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La genèse d'un projet de renouvellement urbain - le cas du bas Chantenay à  Nantes

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par Philippe Lassale
IAUR (Institut d'Aménagement et d'Urbanisme de Rennes) - Université Rennes 2 - Master MOUI (Maîtrise d'Ouvrage Urbaine et Immobilière) 2012
  

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Quelle gouvernance optimale ?

La structure juridique de la société d'aménagement est un indice de la volonté politique qu'y met l'agglomération. Ainsi pour lancer l'opération de l'Ile de Nantes, il a été décidé de créer une SEM ex nihilo, la SAMOA (Société d'Aménagement Ouest Atlantique). Un geste fort, que l'on peut retrouver dans plusieurs autres opérations d'envergures en France : la SEM Ville Renouvelée pour les friches de Roubaix, la SEM Lyon Confluence pour la pointe Ouest du centre-ville, la SEM Paris Rive Gauche pour les friches industrielles du nord-est du 13e arrondissement, etc. Cela permet, en premier lieu, la composition d'une équipe complète impliquée sur le site, avec ses services de communication, de négociation foncière sur les territoires où il n'existe pas d'établissement public foncier (EPF) comme c'est le cas à Nantes, de gestion budgétaire, et de pilotage du projet par thématiques (espaces publics d'un côté, aménagement du foncier cessible de l'autre, etc.). Mais une telle structure dédiée a aussi un effet de levier indéniable sur le plan politique : c'est bien souvent un élu qui siège à la tête de ces SEM, il devient donc de facto le pilote du projet de renouvellement urbain, et porte le projet dans les arcanes de la direction de la ville ou de la communauté de communes.

Ici point de SEM dédiée, ce qui clarifie plusieurs points : le projet n'est pas, à l'heure actuelle, la priorité de l'agglomération, et il ne disposera pas, contrairement au lancement de l'île de Nantes, d'un budget extensible.

Une procédure négociée pour créer un moteur politique

Comment faire alors pour montrer son ambition ? Il a été décidé, à Nantes Métropole Aménagement, de faire fi du peu d'ambition actuelle, et d'anticiper sur l'avenir en imposant en quelque sorte, par la procédure de marché utilisée, une présence et une implication des élus tout du long du processus de sélection de l'équipe lauréate.

Cette décision a été prise après la commande de plusieurs notes juridiques à la SCET afin d'identifier clairement, d'une part ce qu'il était possible de mettre en place étant donné notre statut (mandat d'étude et non concession, donc sujet au code des marchés publics, plus contraignant que la loi MOP) et les objectifs identifiés (souplesse, implication des élus et des candidats). Le résultat de ces échanges a été synthétisé dans un tableau comparatif ayant pour objectif de présenter à la collectivité les options qui s'offraient à nous (voir annexe 1). Un des arguments principaux pour l'aménageur était la possibilité qu'offrait la procédure négociée de diviser la sélection de l'équipe lauréate en plusieurs étapes, ponctuées par des jurys officiels composés d'un minimum d'un tiers d'élus.

Pour le projet, il a été décidé d'avancer en deux phases, une première dite de candidature, lors de laquelle les candidats présentent, en sus des documents administratifs indispensables dans toute réponse à un appel d'offre, la composition et l'organisation de leur équipe, trois références significatives pour chacun des membres (urbaniste, architecte, paysagiste, bureau d'étude VRD (voirie et réseaux divers), agence de concertation et de communication, spécialiste développement durable ou environnement, etc.), ainsi qu'une note de méthodologie et d'intention vis-à-vis des premiers enjeux identifiés. Pour le présent marché, vingt-six candidats ont répondu, parmi lesquels une douzaine travaille sur des projets d'envergure internationale et sont du niveau du Grand Prix d'Urbanisme. De ces vingt-six candidats, NMA en retiendra de trois à cinq pour participer à la seconde phase, dite d'offre. Ce choix sera effectué à l'issue d'un premier jury, les élus devront donc avoir pris une première décision quant aux équipes qu'ils aimeraient voir travailler davantage sur le sujet, en accord avec les analyses et préconisations des maître d'ouvrage (Nantes Métropole) et maître d'ouvrage délégué (Nantes Métropole Aménagement).

Lors de la seconde étape, les équipes retenues devront approfondir leurs intentions et leur proposition de méthodologie, en proposant des éléments d'analyse et des scénarios d'aménagement qui soient déjà de l'ordre du pré-opérationnel. Même si bien sûr, un gros travail d'analyse restera à effectuer pour le lauréat avant qu'un plan soit adopté. Ils proposeront des éléments de rendus papier, mais ils seront également auditionnés, avec un échange, en face des élus composant le jury.

Ce processus, plus long et plus demandeur qu'un simple appel d'offre, permet d'avancer petit à petit dans la sélection, et demande aux élus de s'approprier non pas simplement la résultante du projet urbain, mais le choix en lui-même de l'équipe qui travaillera sur le projet. Présents dès l'origine, ils sont ainsi sensibilisés aux problématiques mises en avant par les urbanistes, peuvent prendre le temps de réfléchir aux intentions et méthodologies développées par chacun, et choisissent donc, non pas une équipe, mais un projet urbain. Cela permet également de se départir des idées préconçues que certains peuvent avoir sur tel ou tel urbaniste, voir de lisser les pressions qui peuvent être présentes pour choisir une équipe plutôt qu'une autre. Ce point peut paraître anodin, mais il est important, à nos yeux, que, d'une part, le politique adhère au choix du maître d'oeuvre dès l'origine, et que d'autre part, l'aménageur garde la main sur cette décision.

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