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Les facteurs d'intégration du Rwanda à  la communauté de l'Afrique de l'est

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par Eric Rutsindintwarane
Institut d'à‰tudes Politiques de Toulouse - Maitrise 2009
  

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V.2. Aspects économiques

V.2.1. Un marché vaste

Pendant que le Rwanda s'est lancé dans un processus de développement, il fait en même temps face au marché étroit, une technologie et des capitaux insuffisants, des industries avec une faible productivité. Pour surmonter ces enjeux, il faut une intégration. Dans un marché régional de plus de 100 millions de consommateurs, la CAE apparaît être un marché potentiel pour le Rwanda. Bien que le Rwanda appartienne au grand marché de COMESA, 95% des exportations se font avec la CAE. A titre d'exemple, le Rwanda a doublé son volume d'export ces dernières années (M.K. Dupreelle, 2001). Le Rwanda vend dans cette région une importante quantité de thé, café et autres produits agricoles notamment les pommes de terre.

La question de la taille du marché est en effet centrale au sein des processus d'intégration. Si l'on se réfère à l'analyse classique d'Adam Smith, la division du travail n'est possible que si les marchés sont étendus. Quand le marché se révèle trop étroit, il faut avoir recours au monde extérieur. Pour B. Boulassa(1961), l'étude d'une intégration doit obligatoirement considérer les liens qui existent entre la taille du marché et la croissance. Un marché plus vaste est en effet censé favoriser le niveau de productivité.

Il découle de cela que l'élargissement du marché permet au Rwanda de développer le rendement des productions et la diminution des coûts. Ce marché important, accompagné d'un développement des échanges, a permis de générer des gains de bien-être par la diversification des produits. L'intégration est entrain d'engager les entreprises rwandaises dans une spécialisation croissante des productions, avec une réduction des coûts (M.Boguikouma, 1999).

L'étroitesse de son territoire, le Rwanda fait face à une vulnérabilité extérieure qui limite les possibilités de croissance interne et réduit son poids dans les négociations internationales, a souligné l'agente du Ministère en charge de l'intégration à la CAE. L'intégration est donc motivée par la compétition dont le Rwanda fait face dans le cadre de la nouvelle mondialisation de l'économie.

V.2.2. Suppression des barrières tarifaires et non tarifaires

La politique douanière constitue le facteur principal d'intégration de la plupart des pays, en veillant à ce que, du fait des changements dans les structures tarifaires, les modifications des prix relatifs ne soient pas défavorables à une allocation optimale des ressources et au bien-être (B. Békolo-Ebé, 2001). Ce sont les modifications des prix et des quantités qui modèlent les comportements des agents, pour favoriser le développement des échanges entre les pays membres.

En termes d'intégration régionale, il est traditionnellement démontré que l'ouverture des frontières et l'abaissement des barrières tarifaires permettent une meilleure exploitation des économies de dimensions (M.K. Dupreelle, 2001). Elle rend possible l'ouverture de marchés plus vaste a des producteurs plus efficients et elle suscite la mise en place d'une spécialisation économique qui favorise la mise en place d'économies d'échelle.

Le Rwanda attend donc de cette suppression des barrières tarifaires et non tarifaires le développement de la concurrence, la diminution des prix et la réduction de la segmentation du marché. Ces économies d'échelle sont cependant doublement bénéfiques lorsqu'elles se situent dans le cadre d'une intégration économique.

En réponse à la petite taille du marché et de leur influence limitée, dans un monde compétitif en voie de globalisation rapide, le Rwanda s'est intégrée à la Communauté de l'Afrique de l'Est. Yoweri Museveni, le président actuel de l'Ouganda est du même avis. En 1998, il a suggéré que « the countries of the East Africa Community (EAC) together with Rwanda and Burundi must federate politically in order to command respect from the other countries of the world. The federation would also enhance their bargaining strength in multi-lateral institutions, as well as bilaterally»14(*) (Ph. Apuuli Kasaija, 2004, p.22).  Il continue en soulignant que c'est à travers l'integration que «Eastern Africa states would command more respect from the world and an investor would be more attracted to invest in a united East Africa than in just Uganda because of the bigger market the former offers»15(*) (Ph.Apuuli Kasaija, 2004, p. 28).

* 14 Traduction: Les pays de la Communauté de l'Afrique de l'Est ensemble avec le Rwanda et le Burundi doivent fédérer politiquement afin de imposer le respect des autres pays du monde. La fédération permettrait également de renforcer leur pouvoir de négociation dans les institutions multilatérales et bilatéralement.

* 15 Traduction: Les Etats d'Afrique de l'Est imposeraient plus de respect du monde et un investisseur serait plus attiré à investir dans un pays uni d'Afrique de l'Est que dans l'Ouganda seulement à cause du plus grand marché que ce premier offre.

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"Il ne faut pas de tout pour faire un monde. Il faut du bonheur et rien d'autre"   Paul Eluard