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Dépénalisation des délits de presse en République Démocratique du Congo : analyse de l'action de journaliste en danger (JED). Approche sociologique du droit de l'information.

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par Innocent OLENGA LUMBAHEE
IFASIC - Licence 2010
  

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III.2. Défis de l'action de JED

Il est vrai que la dépénalisation des délits de presse est une exigence de la démocratie. Et continuer à envoyer des journalistes en prison parce qu'ils ont dit ou ont écrit est une négation d'une des valeurs importantes qui fondent la démocratie. Il est aussi vrai qu'il existe un net décalage entre le statut international et le statut national du journaliste congolais tel que formulé par la loi de 22 juin 1996 et qu'il faudrait dès lors réviser celle-ci ou carrément définir un nouveau cadre normatif de l'exercice de la liberté de la presse, en vue notamment de l'ajuster et la conformer aux standards démocratiques d'un Etat de droit. Mais il est surtout vrai que pour procéder à une dépénalisation responsable, il faut d'abord, c'est d'ailleurs le premier préalable, commencer par donner un coup de balai dans le milieu de la presse. Ce coup de balai concerne les individus exerçant le métier journalistique et les entreprises censées les employer.

Il est vrai que jusqu'à preuve du contraire, ni l'UNPC (Union Nationale de la Presse Congolaise), organe fédérateur de la presse congolaise, ni l'OMEC (Observatoire des Médias Congolais) chargé de régularisation en répertoriant et en dénonçant les différentes dérives d'ordre professionnel que la Commission de discipline et d'éthique professionnelle de l'UNPC pourrait sanctionner si nécessaire, moins encore la Haute Autorité des Médias (HAM) ne sont pas encore parvenus à favoriser une pratique professionnelle plus saine. Dans son rapport sur «l'état de l'exercice de la liberté de la presse en RDC » de 2004, African Media Institute58(*) (AMI) note que « le dénominateur commun de cette presse congolaise malgré la divergence sur son appréciation par les observateurs, reste le fait qu'elle est une presse qui ose, dont l'information est plus le fruit des opinions plutôt que des investigations et généralement peu soucieuse du respect de la déontologie et de l'éthique professionnelle. Ces faiblesses se justifient par l'envahissement de la profession par des moutons noirs, des personnes qui n'ont pas suivi un cursus normal en journalisme et qui sont tentées par l'aventure dans la presse. Dans le traitement de l'information, le sentiment et l'idéologie l'emportent, dans la plupart des cas, sur la vérité des faits ». Citant l'ancien premier ministre congolais Vincent de Paul Lunda Bululu, AMI conclut que « c'est une presse aux titres sablonneux et au contenu poussiéreux. La chasse au sensationnel pour attirer, fait commettre beaucoup d'abus aux professionnels de la presse ».

* 58 African Media Institute est une organisation non gouvernementale de défense et de promotion de la liberté de la presse basée à Kinshasa mais dont son coordonnateur, ancien journaliste congolais, réside aux Etats-Unis d'Amérique.

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"Il y a des temps ou l'on doit dispenser son mépris qu'avec économie à cause du grand nombre de nécessiteux"   Chateaubriand