influence également le nombre d'enfant au sein du couple. Dans la société Moussey, la valeur des enfants ne pas le même selon le sexe masculin et féminin. Le couple Moussey priorise les enfants garçons que des filles. Un couple qui a accouché beaucoup des filles sans accoucher un enfant garçon va solliciter davantage les grossesses pour espérer un enfant garçon. La recherche d'un enfant de sexe masculin pousse également certain conjoint de se marier à d'autres femmes. Il est important de noter que les raisons de la préférence pour une progéniture abondante varient d'une personne à l'autre, d'un couple à l'autre et sont influencées réciproquement par un ensemble complexe de facteurs culturels, économiques et sociaux. v Raisons culturelles et sociales La préférence des Moussey pour une grande famille est profondément ancrée dans leur structure sociale et culturelle. Cette préférence est influencée par des motivations sociales et culturelles, ainsi que par la continuité des liens familiaux et des traditions. La présence de nombreux enfants assure la continuité des liens familiaux, un élément essentiel de leur identité culturelle. Dans la cosmologie de Moussey, la présence d'une grande famille est souvent perçue comme un signe de grâce divine, favorisant le respect et l'admiration. Les grandes familles ont généralement une plus grande influence dans les décisions communicatives, leur voix ayant plus de poids dans les assemblées traditionnelles. La présence d'un grand réseau familial encourage l'intimité et la solidarité au sein de la famille, et chaque enfant est une occasion de renouveler les alliances par le mariage. La culture Moussey valorise le rôle de la mère et le grand groupe familial est considéré comme plus capable de faire face aux défis externes. Cependant, en raison des défis sociaux et contemporains, ces représentations traditionnelles peuvent changer, nécessitant un équilibre délicat entre la préservation des valeurs culturelles et l'adaptation aux défis actuels. v Raisons économiques Les Moussey privilégient une structure familiale nombreuse en raison de leur structure socio-économique. Les enfants jouent un rôle crucial dans les activités agricoles de la famille, contribuant aux revenus de la famille. Sans systèmes de retraite formels, ils sont considérés comme une garantie pour les parents âgés, assurant leur sécurité économique future. Une grande famille peut élargir son potentiel agricole et économique, créer des alliances et contribuer aux réseaux économiques de la communauté. Cette préférence pour les grandes familles reflète une stratégie d'adaptation visant à maximiser les ressources économiques et à assurer la sécurité familiale à long terme dans les contextes ruraux et agricoles. v Raison religieuse La tendance des Moussey à privilégier une grande famille est profondément ancrée dans leurs pratiques religieuses et leurs cosmologies. On voit souvent dans cette préférence une manifestation de la grâce divine, un acte spirituel et une bénédiction divine. D'un autre côté, une famille moins nombreuse est perçue comme un signe de faiblesse divine ou de méchanceté, incitant les couples à rechercher une famille importante afin de démontrer leur foi et leur spiritualité. Selon les Moussey, les enfants sont perçus comme des liens vivants avec le monde des ancêtres, garantissant ainsi la continuité des rituels et des sacrifices à leurs pères. La réincarnation et le cycle de la vie peuvent être inclus dans certaines cosmologies de Moussey, où les enfants sont perçus comme des âmes anciennes qui se sont réincarnées dans le monde. CONCLUSION PARTIELLE Dans ce chapitre, nous étudions les divers acteurs au sein de la communauté Moussey qui ont un impact sur la fécondité, la procréation et le contrôle de naissances. Les acteurs tel que : les leaders traditionnels, les maris, des communautés et des institutions éducatives jouent des rôles importants dans la construction des attitudes à l'égard de la fécondité. Parlant de nombre d'enfant qu'un couple Moussey doit avoir, cela varie en fonction de divers éléments, tels que la situation économique, l'éducation, les situations familiales et les représentations culturelles. En ce qui concerne l'économie, les enfants sont considérés comme une source d'emploi essentielle pour la famille, contribuant ainsi à l'évolution de leurs revenus agricoles et bien d'autres. En milieu Moussey, l'éducation joue également un rôle crucial dans la fertilité et la reproduction en favorisant l'utilisation des méthodes de contraception modernes. Les opinions culturelles concernant la fécondité chez les Moussey comprennent des convictions religieuses, des normes culturelles et sociales, ainsi que l'influence des établissements de santé et d'éducation. Le recours aux méthodes contraceptives modernes pour contrôler les naissances est découragé par les croyances religieuses, tandis que la pression sociale dissuade les couples de se conformer aux attentes de la communauté. L'échange entre ces acteurs génère un environnement complexe où se rencontrent les traditions, les innovations sociales et les politiques publiques. Il est essentiel d'adopter une approche collaborative afin d'aborder de manière efficace les problèmes de fertilité dans la communauté de Moussey, en mettant en place des dialogues inclusifs, des programmes éducatifs sensibles et un soutien institutionnel renforcé. En comprenant l'interaction entre ces acteurs, on peut mieux comprendre la fertilité et élaborer des stratégies efficaces pour l'améliorer tout en préservant leur patrimoine culturel exceptionnel. * 9 Source de grande richesse ou important profit * 10go'o usum dewna : l'enfant qui est l'unique de la famille. Dans la société Moussey le garçon qui est l'unique de la famille on le marie précocement avec beaucoup femmes pour qu'il comble le vide d'enfant que les parents ont laissé * 11Gi vuna : est un ensemble des rites pour accueillir un nouveau-né * 12Bu ma welengua : Les nombres impairs sont considérés comme les nombres de chance chez l'espèce male dans la société Moussey * 13Bu ma ka welengina : Les nombres pairs sont considérés comme les nombres de chance chez l'espèce femelle dans la société Moussey * 14Toy : Nom pseudonyme pour designer la nouvelle née fille * 15Toy, oh-ho : est un terme générique pour désigner les nouveau-nés qui n'ont pas encore de nom ou même quand on ignore le nom du bébé. * 16Sauce longue communément appelée holira en Moussey est un repas culturel beaucoup aimé par le peuple Moussey. On ne manque pas de préparer ce repas lors de la fête de lune, baptêmes d'enfants et autres festivités importantes. * 17Dansleda : c'est l'ensemble des boisons whisky en sachet * 18Goo la kongui ni an ni, angi ko saa sunum kadina na : Celui qui n'a pas d'enfant, c'est comme quelqu'un sans avenir, sans valeur. * 19Po `ô ma kalla : la sortie et développement des seins d'une fille. * 20go'o buru ka yang baba di: un enfant hors mariage ne peut appartenir au lien de la famille * 21 goona Kaf tam aayni kafiya : cela signifie qu'au sein d'un couple, l'enfant vient seul. C'est un acte accidentel * 22Tlena halangi col ayni ko lona : signifie en langue Moussey tout vient de Dieu * 23 Fulmadina : divinités de morts, fulmununda : divinité des eaux communément appelée « mamy water » * 24gaw langa, Tcha hokira, adjaba : Terme populaire chez les Moussey pour qualifier les prostituées. * 25Les choukous : sont le docta du quartier dans le langage populaire Moussey * 26 Dum gora col ay ni kolo : pour dire que c'est dieu qui décide du nombre d'enfant à avoir au sein d'un couple * 27 C'est le nombre moyen d'enfants par femme nécessaire pour maintenir une population stable à long terme, sans immigration ni émigration * 28sa'a gora coco na sem fi ngara : pour dire que celui qui a beaucoup d'enfant reçoit beaucoup d'honneur et est respecter beaucoup. * 29sa'a gora coco na sem fi ngara : pour dire que celui qui a beaucoup d'enfant reçoit beaucoup d'honneur et est respecter beaucoup. |
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