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Analyse criminologique de la présnce d'enfants dans les sites miniers artisanaux à  Kolwezi

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par Musevu Vould Kawele
Université de Lubumbashi/ RD Congo - Diplôme dà¢â‚¬â„¢études approfondies en criminologie 2014
  

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A. Les maltraitances subies par les enfants de la part des creuseurs adultes

Certains enfants subissent des maltraitances de la part soit des creuseurs adultes, soit des autres acteurs oeuvrant dans les sites miniers artisanaux. Les témoignages des enfants prouvent qu'ils sont victimes parfois des pratiques dégradantes de la part des creuseurs

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adultes. Ces derniers les giflent, les injurient, leur jettent des cailloux, les tirent les oreilles ou les cheveux, les chassent une fois qu'ils passent tout près de leurs minerais. Ils les considèrent comme des petits voleurs des minerais. A ce sujet, Jean Audet et Jean François Katz (2006, 113- 114) précise que les violences physiques sont les plus facilement diagnostiquées. Il s'agit essentiellement de coups parfois très violents, mais aussi de gifles, oreilles et cheveux tirés, secousses brutales. Il en résulte des lésions cutanées, plaies, hématomes, ecchymoses. Monga avec ses coéquipiers trouvés dans la carrière 5 ans, dénoncent les maltraitances qu'ils subissent de la part de creuseurs adultes :

« Nous subissons parfois de mauvais traitements de la part des creuseurs. Ils nous giflent, nous tabassent si nous passons juste à côté du remblai de leurs minerais. Ils nous considèrent comme étant de voleurs de leurs minerais. Comme nous sommes enfants, nous n'avons pas la force de faire face à leur violence. L'unique moyen de se sauver est de fuir ».

Mbuyi et ses 5 amis ont aussi relevé quelques maltraitances subies en ces termes :

« Les creuseurs nous envoient pour leur acheter les cigarettes, les boissons alcooliques (Kabondo, Bols et Munkoyo)14, etc. Si seulement nous osons refuser, ils nous chassent même de la carrière. Pour ne pas être chassés, nous sommes obligés de leur obéir. Il arrive même que certains creuseurs nous ravissent tous les minerais ramassés, sous prétexte que nous les ramassons sur leurs remblais. Etant enfants, nous n'avons pas la force de les battre. Nous restons sans rien faire ».

Ces déclarations sont répétées également par Kahenga et Patrice, ils rassurent être victime de maltraitances de la part des creuseurs adultes.

Les filles qui vendent des denrées alimentaires ne sont pas épargnées aux maltraitances des creuseurs. Elles déclarent subir des mauvais traitements. Cela est le cas du témoignage de Dorcas et ses cinq amies, toutes vendeuses des denrées alimentaires dans la

14 Les termes Kabondo et Bols désignent les boissons alcooliques à forte dose. Il s'agit du whisky qui a 40 à 45% de vol. Tandis que Mukonyo est une boisson locale non alcoolique faite sur base de la farine de maïs ou de la farine de manioc mélangée aux tisanes avec de l'eau qui se fermente au bout de quelques jours.

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carrière dite « 5 ans ». Dans leur témoignage éloquent, les filles dénoncent les mauvaises pratiques qu'elles subissent de la part de creuseurs :

« Nous sommes sujets de mauvais traitements de la part des creuseurs. Ils nous injurient et touchent nos seins avant de payer nos dettes. Surtout lorsque qu'un creuseur vous drague et que vous refusez, il va beaucoup vous injurier. Même pour payer les dettes, ils payent difficilement. Parfois, ils nous font attendre jusque le soir, pour nous payer. D'autres fuient carrément avec nos dettes ».

Tous ces propos témoignent les différentes maltraitances que subissent les enfants dans les sites miniers. Jean Audet et Jean François Katz (2006, 114) explicitent que le terme de « maltraitance physique » est souvent employé pour toutes formes de traumatismes non accidentelles infligés aux enfants par les adultes, les parents ou ceux qui ont la garde ou la responsabilité des enfants.

Un autre groupe d'enfants nous a déclaré :

B. Les maltraitances subies par les enfants de la part des négociants

Les enfants subissent aussi des mauvais traitements de la part des négociants. Ces deniers les trompent quant aux prix à leur payer après avoir leur rendu des services. Ils sont également mal payés lors de la vente des minerais aux négociants. Ces derniers leurs donnent de l'argent qui n'équivaut pas à la vraie valeur des minerais achetés. Ainsi quelques enfants ont déclaré :

« Certains acheteurs nous volent les minerais, en nous trompant le poids. Les balances qu'ils utilisent sont réglées de manière à afficher un poids inférieur par rapport au poids réel ».

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« Nous cassons les pierres à la recherche du vrai minerai de malachite que nous vendons aux négociants à 350 et 400 Francs par Kilos. Le prix varie selon la qualité du minerai. Il arrive parfois nous amenons du bon minerai, mais le négociant nous donne l'argent pour le minerai de moindre qualité. Cela nous arrive parce que nous sommes des enfants ».

Cette manière de se comporter des négociants est une exploitation des enfants. Le

rapport de la BIT (2009, 9) sur les questions de genre, le travail des enfants et les pires formes du travail des enfants dans les mines et carrières au Burkina-Faso, éclaire que l'Unicef a élaboré il y a environ dix ans, une série de critères pour désigner un travail qui relève de l'exploitation de l'enfant. Ces critères sont :

· Un travail à temps plein à un âge trop précoce ;

· Trop d'heures consacrées au travail ;

· Des travaux qui exercent des contraintes physiques, sociales et psychologiques excessives ;

· Une rémunération insuffisante ;

· L'imposition d'une responsabilité excessive ;

· Un emploi qui entrave l'accès à l'éducation ;

· Des atteintes à la dignité et au respect de soi des enfants ;

· Un travail qui ne facilite pas l'épanouissement social et psychologique complet de l'enfant.

Ce rapport poursuit que les enfants sont souvent très mal payés voire pas du tout rémunérés, les plus souvent, leurs conditions de travail dépendent entièrement de l'employeur15. Dans le même ordre d'idées, Luc Claessens (2008, 14) renchérit que dans le secteur minier, la maximalisation du bénéfice passe bien avant le bien-être des enfants. Après avoir reçus une rémunération qui ne correspond pas à la tâche exécutée, les enfants ne savent pas à qui se plaindre pour avoir gain de cause.

A cause de l'exploitation minière artisanale, les enfants subissent également des contraintes de la part de leurs parents à la maison.

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C. Les contraintes parentales

Les enfants subissent des contraintes de la part de leurs parents. Ces derniers les obligent de se rendre dans les carrières pour se débrouiller disent-ils. Ainsi, les enfants s'y rendent pour y exercer les travaux faute de quoi, ils se verront priver la nourriture. Ainsi, Falangani Mvondo (2002, 133) explique que de nombreux parents poussent d'ailleurs eux-mêmes leurs gosses à la rue, parce qu'ils sont acculés, incapables d'assumer leurs responsabilités. « Voyez les enfants du voisin, ils se débrouillent seuls. Vous avez grandi, vous ne pouvez pas en faire autant. ? Avec les parents incapables de les nourrir, expulsés de l'école pour n'avoir pas payé les frais scolaires, oisifs, inoccupés, mais soucieux d'étudier malgré tout, que peuvent faire ces enfants ? Ils les poussent à pouvoir exploiter les minerais ou encore à exercer d'autres activités rémunératrices dans les carrières afin de se prendre en charge. Cela transparait dans cet extrait de Kahenga :

« Si vous demandez quelque chose aux parents, ils vous disent que vos amis sont en train de chercher l'argent dans la carrière et vous, vous ne faites rien. De tels propos, nous obligent à nous prendre en charge en allant chercher l'argent dans les carrières. Si nous n'amenons rien, les parents nous traitent de gourmant, comme quoi, nous avons dilapidé tout l'argent dans la carrière ».

Une fois que les enfants n'ont rien trouvé en termes d'argent, ils sont mal alaise de pouvoir rentrer à la maison, parce qu'ils seront traités de gourmands.

Les enfants doivent être entendus. Leurs opinions au sujet des questions qui les concernent doivent être prises en compte, eu égard à leur âge et à leur degré de maturité (Hoop Roland : 2001, 18). Contraindre l'enfant afin qu'il exécute une tâche rémunératrice dans la carrière, est un comportement réprimé par la loi.

Il convient de réaffirmer avec Malemba (2003, 51-55) que la place qu'occupe l'enfant dans les milieux congolais est définie par la considération de la valeur culturelle allouée à l'enfant. L'enfant apparait comme étant un germe du groupe et une ressource assurant l'humanité de ses parents. Du point de vue physique et psychologique, l'enfant est un être immature dont le développement requiert soutien et entretien de la part de ses parents fussent-

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ils biologiques ou sociaux. C'est pourquoi la procréation et l'amélioration du sort de l'enfant qui nait sont des préoccupations légitimes dans toutes les coutumes du Congo et de la part du monde entier. Mais les besoins de base de l'enfant ne se sont toujours pas satisfaits, et ses droits fondamentaux non quotidiennement respectés. Ce qui met en péril le devenir responsable et productif de l'enfant d'aujourd'hui et adulte de demain. Au lieu d'assurer la sécurité de leurs enfants, certains parents les insécurisent en les contraignant d'exécuter quelques tâches dans les carrières.

Face à toutes ces maltraitances, nous notons avec Hamuli (2007, 25) que le travail des enfants dans les zones d'exploitation minière artisanale comme une main d'oeuvre bon marché, entretient des violations des droits de l'enfant. Raison pour laquelle la loi Congolaise protège l'enfant contre toutes formes d'exploitation économique de l'enfant par l'article 58 de la loi portant protection de l'enfant : L'enfant est protégé contre toutes les formes d'exploitation économique. L'exploitation économique s'entend de toute forme d'utilisation abusive de l'enfant à des fins économiques. L'abus concerne notamment le poids du travail par rapport à l'âge de l'enfant, le temps et la durée du travail, l'insuffisance ou l'absence de la rémunération, l'entrave du travail par rapport à l'accès à l'éducation, au développement physique, mental, moral, spirituel et social de l'enfant.

L'article 147 stipule : Les coups et blessures volontaires portés sur l'enfant sont punis de trois à six mois de servitude pénale principale et d'une amende de cent mille à deux cent cinquante mille francs congolais. En cas de préméditation, l'auteur est passible de six à douze mois de servitude pénale principale et d'une amende de cent cinquante mille à trois cent mille francs congolais.

3.2.1.2. Les Enfants en risque

Pour Jean Audet et Jean François Katz (2006, 116), l'enfant en risque est celui qui connaît des conditions d'existence menaçant sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son entretien, mais sans qu'il soit maltraité. Le risque provient de l'environnement socioéconomique et culturel. Le rapport de l'ONU (2011, 13) sur les formes contemporaines d'esclave, fait état de l'exposition des enfants aux mêmes risques que les adulte, mais les enfants n'ont pas la même force et le même jugement pour se protéger des dangers. Le travail

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a sur eux des effets beaucoup plus graves que sur les adultes en raison de leur stade de développement anatomique, physique et psychologique, ce qui les place dans une situation de vulnérabilité accrue.16

Tous les enfants qui sont dans les sites miniers artisanaux sont en situation de risque. Ainsi, il y a le risque sanitaire, le risque par rapport à la scolarité, etc.

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"Ceux qui rĂªvent de jour ont conscience de bien des choses qui échappent à ceux qui rĂªvent de nuit"   Edgar Allan Poe