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L'ONU et la résolution des crises en Afrique centrale: le cas de la crise socio-politique centrafricaine de 2013par Alban Paul GAZELE LEMBY Université de Dschang - Master II Recherche 2019 |
SECTION 2 : LES CONTRAINTES RELATIVES AUX ÉTATS MEMBRES DE L'ONU ET AUX GRANDES PUISSANCESLa persistance de la crise centrafricaine de 2013 renferme multiples causes dont les contraintes relatives aux pays fournisseurs des troupes et aux grandes puissances. Il est à noter que cette participation onusienne à la résolution de la crise centrafricaine demeure fragile compte tenu de l'influence des membres les plus puissants disposant du droit de véto autrement dit les grandes puissances (paragraphe 1) et à cela s'ajoute la réticence et la complicité des pays membres des Nations Unies qui sont fournisseurs des troupes (paragraphe 2). Paragraphe 1 : Les interventions instrumentalisées par les grandes puissancesMême si la Charte des Nations Unies reconnait l'égalité souveraine de ses membres105(*), personne n'ignore l'inégalité des acteurs au sein des Nations Unies. Certains États y occupent des positions d'influence, étant membres permanents du Conseil de Sécurité. Ils sont par conséquent les principaux bailleurs de fonds et sont amenés à se prononcer sur les dossiers relatifs aux opérations de maintien de la paix et de la sécurité internationales, charge principale du Conseil de Sécurité. C'est le cas des conflits en République Centrafricaine dans lesquels les États-Unis, la France et la Russie, placés dans un contexte d'interdépendance stratégique instrumentalisent l'ONU et sont parfois en contradiction avec ses objectifs106(*). L'implication directe ou sournoise de certains pays membres dans l'émergence et/ou l'exacerbation des conflits ainsi que les interférences des puissances extra-africaines compliquaient considérablement la recherche de solutions aux conflits. Ainsi, la définition de chaque mission par les grandes puissances est faite d'après un calcul rationnel de coûts avantages. A- Les enjeux des États-Unis dans leur processus de domination ou de contrôle de l'ONU en RCAPar leur position au sein de l'ONU, les Etats-Unis se comportent comme le plus puissant dans toute organisation internationale. Selon certains analystes, les États-Unis utilisent depuis la crise de 1960, les Nations Unies comme un instrument occasionnel de leur politique étrangère en République Centrafricaine. A cet effet, le soutien américain à l'intervention de l'onusienne en Centrafrique était uniquement dans le but d'empêcher l'expansion du communisme en Afrique. De même, depuis 1998, les différentes missions de maintien de la paix de l'ONU en République Centrafricaine (MINURCA et MINUSCA) participent souvent dans une violence structurelle dont Washington a fait toujours usage pour dominer d'autres puissances dans cette région. Ainsi verrouillées, ces missions ont été et demeurent un instrument de domination américaine par excellence. Le choix des responsables de ces missions est souvent stratégique. Ce qui fait que depuis son déploiement, la mission onusienne de la MINUSCA n'est commandée généralement que par des personnes choisies au profit des Etats-Unis. En bref, nous pouvons admettre à partir du cas de la République Centrafricaine que : « les Etats-Unis veulent dominer l'ONU, utiliser l'organisation à leurs propres fins, présenter ces fins comme étant le bien universel et attendre qu'on les en remercie. Les Etats-Unis conçoivent l'ONU comme une feuille de vigne servant à camoufler leurs objectifs politiques pour obtenir l'adhésion des alliés et faciliter celle de l'opinion américaine, en présentant les interventions militaires comme des opérations humanitaires et multilatérales 107(*)». On peut dès lors comprendre l'impuissance des Nations Unies en République Centrafricaine, impuissance qui n'est que le reflet d'une paralysie générale imposée par les Etats-Unis108(*). * 105La Charte des Nations Unies, article 2 paragraphe 1. * 106Hilaire De Prince POKAM, « L'ONU dans le processus de préservation de l'indépendance de la République Démocratique du Congo, repenser l'indépendance : La RD Congo 50 ans plus tard », Pole Institute, Goma, Juillet 2010, p.7. * 107Cela se trouve dansleCourrier International N°316, du 21 au 27 novembre 1996, p.7. * 108 EmmanuelDECAUX, Les Nations Unies et la région des Grands Lacs, p.39. |
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