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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013par Alban Paul GAZELE LEMBY Université de Dschang - Master II Recherche 2019 |
A- Le contexte de l'étudeS'agissant du contexte de l'étude, il se présente sous trois angles. D'abord,le contexte sociopolitique et ensuite le contexte historique. La République Centrafricaine depuis son accession à l'indépendance en 1960 ne vit que des périodes de crises5(*). De ce fait, le contexte sociopolitique repose sur les multiples crises qu'a connues la République Centrafricaine notamment celle de 2013 et qui perdure jusqu'à nos jours. Ces multiples crises6(*) sont dues à la mauvaise gouvernance du pouvoir central de Bangui. Les crises les plus marquantes sont au nombre de trois. D'abord les mutineries de 1996, la République centrafricaine a été secouée par une crise politico-militaire ponctuée par trois mutineries7(*) successives d'éléments des forces armées centrafricaines, qui s'expliquaient dans une large mesure par un mécontentement, assez répandu dans le public, suscité par des problèmes sociaux et économiques exacerbés par le non-paiement prolongé d'arriérés de solde. Ensuite, la crise de 2003 avec le coup d'état ayant favorisé l'accession au pouvoir du général d'armée François BOZIZE. Enfin, avec l'avènement de la rébellion de 2013 appelée « coalition séléka8(*) », la République Centrafricaine a connu les moments les plus sombres de son histoire car toute l'étendue du territoire était touchée sur tous les plans. La situation humanitaire reste très fragile dans le pays où des personnes ont élu domicile dans les sites, fuyant les hostilités. Cette fragilité est liée à la situation sécuritaire dans toute la République Centrafricaine. La RCA reste un pays encore en crise chronique du fait de la persistance des zones de conflits et d'insécurité, mais aussi du fait des barrières où sont prélevées des taxes illégales sur tout déplacement le long des grands axes. La situation en RCA est extrêmement volatile et il existe peu d'informations fiables et à jour notamment s'agissant du contrôle du territoire. La sécurité du pays est placée sous la responsabilité des forces internationales qui ne contrôlent qu'une portion du territoire. Le reste demeure sous le contrôle des groupes armés non-étatiques qui se sont fragmentées en plusieurs sous-groupes9(*). Pour ce qui est du contexte historique, il convient de signaler que l'intervention onusienne dans la crise centrafricaine de 2013, s'inscrit dans la suite logique de ses multiples actions en République Centrafricaine. L'ONU était déjà présente en République Centrafricaine en Avril 1998 à Février 2000 à travers la MINURCA10(*) et de février 2000 à aujourd'hui avec la BONUCA11(*). En effet, pour résoudre les mutineries de 1996, l'ONU notamment le Conseil de Sécurité avait adopté un certain nombre de résolutions : 1125 (1997) en date du 6 août 1997, 1136 (1997) en date du 6 novembre 1997, et la résolution 1159 (1998) en date du 27 mars 1998autorisant le déploiement des « casques bleus » (forces onusiennes)12(*) avec effet au 15 Avril 1998. L'envoi des forces onusiennes s'est aussi soldé par l'implantation du Bureau Politique d'Observation des Nations-Unies en Centrafrique. Toujours est-il que quelques années plus tard, avec la crise sociopolitique de 2013, l'ONU est intervenue en République Centrafricaine par l'adoption d'une série de résolutions. Ainsi, le 10 Avril 2014, le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a adopté la résolution 2149, autorisant le déploiement des casques bleus en Centrafrique, opérationnelle depuis le 15 Septembre 2014. * 5L'essentiel de ces crises sociopolitiques se résume en des tentatives de coups d'état, des rébellions armées. On note le coup d'état dit coup d'état de la Saint-sylvestre du 31 décembre 1965 portant au pouvoir Jean Bedel BOKASSA devenu le premier empereur centrafricain ; le coup d'état de David DACKO appuyé par l'opération BARACCUDA qui a renversé l'empereur en 1979 ; en 1981, David DACKO est renversé à son tour par le général André KOLIGNBA. * 6Ces 30 dernières années, hormis l'élection démocratique d'Ange Félix PATASSE en 1993, trois des cinq chefs d'État de la République Centrafricaine sont arrivés au pouvoir par le biais d'un putsch. La voie royale pour accéder à la magistrature suprême est le poste de chef d'état-major des armées. Le capitaine Jean Bedel BOKASSA (1965-1979), le général André KOLIGNBA (1981-1993), le général François BOZIZE (2003-2012). * 7Profondément préoccupé par la dégradation de cette situation et par ses conséquences pour la région, et en raison de la demande formulée par le Président Ange-Félix Patassé, la dix-neuvième Réunion au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de France et d'Afrique, tenue en décembre 1996, a demandé aux Présidents gabonais, burkinabè, malien et tchadien de se rendre à Bangui pour négocier une trêve entre les forces loyales au Président Patassé et les mutins, trêve qu'ils ont réussi à obtenir après d'intenses négociations. * 8 En langue « sango » qui signifie alliance, en quelque sorte la coalition des groupes armés, à majorité musulmane, créée à la fin de l'année 2012, dont le chef est Michel DJOTODJA. * 9 Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement ; Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix ; Convention Patriotique pour la Sauvegarde de Kodro ; Front Démocratique du Peuple Centrafricain ; Alliance pour la Renaissance et la Refondation ; Armée Populaire pour la Restauration de la Démocratie etc. * 10 La Mission des Nations Unies en République Centrafricaine. * 11 Le Bureau Politique d'Observation des Nations-Unies en Centrafrique. * 12Ayant pour mission de contribuer à maintenir et à renforcer la sécurité et la stabilité ainsi que la liberté de mouvement à Bangui et ses environs; Aider les forces nationales de sécurité à maintenir l'ordre et à protéger les installations clés à Bangui; Superviser et contrôler le stockage de toutes les armes récupérées dans le cadre de l'opération de désarmement et en surveiller la destination finale; Assurer la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies, ainsi que la sûreté et la sécurité des biens de l'Organisation des Nations Unies; Apporter une aide, en coordination avec d'autres efforts internationaux, dans le cadre d'un programme de courte durée de formation d'instructeurs de police et d'autres efforts de renforcement des capacités de la police nationale, et fournir des conseils concernant la restructuration de la police nationale et des forces spéciales de sécurité; Fournir des conseils et un appui technique aux organismes électoraux nationaux en ce qui concerne le code électoral et les moyens à mettre en oeuvre pour organiser les élections législatives prévues pour août/septembre 1998. |
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