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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013


par Alban Paul GAZELE LEMBY
Université de Dschang - Master II Recherche  2019
  

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B- La clarification terminologique

La clarification des termes du sujet permet « [...] d'organiser la réalité en retenant les caractères distinctifs du flot d'impression qui assaillent le chercheur. Le concept doit ensuite guider la recherche en lui procurant au départ un point de vue13(*) », selon Madeleine GRAWITZ. Si les hommes prennent la peine de s'entendre au préalable sur les mots qu'ils allaient utiliser, il y aurait moins de problèmes dans le monde. C'est fort de cette allégation d'Aristote (384-329) que l'on précisera le sens des notions clés de l'étude à savoir, l'ONU et la résolution de la crise sociopolitique centrafricaine 2013.

· L'ONU

Elle est une organisation à caractère international créée au lendemain de la deuxième guerre mondiale sur les ruines de la SDN14(*). Elle regroupe 193 États membres. Son siège se trouve à New-York aux États-Unis. Comme toutes les autres institutions, elle est fondée par la nécessité. Elle a pour buts de : «  maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix 15(*)». Ses principaux organes sont : l'Assemblée Générale, le Conseil de Sécurité, le Conseil Économique et Social, le Conseil de Tutelle, la Cour Internationale de Justice16(*). L'ONU comprend également une trentaine d'organisations apparentées dont une quinzaine d'institutions spécialisées17(*) créées par les États et liées par un accord, une quinzaine de programmes de fonds et agences18(*) créés par l'ONU et dotés de leur propre budget. À cela s'ajoute une pléthore de commissions et sous-commissions, comités et sous-comités créés par l'ECOSOC ou par l'Assemblée Générale au fur et à mesure des besoins.

· La résolution de la crise sociopolitique centrafricaine

Pour mieux appréhender le groupe de mots«la résolution de la crise sociopolitique centrafricaine», il faut définir, au préalable, les notions de crise, crise sociopolitique, résolution.

· La crise

Il s'agit d'une tension née de contradictions d'ordre social, politique, socioéconomique au niveau individuel ou collectif19(*).

Du latin « crisis », du grec « krisis », la crise est « le moment très difficile dans la vie de quelqu'un, d'un groupe, dans le déroulement d'une activité, etc. ; une situation marquée par un trouble profond 20(*)». Toute crise marque la rupture de l'ordre dans une société donnée, le dévoilement des conflits souvent ignorés. Une crise est porteuse de ruptures, elle apparait comme « un changement brusque et décisif dans le cours d'un processus20(*) ». C'est aussi la contestation de l'ordre présent. Elle se présente alors comme le foyer des tensions ou conflits existants dans le monde ; il s'agit aussi de la guerre qui crée des situations de terreur, d'instabilité, d'insécurité.

Selon Thierry Tardy, dans son ouvrage Gestion de crise, maintien et consolidation de la paix, définit la crise comme « une situation d'anomie provoquée par le changement. La notion de « crise » s'oppose en principe à celle de « normalité ». Une situation est qualifiée de crise si elle présente des caractéristiques considérées comme anormales sur une période donnée et si, sur cette période, les outils de régulation existants s'avèrent inadéquats.Ainsi, une situation présentant des signes d'anomalie ne devient crise que si les organisations compétentes faillissent à restaurer la normalité. La crise connaît donc une dynamique qui est en partie fonction de sa gestion et des processus de décision qui se mettent en place pour y faire face21(*).

Au plan juridique, la crise s'analyse comme une situation de trouble ou de conflit qui, soit affecte le fonctionnement des pouvoirs publics, et il en va ainsi d'un conflit d'attribution entre les pouvoirs législatif et exécutif, de la paralysie ou la démission du gouvernement, soit nécessite, en raison de sa gravité, des mesures d'exception comme c'est le cas de l'état de siège, de l'état d'urgence, de l'état de guerre ou de l'état de nécessité22(*).

Au plan politique, la crise révèle la situation dans laquelle l'ordre social et la légitimité des gouvernants sont remis en cause par une fraction de la classe politique ou du corps social. Elle conduit généralement à un conflit ou à un blocage des institutions. Elle peut également résulter d'une perception divergente des règles du jeu politique ou de leur défaillance23(*).

En définissant la crise24(*), il paraît intéressant de dégager les différentes sortes de crises. De ce fait, la crise peut être économique, financière, alimentaire, militaire, sociale, politique etc. Mais dans le présent travail l'on met l'accent sur la crise sociopolitique.

· La crise sociopolitique

La crise sociopolitique est la résultante d'une mauvaise gestion des choses publiques et du fait de ne pas répondre aux besoins sociaux de la population, se sentant abandonnée, est obligée de revendiquer ses droits par la voie des manifestations, voire l'usage des armes et c'est le cas en République Centrafricaine.

La crise sociopolitique est une phase grave dans l'évolution de la situation politique d'un État. Elle peut entrain des grèves, des manifestations, des mouvements sociaux, des émeutes ou, plus grave, une révolte ou une guerre.

La crise sociopolitique centrafricaine peut être définie comme l'ensemble des manifestations compromettant la continuité de l'État et l'ordre social et provoquant une rupture de la stabilité politique.

La résolution de la crise sociopolitique centrafricaine doit alors être appréhendéecomme l'ensemble des moyens mis en oeuvre par l'ONU afin d'apporter des solutions à l'ensemble des manifestations compromettant la continuité de l'État et l'ordre social et provoquant une rupture de la stabilité politique en République Centrafricaine. Il s'agit des solutions en vue de mettre un terme à la crise centrafricaine.

* 13 Madeleine GRAWITZ, Méthodes des sciences sociales, précis Dalloz, 9ème édition, Paris, 1993, p.332.

* 14Société Des Nations, créée après la première guerre mondiale de 1914-1918 à partir des quatorze points du président américain Wilson.

* 15 Charte des Nations-Unies, chapitre 1er, article 1, al.1.

* 16Ibid, chapitre 3, article 7.

* 17 Fond des Nations Unies pour l'Alimentation, Fonds des Nations Unies pour l'Enfance, Organisation Mondiale de la Santé, Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture, Organisation Internationale du Travail...etc.

* 18 Programme Alimentaire Mondial, Programme des Nations Unies pour le Développement, Programme des Nations Unies pour l'Environnement, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés etc.

* 19 René KAES,Crise, rupture et dépassement, Collection Inconscient et Culture, Dunod, 1979, p. 21.

* 20Ibid., p.12.

* 21Thierry TARDY,Gestion de crise, maintien et consolidation de la paix, Collection Crisis, De Boeck, 2009, pp.13-34.

* 22Aboudou ASSOUMA, Les juridictions constitutionnelles et les crises : l'expérience de la cour constitutionnelle du TOGO, Mémoire de Master, Cotonou-Bénin, 2009, p. 27.

* 23Ibid.

* 24En dehors de la crise, on peut davantage approfondir la distinction avec les terminologies voisines à savoir, litige, différend, tension, situation, affaire, question. Le litige renvoie à une contestation donnant lieu à un procès et, dans un sens plus large, à toute espèce de contestation ; il semble que différend et litige ont un sens atténué par rapport à conflit. Pour Jean-François Guilhaudis, dans son ouvrage intitulé Relations internationales contemporaines, paru en octobre 2017, tout différend, tout litige comporte une dimension de contestation, d'opposition des positions, mais pour conserver le sens des nuances et des différences, on pourra dire qu'il n'est pas forcément conflictuel, et que dans de nombreux cas, il semble que le conflit se compose peu à peu à partir du différend. Quant à la tension, elle désigne l'état de ce qui menace de se rompre, il doit être réservé pour décrire les temps forts dans un conflit. Situation et affaire sont des termes qui apparaissent dans la Charte des Nations Unies, mais auxquels la pratique de l'Organisation n'a pas accordé d'importance particulière. L'emploi de situation, à l'article 36, laissait penser qu'il faut faire une distinction entre les différends constitués, cas dans lesquels les positions des parties seraient bien définies, et où ces positions seraient contraires, et les situations, ce terme servant à désigner les situations de tension entre États, situations antérieures au différend. Quant au mot « affaires », on peut considérer qu'il désigne une situation préoccupante au titre du maintien de la paix, à tel point qu'il suscite l'attention du Conseil de sécurité. Dans les titres de certaines résolutions du Conseil de sécurité, on peut lire « question » (question de Chypre, question de Timor). En général, le mot désigne une préoccupation retenue par le Conseil pour inscription à son ordre du jour. Pp. 494-498.

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