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Ouverture aux technologies de l'information et de la communication et performance professionnelle des conseillers d'orientation au Cameroun: le cas des lycées camerounais.

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par Laurence Annie Mme SIKALI née WAFING FOTSA
Université de ROUEN - Master 2 de recherche à  distance francophone 2009
  

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Chapitre 3 : La théorie de la représentation d'avenir

La théorie de la représentation d'avenir est une des théories les plus adaptées pour décrire les choix professionnels des adolescents et servir à l'orientation scolaire et socioprofessionnelle. Les principaux auteurs qui ont développé cette théorie sont Evola (1996, 2005) ; Ginsberg (1951) ; Guichard (1993), Guichard et Huteau (2007) et Nuttin (1980).

La représentation d'avenir est une modalité importante dans la relation qu'un individu, et particulièrement un adolescent, entretient avec son avenir. La représentation d'avenir suppose que l'adolescent se projette dans le temps social, pour anticiper son statut social futur, de même que l'avenir socioprofessionnel qu'il aimerait avoir. Les théoriciens de la représentation d'avenir mettent en exergue les modalités de formation de projets d'avenir chez les adolescents.

3.1. Fondements théoriques

Des auteurs ont montré que la représentation d'avenir a des fondements socioculturels. D'après Guichard, (1993 :16), la représentation d'avenir recouvre tant en pédagogie qu'en sociologie, en psychologie sociale ou cognitive, l'ensemble des projets d'avenir qui s'établissent « sur un futur qu'on souhaite atteindre, c'est-à-dire sur un ensemble de représentations de ce qui n'est pas encore là, mais que l'on juge pus souhaitable que ce que l'on perçoit de la situation présente. Le projet s'appuie donc aussi nécessairement sur des représentations de ce présent qu'il s'agit sûrement de dépasser ».

Il apparaît, à la lecture de cette déclaration, que la représentation d'avenir est consécutive à une expérience passée, scolaire et sociale, qui éclaire l'instant présent et permet aux sujets, de se représenter le futur comme voulu, comme projet à atteindre. Une telle entreprise renvoit nécessairement à la constitution d'une histoire de la personnalité. Guichard (1993) note que la représentation du choix d'avenir repose sur les caractéristiques d'une personnalité, elle-même redevable d'une histoire personnelle. L'interaction entre le sujet et son milieu de vie est importante. La socialisation joue ici un rôle de premier plan. Une bonne socialisation a pour conséquence de prédisposer l'enfant à s'engager dans la réalité sociale à laquelle il appartient, pour jouer un rôle au milieu de ses congénères. On observe dans cette situation, selon Allport (1982) des phénomènes de coopération, d'inhibition et d'influence. Les adolescents peuvent s'engager dans des actions de compétitions et de leadership. Ce qui montre déjà leur propension à jouer un rôle social. A l'adolescence, observe Evola (1996), les sujets forment des projets plus ou moins fantasmatiques des métiers fondés sur le rôle social de leurs parents

ou des proches de la famille. Ces constitutions sont d'ailleurs plus de l'ordre de l'imagination, que celui de la projection de l'individu dans le futur. Les adolescents abandonnent généralement cette rêverie primaire pour d'autres modes de pensées, d'idéations et d'identifications. Guichard, (1993 :19) va préciser que « le projet, réfléchi par définition, ne peut ainsi éviter ni la question du sens de l'existence, ni celle de l'identité. » Question que manifestement ne peut se poser l'enfant à l'âge de la socialisation. Il va donc admettre avec Evola (1996) : « qu'une personne mature, est celle qui sait ce qu'elle fait, qui connaît ses possibilités et ses limites qui est responsable devant ses choix, bref qui est réaliste. » La représentation d'avenir inclut donc entre autre chez les jeunes, le choix professionnel qui se construit bien avant l'entrée des sujets dans la vie active.

Des auteurs ont décrit la maturation du choix professionnel en étapes. Cette ontogenèse du choix professionnel fera l'objet de la prochaine rubrique

3.2. Les stades de maturation du choix professionnel

Sur la base des considérations énoncées ci-dessus et en invoquant les travaux de Ginsberg (1951), cité par Evola (1996, 2005), on peut distinguer différents stades de maturation du choix professionnel :


· La période du choix fantaisiste

Elle correspond, dans la classification de Ginsberg, aux classes d'âges 6-7 7 et 7-11 ans, qui est représentée par deux stades :

- Un stade qui va de 6 à 7 ans et correspond au choix des activités liées aux besoins de l'enfant et rattaché à son biotype et à son système écologique

Ce stade comprend des activités qui font plaisir à l'enfant ou qui représentent des intérêts pratiques. Ces activités sont visées par l'enfant sous un mode ludique.

- Le stade du goût héroïque (7-11 ans)

Ce stade est également caractérisé par des activités ludiques pendant lesquelles l'enfant cherche par le moyen du jeu, à manifester des actes héroïques à accomplir des exploits. D'après Ginsberg, ces activités permettent à l'enfant de revêtir des personnalités idéalisées ou fantasmées, des personnages que Wallon met sous le syncrétisme, c'est-à-dire dans la non dissociation Moi/non Moi. Pendant le stade du syncrétisme il n'existe pas de distinction entre le fondamental et l'accessoire.

Ces deux premiers stades sont caractérisés par l'imitation où, au travers du jeu, l'enfant mime différents rôles sociaux.


· La période des choix provisoires

Cette période recouvre deux stades qui sont repartis entre 11 et 12 ans et 17 -18 ans. C'est généralement une période qui se termine par l'achèvement des études secondaires et l'entrée dans le cursus universitaire.

Pendant cette période, le préadolescent imite des modèles qui correspondent à la réalité. Il a un progrès dans la connaissance de lui-même et des facteurs externes. Les besoins, les désirs et les intérêts se précisent. Adolescent, il intègre progressivement de façon de plus en plus précise, sa perspective professionnelle future.

La période des choix provisoires comprend chez Ginsberg quatre stades :

- Le stade des intérêts

Ce stade recouvre la période de 11 à 12 ans et est caractérisé par l'adoption par le préadolescent d'une attitude de réalité et d'une attirance vers « une certaine catégorie d'objet ». Il y a introduction des paramètres temps et espaces à la réalisation des désirs.

- Le stade des capacités

Ce stade recouvre la période qui va de 13 à 14 ans et est caractérisé non seulement par l'émergence des facteurs externes, mais aussi par des possibilités de réalisation des désirs de l'adolescent. Le sujet s'interroge sur ses possibilités et potentialités. Il y a émergence là, selon l'expression de Freud, de l'épreuve de réalité.

- Le stade des valeurs

Il recouvre la période de 15 à 16 ans et se caractérise par la formulation des buts et objectifs fondés sur des projets précis. L'adolescent prend conscience que la réalisation de ses projets passe par de « nombreux éléments qui obéissent à certaines exigences définies par l'environnement et la société. »

- Le stade transitoire

Ce stade « est marquée par la recherche de l'efficacité ». A ce stade, l'adolescent prend conscience non seulement des conditions subjectives de la réalisation d'un projet dans ses capacités personnelles, mais aussi des conditions objectives socialement et temporairement situées. Il y a donc évaluation des possibilités et des limites. Pour Ginzberg, cité par Evola (1996), c'est un stade qui marque la fin de la période transitionnelle du choix professionnel et constitue « un stade de spécification où les jeunes énoncent clairement leur choix sans ambiguïté (...) il semble qu'à ce moment là les représentations professionnelles engendrent auprès de la personne des comportements dynamiques qui conduisent à la réalisation de son projet, lequel se rectifie et se confirme sans toutefois remettre en cause l'essentiel du choix initialement effectué » (Evola, 1996 : 52).


· La période des choix réalistes

Cette période succède directement au stade transitoire, dernier stade de la période des choix transitionnels. L'individu se fait une idée claire de ce qu'il voudra être demain et du rôle social qu'il devra jouer. C'est la période du développement vocationnel qui « apparaît alors comme le résultat d'un processus interactionniste » qui s'opère entre la personne et les facteurs externes sur la base des mécanismes cognitifs (imitations, exploration, cristallisation, spécification, etc.), mécanismes eux-mêmes sous-tendus par des comportements motivationnels, par exemple, le besoin de réussir.

Une bonne orientation scolaire doit donc articuler la perspective temporelle et la préparation des jeunes à jouer un rôle

3.3. Perspective d'avenir et préparation des adolescents aux choix professionnels

Cette section abordera la notion de perspective temporelle et montrera comment elle doit aider à orienter les apprenants pour susciter la plus grande motivation.

3.3.1. la perspective temporelle

La perspective temporelle est une notion assez ancienne, elle prend son origine dans les sciences physiques et désigne d'après Nuttin (1980) l'impression de profondeur des formes graphiques sur une surface plane. D'après le dictionnaire encyclopédique Larousse, la perspective désigne « l'aspect des objets vus de loin, représentation de ces objets suivant leur apparence. » Ce même dictionnaire, dans une tentative d'explication psychologique de la notion de perspective, définit celle-ci comme : projection « visuelle de la structure du champ d'un objet. » partie des considérations spatiales et temporelles, la notion de perspective va évoluer considérablement et entrer dans le champ social avec des auteurs comme Nuttin (1980), Rodriguez et Bariaud (1987), qui vont lui ajouter une valeur personnelle et projective, pour théoriser la perspective temporelle.

La perspective temporelle, est développée par Nuttin (1980) pour mettre en évidence l'importance du temps dans les choix professionnels et l'engagement social des individus. Elle va concerner essentiellement la manière dont un sujet vit son passé et entrevoit son futur. L'idée ici est que le passé et le présent de l'individu sont capitalisés pour anticiper le futur.

La psychologie de la temporalité qui a connu une très grande expansion ces dix dernières années, essaye de mettre en valeur l'importance de la temporalité sur le comportement des individus. Le jeu et l'action se faisant dans le temps, les individus sont fortement influencés par les considérations du temps et les conceptions vivaces de leur environnement socioculturel. La projection temporelle induit donc un projet temporel, une

vision particulière du temps comme espace de réalisation de soi. De cette vision est née l'idée du temps comme grandeur, mais surtout comme grandeur psychologique, issue d'un vécu ayant un début et une fin, réalisant des comportements et des actions. C'est pourquoi Tomé et Rodriguez et Bariaud (1987 :16) définissent la perspective temporelle comme « une participation de la personnalité totale de la conception que chacun se fait, aujourd'hui de sa propre histoire et de son devenir, les repères significatifs qu'il y reconnaît, l'appropriation qu'il réalise d'un passé et d'un avenir qui dépasse les frontières de sa propre histoire, le sentiment qu'il a du présent fugace et de l'irréversible marche vers la mort. » Ces auteurs montrent ici avec beaucoup de profondeur, une signification du temps comme lieu de projet et comme lieu de réalisation ; du temps comme lieu de déroulement, comme déterminant du déroulement de l'action sociale. En tant que tel le temps appelle à des actions et à des comportements. Rodriguez et Bariaud (Op. Cit.), citant Fraisse (1967), déclarent que « la perspective temporelle `se situe' au niveau supérieur des conduites d'adaptation qui impliquent évocation, représentation, conceptualisation. »

On voit profiler dans cette conception de la perspective temporelle l'idée d'un projet temporel et d'une représentation. Lewin (1931 :36) soulignera que la perspective temporelle est « l'extension temporelle à côté de l'extension spatiale, du monde comportemental. » Sans utiliser spécifiquement la notion de perspective temporelle, Lewin parle d'une extension construite chez l'enfant, de ce qu'il appelle « les trois raisons du présent dans ses directions spatiales, sociales et temporelles. » Cette même notion est reprise par Fraisse (1967) dans la Psychologie du temps où il parlera de l'influence de la personnalité. En 1939, dans le même sillage que Lewin, Lawrence Frank dans un article de philosophie culturelle, parlera de « perspectives temporelles. » Plus tard, Leshan (1952), ramènera le singulier en parlant d'orientation temporelle, pour caractériser la qualité qu'a le temps de marquer la conscience et d'orienter le comportement ultérieur des sujets. C'est lui le véritable auteur de la perspective temporelle vue comme « l'élaboration cognitive du besoin en terme d'objets/buts et de projets qui, chez l'homme, naît l'orientation future. Grâce à la souplesse des constructions cognitives et la disponibilité quasi illimitée des objets symboliques, l'objet/but se présente à l'esprit avant d'être réalisé ou d'avoir atteint le niveau réel. »

Il existe actuellement dans les lycées et collèges du Cameroun, un corps de professionnels de l'orientation scolaire. Il y a encore quelques années le counseling scolaire se limitait à l'inventaire des différentes filières et à leur mise en relation avec les potentialités de l'enfant. Il s'agissait alors d'évaluer les compétences d'un élève et de l'orienter vers les filières scientifiques, littéraires ou techniques. Mais aujourd'hui, la complexification du monde

professionnel et du statut social du travailleur rendent caduque cette approche. Orienter actuellement un élève, c'est réussir « l'articulation entre les attentes de l'individu et la nécessité économique et sociale » Guichard (1963 : 21). Dans cette perspective, apparaît une nécessité d'intégrer la psychologie des aptitudes.

La psychologie du conseil scolaire tiendra donc compte de la complexification des réalités sociales qui peuvent justifier une performance, mais aussi et surtout les besoins et aspirations de l'élève, dans un monde professionnel de plus en plus exigeant.

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"L'imagination est plus importante que le savoir"   Albert Einstein