WOW !! MUCH LOVE ! SO WORLD PEACE !
Fond bitcoin pour l'amélioration du site: 1memzGeKS7CB3ECNkzSn2qHwxU6NZoJ8o
  Dogecoin (tips/pourboires): DCLoo9Dd4qECqpMLurdgGnaoqbftj16Nvp


Home | Publier un mémoire | Une page au hasard

 > 

L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013


par Alban Paul GAZELE LEMBY
Université de Dschang - Master II Recherche  2019
  

précédent sommaire suivant

Bitcoin is a swarm of cyber hornets serving the goddess of wisdom, feeding on the fire of truth, exponentially growing ever smarter, faster, and stronger behind a wall of encrypted energy

B- L'incapacité technique de la MINUSCA

La principale caractéristique des opérations en Afrique est d'avoir été établies dans des « États faillis » ou affaiblis par des longs conflits, des États dans lesquels la police, la justice, la sécurité ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes. Les cessez-le-feu90(*) qui ont pu y être conclus avec des groupes armés n'ont pas la même autorité que des accords signés avec des États souverains. Ils sont en eux-mêmes plus fragiles parce que des bandes de brigands ne s'exposent pas aux mêmes conséquences qu'un État si elles n'honorent pas leur signature. Ces groupes peuvent aussi se fragmenter sous l'effet de dissidences multiples, fluctuer au gré d'intérêts contradictoires et changeants. Au coeur de ces territoires morcelés où peut se rallumer à tout moment la guerre de tous contre tous, le rôle des « acteurs du maintien de la paix », ONU, est de stabiliser la situation, de bâtir l'État de droit, de protéger la paix. Ce sont des tâches immenses, d'où leur appellation d'« opérations multidimensionnelles ». Le succès des telles opérations repose principalement sur la mobilisation de troupes bien formées et dotées de l'équipement et de l'appui logistique qui leur permettront d'assurer les taches complexes et souvent dangereuses qui caractérisent le maintien de la paix en République Centrafricaine. Mais ces moyens d'où proviennent-ils, actuellement, sur le plan militaire ? Pour l'essentiel des pays du Sud. Comme nous avons eu à démontrer précédemment que la grande partie des troupes onusiennes de la MINUSCA proviennent des pays en voie de développement. Néanmoins, ces soldats sont souvent insuffisamment qualifiés et un équipement adéquat doit être financé par des États tiers. Et il est encore plus difficile de trouver du personnel militaire spécialisé pour les tâches complexes.

Paragraphe 2 : La complicité, la réticence et l'hétérogénéité des troupes onusiennes de la MINUSCA

Depuis l'intervention onusienne en République Centrafricaine, la crise est loin d'être terminée. Cette persistance des actes inhumains à l'endroit du peuple centrafricain qui reste et demeure victime, est due à la complicité et à la réticence des troupes onusiennes de la MINUSCA (A) d'une part et à l'hétérogénéité de ces forces (B) d'autre part.

A- La complicité et la réticence des troupes onusiennes de la MINUSCA

Le constat sur le terrain démontre non seulement une certaine réticence mais aussi une complicité des troupes onusienne de la MINUSCA dans la résolution de la crise centrafricaine91(*).Cela s'explique par le non-respect du mandat qui leur est dévolu92(*).

En effet, les troupes onusiennes de la MINUSCA sont à maintes reprises accusées de complicité avec les groupes armés. Cette complicité se démontre par des actes dits mafieux des forces onusiennes de la MINUSCA notamment par la vente des armes et munitions aux groupes rebelles tel fut le cas avec un casque bleu de contingent gabonais prit en flagrant délit avec des munitions dans le sac entrainer d'aller ventre aux groupes armés du Km5 dans le 3ème arrondissement de la ville de Bangui. Il en est de même des forces tchadiennes de la MINUSCA qui complotaient avec les bandes armées de la Séléka. Ces forces tchadiennes étaient accusées de fournir les tenues militaires ainsi que les insignes aux groupes rebelles se trouvant dans la zone placée sous leur autorité. Elles sont accusées de laisser passer les bandes armées afin d'aller commettre des exactions sur les populations civiles. Bien qu'en érigeant des barrières, l'on se demande comment les rebelles traversent-ils les bases de la MINUSCA pour aller commettre des actes horribles?

À cette complicité s'ajoute une certaine réticence. Les forces onusiennes sont très réticentes dans leurs différentes interventions relatives à la protection de la population civile. Leurs interventions sont le plus souvent tardives car elles se présentaient après l'incendie comme si c'était des sapeurs-pompiers. Le constat est que les forces onusiennes de la MINUSCA assurent uniquement la protection des biens et installations, du personnel de la MINUSCA. Aussi en cas d'attaque contre la population civile, ces forces affirment qu'elles attendent l'ordre avant d'agir or le mandat est clair : assurer la protection de la population civile sans exception. Sur le terrain, les soldats de l'ONU se trouvent confrontés à des groupes armés aguerris, particulièrement combatives, déterminées, face auxquels ils ont pour instructions de limiter leur action à une présence supposée dissuasive. Ainsi, il est précisé qu'ils ne peuvent ouvrir le feu qu'en cas de légitime défense.

* 90Il y a plusieurs accords de cessez-le-feu conclus avec les groupes rebelles sous les auspices des Nations Unies notamment la MINUSCA en RCA. Il s'agit entre autres, de l'accord politique de Libreville du 11 janvier 2013 ; l'accord de Bouar en 2015, le forum de Bangui et l'accord dit de Khartoum signé le 6 février 2019 entre le gouvernement centrafricain et quatorze groupes armés centrafricains.

* 91Thierry VIRCOULON, « Ambiguïté de l'intervention internationale en République Démocratique du Congo », Politique africaine, N°98, 2005, p.82.

* 92 L'inaction et complicité de la MINUSCA par le biais des casques bleus s'est démontré lors des événements de Bambari. En effet, la MINUSCA est intervenue dans le combat de Bambari comme un cheveu dans la soupe après que les FACA aient une leçon aux mercenaires. Il s'agit d'une intervention bien tardive de la MINUSCA afin de justifier sa présence.

précédent sommaire suivant






La Quadrature du Net

Ligue des droits de l'homme