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Emancipation et représentations sexuées des femmes dans le système fédéral du tennis français

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par Baptiste Jalleau
Université Paris-Est Créteil - Licence STAPS Management du Sport 2013
  

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B- Traitements pédagogiques, facteur d'inégalité

Pour aborder les différences de traitement pédagogiques, il semble important de revenir sur les questions relatives à la mixité scolaire, ses déconvenues et ses apports dans la course à l'égalité des sexes. La mixité scolaire a longtemps été l'objet d'une controverse, aujourd'hui encore. Un accord est établi sur le fait que la mixité est un premier pas vers l'égalité, d'autant plus dans le secteur éducatif que représente la scolarité. Néanmoins, la mixité est loin d'avoir supprimé toutes les inégalités. Des recherches sont menées en 1995 par Duru-Bellat, les filles et les garçons auraient tendance à se conformer dans les représentations liées à leur genre : les filles seraient soucieuses de leur apparence physique, plus en retrait que les garçons. Néanmoins, ces observations varient selon le milieu social et géographique, mais également et surtout dans le temps. L'école mixte n'entraine pas automatiquement une égalité de parcours scolaire et de chance aux élèves comme on pourrait le penser. En effet, les différences d'éducation, de milieu social de chacun et représentations sociales selon le genre sexué, interfèrent beaucoup sur le parcours de chacun et chacune. « Le sexe marque le parcours, alors que l'institution scolaire se veut neutre et ne tolère aucune discrimination »24. Cette citation marque le fait que l'école ne peut résoudre à elle-seule les problèmes d'inégalité qui subsistent au niveau sociétal. Duru-Bellat met en place des observations pour son étude, celles-ci révèlent que les maîtres recourent fréquemment aux oppositions entre garçons et filles dans la gestion quotidienne de leur classe. Une étude de Zaidman en 1996 révèle que dès l'école primaire, beaucoup d'enseignants placent alternativement un garçon et une fille dans leur plan de classe afin de favoriser un climat de travail et optimiser la discipline. L'étude de Younger et Alii en 2002 montre que les enseignants consacrent un peu moins de temps aux filles (environ 44% de leur temps, contre 56% pour les garçons), étude à prendre en compte dès lors qu'on comptabilise le temps qu'un élève passe en classe. Selon cette même étude de 2002, « les garçons reçoivent un enseignement plus personnalisé, alors que les filles sont davantage perçues et traitées comme un groupe »25. Les garçons sont davantage réprimandés par les enseignants, ceux-ci semblent soucieux de ne pas se laisser déborder par la gente masculine. Des différences dans la notation apparaissent, les garçons seraient notés plus sévèrement que les filles (étude réalisée et mesurée par des épreuves standardisées). Ce phénomène soutient une fois de plus le fait que les garçons font l'objet d'une attention plus appuyée, d'un enseignement plus individualisé que les filles car davantage sujet à des attentes importantes de la part des enseignants.

24 DURU-BELLAT Marie, « Ce que la mixité fait aux élèves », Revue de l'OFCE, 2010/3 n°114, p. 199. DOI : 10.3917/reof.114.0197

25 Ibid., p. 200

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On constate donc que malgré une mixité scolaire voulue, mise en place et appliquée, les enseignants (dans une relative inconscience) ont des attentes et méthodes pédagogiques diversifiées en fonction du sexe de l'élève. Selon Vouillot en 2002, « les choix d'orientation qui engagent et révèlent aux yeux des autres ce qu'on veut devenir, restent aussi conformes aux stéréotypes du masculin et du féminin ». Selon Geneviève Fraisse, « la mixité n'est ni un objectif politique, ni un instrument sûr, c'est une expérience propre à l'espace démocratique »26. Cette citation révèle le caractère insuffisant de la mixité dans la quête à l'égalité des sexes. En effet, elle n'est pas un moyen sûr, elle n'est qu'un outil bénéfique mais également des préjudiciable à travers une conformation des représentations et stéréotypes sexués.

Dans le milieu sportif, les traitements pédagogiques varient aussi selon les sexes. A la fin des années 1980, des femmes s'engagent dans une volonté d'émancipation concernant différents ordres sociaux, moraux, esthétiques et médicaux, qui structure la société. Une question illustre alors la teneur du développement qui se joue à l'époque : « La liberté de choix n'existe-t-elle que pour les hommes ? ». Le football féminin fait l'objet à cette période d'un certain conservatisme qui subsiste face à cette pratique semblant « trop » novatrice pour l'époque. Des études vont être menées sur l'implication des femmes dans le football sous quatre angles : « La façon dont les femmes vivent le monde du football ; la footballeuse et sa construction identitaire ; la joueuse de football et son corps ; le partage du jeu entre les hommes et les femmes »27 Le simple fait que des travaux soient effectués sur ce sujet évoque une prise de conscience sur l'inégalité présente entre les sexes sur le secteur sportif. Le football étant un sport particulièrement représentatif de par sa connotation très masculine. En effet seulement 2% des licenciés de football en France sont des femmes.

En 1999, Sheila Scraton s'intéresse au sujet et conclue de ses observations que le football féminin ne menace pas l'ordre qui régit les rapports entre les sexes. En effet, il renforcerait même les contours de la masculinité bien plus qu'il n'accorderait une redéfinition de la vision traditionnelle de la femme. La mixité dans le football est abordée dans les travaux de M. Henry et Howard P. Comeaux en 1999. La mixité ayant pour but d'instaurer une égalité est contrée par l'omniprésence masculine sur le plan physique. Les rapports contrastés entre les hommes et les femmes sont mis en évidence. Le sens tactique et la technicité présents dans le football semblent être des points de ralliement entre la pratique masculine et féminine, car pas ou peu de différences apparaissent selon le discours des analystes.

26 FRAISSE Geneviève, « Que penser d'une évidence ? », Travail, genre et sociétés, 2004/1 N° 11, p. 197. DOI : 10.3917/tgs.011.0195

27 TRAVERT Maxime et SOTO Hélène, « Une passion féminine pour une pratique masculine : le football », Sociétés, 2009/1 n°103, p.86. DOI : 10.3917/soc.103.0085

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Néanmoins, la dimension physique au sens de la rapidité d'exécution et de la puissance développées par le jeu masculin, semble souligner une forte inégalité entre les femmes et les hommes. Nous avons à faire là à des inégalités physiologiques, plus que sociologiques. La pratique féminine du football souffre du fait qu'un facteur de comparaison apparaît quasi-systématiquement avec la pratique masculine dès lors qu'on l'étudie. Ceci étant dû à la prépondérance écrasante des hommes sur ce sport (Les hommes représentant 98% des licenciés de football en France). En 2009, seulement 19,5% des titulaires du Brevet d'Etat d'Educateur Sportif sont des femmes. Les rapports sociaux de sexe hommes/femmes sont comme on peut l'imaginer facilement, stéréotypés. Ces stéréotypes jouent un rôle conséquent dans la considération et l'enseignement (notamment en Alpinisme). Ainsi un guide de montagne, abordera de manière spécifique une clientèle féminine, régie par les stéréotypes sexués qui contribuent à reproduire les rapports sociaux de sexe préexistants, et à entretenir, dans l'esprit des hommes comme des femmes, les stéréotypes sexués. L'étude est menée par rapport à une analyse de discours (qui doit être dissociée de la réalité pratique), certainement subjectifs mais on ne peut plus révélateur du ressenti des guides. Le fait d'enseigner à des hommes ou à des femmes ne peut être mené de façon neutre, ceci étant du aux rapports sociaux sexués, et stéréotypés.28

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