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La problématique de l'intégration africaine

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par Kokou KOUNOUDJI
Université de Lomé (Faculté de Droit) - DEA Droit public fondamental 2008
Dans la categorie: Droit et Sciences Politiques > Droit Public
  

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CONCLUSION GENERALE

En définitive, si l'Afrique n'est pas mal partie, elle paraît certainement enfermée à divers niveaux, et cela ne fait plus l'objet d'aucun doute. En réalité, ce constat s'explique aisément par le mot d'ordre « Africa must unit ! » par lequel Kwamé N'KRUMAH, premier président du Ghana, avait convié ses pairs réunis en Mai 1963 à Addis-Abéba (Ethiopie) à la réalisation immédiate de l'unité de l'Afrique lors de la création de l'Organisation de l'Unité Africaine.  Aujourd'hui encore, la création de l'Union Africaine, intervenue à Lomé (Togo) le 11 juillet 2000, par l'adoption de son acte constitutif lors du trente-sixième sommet de l'ex-O.U.A., permet de juger, non seulement, de la prise de conscience des Etats africains du retard que connaît l'Afrique par rapport au reste du monde, mais aussi de la volonté de ces derniers de promouvoir l'intégration du continent.

Malheureusement, cette volonté d'intégration de l'Afrique est si mitigée qu'elle est menacée en tout temps de l'intérieur comme de l'extérieur. Ce qui jette, en toute évidence, un véritable discrédit sur la capacité de l'Union Africaine à réaliser, de façon efficace et durable, l'intégration du continent. L'heure paraît certainement grave pour les Etats africains qui continuent de subir, depuis un certain moment, les effets néfastes de la mondialisation.

Et, comme nous pouvons le constater avec le professeur Koffi AHADZI : « ...l'Union Africaine......semble, trois ans après son entrée en fonction, s'engager sur la voie de la paralysie et donc de l'inefficacité. Sa contribution à la démocratisation effective des Etats membres demeure quasiment nulle. Les principes de souveraineté et de non-ingérence dans les affaires intérieures inscrits dans l'Acte constitutif174(*) freinent manifestement l'application de ceux concernant le respect de la démocratie, des droits de l'homme, de l'Etat de droit et de la bonne gouvernance175(*). La grande majorité de Etats africains continuent d'être dirigés par des régimes issus d'élections non transparentes et faisant peu de cas des droits de l'homme sans que l'organisation panafricaine émette la moindre protestation... ».

C'est en s'inscrivant dans cette logique que le professeur a conclut en ces termes : « En ce qui concerne la mise en oeuvre du processus d'intégration et du développement économique, aucune avancée décisive ne paraît avoir été réalisée depuis l'entrée en vigueur de l'Union Africaine. Le N.E.P.A.D., par exemple, se signale, pour l'essentiel, par des conférences qui se tiennent en Afrique ou ailleurs sur les conditions de sa mise en oeuvre plutôt que par la réalisation effective des projets qui en découlent. L'un des principaux initiateurs, le président WADE du Sénégal, n'a d'ailleurs pas hésité à avouer publiquement sa déception face à l'insignifiance des résultats enregistrés. Or, si l'on sait que la plupart des conflits africains actuels ont pour racine les crises dues à un imparfait processus de démocratisation ou à la paupérisation économique de plus en plus accélérée des populations, on ne peut qu'être pessimiste sur les capacités de l'Union Africaine d'assurer la réalisation de cet autre objet majeur qu'est le maintien de la paix et de la sécurité sur le continent ».

Il est clair qu'actuellement le bilan de l'Union Africaine ne paraît nullement enviable dans la mesure où son chemin pour la consolidation d'une intégration effective est véritablement parsemé d'embûches176(*).

Plus particulièrement, tout semble désormais se reposer sur un manque de volonté politique, de moyens et de ressources de la part des Etats africains en faveur d'une culture d'intégration. Ceci se remarque davantage dans les échanges commerciaux par le simple fait que les Etats africains sont devenus de serviles consommateurs des produits étrangers en même temps qu'ils refusent de s'engager dans un processus d'industrialisation du continent. Plus grave encore, contrairement aux nouveaux pays industrialisés177(*) de l'Asie, les Etats africains ne s'inscrivent guère, avec leurs partenaires commerciaux, dans une logique de transfert de technologies. Ce qui assujettit davantage l'Afrique aux effets de la mondialisation et rend précaire tout projet de développement du continent.

Face à une telle situation dramatique de l'Afrique par rapport au reste du monde, l'unique question qui mérite d'être posée est de savoir : Que doit donc faire l'Union Africaine pour arrêter sa «descente aux enfers» ?

Pour répondre à cette interrogation aussi pertinente que réelle, il importe d'épouser fois la vision du professeur Koffi AHADZI qui propose qu': «... Afin d'arrêter cette sorte de descente aux enfers de ce continent potentiellement parmi les plus riches du monde, l'Union Africaine doit être restructurée. Ne pouvant vouloir à la fois une chose et son contraire, elle se doit, si elle veut vraiment se mettre au service d'un véritable panafricanisme et d'une renaissance effective de l'Afrique, se débarrasser urgemment des principes et des objectifs interétatiques qui annihilent tout effort d'intégration politique et économique dans la mesure où les Etats membres s'en servent pour refuser tout abandon significatif de souveraineté. Or, l'Afrique doit s'unir ou périr car les faits démontrent amplement qu'uni, le continent pèse à peine 5% du produit intérieur brute (P.I.B.). Désuni, il n'existe tout simplement plus178(*). De fait, selon les statistiques assez récentes, en 2001, «le premier pays africain au plus fort P.I.B. se situe au cinquante-et-unième rang (Libye), tandis que la plupart des pays africains s'inscrivent le cent vingtième et le dernier rang »179(*). Pour finir le professeur ajoute : « Il importe dès lors que les principes et objectifs supranationaux qui ont été inscrits dans l'Acte constitutif de l'Union Africaine y occupent désormais une place exclusive. Parallèlement, les organes intégrés doivent être dotés de compétences conséquentes afin de pouvoir exprimer une volonté conforme aux intérêts de l'organisation et de prendre les décisions appropriées à cette fin. Une telle avancée témoignera effectivement de la volonté des Etats africains de se donner enfin les moyens de faire le bonheur de leurs peuples en ce début du vingt-et-unième siècle ».

Bref, pour éviter de devenir une O.U.A. bis, « ... l'Union Africaine a besoin d'être revitalisée180(*).. ».

BIBLIOGRAPHIE

I -MANUELS

- PELLET (Alain), DAILLIER (Patrick), Droit international public, Paris, 7e édition, Librairie

Générale de Droit et de Jurisprudence, 2004.

* 174 Article 4, a et g.

* 175 Article 4, m.

* 176 L'Afrique n'occupe actuellement que 2,7% dans l'économie mondiale.

* 177 Notamment la Chine et l'Inde.

* 178 Cf Jeune Afrique du 21 au 27 septembre 1999, p. 5.

* 179 Cf L'Etat du monde 2001, Paris, La Découverte, Syros, 2000, cité par Roland ADJOVI, L'Union Africaine : Etude

critique d'un projet ambitieux, Revue juridique et politique, indépendance et coopération, N°1, janvier-avril 2002, P 4.

* 180Selon le professeur Adama KPODAR, au cours de l'émission : «Plateau de la semaine du dimanche 17 août 2008» sur
la Télévision Togolaise.

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