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La genèse d'un projet de renouvellement urbain - le cas du bas Chantenay à  Nantes

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par Philippe Lassale
IAUR (Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de Rennes) - Université Rennes 2 - Master MOUI (Maîtrise d'Ouvrage Urbaine et Immobilière) 2012
  

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Les enjeux de développement durable dans un contexte métropolitain

La volonté de conduire le renouvellement urbain du territoire du Bas Chantenay s'inscrit, de fait, dans une démarche de développement durable. Les objectifs de développement urbain devront ainsi s'appuyer sur les fondements du développement durable : un projet équitable socialement, soutenable économiquement et respectueux de l'environnement, dans l'esprit des écoquartiers métropolitains. Les préoccupations de respect de la biodiversité, de mobilité durable, d'efficacité énergétique, de gestion économe des ressources et de nature en ville devront infuser les intentions de développement.

Afin de prendre conscience de l'étendue des problématiques à traiter dans le cadre d'un projet urbain de l'ampleur du bas Chantenay, l'équipe de maîtrise d'oeuvre urbaine aura a sa disposition un mémento des mesures applicables en terme de développement durable (réalisé par Nantes Métropole), et devra accompagner le maître d'ouvrage dans la mise en oeuvre des actions identifiées. Parmi cette liste plusieurs points sont d'ores et déjà identifiés, que le maître d'oeuvre devra prendre en compte.

Mettre en valeur les espaces verts et leurs connexions 

Le Bas Chantenay dispose de sites naturels de qualité, avec des rives de Loire exposées plein sud, des anciennes carrières en partie investies par la nature, des parcs paysagés (Parc des Oblates et Square Maurice Schwob). Aussi Nantes Métropole Aménagement demandera qu'une réflexion soit menée autour de la pertinence d'un lien entre les berges et les parcs, ainsi que sur les nouveaux aménagements paysagés à concevoir.

L'omniprésence de la Loire dans l'agglomération (vue depuis Trentemoult - 2012)

Sur ce point, Jane Jacobs, dans son ouvrage The Death and Life of Great American Cities (1961), considère que la rue n'est pas qu'un élément de voirie, mais la possibilité d'une plurifonctionnalité. Elle observe que « plus une ville réussit à mêler une diversité d'usages et d'usagers quotidiens dans ses rues, plus ses habitants fréquentent et animent tout naturellement les jardins publics bien placés ; ceux-ci sont alors source de plaisir et d'agrément dans leur environnement, et non des espaces vides ». Aux espaces vides et aux espaces verts, qui sont des espaces morts, on a opposé des espaces qui fonctionnent et qu'elle propose de nommer espaces actifs. Elle estime que le vide gratuit est une source d'angoisse et la verdure demande à être mise en forme et localisée en des points «stratégiques». Jane Jacobs fait ainsi une série de suggestions concernant à la fois leur localisation (comme ponts entre deux quartiers animés par exemple) et leur qualification fonctionnelle (nécessité d'y aménager des installations sportives et des éléments d'attrait particuliers).

Reconquérir les bords de Loire

Le coeur de l'agglomération de Nantes constitue un point d'ancrage essentiel de la reconquête urbaine du fleuve. Le projet du secteur du Bas Chantenay, dont un des objectifs est de se réapproprier une partie de la rive nord de la Loire, en fait partie, et devra prendre en compte le fait qu'il se situe sur le parcours de la Loire à Vélo.

Par ailleurs, sur le plan topographique, la rupture entre le haut et le bas Chantenay offre des belvédères dégagés sur les coteaux. Par conséquent, il s'agira aussi de mettre en valeur ces panoramas en bord de Loire, ouverts sur le fleuve et la berge naturelle de Rezé.

Marcel Smets 2011

Sur ce point un certain nombre d'approches concordent en visant à réintroduire de la végétation dans le quartier et sur les berges, par touches progressives. L'équipe de Bruno Fortier ouvre ainsi le débat par l'interrogation suivante : « Est-ce en faisant de ses points hauts des forêts verticales (micro tours, toitures végétales, cours industrielles transformées en jardins), ou est-ce en fabriquant à cet endroit une forêt de saules, sorte de long parc habité annonçant la présence de l'estuaire aux portes du quai de la Fosse ? Il faudra en tout cas qu'à un terme plus ou moins long, ces cent cinquante hectares apparaissent comme un jardin et que celui-ci vienne lécher l'artifice compliqué des quais ».

Par ailleurs, la présentation du projet en comité de pilotage avec les élus, le 13 mai 2012, a donné lieu à des remarques, notamment sur la faisabilité d'entamer, dans le cadre de l'accord-cadre, des travaux de réhabilitation des quais depuis le quai de la fosse. Il a été décidé d'insister, dans l'approche à développer sur le traitement des rives de Loire, sur la connexion du site au centre-ville. Il est ainsi exigé que le projet fasse preuve d'exemplarité dans sa capacité à recréer un véritable quartier de ville sur le fleuve, à travers notamment une réflexion sur l'aménagement des quais dans le quartier et vers le centre-ville.

Il est préconisé que cette réflexion s'appuie sur un travail autour du réseau de déplacements doux et sa lisibilité. A l'échelle du piéton, les distances vis-à-vis du centre-ville ainsi qu'au sein même du quartier doivent être réduites. Il s'agit de repenser le réseau viaire pour favoriser les connexions douces : parcours piétons mais aussi cycles doivent intégrer l'accès au haut du quartier, au fleuve et au centre-ville. Les quais doivent ainsi devenir un support de déplacement majeur pour rapprocher le Bas Chantenay du centre-ville.

Près de 3km de quais longent le quartier de Chantenay (c) Joncheray 2012

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