III.1.7.3. INDICE D'INTENSITÉ
DE LA DOULEUR ACTUELLE OU PRESENT PAIN INTENSITY INDEX (PPI) DES
PARTICIPANTS
Le tableau 11 présente l'Indice d'intensité de
la douleur actuelle (PPI) des participants au début de l'étude,
afin de s'assurer de la comparabilité des groupes. Une analyse de
variance (ANOVA) a été menée sur ces scores de base. Les
résultats ont indiqué l'absence de différence
statistiquement significative dans les scores moyens de PPI entre le Groupe 1
(1,10#177;0,56), le Groupe 2 (1,70#177;0,48), le Groupe 3 (1,80#177;0,63) et le
Groupe témoin (1,70#177;0,48) ; p>0,05.
Tableau 11:Indice d'intensité
de la douleur actuelle (PPI)des groupes au début de l'étude.
|
Groupe témoin
|
Groupe 1 (1 g de P.ginseng+1 g de Z.
officinale )
|
Groupe 2 (1,5 g de P. ginseng+0,5g de Z.
officinale)
|
Groupe 3 (g de P. ginseng+1g de Z.
officinale )
|
|
PPI
|
1,70#177;0,48
|
1,10#177;0,56; ns
|
1,70#177;0,48 ; ns
|
1,80#177;0,63; ns
|
Ns :non significative.
À la fin de la période d'étude,
l'intensité de la douleur actuelle des participants a été
réévaluée au moyen de l'Indice d'intensité de la
douleur actuelle (PPI). L'analyse de variance (ANOVA) a
révélé une différence hautement significative
(p<0,001) dans les scores moyens de PPI entre les groupes (figure
19). Les scores moyens de PPI étaient de 2,00#177;0,66 pour le Groupe
1 ; 1,90#177;0,73 pour le Groupe 2 ; et 1,60#177;0,69 pour le Groupe
3. En contraste marqué, le Groupe témoin présentait un
score moyen significativement plus élevé de 3,70#177;0,94. Les
taux de variation intra-groupe de G1,G2,G3 sont
TG1=81,81 ; TG2=11,76 et
TG3=11,11 respectivement.

Figure 19:Indice d'intensité
de la douleur actuelle des groupes à la fin de l'étude.
III.2. DISCUSSION
Notre étude examine les effets combinés de
l'utilisation du ginseng et du gingembre sur l'endurance physique et la
récupération chez les sportifs repartis en quatre groupes :
trois groupes consommant régulièrement le mélange de
poudre du ginseng et du gingembre à des proportions différentes
et un groupe témoin.
Les résultats obtenus après deux mois
d'étude montrent une différence significative de l'IMC
(p<0,05) entre les groupes 1 (19,85?#177;?2,25) et le groupe
témoin (22,48?#177;?2,15). Tandis qu'aucune différence notable
n'est observée entre les autres groupes et le témoin. Cette
différence significative montre que la combinaison
équilibrée de ginseng et gingembre (1 g/1 g) a eu un effet
mesurable sur la réduction de l'IMC. Ces résultats concordent
à ceux de (Maharlouei et al.,2019 ; Lee et al.,
2013) qui suggèrent que la consommation de gingembre et de ginseng
entraîne à une diminution significative de l'IMC et de
l'obésité. Bien que l'IMC reste dans des valeurs
considérées comme normales pour l'ensemble des groupes, cette
diminution relative dans le Groupe 1 pourrait refléter une
amélioration de la composition corporelle, une optimisation de
l'utilisation des substrats énergétiques pendant l'effort, ou un
effet synergique équilibré des deux extraits
végétaux, maximisant la dépense énergétique
ou la régulation du métabolisme. D'un point de vue physiologique,
cela renforce l'idée que le ratio 1 /1 pourrait être le plus
efficace pour obtenir un impact modéré sur la régulation
du poids ou la composition corporelle, sans compromettre les performances ni
induire de déséquilibre nutritionnel.
L'évaluation de la Pression Artérielle
Systolique (PAS) et Diastolique (PAD) n'a révélé aucune
différence statistiquement significative entre les groupes
(p>0,05), malgré des combinaisons différentes de
ginseng et de gingembre administrées aux sportifs. Ces résultats
ne corroborent pas aux travaux réalisés par Ojulari et
al. (2014), qui stipulent que l'extrait de gingembre entraînait une
diminution significative de la PAS et PAD chez des humains, mais corroborent
aux travaux de PubMed (2013), qui suggèrent que le ginseng peut
normaliser la pression artérielle, la baissant si elle est
élevée et la ramenant à des niveaux normaux si elle est
basse. Cette stabilité de la tension artérielle pourrait
refléter une bonne tolérance cardiovasculaire des
suppléments chez les sujets, ce qui est important dans le contexte
sportif, où le maintien d'une fonction hémodynamique stable est
essentiel à la performance et à la récupération.
Sur le plan physiologique, bien que certaines études attribuent au
ginseng des effets modulateurs de la pression artérielle via des
mécanismes adaptogènes, l'absence de variation significative dans
ce travail suggère que les doses administrées, la durée de
l'intervention ou les caractéristiques des sujets (niveau
d'entraînement, état de santé) n'étaient pas
suffisants pour générer un effet hémodynamique
détectable. L'hypothèse d'un effet hypotenseur potentiel de ces
substances ne se vérifie donc pas dans ce contexte précis, ce qui
pourrait s'expliquer par plusieurs facteurs, tels que : la courte durée
d'intervention, la capacité d'adaptation cardiovasculaire des sujets
entraînés. Par conséquent, dans le cadre de cette
étude, les effets positifs potentiels du ginseng et du gingembre sur
l'endurance ou la récupération ne semblent pas liés
à une modification de la pression artérielle systolique, mais
pourraient plutôt être explorés via d'autres
paramètres (tels que la fréquence cardiaque, les performances
physiques ou la perception de l'effort).
La FCR a significativement diminué dans les Groupes 1
(65,30 #177; 3,86 bpm) où p<0,01 et Groupe 2 (70,70 #177;
13,44 bpm) avec p<0,05 comparé au Groupe témoin
(84,20 #177; 13,77 bpm). Ces résultats ne corroborent pas au
résultat obtenu par Ping et al. (2011) ; où
aucune différence statistique n'a été observé dans
sa population des sportifs. Ils laissent entendre que l'association de la
poudre de ginseng et gingembre favorise une baisse de la fréquence
cardiaque au repos, reflet d'une meilleure efficacité cardiovasculaire
et d'une amélioration de la récupération post-effort.
L'effet est dose-dépendant, puisque c'est la combinaison du groupe 1 qui
induit la plus forte réduction, tandis qu'un dosage moindre en ginseng
(Groupe 3) n'atteint pas une diminution statistiquement significative. Sur le
plan physiologique, cette bradycardie modérée au repos peut
résulter d'une augmentation du tonus vagal et/ou d'une
amélioration de la contractilité myocardique, deux
mécanismes souvent associés aux propriétés
adaptogènes du ginseng et aux effets anti-inflammatoires et antioxydants
du gingembre. Dans un contexte sportif, une FCR plus basse chez des
athlètes entraînés traduit généralement une
meilleure efficience cardiaque, permettant de soutenir un effort
prolongé et d'accélérer la récupération.
L'indice de Récupération de Ruffier (IRR)
à la fin de l'étude sont particulièrement
révélateurs des effets des combinaisons de ginseng et de
gingembre sur la récupération cardiovasculaire des sportifs. Des
différences hautement significatives (p<0,001) ont
été observées entre le Groupe témoin et les Groupes
2 (4,74#177;2,33) et Groupe 3 (6,16#177;1,21), et une différence
significative (p<0,05) entre le Groupe 1 (7,98#177;2,16) et le
Groupe témoin. Cela indique une amélioration marquée de la
capacité de récupération chez les athlètes
supplémentés.
L'Indice de Ruffier, un indicateur de la condition physique
générale et de la capacité de récupération
après un effort, est inversement proportionnel à cette
capacité : un indice plus faible signifie une meilleure
récupération. Le Groupe témoin présentait un IRR
moyen élevé de 11,53 #177; 4,34, suggérant une
récupération moins efficace. En contraste, tous les groupes
supplémentés ont montré une réduction notable de
cet indice.
Ces observations sont cohérentes avec les
propriétés connues du ginseng et du gingembre. Le ginseng est
reconnu comme un adaptogène, améliorant la capacité du
corps à s'adapter au stress physique et à l'effort. Ses
ginsénosides peuvent influencer la fonction cardiovasculaire, la
régulation du glucose et la production d'énergie, ce qui est
crucial pour une récupération rapide après l' exercice. Le
gingembre, avec ses propriétés anti-inflammatoires et
antioxydantes, peut aider à réduire les dommages musculaires
induits par l'exercice et l'inflammation, facilitant ainsi la
récupération physique. La synergie entre ces deux plantes
pourrait potentiellement amplifier ces effets individuels. La réduction
de l'Indice de Ruffier dans tous les groupes traités est une preuve
solide de l'efficacité de ces suppléments pour
accélérer la récupération chez les sportifs. Une
récupération améliorée permet aux athlètes
de s'entraîner plus fréquemment et avec une intensité
accrue, ce qui peut se traduire par une meilleure performance globale et une
diminution du risque de surentraînement ou de blessures. Cette
étude met en lumière le potentiel des combinaisons de ginseng et
de gingembre pour optimiser la récupération cardiovasculaire chez
les sportifs. Bien que le Groupe 2 ait affiché les résultats les
plus impressionnants, tous les ratios testés ont démontré
des bénéfices significatifs. Des recherches futures pourraient
approfondir les mécanismes physiologiques spécifiques par
lesquels ces suppléments améliorent la
récupération, ainsi que l'impact à long terme sur la
performance athlétique.
Le Groupe 1, ayant reçu 1 gramme de ginseng et 1 gramme
de gingembre, a atteint une moyenne de VO2 max de 48,90 #177; 7,31
ml/kg/min, ce qui est nettement et significativement supérieur au Groupe
Témoin (38,00 #177; 6,89 ml/kg/min). Ce résultat suggère
que la combinaison équilibrée des deux plantes, à ces
dosages, a un impact positif mesurable sur la capacité aérobie
des participants. Ce résultat s'explique d'une part, si on admet que le
ginseng est reconnu pour propriétés adaptogènes et son
potentiel à améliorer la performance physique. Ainsi, ses
principaux composés bioactifs, à savoir les ginsénosides,
sont connus pour influencer le métabolisme énergétique de
la mitochondrie, notamment en améliorant la production d'ATP et
l'efficacité de l'utilisation de l'oxygène au niveau cellulaire.
D'autre part, le gingembre, bien que plus connu pour ses
propriétés anti-inflammatoires et antioxydantes, pourrait
également jouer un rôle complémentaire en réduisant
le stress oxydatif et l'inflammation induits par l'exercice intense, ce qui
peut indirectement améliorer la capacité de l'organisme à
soutenir des efforts aérobies prolongés. Ces résultats
sont en accord avec les travaux de Ikeuchi et al. (2022), qui ont
montré l'effet significativement efficaces de ginseng sur
l'amélioration de l'endurance physique et ceux de Zymanskaet
al. (2024), Azizi, et al. (2018), des études humaines qui
ont montré une augmentation significative de VO2 max
après une supplémentation en ginseng. L'amélioration
significative du VO2 max dans le Groupe 1 suggère une
possible synergie entre le ginseng et le gingembre lorsque combinés
à parts égales. Cette synergie pourrait résulter de leurs
mécanismes d'action complémentaires : le ginseng optimisant la
production d'énergie et l'endurance, et le gingembre réduisant
les facteurs limitants comme l'inflammation et les dommages musculaires,
permettant ainsi une meilleure adaptation physiologique à l'effort.
L'absence de signification statistique observée chez G1 et G2, bien que
ces valeurs soient numériquement supérieures à celle du
Groupe Témoin, indique que ces formulations n'ont pas
entraîné d'amélioration suffisamment robuste et
cohérente pour être attribuée. Elle peut s'expliquer par le
dosage, de l'écart-type large observé au groupe G2.
Le résultat du taux d'hémoglobine
remarqué par une différence statistiquement significative entre
Le Groupe 1 (14,50 #177; 1,32 g/dL) et Groupe Témoin (12,78 #177; 0,94
g/dL), est une découverte importante car un taux d'hémoglobine
plus élevé est directement corrélé à une
meilleure capacité de transport de l'oxygène vers les muscles et
les tissus, ce qui est fondamental pour l'endurance physique, la
récupération et la performance aérobie. Ces
résultats concordent de ceux de Jeong et al. (2024) qui
stipulent que ginseng pourrait améliorer les niveaux
d'hémoglobine chez les adultes et ceux d'Al-Snafi, (2014), qui ont
constatés que le gingembre intervient dans la production
d'hémoglobine car riche en fer. Les Groupes 2 et 3 ont aussi des taux
d'hémoglobines supérieur à la moyenne de celui du Groupe
témoin nonobstant qu'ils soient insignifiant. Ces résultats
pourraient être expliqué dans la mesure où on admet les
études qui suggèrent que les ginsénosides peuvent stimuler
l'érythropoïèse dans la moelle osseuse ou améliorer
l'absorption du fer. En d'autre terme, une meilleure production de globules
rouges se traduit naturellement par une augmentation du taux
d'hémoglobine. De plus, les effets antifatigue et adaptogènes du
ginseng pourraient indirectement soutenir la fonction
hématopoïétique en réduisant le stress oxydatif
général de l'organisme. Les propriétés
antioxydantes et anti-inflammatoires du gingembre auraient jouer un rôle
de soutien, améliorant la circulation sanguine, ce qui pourrait
optimiser la livraison d'oxygène. Ainsi donc, un environnement moins
inflammatoire et moins stressé oxydativement peut favoriser une
meilleure santé des globules rouges et une absorption plus efficace des
nutriments essentiels à l'hématopoïèse, comme le
fer.
Le résultat le plus frappant des scores DOMS sont ceux
observés au niveau des descripteurs de douleur sensorielle et affective
(DDSA) où le Groupe 1 (7,30#177;2,26) a présenté la
réduction significative par rapport au Groupe témoin
(11,00#177;2,62). Les résultats d'EVA et de PPI montrent une
réduction hautement significative des scores dans les groupes ayant pris
la supplémentation combinée de ginseng et gingembre,
(p<0,001). Le groupe témoin a terminé l'étude
avec un score moyen d'EVA de 3,70 #177;0,94, tandis que les groupes
expérimentaux affichaient des moyennes nettement inférieures,
allant de 1,60#177;0,69 (Groupe 3) à 2,00#177;0,66 (Groupe 1). Les taux
de variation intra-groupe en EVA sont TG1=63,63,
TG2=67,79, TG3=76,11pour les groupes 1,
Groupe 2 et Groupe 3 respectivement. Les groupes supplémentés ont
enregistré des scores moyens de PPI considérablement
réduits (Groupe 1 (0,30 #177; 0,48), Groupe 2 (0,10 #177; 0,31), Groupe
3 (0,30 #177; 0,48)), avec des taux de variation intra-groupe de
TG1=81,81, TG2=11,76,
TG3=11,11 pour les différents groupes.
Cette différence statistiquement significative, surtout
après avoir établi l'homogénéité des groupes
à la ligne de base, suggère que la combinaison du ginseng et
gingembre a un effet bénéfique notable sur la perception de la
douleur chez les sportifs. Cela peut s'expliquer par les
propriétés anti-inflammatoires et analgésiques de ces deux
plantes. Le gingembre est reconnu pour ses composés bioactifs tels que
les gingérols, qui inhibent les voies inflammatoires et modulent les
récepteurs de la douleur. Le ginseng, en particulier le Panax
ginseng, contient des ginsénosides qui ont montré des effets
anti-inflammatoires, antioxydants et de modulation du système nerveux,
potentiellement contribuant à une meilleure gestion de la douleur et
à une récupération accrue. Le ginseng est également
connu pour ses effets adaptogènes et sa capacité à moduler
la réponse au stress et à la douleur, bien que son rôle
direct dans l'analgésie sportive puisse être plus complexe et
impliquer des mécanismes neuroprotecteurs ou d'amélioration de la
récupération générale. La synergie de ces deux
ingrédients semble avoir été particulièrement
efficace pour atténuer les composantes sensorielles (intensité,
localisation) et affectives (impact émotionnel,
désagrément) de la douleur. Ces résultats sont en accord
avec les connaissances pharmacologiques du ginseng et du gingembre, et concorde
avec ceux de (Black et Oconnor, 2008 ; Black et al., 2010 ;
Wilson, 2015) démontrant les effets hypoalgésie des douleurs
musculaire causées par les exercices excentriques et démontre une
fois de plus son efficacité analgésique. Ces résultats
suggèrent que, quel que soit le dosage précis testé, la
synergie de ces deux plantes est capable d'atténuer la douleur ressentie
par les sportifs. La réduction des scores de douleur EVA est un
indicateur pour l'endurance physique et la récupération chez les
sportifs. Une diminution de la douleur facilite la récupération
post-effort, améliore le bien-être psychologique, améliore
la performance.
Le fait que toutes les combinaisons ginseng-gingembre
testées aient montré un bénéfice significatif sur
la douleur par rapport au groupe témoin est une information
précieuse pour les sportifs et les professionnels de la santé
sportive. Cela ouvre des perspectives quant à l'utilisation de ces
suppléments comme aides à la récupération et
potentiellement à l'amélioration de la performance, en offrant
diverses options de dosage efficaces. Pour les sportifs, une perception
réduite de la douleur est importante non seulement pour la
récupération post-exercice, mais aussi pour la capacité
à maintenir l'intensité de l'entraînement et à
améliorer l'endurance physique en minimisant l'impact des courbatures et
de la fatigue musculaire.
|
|