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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013par Alban Paul GAZELE LEMBY Université de Dschang - Master II Recherche 2019 |
Paragraphe 1 : Les incapacités technique et diplomatique de la MINUSCALa mise en oeuvre de la mission onusienne en République Centrafricaine ne s'est pas faite sans entraves. On constate un certain nombre d'incapacités internes à la MINUSCA. Telles sont les incapacités techniques et diplomatiques de la MINUSCA regroupant en son sein l'incapacité diplomatico-juridique (A) et l'incapacité technique (B). A- L'incapacité diplomatico-juridique de la MINUSCAIl est nécessaire de souligner que le recours aux moyens de l'ONU est toujours soumis à une contrainte, qui est en même temps une force : le consensus entre les membres du Conseil de Sécurité et, en particulier, ses cinq membres permanents. Les États se déterminent en fonction de leurs conceptions, de leurs objectifs et de leurs priorités ; mais, s'ils n'apportent pas une réponse commune à une crise, les Nations Unies seront dans l'incapacité d'agir. Deux écueils peuvent surgir : d'une part, le temps passé à la recherche d'un compromis incertain implique le risque de réagir trop tard pour empêcher une tragédie ; d'autre part, la conclusion d'un arrangement de façade peut ne pas donner à l'ONU les moyens de remplir son mandat ou lui fixer des objectifs irréalistes. C'est le vrai problème de la MINUSCA qui, dès sa création voire même son évolution, fait toujours l'objet de controverse entre les grandes puissances ou les pays contributeurs des troupes. Elle a au départ fait l'objet des controverses entre les membres permanents du Conseil de Sécurité en concurrence les uns avec les autres tant pour la définition du problème que pour l'élaboration des solutions à apporter. Il y a dans ce débat antagonique deux groupes88(*) : d'une part ceux qui sont pour un mandat offensif, réaliste et adapté au contexte sécuritaire du terrain et d'autre part ceux, pour leurs intérêts respectifs, préfèrent doter cette force d'un mandat symbolique, irréaliste et donc inefficace sur le terrain. La recherche de compromis entre les antagonistes plonge malheureusement cette force de la MINUSCA dans une inertie et ne lui permet pas de s'adapter facilement aux réalités du terrain. Face à ce retard de l'ONU, D. Moisi estime que « parce que les Nations unies, en vertu de leur mandat, ne peuvent être que réactives, elles interviennent toujours trop tard. Chaque fois qu'une intervention se révèle nécessaire, la composition de la brigade de pompiers doit être renégociée. La lenteur avec laquelle la coalition ad hoc est constituée contraste tragiquement avec urgence qui serait nécessaire à la réussite de l'intervention ». Toujours est-il que s'agissant des moyens juridiques, le mandat que les Etats ont assignés à la force de la MINUSCA est insuffisant, inadapté aux circonstances ou volontairement ambigu afin de favoriser le consensus lors du vote au Conseil de Sécurité. Si bien que les responsables de leur application, soucieux de réduire les risques, l'interprètent de façon réductrice. C'est la critique majeure adressée aux OMP, à la fois par les militaires chargés de les animer et par les politiques chargés d'en assurer la charge. Sur le terrain, les forces onusiennes de la MINUSCA se trouvent confronter à des armées aguerries, particulièrement combatives, déterminées, face auxquelles ils ont pour instructions de limiter leur action à une présence supposée dissuasive89(*). Ainsi, il est imposé aux casques bleus d'ouvrir le feu qu'en cas de légitime défense. Le mandat de la MINUSCA n'est pas clair, inefficace et irréaliste. Car ce mandat autorisait la MINUSCA à faire usage de la force qu'en cas de légitime défense. Il n'était pas une mission d'imposition de la paix. Tout compte fait, le mandat de la MINUSCA est insuffisant, inadapté aux circonstances ou volontairement ambigu afin de favoriser le consensus lors du vote au Conseil de Sécurité. * 88Il est à noter que parmi les membres permanents du Conseil de Sécurité, il y a un certain nombre d'opposition lorsqu'il s'agit de l'adoption des mandats. On assiste à une opposition d'idées donnant lieu à des mandats inoffensifs dans le cadre du rétablissement de la paix. * 89Le constat qui se dégage est que les mandats de la MINUSCA ne sont pas efficaces. Dans les mandats qui leur sont confiés, l'on ne parle que de l'usage de la force qu'en cas de légitime défense. De ce fait ces différents mandats ne visent pas l'imposition de la paix en République Centrafricaine. En faisant une lecture des mandats des forces onusiennes au Congo RDC (MONUC, MONUSCO etc), l'on se rend compte d'une certaine similitude entre les contenus des mandats tant au Congo qu'en RCA. Les mandats ne sont pas toujours clairs, et ne sont pas adaptés aux réalités ou contextes de chaque pays en crise. |
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