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Les Effets de la Dette Extérieure sur La Croissance et les investissements dans les PPTE africains: Analyse par la méthodes des moments généralisés

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par Alain Konso Bola
Université de Kinshasa - Licence 2004
  

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II.2. Caractéristiques et évolution de la dette des PED

Les pays pauvres ont d'énormes difficultés dans leurs économies respectives pour pouvoir atteindre les différents objectifs du développement pour le millénaire dont ils se sont engagés lors du sommet du millénaire en septembre 2000 à New York.

Parmi lesquels, les goulots d'étranglement figurent le fardeau très lourd de la dette extérieure qui pour la plupart d'entre eux est publique.

Pendant les deux dernières décennies, la dette extérieure des pays pauvres fut quadruplée et même ces pays pauvres ont dû verser 376 milliards de dollar21(*) à leurs créanciers en 2000 soit 17%de leurs revenus d'exportation. Ces ressources privent d'immenses possibilités aux populations pauvres pour satisfaire des besoins vraiment fondamentaux.

Concernant l'Afrique subsaharienne, elle a consacré en 2000, 12.8% de ses recettes d'exportations au service de la dette contre 7.2% en 1980, soit un accroissement de 89% en 20 ans.

Lorsque ces pays ont connu le problème de la dette, c'est à dire dès qu'ils sont devenus incapables de rembourser les emprunts accordés ou que les obligations de la dette dépassaient les recettes d'exportations, plusieurs pays pauvres surtout africains ont signé les accords de rééchelonnement au cours des années 80 consistant en une redéfinition de l'échéancier des crédits mais entre temps, ils payaient les intérêts et bénéficiaient de nouveaux prêts.

C'est rééchelonnement constitue également l'un des facteurs déterminants de l'alourdissement de la dette dans les pays pauvres car il n'a fait que multiplier la dette et repousser l'échéance de la dette.

Tableau 1: Evolution de la dette des PED (en milliards de dollar us)

 

1970

1980

1990

1999

2000

Stock de la dette

-

586,7

1459,9

2563,6

2527,5

Dette à long terme

62,6

435,5

1180,1

2077,9

2061,1

Dette publique et commerciale garantie

47

365

1114,6

1542,4

1526,9

Dette privée non garantie

15,4

70,5

65,6

535,5

534,2

Crédit FMI

0,8

12,2

34,7

78,9

64,1

Crédit à court terme

-

138,9

245,1

406,8

402,3

Transferts nets de la dette

-

62,4

-10,6

-137,3

-101,6

Service de la dette

-

88,7

164,1

389,3

376,7

Source : Banque mondiale, Global Development Finance 2001

Il est évident que depuis la crise de Mexique de 1982, le stock de la dette des PED s `est accrû considérablement jusqu'à nos jours, cela est encore pire pour l'Afrique subsaharienne où le stock de la dette se chiffrait à 6921 millions de dollar us en 1970 pour se retrouver à plus de 200.000 millions en 2002, soit 32% d'accroissement dans 3 décennies.

Tableau 2: Banque mondiale, GDF 2004

Cette évolution exponentielle du stock de la dette en Afrique est due non seulement au problème des hausses des taux d'intérêts dit ci haut mais également des causes structurelles internes fondamentales dans leurs économies.

En effet, les pays de l'Afrique du sud de Sahara ont eu des emprunts à des conditions très douces auprès des bailleurs des fonds extérieurs dont ils ont financé essentiellement des projets non directement productifs, en particulier les projets d'infrastructures économiques (routes, ports, aéroports, éléphants blancs...) ou encre alimenter des fuites des capitaux.

Ainsi, en Côte d'ivoire, l'ancien président Houphouët Boigny a consacré 350 millions de dollar us à la construction d'une réplique de la basilique Saint Pierre dans son village natal à Yamoussoukro.

Dans une étude intitulée La dette odieuse22(*) , Kremer et Jayachandra (2002) ont cité des dictateurs africains qui ont alimenté des fuites des capitaux en plaçant à l'étranger le produit de leur détournements : le maréchal Mobutu de la RDC aurait détourné 4 milliards de dollar us sur des comptes personnels, le général Sani Abasha du Nigeria a détourné 2 milliards sur des comptes en Suisse en 1999 et le gouvernement d'Apartheid de l'Afrique du sud a emprunté aux banques privées et alloué d'importants crédits aux forces armées, à la police et à l'oppression.

Roote et Thugge (1999) pensent que les pays pauvres très endettés de l'Afrique subsaharienne continuent d'éprouver des difficultés à honorer les obligations du service de la dette extérieure pour diverses raisons dont23(*) : Les chocs extérieurs tels que la dégradation des termes de l'échange ou conditions climatiques défavorables ; Des troubles civils ; Le manque de persévérance dans l'ajustement et la mise en oeuvre des reformes structurelles ; Des politiques des crédits de nombreux créanciers ; Manque de prudence des politiques de gestion de la dette des pays débiteurs attribuables en partie au fait que les créanciers et les débiteurs comptent avec beaucoup trop d'optimisme sur l'expansion des exportations pour accroître la capacité de service de la dette. Selon eux, ce sont des facteurs qui ont contribué à alourdir la charge de la dette des PPTE et bien entendu le paiement de service de la dette.

Tableau 3: Banque mondiale (2004), GDF

Au vu de ce graphique, il s'avère que le paiement de service de la dette en Afrique du sud de Sahara a considérablement aggravé la situation déjà précaire de l'économie et de la population car tellement il est énorme. Il ne fait que s'accaparer de la grande part des recettes publiques comme le montre le tableau ci dessous, les dépenses de paiements de service de la dette sont de loin importantes que les dépenses publiques d'éducation et de santé qui constituent le secteur clé de l'apport en capital humain.

Comparaison de service de la dette et les dépenses publiques des PPTE

Classement des pays selon l'IDH24(*)

Service de la dette

Dépenses publiques

 

en % duPIB

en % des exportations

Education en % duPIB

de santé en % de Pib

 

1990

1999

1990

1999

1985-87

1995-97

1990

1999

109 Gabon

2,8

2,3

35,3

13,5

4,8

3,3

3,3

3,9

125 Cameroun

4,7

6

22,5

24,3

2,8

-

0,9

1

126 Congo Brazza

19

1,1

35,3

1,4

4,9

6,1

1,5

2

141 Ouganda

3,4

2,9

58,9

23,7

3,5

2,6

-

1,9

142 RDC

3,7

0,3

13,5

1,2

1

-

-

-

143 Zambie

6,2

13,9

14,9

46,6

3,1

2,2

2,6

3,6

152 Rwanda

0,8

1,6

14

29,6

3,5

-

1,7

2

154 RCA

2

1,8

13,2

12,1

2,6

-

-

2

155 Tchad

0,7

2,1

4,4

10,3

-

2,2

 

2,3

160 Burundi

3,7

4

43,4

45,6

3,1

4

1,1

0,6

 

 
 
 
 
 
 
 
 

Source : PNUD, Rapport annuel sur le développement humain 2001

Toutefois, les ajustements structurels préconisés par les institutions de Bretton Woods ont tant soi peu contribué à l'aggravation de stock de la dette en Afrique. Ces programmes d'ajustement structurels consistaient en application des mesures de stabilisation destinées à rétablir les équilibres fondamentaux, et des mesures de modification des structures, destinées à libérer les initiatives du secteur privé et/ou à favoriser la relance de l'activité économique.

Par ailleurs, nombre de mesures prises par les politiques d'ajustement ne coïncidaient guère avec les réalités sociales et économiques des pays africains suite à un mauvais diagnostic. Ces politiques n'étaient pas également bien adaptées au continent africain qu'elles ont aggravé ou enlisé la situation sociale déjà précaire des pays africains pauvres.

Parmi les différentes mesures appliquées, citons entre autres la rigueur budgétaire consistant en une augmentation des recettes publiques ou des impôts et en une réduction des dépenses publiques.

Pourtant, les dépenses gouvernementales occupent selon Raffinot (1991) une place très importante dans la demande finale monétarisée.

Aussi, s'il faut lire les statistiques de la banque mondiale, il serait remarqué une dégringolade des dépenses sociales notamment de l'éducation et de santé dans les pays où les PAS furent mis en oeuvre jusqu'à nos jours compromettant l'apport en capital humain dans le processus du développement économique.

Il y a encore la dépréciation de la monnaie nationale afin de stimuler les exportations et réduire les importations.

Mais vu que les prix des exportations sur le marché mondial baissaient, leur accroissement n'a pas pu permettre une entrée des devises.

Cela a modifié le profil extérieur de l'Afrique subsaharienne qui a enregistré une nette dégradation des termes de l'échange par rapport à la période antérieure. Les exportations ont crû à un rythme de 6.6% l'an pendant la période 1965 à 1980 alors que les importations, dans la même période n'atteignaient pas 4.9%. Dans la période 1980 et 1988, la réduction des exportations est de 0.7% en moyenne et celle des importations de 5%

Quant aux conséquences sociales de l'ajustement, avec une croissance démographique grandissante et une précarité dans les conditions de vie en Afrique subsaharienne, peu de pays pouvaient budgétairement supporter le coût des dépenses de santé ou d'éducation nécessaire pour le maintien des services par les bénéficiaires dans un contexte d'ajustement.

Dans une étude publiée par l'UNICEF en 1986, effectuée dans dix pays dont 4 de l'Afrique subsaharienne, les effets de l'ajustement sur les populations les plus défavorisées ont eu soit un effet direct sur les revenus réels tenant aux mesures de diminutions des salaires et de hausse des prix des produits de base ainsi qu'aux mesures macroéconomiques tendant à déclencher des processus inflationnistes ou des politiques monétaires restrictives ayant un effet de contraction de l'activité ; soit encore un autre effet indirect à travers la réduction de l'offre des biens publics.

En plus, la réduction des dotations budgétaires pour les programmes sociaux a provoqué une baisse de la satisfaction des besoins de base de santé et d'éducation.

Mais les études statistiques n'ont pas clairement démontré que l'ajustement avait conduit aux réductions de ces dépenses surtout que dans les budgets nationaux, il n'était pas possible d'envisager l'ensemble de dépenses dans ce contexte d'ajustement sur aide extérieure.

Dans tous les cas, durant cette période d'ajustement, il fut constaté l'accroissement de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté, la hausse de la malnutrition des enfants, une diminution de niveau d'instruction, une recrudescence des maladies transmissibles etc.

Cependant, la situation pays par pays s'avère encore plus contraste en Afrique subsaharienne. L'exemple illustratif25(*) est le cas de la république centrafricaine qui selon la banque mondiale, en 2002 la dette extérieure atteignait 100% de son Pib soit plus d'un milliard.

Aussi, la détérioration des entreprises publiques dont la dette garantie représente 8% du PIB pour l'essentiel, pèse lourdement sur l'endettement extérieur de ce pays. Selon la banque des Etats de l'Afrique centrale (BCEA), le ratio du service de la dette sur les ressources budgétaires est passé de 34.8% en 2002 à 44.7% en 2003.

Quant au Cameroun qui sur 7 ans, s'est beaucoup désendetté car sa dette totale est passée de 126.7% du PNB en 1995 à 98.1% en 2002. le Cameroun a atteint le point de décision de l'initiative PPTE renforcé en 2000 et sa dette s'élevait à la fin 2002 à 8502 milliards de dollar us.

Concernant l'évolution du ratio de service de la dette, qui reste encore plus nette car sur la même période de 1995 à 2002, le service rapporté aux exportations est passé de 20.9% à 13.8%

Cette nette performance est due à un réaménagement de sa dette dans le cadre du club de Paris pour les échéances de la période janvier 2001/décembre 2003 avant le point d'achèvement où le Cameroun a bénéficié de l'annulation d'une partie de sa dette pouvant atteindre 2 milliards de dollar us.

Il y a encore l'Ouganda qui fut l'un de premier pays à pouvoir atteindre le point d'achèvement de l'initiative PPTE en 1999. Selon la banque mondiale, ces ressources dégagées par les allégements ont été investies dans la lutte contre la pauvreté et ces fonds ont permis de doubler le taux de scolarisation primaire et d'augmenter les dépenses de santé de 270%.

* 21 DETTE & DEVELOPPEMENT (2002), Opcit

* 22 Kremer et Jayachandra (2002) La dette odieuse, Finance e Développement, FMI, juin, pp22

* 23 Roote et Thugge (1999) Opcit

* 24 Indice du développement Humain du PNUD

* 25 Les différents exemples par pays sont disponible sur le site web : http://www.izf.net/EE/pro/pays/3061.asp

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"Le doute est le commencement de la sagesse"   Aristote